Kauchborg, I, p
2. Pour le détail, v. R. Andrée, Xationalilàlsvei'hàltnisse und Sprachr/renzein Bohinen (Ver. Krdk. Leipzig, ISC», p. 51-88. Cf. Peterm. MitUi. 1871, p. lir»|. Du iiirme, Tchec/iiscUe (Uiiu/e. lUihinische Wanderuiujen und Studien. mil einer ^praclienUurh' lioltimiis (Leipzi;,', 187i). Sclilesinger, Dus ileulscli-btilunische Sprachgebiet nacli der leizlen VoUiszalduiui ("• ienne, 1894). Zemnirich, Sprachgrenze und Ueulschlutn in Dohtnen (Braunsclnveig, 190i', avec 4 eailes en couIeur.s, hors texte). Raueliberg, ouvr. cilé, Niedeiii', p. 1 \-2 suiv.
3. Loreiiz l'ullec, hir liesiedlumj des Bolunenraldes, i fasc, Vieiiin', VMtU ,>\ l'iio.
A l'aile S. -E. les AllemfinHs sont campés sur la retombée de la Forêt de Bohême vers l'intérieur; leurs avant g;irdes occupent les petites villes de Kaplilz, Krummau. Natolitz, à l'extrémité d'un promontoire linguistique, et Prachatitz, un poste très compromis.
Vers le N.-W. la zone allemande s'effile jusqu'en un mince liseré d'une demi-lieue, entre le pays tchèque et la frontière bavaroise. C'est là, vers Taus, la pointe la plus avancée du monde slave au cœur de l'Europe'.
Mais de ce point, dans la direction du N. E., parallèlement à l'Erzgebirge, la zone allemande ne se restreint plus au faisceau montagneux; elle déborde sur la région basse ; elle expire aux portes de Pilsen, qui se tient sur la défensive, mais englobe Saaz, et Teplitz et Leitmeritz. et tout le sillon volcanique où jaillissent les sources thermales et s'échelonnent les bains renommés. En amont de Leitmeritz, elle longe lEIbe sur sa rive droite jusqu'à Liboch, tandis que la rive gauche est tchèque. Au delà de l'Elbe, les Allemands se replient davantage vers les Monts de Lusaceet risergebirge, se concentrant autour de Reichenberg, leur véritable capitale; ils sont maîtres encore des Monts des Géants; mais déjà les Tchèques s'insinuent dans les passages qui s'ouvrent sur la Silésie, vers Glatz et Troppau. Quant à l'agglomération allemande en Moravie et Silésie autrichienne, elle est fragmentée et de toutes parts entnmée.
La démarcation est partout tracée à arêtes vives, peuton dire, en ce sens que dans un même district, dans un même village, les habitations des Tchèques et des Allemands forment comme autant de territoires nationaux fermés, et ne se mêlent pas plus que les âmes.
Examinons séparément les deux nationalités, puisquaussi bien cette séparation s'impose.
1. Les Tchèques ici sont les diodes, qui, d'après Riiffer (Ein polnischer Volksstamm in Bokmen, Aus allen Welttheilen, 1877, p. tii, descendraient de prisonniers de guerre polonais que le duc Bretislav ramena au xi» siècle: ce dont on ne trousse aucune trace dans leur dialecte (Niederle, p. 1^7. Cf. Lippert, I, p. 371).
ANTHROPOLOGIE loi
ni
Caractères ethniques.
Les recherches anthropologiques en Bohème sont 1res fragmentaires et n'autorisent encore aucune conclusion générale ni décisive ^ L'intérêt du problème consiste à découvrir des ditTérences génériques ou organiques entre les deux nationalités qui se partagent le pays. Est-on en présence de deux races qui se distinguent autrement encore que par l'idiome'?
Si ces deux races sont tranchées, on doit pouvoir les comparer l'une et l'autre au type pur, idéal en quelque soite, du Slave et du Germain. S'est-on l'ait une conception nette de ces types?
