‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 101 sur 375 · Hidermann, p. 205 et suiv · texte numérisé non relu

Hidermann, p. 205 et suiv

4. Une pétition en ce sens tut en elVet adressée à Napolédii 111.

entre les serres de l'aigle aiilrichienne, il était une partie intégrante de Vltaiia irreihnta\ el, avant môme que la nation italienne fiât constituée, une province spirituelle de l'Italie. Pour ne pas remonter plus haut, en 1752, se fonda à Rovereto X Academia degli Agiati^ Lentorum Academia (du progrès lent et mesuré), foyer de vie provinciale, mais profondément italienne; car les yeux se touruaient vers la péninsule. Girolamo Tartarotti, qui mourut en 1761, se consacra à l'étude de la poésie lyrique toscane-; le poète Clementino Vannetti (1754-95) fut membre de l'Académie délia Crusca de Florence et collaborateur au dictionnaire de cette compagnie^;. Giuseppe Maffei de Clés, oncle d.u poète André Maffei, écrivit une histoire de la littérature italienne ; Giuseppe Sicher, de Corredo sur le Nonsberg, un essai sur la littérature dramatique italienne. L'illustre philosophe Antonio Rosmini, né à Rovereto en 1797, mort en 1855, publie sa fameuse œuvre, Nuovo saggio suU' origine dell idée, à Rome. Nombre de savants originaires du Tirol italien ont vécu et professé en Italie : Fili{)po Serafini, de Preore, professeui- de droit à l'Université de Pise; Giov. GanesUnni, de Revo sur le JNonsberg, professeur de zoologie à Padoue ; Malfaiti, professeur d'histoire à Milan et de géographie à Florence. Le poète Giov. Prali, de Dasindo, village de Giiidicaria, est mort en 1884 sénateur du royaume d Italie.

J. 6ohm.l.c. w jc.. c'tL, p. W■^) iltinonce les visées du l'iircile'ntisme : les cartes iLaliennes qui englobent tout le territoire jusquau l^reuner, les déguisements italiens intUyésà des noms tudesques (?) : liolzano (Jîotzen, Ijressanone (liriîeu), Milliacco (.Mïihlbach , Urunopoli (Bruneck). Lu château de àprechenstein devient l'ietra l'arlante ; le lUenner est aflubli; de 1 appellation de l'irene. Kohmeiler signale une caria topogrufica dtt Trentino de Francesco ^allardi, publiée à Milan après 1860, et la littérature irrédentiste, ainsi que litalianisation par voie administrative (p. 17-19).

2. C'est à Tartarotti que Muratori écrivit une lettre où îl s'étonnait que certaines gens regardaient encore le Trentin comme une paxtie du Tirol : che non penseva mai, che anche Trenlo fosse coinpreso nei Tirolo. (Bidi.'rmann, p. iu4).

;>. annetti, l'épouK de Bianca Laura, qui iutJ'Egérie de l'Académie, publia en 1794 ce sùnnet où éclate ce vers lameuï qui est devenu un mot d ordre : Italiani noi siaia non Tirolesi. Son monument s'élève dans la loggia de ril('jtel-de- ■ ille tle Rovereto, avec cette inscription : mueslro e l'indice d italianità.

LA QUESTION DE l'uNIVERSITÉ ITALIENNE 125

Celte filiation est attestée, et comme symbolisée dans Tinscriplion qui ('date sur le socle de la statue du Dante dressée superbement sur la place de la gare de Trente : Al padre. - .

Le lien semble indissoluble.

Pourtant les Italiens mômes duTirol ont suggéré à TAu- Iricbe le moyen de le relâchei* : la création d'une Université italienne dans la monarchie. Ils rappellent que ces centres intellectuels, ils lesont possédés, à Pavie et àPadoue, avant la perle de la Lombardie. Le gouvernement crut éluder celte ambition, en instituant, depuis 1902, quelques cours et un examen de doctorat en droit, en italien, à l'Université d'Innsbruck. Cette solution étriquée ne satislit ni les Allemands ni les Italiens; d'ailleurs la cohabitatiou de l'italien, considéré comme un parasite et un intrus, avec les augustes disciplines germaniques, parut intenable. Alors les hommes d'Etat autrichiens s'avisèrent d'un coup de maître : le 8 mars 1904 fut déposé au Reichsrat un projet de loi créant une Faculté des Sciences juridiques et économiques, « indépendante » et tout italienne, non pas à Trente \ mais dans la petite ville de Rovereto^ Faculté indépendante, isolée, perdue. Devant le toile des Italiens et des Allemands"^ le gouvernement ne s'obstina pas; et il imagina aussitôt une autre combinaison. Celte gênante Faculté de Droit italienne, il l'installait à Innsbruck même*, mais sans contact avec l'Université ; cette brebis galeuse fut reléguée dans une rue d'un faubourg éloigné. Gela n:'empècha pas les étudiants allemands de la saccager. A cette Université libre, des savants italiens avaient promis leurs concours. Angelo de Gubernatis y professa en novembre 1903 une leçon sur Pétrarque; mais son cours y fut troublé et continua dans un hôtel, oii la police fit irruption.

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