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de petite taille

Moyenne générale ....

Comme en Italie, les tailles élevées offrent moins de différence que les petites.

France

Il s'en faut de beaucoup que Ton connaisse la répartition géographique de la taille en France par arrondissements et par cantons. Gomme pour rindice céphalique, la première place parmi les anthropologues, qui ont travaillé à fournir des données numériques dans cette direction, appartient à mon excellent ami et collègue le D' R. Gollignon. Dans une série de travaux {890 à 896) il a publié les données précises et variées sur la taille dans les départements du Nord-Ouest (Manche, Gôtes-du-Nord, Ille-et-Vilaine) et du Sud-Ouest de la France (Basses et Hautes-Pyrénées, Landes, Gironde, Gharente-Inférieure, Dordogne, Gorrèze, Greuse, Haute Vienne). Dans les départements adjacents, les chiffres analogues ont été fournis par Bertrand (865) pour l'Indre, par Atgier (899) pour ce même département et pour la Vienne (898), par Ghassagne (881) y Lecarguet et Topinard (888) pour le Finistère, par Carlier pour l'Eure (892 et 893) et par Ghopinet (901) pour une partie des départements de la Haute-Garonne et de TÂriège.

De cette façon la moitié Ouest de la France se présente comme étant bien étudiée au point de vue de la répartition de la taille par petites divisions territoriales. Par contre, la moite Est de la France se trouve dans une situation beaucoup moins favorable. On n'y trouve des données par arrondissements que pour quelques départements. Ges données sont fournies par Ghervin (885) pour la Seine-Inférieure, par Antony (884) pour la Marne, par Garret (882) pour la Savoie, par Lietard (898) pour les Vosges, par Manouvrier (888), et Papillault (902) pour Paris, par Hovelaque et Hervé (894) pour la Nièvre, par Boucheron et Mayet (905) ^onr le Rhône, par Bourdin (898) pour l'Ardèche; ce qui fait un groupe de départements entre la Seine, la Loire et le Rhône-Savoie. A part cela il n'y a que des données pour quelques départements isolés : pour la Haute-Loire par Parron (868), pour l'Hérault par Lapouge (894), pour l'Aude par de Perny (867). Si l'on ajoute à cela les quelques données éparses sur certains cantons isolés des Alpes-Maritimes par Hovelaque (896), de l'Ain par Aubert (888), de l'Aveyron par Durand et Lapouge (897-898) ; ou des indications sans chiffres précis comme ceux de Boucheron (899) pour le Puy-de- Dôme et l'Allier, on aura épuisé tous les renseignements détaillés, directs ou indirects, sur la taille moyenne dans l'est de la France.

Les renseignements que donnent les nombreuses éludes publiées dans le Recueil (puis Archives) de médecine militaire, concernant le nombre d^exemptés pour défaut de taille, par cantons et arrondissements.

J. DBNIKBR. — LES RACES DE l'eUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 11

ont été pris également en considération. Les plus importants sont ceux de Duché (866) pour le département de l'Yonne, de Longuet (885) pour la Haute-Savoie, de Bertrand (865) pour l'Indre, de Pérny (867) pour l'Aude, de Mouillié (867) pour la Haute-Loire.

Tels sont les documents que j'ai compulsés. Voyons ce qu'ils nous donnent comme résultat final. La taille moyenne des Français oscille autour du chiffre de 1650 milliipètres. Dans les contingents, qui se sont succédés dans la première partie du siècle passé, la taille moyenne des incorporés a varié entre 1653 (période 1855-59) et 1656 millimètres (période de 1830 à 39). Depuis 1865, la limite de la taille exigée pour le service ayantété abaissée de 1 centimètre (1 m. 55 au lieu del m. 56) on a vu la moyenne du contingent tomber à 1644 ; elle s'est relevée ensuite un peu, et malgré un nouvel abaissement de la taille exigée (1 m. 54), elle a atteint en 1895 le chiffre de 1648 millimètres.

La taille médiane des conscrits établie par J. Bertillon (885 et 886) est un peu plus basse : 1641 millimètres. D'autre part A. Bertillon (889) a trouvé sur une catégorie de la population civile française (plusieurs milliers de criminels et vagabonds) la taille moyenne de 1648.

