‹ Les races et les languesChapitre 26 sur 100 · DISTRIBUTION GÉOGUAPIIIQUH DES LANGUES ET DES RACES · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION GÉOGUAPIIIQUH DES LANGUES ET DES RACES

terre : em, en grec, ira, en sanscrit; en germ., ero, airtha(rtaen ssc.) eorthe, eavlh; en gaéliq. ire, irionn. Quoi qu'il en soit. Aryo- Européen vaudrait mieux que Indo-Européen, et j'avoue que, par simplification, je me sers sans scrupule des mots Anjas, langues et nations aryennes.

Je vais au-devant d'un reproche possible : A l'histoire sémitique de Bossuet, vous substituez purement une histoire aryenne, aryanophile, aryanomane. Vous ne détrônez le Vieux peuple élu que pour mettre en avant un autre groupe privilégié, prédestiné. — Oui et non. Je ne supprime rien de l'histoire; je n'attribue rien aux Aryas que la linguistique ne leur donne; ils ont commencé comme les autres par la sauvagerie; mais, venus les derniers avec une langue et une intelligence déjà supérieures, ils ont rapidement bénéficié des inventions et des travaux de leurs prédécesseurs épuisés. Égyptiens, Chaldéens, Sémites dans l'Asie antérieure. Chinois dans l'extrême orient, avaient atteint un niveau que les Aryas ont dépassé, dans les institutions, dans l'art, dans l'expression de la pensée. Depuis deux ou trois mille ans, la direction du monde est échue aux Aryas, et en dépit des décadences momentanées, des intrusions arabes, mongoles et turques, ils ont gardé le flambeau, ils l'ont porté en Amérique, en Australie, et revenant vers leur berceau par mer et par terre, ils font pénétrer la lumière jusque dans la noire Afrique, jusque dans le crépuscule oriental.

Comparez l'histoire incohérente et fausse que Bossuet a noyée dans les flots de son éloquence, l'histoire accommodée à cette Bible juive remaniée au v" siècle, aux prophéties après coup des Daniel et des Jean, comparez-la aux réalités, aux évidences dévoilées par la découverte du groupe indo-européen. Voyez comme s'éclairent et s'ordonnent les mouvements des peuples. Tandis que, du pied oriental des grands plateaux asiatiques, les aïeux des Chinois, descendant leurs fleuves, le Bleu et le Jaune, prolifèrent et se multiplient dans leur immense empire, isolés, inutiles et inconnus, deux centres de civilisation se manifestent, sur les rives du Nil et à l'embouchure de l'Euphrate. Séparées de ces Égypto-Sémites par l'Himalaya et le Paropamisus, des tribus lentement accrues d'hommes blancs, demi-pasteurs, demi-laboureurs, monogames, adorateurs du ciel et des météores, s'écartent peu à peu, sous la pression des Mongols, de leur patrie commune, s'oubliant les unes les autres en chemin, mais gardant leurs idiomes et leur culture acquise, précisément dans la mesure même de leur éloignement progressif. Les Celtes sont poussés vers l'occi-

LES IMDO-EUUOPÉENS

dent par les Gaulois, les Gaulois par les Germains, ceux-ci par les Slaves et les Lithuaniens que pressent et finalement enfoncent le développement des Mongols et la trouée des Huns. Les futurs Hindous se sont déjà engagés dans le réseau des affluents de rindus; enfin les Grecs et les Latins, côtoyant le courant celto-germano-slave, tournant le monde sémitique, suivent la rive droite du Danube et se détachent, les uns vers la Thrace et laThessalie, les autres vers le Tibre. Les Éraniens demeurés seuls, en butte aux assauts continuels des Turcs, gagnent la Médie, la Perse, subjuguent et recouvrent les vieux empires sémitiques, et viennent se heurter en lonie et à Marathon, contre leurs anciens voisins oubliés, contre les Hellènes déjà maîtres du bassin de la Méditerranée.

Cette large et simple vue ne donne-t-elle pas à l'histoire son vrai sens? N'explique-t-elle pas l'efi'acement successif des antiques civilisations, les rencontres et les luttes des Gaulois et des Italiotes, des Hellènes et des Perses, des Germains et du monde gréco-romain, les incursions mongoliques dans le champ laissé libre par les migrations aryennes, et l'équilibre lentement fondé par les résistances mutuelles, bouleversé par ces irruptions passagères? les Allemands arrêtés par le bloc celtique, se retournant contre les Slaves, et ceux-ci, longtemps victimes de contre-coups sans nombre, flottant, sans frontières durables, entre la Germanie et le chaos tartare? Les diverses invasions allemandes n'apparaissent-elles pas comme les conséquences, fatales pu anormales, de l'impulsion primitive? U n'est pas jusqu'à la conquête des Amériques et de l'Océanie qui ne procède de l'ébranlement communiqué, il y a quatre mille ans, aux tribus agglomérées entre le Turkestan et l'Oxus, par la pression des Mongols.

Telle est la nouvelle conception de l'histoire, qui rejette au pays des chimères le plan divin et les généalogies bibliques; c'est l'œuvre et le produit de la micrographie linguistique.

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