Fischel, Spraclienreckl, p. xxv
4. E. Denis (La Fin de l'Indépendance Bohême, II, p. 5S7) fait remarquer justement que les Habsbourg' n ont jamais cherehé à rattacher la boluine à l'Allemagne, bien ijue ce royaume fût un membre de l'Empire, sous le titre d'Eleclorat. Sans doute ; mais ils n'en ont pas moins travaillé à la germanisation.
ij. Un coup d'œil sur la carte de Rauchberg pcr«;oit un contact brus(iue; la teinte bleuâtre qui couvre le pays Ichèquo semble buter contre la teinte
Un recensement minutieux des localités, que facilite l'exacte rédaction des Ortsj'cpertorien, démontre comme un fait ordinaire, que sur 100 agglomérations, 9 au plus sont bilingues^; encore, dans ces dernières, ne règne pas l'équilibre entre les deux idiomes : le plus faiblement représenté se dissout peu à peu dans le plus fort: il se produit une sorte de métamorphisme ou plutôt de résorption, qui dénonce comme éminemment transitoire la coexistence de deux parlers dans un seul et même agrégat d'individus. Gela est si vrai que l'on comptait, en 1880, à peine, sur 13.18i localités en Bohême, 407 bilingues, c'està-dire oii le dixième de la population au moins emploie une autre langue que la majorité; en 1900, ce chiffre est tombé à 395, et même à 200' en haussant le taux à 20 p. 100. En dehors de ces quelques points oii Allemands et Tchèques cohabitent, jusqu'à ce que les moins nombreux aient été absorbés, nulle pénétration; on ne s'égara point les uns chez les autres et, depuis vingt ans, on a gardé les distances plus jalousement encore. Schlesinger avait établi^ que dans les localités purement allemandes, c'est-à-dire oii ne réside qu'un dixième au plus de Tchèques, comprenant le chiffre global de 1.820.000 Allemands, on ne rencontrait que 24.000 Tchèques, soit 1,3 p. 100, et dans les localités tchèques, parmi 3. 141 .000 Slaves n'étaient disséminés que 20.000 Allemands, soit 0,7 p. 100. En 1900, le nombre des Tchèques s'est accru de 1 .009 unités ;
jaunâtre du domaine allemand ; sur la frange, quelques points bariolés, clairsemés d'ailleurs, qui signalent les villages habités par des gens des deux nationalités.
Cette carte linguistique (à i : 500 OOO») où figurent les localités ou sections de communes — la Bohème compte 7407 communes et 12820 localités — se trouve au tome 111 de l'ouvrage Der nationale Besitzstand. Elle a été publiée à part.
1. Hochreiter. Xationalilatenkarte von Bôhmen (Peterm. Mitth., 1883, p. 32).
Held, Zur Sprachenkarte Deutsch Oesterreichs. (Ibid., 1887, p. 14, avec carte) .
2. C'est une mesure trop indulgente dans la plupart des cas. On propose de ne considérer comme mixtes que les agglomérations renfermant au moins un cinquième d'habitants de l'autre nationalité (Cf. Rauchberg, I, p. 99).
3. Die Xationalilulsverhàltnisse Bôhmens (Forsch. Deutsch. Landes-u. Volksk. Il), d'après le recensement do 1880.