Si Ton considère la distribution par départements ^ des tailles moyennes des « incorporés », on voit que c'est le département de l'Isère qui accuse la taille la plus élevée (1674 millimètres), et le département des Landes la taille la plus basse (1631 millimètres). L'amplitude des variations est de 43 millimètres.

Si l'on prend, au contraire, la taille médiane on voit le Doubs occuper la première place avec 1667 millimètres de taille et la Haute- Vienne la dernière place avec la taille de 1617 millimétrés. L'amplitude de variation est de 50 millimètres. On remarquera que, comme presque toujours, la médiane est de 1 centimètre environ inférieure à la taille moyenne. Enfin la carte manuscrite de la France, dressée par A. Bertillon (<9^9) représente le département de la Haute-Marne comme ayant la plus haute taille moyenne (1670 millimètres) et celui du Tarn comme en ayant la plus basse (1626 millimètres). Dans cette dernière statistique la différence est de 44 millimètres, et les chiffres extrêmes occupent une situation intermédiaire entre les extrêmes de la taille moyenne et ceux de la taille médiane. D'après tous les trois documents, la différence entre les plus hautes et les plus basses tailles est à peu près constante : 43 à 50 millimètres et la position des départements qui donnent les extrêmes est également la même : les hautes tailles sont à TEst, les petites au Sud-Ouest.

Voyons maintenant la répartition géographique plus détaillée de la taille en France. L'on savait déjà, par les cartes représentant la répartition soit de la taille médiane par départements, soit des exemptions

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par défaut de taille, soit la répartition des grandes ou des petites tailles [cartes de Broca (860 et 868), de Bertillon (885), de Boudin (857 à 865) et celle de Turcan reproduite par Boucheron et Mayet (905)], qu'au point de vue des statures on peut partager, grosso modoy la France par une ligne allant de la base du Gotentin à Marseille, en deux parties ; la région des grandes tailles au Nord-Est de cette ligne, et la région des basses tailles au Sud-Ouest. On se rappelle que d'après rindice céphalique la séparation est établie au contraire par une ligne allant dans le sens inverse, des Ardennes aux Pays Basques avec les dolichocéphales au Nord-Ouest et les brachycéphales au Sud- Est [Deniker, (899)].

Mais ce tableau est trop simpliste. Même en examinant les cartes citées plus haut on s'aperçoit qu'il y a des exceptions à la règle. Il faut voir ce que disent les moyennes. J'ai dressé pour mon usage personnel deux cartes des tailles moyennes par départements, l'une d'après les chiffres d'ELY (874), l'autre d'après les données de A. Bertillon, qui ont figuré à l'exposition de 1889. En examinant ces cartes on aperçoit d'abord ce détail qu'une zone de petites tailles existe dans la région Alpine et qu'en outre la grande taille se dessine sur le littoral de la Méditerranée. Mais si l'on va plus loin dans l'analyse de la distribution géographique, mettant à profit les données des auteurs cités plus haut et se rapportant aux arrondissements (ou même à des cantons), pour une trentaine de départements, on a la tableau suivant (voy. la carte).

La région dite des'(( hautes tailles » et qui au fond est la région des (( moyennes tailles » (1675 à 1699 millimètres) reste toujours à l'Est de la ligne tirée de Cherbourg à Marseille, seulement elle déborde cette ligne (sans compter les crochets insignifiants) dans les départements de la Sarthe et de l'Indre-et Loire pour pénétrer, plus au Sud, dans la région des petites tailles par deux coulées. L'une de ces coulées, celle de l'Est, est constituée par les arrondissements d'Issoudun et de La Châtre, du département de l'Indre (taille moyenne 1663 et 1670 millimètres) et par les arrondissements de Boussac et d*Aubusson dans la Creuse ; Fautre, à l'Ouest prend tout le département de la Vienne et les régions avoisinantes (plus au Sud) de la Charente (arrond. de Rufïec et de Confolans) et de la Haute-Vienne (arrond. de Bellac et la partie Nord de l'arrond. de Limoges). En plus, la zone des« moyennes tailles » dépasse la ligne conventionnelle au Sud, s'étendant sur presque tout le littoral Méditerranéen (où l'on ne compte que deux points à petites tailles ; les arrondissements de Montpellier et de Perpignan) (1).

