‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 105 sur 375 · SITE DES HABITATIONS · texte numérisé non relu

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berg au-dessus de Kauns \ Les Allemands ont obéi à leur horreur de l'agglomération, tandis que les Rhéliens et Romans plus sociables ont, pour se rapprocher, bravé l'insalubrité des bas-fonds humides ou mal venlilés. Les Allemands se sont de préférence campés sur les cônes de déjection des torrents, au débouché des gorges où s'accumulent des graviers et boues fertilisantes ; et quoique les édifices y soient souvent peu stables et menacés par les crues des eaux montagnardes, ils sont le séjour préféré des hommes. La statistique de Lowl met en relief ce fait intéressant :

p. 100 DE POP. SUR CÔNES DE DÉJECTION

Antholzer Tal 85,8

Tauferer Tal 72

Stubai Tal 54,9 (terrasses 33,2).

Oeztal (vallée maîtresse) . 40,5 (bassin de la vallée 28,5).

Les Allemands ont colonisé aussi les terrains bas, à mesure que ceux-ci s'asséchaient : on peut suivre par endroits, d'après la toponymie, la chronologie des localités. Ainsi quelques-uns des bassins de l'OEztal, couverts par les eaux, n'ontpas été accessibles aux premiers habitants ; c'est très tard, après le xf siècle seulement, que les Allemands ont conquis -ces emplacements, oii les noms sont tudesques et significatifs : au, ried^ platten, bruchen, etc., noms de villages ou hameaux actuels. Les Rhétiens ou Romans des vallées voisines de Kauns, Pitz, Sellrain et Stubai ne s'éUiient pas aventurés dans ces parages.

Les Allemands, grâce à leur amour de l'isolement, sont de plus auda<;ieUx défricheurs que les Romans ; ils perchent leurs fermes aussi haut que se laisse atteindre un lopin de terre labourable. Ainsi Fritzsch, qui a exploré rOrtler, signale des habitations permanentes à une altitude plus élevée sur le versant allemand que sur l'autre; sur celui-ci, dit-il, « la limite de l'habitabilité est déterminée en majeure partie par des localités agglomérées, qui sont sises naturellement plus bas, puisqu'elles mar-

1. Lu\\l, Siedlunfjsarieii in den Hochalpe» (Korscli. 11,, p. 41(3).

quent un degré supérieur de culture^ ». Les Allemands échappent de la sorte aux conditions plus délétères de la vie dans les seuils embrumés, et bénéficient, peut-être inconsciemment, de la loi du renversement des climats ^

Il semble pourtant que l'Alaman soit moins farouche à l'égard de ses semblables que le Bajuvare. Dans le Vorarlberg, les villages bordent les roules, ou encore entourent, comme pour la protéger-, leur église, dessinant ainsi des anneaux, rappelant le rundling slave. Le contraste est sensible du chevet de l'Inn, où l'Alaman bàlit les maisons contiguës, à la section inférieure où le Bavarois sépare les siennes, même dans un hameau.

L'Ilalien n'escalade pas les versants ardus et ne s'inquiète pas de solliciter les plaques arables perdues sur les penles abruptes ; quoiqu'il juche haut sa malga (de molken? laiterie) et sa haita ou baito (bergerie), il préfère à l'élevage la culture et le vignoble. D'ailleurs s'il ne se risque pas volontiers dans des cantons ingrats et déserts, c'est que généralement il ne travaille pas pour san propre compte ; il est colono, fermier ou métayer, pour le compte du signore ou padrone, du propriétaire dont il reçoit en tenure un complexe de champs, vignes, mûriers, en parcelles souvent dérisoires, et il pousse l'amour du morcellement jusqu'à partager une chambre entre deux ou trois familles, chaque habitat étant délimité par un trait à la craie ^

Celte ditîérence sociale entre le prolétaire rural et le propriétaire se traduit dans l'aspect et la physionomie du logis. La maison allemande, dont les aîtres inférieurs reposent sur la pierre, se dégage et se stylise dans ses parties supérieures faites de bois : le toit à lattes

1. M ignus Fritzsch, Ueber Hôhengrenzen in deii Or lier Alpen (Anthropogeogr. Beilrâge. \er. Erdk. Leipzig, 1890, vol. II, p. loi, 199).

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