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MAISONS ET VILLAGES

s'avance et descend pour protéger toute la construction et notamment pour abriter contre l'Iiumidité les bûches de chaulTîige, empilées au mur. Les fenêtres sont petites, mais souvent tleuries et la façade se décore de sculptures, de devises; la galerie du pourtour est ouvragée, le toit parfois surmonté de clochetons. La maison romane est plus rébarbative ; toute en pierre, rarement crépie ou blanchie, souvent lézardée ; le toit ne clôt pas ni n'ombrage l'habitation, il s'appuie sur des piliers entre lesquels l'air circule et où sèchent le fourrage, les provisions et le linge.

Tout est resserré dans la maison romane; granges, étables sont attenantes aux locaux d'habitation ; toutefois le plus haut étage, le grenier à jour, est souvent épaulé contre un tertre, de manière que par une rampe le^ charrettes y accèdent de plain-pied. L'Allemand aussi concentre les communs et le logis sous le même toit, dausles vallées oii l'espace est mesuié, et sur les hauteurs où, par le froid et la neige, il importe de circulera huis clos. Ailleurs les dépendances encadrent le bâtiment des maîtres.

Le village allemand et 1 italien présentent un conti-aste sensible ; là les maisons s'éparpillent ; le noyau de la commune est marqué par l'église, l'école et surtout l'auberge : l'auberge est le foyer vital, comprenant souvent la mairie et la poste; c'est encore aujourd hui pour les passagers l'hospice.

Le village italien est fermé, comme muré; les façades qui se pressent les unes contre les autres dessinent un rempart farouche^; carie village est accroché au flatic de la montagne, surveillant ses labours, loin des alpages et de la forêt. Le décor est austère, au contraire du complexe de la communauté allemande, où chaque maison s'entoure de ses champs, de ses prés, de ses bouquets d'arbres.

Même dans la zone de la transhumance estivale les Italiens s'agglomèrent. Les raso le rie, habitées six ou sept mois, s'élèvent près des pâturages, mais ont des étables

i. Souvent des maisons-casernes ont été construites par le pudrone pour loger des colons.

OÙ, jusqu'à la belle saison, le bétail consomme le fourrage de la précédenle année. C'est de là qu'il monte vers les malge, qui correspondent aux marcaireries {sennhûiien) des Allemands. Plus baut encore, s'égrènent les bergeries [baiti).

On a remarqué avec raison^ que les influences ethniques s'accusent plutôt dans les contrées basses que sur les cimes, où la complexion du terrain commande le mode d'établissement ".

\. H. Rrishaucr Siedelungen der Deutschen und Ilaliener ira Gebiete der Ostalpen. Zu Friedrich Ralzels Gedûchtniss..., Leipzig, Dr. Seele, 1904, p. 289-302).

2. Pour les villes du Tirol, Ion observe dans le nord de la province la prédominance du style « gothique », plus au sud le style de la région de l'Adige, où se marient les iniluences t"trdesi|ue et italienne (0. F. Luchner die Tiroler Stadt, Munich, l'J14, avec bibliograpliie et nombreuses illustrations).

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