(1) Dans le département de l'Hérault et de l'Aude, les arrondissements du littoral abritent les hautes tailles, ceux de l'intérieur les petites.

J. DENIKBR. — LES RACES DE l'BUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 13

Cette bande de tailles relativement élevées, large de 50 à 150 kilomètres, s'étend d'ailleurs plus loin dans toute la région Pyrénéenne. En effet, le long de la frontière espagnole il n'y a qu'un seul arrondissement de petites tailles (Argelès, Hautes Pyrénées, t. m. 1640 millimètres). Puis la zone continue sur le littoral Atlantique jusqu'à l'embouchure de la Loire, interrompue seulement sur un point (N.-O. des Landes et S.-O. de la Gironde). Cette zone de (( moyennes tailles » coïncide assez bien avec la zone de la dolichocéphalie modérée ou de la mésocéphalie, signalée dans mon travail sur l'Indice céphalique, et marque, conjointement avec la pigmentation très foncée et d'autres caractères encore, l'emplacement delà race que j'appelle Atlanto-Méditerranéenne. Elle touche à Ruffec, une des coulées des populations à moyennes statures du Nord de la France, careictérisées, elles, par leur pigmenta tion relativement claire. Pour terminer avec la région de la France à (( moyennes statures » il faut dire qu'on y trouve des îlots de haute taille véritable (1675 à 1699 millimètres), notamment, dans le Nord- Est, la moitié Est du département de la Marne (arrond. de Chàlonssur-Marne, Saint-Menehould et Vitry-le-François); dans l'Est, une partie du département des Vosges (arrond. de Neufchàteau et de Saint- Dié) ; et enfin au Sud, dans le département de l'Isère (sauf quelques cantons au Nord et au Sud). De plus, on y trouve trois îlots de basse taille. Le premier est situé dans la basse vallée de la Saône ; il est formé par la partie Est du dép. de Saône-et-Loire (arrond, de ' Châlon-sur Saône, Louhans et Môcon) et de l'arrond. de Trévaux (Ain). Le second est à l'embouchure de la Seine (arrond. du Havre, Yvetot et Rouen) dans la Seine-Inférieure (1).

Enfin le dernier, le plus considérable des trois, se trouve dans la région alpine ; il est formé de la partie Est du département de la Savoie (arrond. de Saint-Jean-de-Maurienne et l'arrond. de Moutiers), de la partie Nord, montagneuse, des Basses-Alpes et de l'est du dép. de la Drôme (arrond. de Dié et de Nyons). Cette région prolonge la zone des « petites tailles » du Piémont et sépare les grands brachycéphales au Nord, des mesocéphales à taille moyenne au Sud.

Passons maintenant à la partie Ouest de la France où domine la petite taille. Cette région déborde la ligne conventionnelle Cherbourg- Marseille jusqu'à la limite Est du département du Cher, puis jusqu'à la. rive gauche de l'Allier et suit enfin la vallée de la Haute-Loire jusqu'à la région des sources de ce fleuve (partie montagneuse du département de l'Ardèche, taille moyenne 1 m. 62 et Im. 63). Ce territoire de petites tailles offre deux régions distinctes, séparées par deux coulées des

(1) Voyez pour les détails, Chervin [885).

14 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DBS SCIENCES

tailles moyennes (dép. de la Vienne, etc.). L'une d'elles occupe le Plateau Central et les Gévennes, débordant, à l'Ouest, jusqu'à la zone Océanienne des moyennes tailles dans l'Angoumois, le Périgord, le Quercy, la Gascogne, et au Sud dans le Languedoc et le Roussillon où elle parvient -en passant à travers la zone méditerranéenne des tailles relativement élevées, à, pénétrer jusqu'à la mer sur deux points (voy. plus haut p. 12). Toutefois il faut distinguer dans cette région la partie Ouest de la partie Est; la première est en général peuplée de gens à taille plus petite que celle des habitants de la partie Est.