Le signalement classique du Germain est connu : dolichocéphale, de haute stature, cheveux blonds, yeux bleus:. Celui du Slave se formule communément ainsi : biachycéphale, type foncé. Mais ce dernier article est sujet à caution : les trouvailles et mensurations faites en Pologne et dans l'ouest de la Russie, pépinières de peuples slaves, témoignent que la dolichocéphalie est prédominante dans ces parages^. D'autre part, les ossuaires de Bohème, ossuaires datant du vu'' au wf siècle, et qui ne renferment que des squelettes slaves, ont tbuini des crânes allongés à peu près en même proportion que des courts, avec un
1. On suit ici le consciencieux exposé de E. Albert. 0. U. M., Bôhmeiil, p. o64 sq. Cf. àchneiJer, Sotnatologische ZusammensleLlungen in Bàlunen, Aîâhren, Schlesien (Mitt. Anthrop. Ges., 1Sy6, o"» 1 et 2 Sitzungsberichtei.
2. D'après Gœlilert, l'Egerland est un îlot de gens de haute taille (grosseninsel). l'armi les olaves, le canton des Hannakes et Morlakes de Moravie a de mr-me, à ce point de vue, son caractère particulier (p. o8d).
3. C'est le type des Kourganes des archéologues russes. — Vii-chow et Bogdanow proi'essent cette opinion sur le type authenticiue. Les assertions de M. Zaborowski [pénétration des Slaves et trunsfurnmtion cépkatiqae en Bohême et sur la Vistale. Revue mensuelle de 1 racole d Anthropologie do Paris l'JOG. CI'. L'Anthropologie, \. 111, I jOT, p. 418), sont discutables hauteur attribue la trans.orniation céplialiiiue à la survenue de dolichocéphales, ijui pratiiiuaient 1 incinération.
Le? !:•>' crânes, étudiés par l'r. Schilf [Beitrdge zur Craniologie der Czechen Arcliir. ''ûr Anthropologie, XI, ''^l'^, p. '2o'i-^ô} décèlent un indéniable mélange, sans caractère biCQ saillant.
occiput plus rond que celui des habitants actuels. Les Slaves anciens qui peuplaient la contrée presque exclusivement avant l'arrivée des Teutons ne paraissent pas offrir les mêmes traits anatomiques que ceux d'aujourdhui. Il en va de même pour les Allemands.
Car, chose curieuse ! les deux peuples de Bohême se ressemblent — physiquement. — Ils n'en peuvent mais, sans doute ^ Ils sont brachycéphales, et très prononcés (index en général supérieur à 80, qui est le minimum de la brachycéphalie) ; les longs crânes sont des raretés. Jusqu'ici les séries examinées sont peu importantes : il est possible que l'on découvre une difTérence constante et appréciable d'index entre Tchèques et Allemands. Mais jusqu'à plus ample informé, on n'a constaté que l'identité. On ne saurait même admettre l'existence d'un type bohémien authentique dont les caractères seraient, d'après le D' Weissbach, le rétrécissement de l'arcade sourcillière et les narines larges et aplaties. Des recherches sur d'autres points du territoire {à Senftenberg, Bohême orientale -) ont révélé un faciès tout autre.
Ce qui est certain, c'est que, depuis l'époque historique, le crâne des Slaves comme celui des Germains s'est raccourci et arrondi. On a donné de ce phénomène des explications diverses : accroissement de l'intellect et par conséquent du cerveau qui aurait élargi les parois crâniennes ^^ causes physiologiques (travail des muscles), pathologiques (formation plus ou moins normale des sutures). La plus plausible est le croisement avec une race à petite tête et foncée, croisement consommé pour les Tchèques peut-être avant leur établissement en Bohême. Les Allemands survenus se sont à leur tour métissés avec les Tchèques.
1. Cependant, sur la colonne Trajane on a voulu distinguer deux types de guerriers vaincus, l'un Germain, l'autre ressemblant jusqu'à la caricature au «'Bruder Wenzel ». èafarik en a conclu qu'Allemands et Slaves cohabitaient dans les mêmes parages (Berlct, Die siichsisch-bôhmische (Irenze im Erzgebircje. Diss. inaug. Leipzig, 11)00, p. 7).