INFLUX ALLEMAND EN BOHÈME
de Bohême, Borivoj (874) ; la Bohème fut dotée aussi de la lilurgie slave \
Cette communion religieuse des Slaves leur donna une singulièie puissance matérielle. Un prince morave, Svatopluk (Zwentibold), constitua vers la fin du ix" siècle un Etat considérable, englobant, outre la Moravie et la Silésie, la Bohême, la plaine allemande jusqu'à Magdebourg, alors terre slave, la section des Carpathes et un morceau de la Hongrie habités par les Slovaques. Cet Etat eût pris racine malgré les furieux assauts des Allemands, si cette fondation encore trop récente et précaire n'eut été emportée par l'irruption des Hongrois. Les Allemands, grâce à ce cataclysme, reprirent leurs avantages ; ils furent d'ailleurs secondés par ceux mêmes qui auraient eu intérêt à les repousser.
Rien n'eût été plus aisé aux souverains de la Bohême, ducs, puis rois, de garder, sinon l'autonomie de leur Etat, du moins l'intégrité de la race qui constituait leur peuple. Ils furent les artisans d'une contamination singulièrement funeste ■. Les Premysl, princes de sang tchèque, provoquèrent l'afflux d'agriculteurs et de prêtres allemands ^ ; l'exemple fut suivi en Moravie et en Silésie. Ils souffrirent que l'évêché de Prague (fondé en 913) et plus lard celui d'Olmûtz fussent sutTragants du siège de Mayence. Ils virent de bon œil la création de villages allemands, bâtis en carrés, contrastant avec la figure ronde ou en fer à cheval du village slave, aux demeures contiguës et d'une teneur sur le type de la zadruga. Il se forma là une classe de paysans libres, fermiers à bail perpétuel, classe sociale supérieure à celle des cultivateurs indigènes^ qui n'avaient
\. C'l'sI la légende qui a prévalu (ibid., chap. vu).