On y remarque notamment deux gros noyaux de population de très petite taille (1 m. 60 à 1 m. 62), l'un dans le Limousin et le Périgord, l'autre dans l'Est des Landes; ce dernier est peut-être justiciable des mauvaises conditions d'existence (1). Mais en ce qui concerne le premier de ces gros noyaux, il faut y voir une influence ethnique. En effet, il correspond à la zone de distribution des dolichocéphales, tandis que le pays à l'Est et au Sud, où les tailles sont relativement plus élevées, quoique encore petites (1 m. 625 à 1 m. 649), est déjà dans la zone la pins brachycéphale de la France et peut-être de l'Europe entière.

Ainsi donc ces deux parties du Centre et du Sud-Ouest de la

France peuvent être considérées comme les territoires respectifs de la

race Ibéro-Insulaire (très petite, dolichocéphale, très brune) et de la

'race Occidentale ou Cévenole (petite, brachycéphale, brune ou châtain).

La deuxième région des basses tailles occupe la Bretagne et s'étend un peu sur les portions adjacentes de la Normandie, ainsi que dans le Maine, l'Anjou et le département des Deux-Sèvres. La partie centrale de cette région, le véritable- axe de la Bretagne, est même un paysde « très petites tailles ))(! m. 60 à 1 m. 625), tandis que sur les côtes il y a çà et là (pointe de Raz, Brest, etc.) des envahissements de tailles relativement élevées.

Si maintenant on veut avoir un aperçu sur la taille des Français dans chacune des subdivisions ethnique et linguistique, on aura le tableau suivant (en y introduisant les Corses et les Basques, dont il sera question plus bas) :

Les Basques français, les Champenois, les Lorrains, les Dauphinois sont presque tous de grande taille (probalement 1 m. 67 à 1 m. 68).

Les Limousins, les Périgourdins, les Corses, les Bretons sont presque tous de très petite taille (probablement 1 m. 62 à 1 m. 63).

(1) Il est possible que la môme race qui dans la Chalosse, assez riche, atteint un maximum de croissance, reste au-dessous dans la partie Est des Landes proprement dites, plus pauvres.

ÎÏ-:

Les Flamands français sont probablement de taille moyenne (1 m. 66), ainsi que les Catalans français du Roussillon (1 m. 66), et les anciens italophones des Alpes-Maritimes (1 m. 66).

Les Tourangeaux, les Angevins, les Berrichons, les Gascons, les Auvergnats sont de petite taille (1 m. 63 à 1 m. 64), tandis que les Vendéens, les Normands, les Picards, les Béarnais, les Provençaux, les Bourguignons, les Francs-Comtois sont de taille moyenne.

Les habitants du Languedoc sont en partie petits (1 m. 63 à 1 m. 66) et en partie de taille moyenne.

Iles Normandes

D'après les mesures sur 110 hommes adultes prises sur les Jerséens par DuNLOP (893)^ ces insulaires auraient 5 pieds et 7 pouces et demi comme taille moyenne, ce qui correspond à 1712 millimètres. Mais ce chiffre doit être réduit, puisque Fauteur dit que plusieurs individus ont été mesurés sans avoir quitté leurs chaussures et la taille des autres a été donnée d'après le livret militaire, ce qui prouve qu'on a ici affaire, en partie au moins, à une « série sélectionnée ». En évaluant à 2 centimètres ou 26 millimètres la hauteur des talons et le surplus de la taille chez les sélectionnés, la taille vraie des insulaires en question revient à 1690 millimètres ^t même peut-être à 1685 millimètres environ. Aussi ai-je donn'é sur ma carte à l'île de Jersey la teinte correspondante à cette taille.

Je ne possède aucun renseignement sur la taille des insulaires de Guernesey.

Basques

X«a taille des Basques français nous est connue par les travaux de GoLLiGNON (894 et 896) qui a mesuré 1305 hommes adultes de ce peuple et leur a trouvé une taille moyenne de 1658 millimètres. Mais, comme la série est composée de tous les conscrits appelés (y compris ceux qui ont moins de 1 m. 54), il faut augmenter cette moyenne de 1 centimètre (voy. p. 4). La taille ressort donc à 1668 millimètres, c'est-à-dire rentre dans notre catégorie de « tailles moyennes », avec tendance vers la grande taille, puisque la proportion des individus ayant la stature au-dessus de 1 m. 70 est assez notable ; elle varie entre 22 et 35 p. c, suivant les cantons.

On peut donc dire avec Collignon (895), p. 29, que dans le pays basque français, la taille est très élevée par rapport à Tensemble de notre pays. Cette population prise en bloc est celle où ce caractère se présente avec la plus grande constance et la plus grande régularité. Il y a lieu, en outre, de remarquer que cette élévation de la stature doit être considérée ici strictement commp un (( caractère de race », car le pays est plus pauvre que les cantons français avoisinant et où cependant la taille est beaucoup plus petite.

Pour les Basques espagnols, nous avons deux sources de renseignements. Aranzàndi (889), p. 5, a mesuré 250 soldats basques en garnison à Alcala de Henares, âgés de 20 à 22 ans, provenant en majorité (216) de la province de Guipuzcoa (1), et leur a trouvé la taille moyenne de 1641 millimètres (variant de 1541 millimètres à 1772 millimètres). Puisqu'il s'agit ici de soldats de 20 à 22 ans, il faudrait, suivant la règle (p. 4), réduire ce chiffre de 1 centimètre; mais il faut tenir compte de cette circonstance, mise en évidence par Oloriz (896), que les soldats espagnols sont plutôt plus petits en moyenne que les civils, à cause de l'existence du système de rachat dont profitent les plus riches et par conséquent les plus élevés de taille à l'âge de 20 ans. Aussi je laisse le chiffre tel quel. Je trouve encore dans mes notes, le chiffre de 1638 millimètres obtenu par Aranzadi d*après les mesures sur 4.894 Basques des trois provinces (Guipuzcoa, Biscaye et Navarre), mais je ne sais d'où me vient cette note. Ho vos et Aranzadi (849, «Nachtrag», du résumé allemand) donnent aussi pour 186 individus des provinces Basques et de Navarre la taillé médiane de 1626 millimètres (qui correpond probablement à la taille moyenne de 1640 mm.); tandis qu'ÛLORiz (896) fournit les chiffres suivants : 268 individus de la province de Guipuzcoa : 1645 millimètres, 96 sujets Basques et Espagnols de la province de Navarre, 1636 millimètres. En considérant tous ces chiffres, je crois qu'on ne sera pas loin de la vérité en attribuant aux Basques espagnols la taille moyenne de 1640 millimètres. Les habitants de Biscaye paraissent être beaucoup plus grands, mais le chiffre de 1675 millimètres est fourni par une série assez faible et qui provient peut être en majorité de la partie Sud-Ouest de la province où il n'y a plus de Basques aujourd'hui. En tout cas, je maintiens sur la carte la coloration bleu pâle correspondant à la taille 1674 millimètres pour la partie Ouest de cette province.

(l) Le reste vient de la partie de^ la Biscaye située à l'Est de Guernica et de Durango, plus 2 individus de Pampeloune.

Espagne

M. Oloriz a mesuré plus de 8.000 Est)agnols, tant civils que militaires, de toutes les classes de la société. Les chiffres moyens qu'il a obtenus, par province, pour les 6.072 individus de cette série, â^és de 19 ans et plus, peuvent servir pour ma carte, un peu corrigés et complétés par d'autres renseignements. Gomme je l'ai déjà dit (p. 16), d'après Oloriz il n'y a pas de différence sensible entre la taille des soldats et celle des civils en Espagne; sa série est donc assez homogène sous ce rapport et peut être considérée comme représentant la taille moyenne vraie des Espagnols. En effet, si elle contient beaucoup de sujets de 19 à 22 ans, susceptibles de grandir, elle est formée aussi de pas mal de personnes de classes aisées, qui certainement sont plus grandes que les gens de basse extraction dont les mesures composent par exemple les séries (par grandes régions) d'AaANZADi et Hoyos (894, Nachtrag), formées d'après les fiches des juges d'instruction et lès signalements des individus sur les mandats d'amener (voyez à ce sujet Oloriz, 1. c, p. 50) (1).

M. Oloriz a aussi compulsé les registres du service militaire et en a extrait les données relatives à la taille au-dessus de 1 m. 70 et au-dessous de 1 m. 56. 11 a donné une carte de répartition par provinces, de la proportion des sujets de haute taille (1 m. 70 et au-dessus). En comparant cette carte avec celle que j'ai dressée pour les tailles moyennes, d'après le texte d'Oloriz, on constate quelques contradictions sérieuses, signalées en partie par le savant espagnol lui-même. Mais j'ai calculé aussi, d'après le tableau d'Oloriz, la différence entre la proportion des grands (au-dessus de 1 m. 70) et des petits (au-dessous de 1 m. 56), et j'ai obtenu ainsi une carte de la répartition de ces différences concordant presque complètement avec celle des tailles moyennes.

Les divergences de ces deux cartes sont les suivantes : La province de Malaga qui, par la différence entre les grands et les petits occupe la jiremière place (8,2 p. c. en faveur des grands), n'offre qu'une taille moyenne de 1624 millimètres, ce qui est évidemment trop peu. Étant donné de plus que ce chiffre est provient d'une série relativement faible (67 individus), je ne vois aucun scrupule de le relever d'un millimètre et de faire passer ainsi cette province du compartiment des « très

(1) Il est à noter que 857 prisonniers, mesurés par Oloriz, ont une taille moyenne de 2 centimètres moindre que celle des hommes libres; de même, la moyenne de la série d'A. et H. (1620 mm.) est de 2 centimètres moindre que celle que trouva Oloriz (1640 mm.) pour les Espagnols en général.

18 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L*AYANGBMBNT DBS SCIBNCKS

petits )) dans celui des « petits ». Mais il me semble queron peut mieux faire pour marquer la différence de renseignements, sur la carte : c'est de diviser la province en une partie Est qui prolonge la zone des petites tailles de Grenade, Murcie, etc. (tailles moyennes 1640 millimètres à 1649 millimètres, excès des petits sur les grands 0,9 et 20,3 p. c), et, en une partie Ouest, adjacente à la zone des grandes tailles constituée par les provinces de Huelva, Cadix, Séville (taille moyenne 1651 millimètres, 1655 millimètres et 1665 millimètres; excès des grands sur les petits : 6,5, 4,5 et 0,9 p. c).

De môme, la taille moyenne de 1642 millimètres pour la province de Barcelone, déduite d'une faible série de 43 individus, ne correspond plus à la place qu'occupe cette province par le nombre de hautes tailles qui sont en excès (0,9 p. c.) sur les petits ; de plus, dans les autres provinces de la Catalogne qui, dans son ensemble, figure comme ayant la taille la plus élevée de toutes les régions de l'Espagne dans le tableau d'Aranzadi et Hoyos, et où, au contraire, les petits sont en léger excès sur les grands (Lerida 3,8, Gerrone 8,4, et Tarragon 16,2 p. c.) (1), les tailles moyennes sont de 1662etJ663 millimètres respectivement, déduites il est vrai des séries très faibles de 9 à 34 personnes. Je marque donc provisoirement la province de Barcelone, comme toute la Catalogne, sur ma carte, avec la couleur conventionnelle répondant aux tailles moyennes (de 1650 à 1674 millimètres). Des contradictions plus sérieuses existent pour la région de Valence : Par l'excès des petits sur les grands, les provinces qui la composent, celle de Castellon (excès de 12,7 p. c), Alicante (14,3) et Valence (16,6), doivent fournir une taille plutôt petite, tandis que la moyenne d^Oloriz, déduite, il est vrai, des séries peu fortes (17,57, et 81 sujets respectivement), les donnent comme peuplés d'individus à taille moyenne et môme grande (1659, 1643 et 1675 millimètres respectivement, soit une moyenne de 1663 millimètres pour les 155 sujets réunis). D'ailleurs, la région prise en entier figure dans le tableau d'Aranzadi parmi celles à population de taille très petite (1614 millimètres), venant immédiatement après la région où la taille est la plus petite de tout le royaume, celle de Galice (voy. p. 19). Tout en signalant cette différence, je laisse provisoirement les provinces de Castellon et d' Alicante dans la catégorie où les place leur taille moyenne, je ramène la province de Valence dans la catégorie coloriée « bleu pâle » (1650 à 1674 millimètres), ce

(1) Pour Tarragon, il y a lieu de suspecter une erreur, comme le dit Oloriz (1. c. p. 32), dans le chiffre excessif de 46 pour cent d'exemptés par défaut de taille. Il est possible qu'en rectifiant, on arrive au chiffre de 3 pour cent comme différence entre les grands et les petits.

qui nécessite la réduction d'un millimètre seulement sur la taille moyenne donnée par Oloriz.

Ces corrections faites et en ajoutant aux renseignements déjà cités ceux que donne F. Aragon (902) sur les Maragates (distr. d'Astorga, province de Léon) et d'ÂRANZADi sur la taille de la province de Caceres, voici le tableau général de la taille que Ton obtient pour l'Espagne. La taille moyenne des Espagnols serait de 1635 millimètres, d'après les mesures d'Oloriz (1. c, p. 27 et 61) sur 3.586 hommes de 21 ans et plus. Ce chiffre est de 2 centimètres environ supérieur à celui (1621 millimètres) qu'avaient trouvé Aranzadi et Hoyos (893, Nachtrag), d'après les mesures sur 1.690 sujets, tirées des feuilles de police judiciaire.

J'ai déjà dit (p. 17) à quoi on doit attribuer la différence entre ces deux données. Mais si l'on fait abstraction de la différence absolue, on trouve un parallélisme presque complet entre les chiffres des deux auteurs, dans les successions des grandes régions de l'Espagne (sauf la Navarre et les provinces Basques), si on les dispose dans Tordre décroissant de la taille de leurs habitants, comme on peut le voir d'après le tableau ci-joint (p. 20).

En effet, sauf les chiffres contradictoires pour les provinces de Valence, Estremadure et peut-être de Murcie, qui peuvent s'expliquer par la faiblesse des séries, surtout chez Aranzadi, les autres régions se rangent à peu près dans le même ordre : « les tailles moyennes » en Catalogne, Murcie et probablement en Andalousie ; les (( très petites tailles » en Asturie, Galice et probablement les Deux Gastilles ; enfin, entre les deux groupes « les petites tailles », en Grenade, Aragon et Léon.

Ce groupement des très petites tailles au centre et dans le Nord- Ouest du pays et des moyennes tailles dans TEst et le Sud, ressort encore plus clairement de l'examen de la distribution par province (voy. la carte). En effet, si on tire une ligne de Saint-Sébastien au . point où les limites des provinces de Badejos et de Huelva se rencontrent avec la frontière portugaise, on s'aperçoit que les « très petites tailles » sont groupées à l'Ouest de cette ligne (25 provinces, dont 19 où la moyenne est inférieure à 1 m. 63), tandis qu'à l'Est se trouvent les c( moyennes tailles » (23 provinces, dont 18 où la taille est supérieure à 1 m. 63). Le fait ressort avec la même clarté si l'on considère la carte de la distribution des hautes tailles publiée par Oloriz.

Voyons maintenant plus en détail chacune des parties, des deux côtés de la ligne conventionnelle. Dans la partie Ouest, la région Galaïque se distingue par l'extrême petitesse de la taille. Des quatre provinces qui la composent trois rentrent dans la catégorie de « très

RÉGIONS

Valence

Catalogne

Murcie.

Andalousie

Grenade

Vieille Castille . .

Nouvelle Castille

Aragon

Léon

Galice

Estremadure

Asturie

ARANZ. et HOYOS

Nombre

Taille eD mm.

petites tailles » et la province de Pontevedra peut leur être jointe aussi, car Ja taille moyenne y est à peine supérieure (1628 mm.). D'ailleurs cette moyenne n'est déduite que de 38 observations et peut prêter à la critique. D'autre part, si le nombre de (( petites tailles» (au-dessous de lm.65) y est moins élevé que dans les trois autres provinces (32 p. c. au lieu de 41,6 à 52,5 p. c.) l'excès des petits sur les grands (29,2 p. c.) est encore considérable. On peut donc dire que toute la Galice, ainsi que les régions adjacentes, l'Asturief province d'Oviedo), le Nord de Léon et presque toute la vieille Castille, appartiennent à la zone des (( très petites tailles ». Dans la province de Léon (qui occupe la partie

(*) Avec la ville de Madrid (2265 observations) la taille moy. est de 1619 mm.

(**) Chiffres d'Oloriz et de feu Ferraz de Magedo réunis. Ces dentiers étant inédits, je donne le détail de mes calculs.

PROVINCES

Gorogne

Lugo

Pontevedra

Orenze

Galice en général

Ferraz de Macbdo Nombre Taille eo mm

Oloriz Nombre Taille en mm.

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