‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 117 sur 375 · CARACTÈRES COMMUNS DES DEUX GROUPES · texte numérisé non relu

CARACTÈRES COMMUNS DES DEUX GROUPES

Toutefois J'enquête scolaire, dont Schimmer a rendu compte, semble mettre en relief une diiïérence de type entre les deux nationalités, et la coïncidence ici est frappante entre les frontières somatologique et ethnographique.

VOURCENÏAfiE DU TYPE CLAIR (bLOND)

BoHiîME. Districts scolaires allemands 27,0

— — mixtes (écolesallemandes). 24,5

— — mixtes (écoles tchèques) . 18,2

— — tchèques 18,3

Moravie. Districtsscolairesallemands 23,4

— — mixtes 20,9

— — tchèques 1S,9

SiLÉsiE . Écoles allemandes (Teschen) 24,6

— — allemandes-tchèques 19,9

— — tchèques 19,3

— — polonaises 20,1

Donc le blond prévaut chez les Allemands, le foncé chez les Slaves. L'excès du type brun ressort en Bohême à 0,9 p. 100 (à peine 1 p. 100); en Moravie à 2,8 ^ En Silésie, c'est le type clair qui dépasse l'autre de 4,3, grâce à la présence dans celte dernière province du petit monde des Wasserpolaken, aux cheveux blonds et aux yeux gris.

Ces diversités, en admettant même qu'elles ne se modifient pas avec l'âge, n'infirment pas le fait, d'ailleurs imposé par la nature, du mélange des deux peuples. Ajoutez que les peuples se sont eux-mêmes altérés dans des milieux distincts.

En tous cas ces données, pour partielles qu'elles soient, suffisent à résoudre — en l'annulant — le problème des races en Bohême, en ce sens que les deux nationalités ne peuvent être regardées comme deux familles de l'espèce humaine. Le problème des nationalités subsiste et s'ennoblit, parce qu'il est réduit au terme psychologique et moral'.

Il n'existe, ni au point de vue ethnique ni au point de

i. ?;cliiirhl,T (Mill. Aiillirui.ol. Gcs. 1897). Cf. Niodrilo, p. lo4.

2. llauMVn (Mitth. Ver. Goscli. dcv Deutschen in liolnncn. Vol. XXXIV, ISlto, p. 'Jl-2) fonlirme quo .jus([u'iei ni dans la coni'orination analoniiiiiU', ni ilatiri li's Irail.s pliysionuiniqucs des deU'c yrouprs on n'a observe' de diflerencc.

vue dialectal, rien qu'on puisse qualifier d'allemandbohémien [dpîitsch-bôhmisch) ; ce serait une expression géographique ou politique. Les Allemands de Bohême ne sont pas tous de môme provenance et ne datent pas de la même époque. On les répartit en quatre groupes, d'après le dialecte : Bavaro-Autrichiens, Franconiens, Silésiens, Haut-Saxons *.

Les Allemands de la Forêt de Bohême sont les descendants de colons introduits par les uioines, à partir du xiii*^ siècle, dans ces halliers vierges, et plus vraisemblablement des Bavaro-Autrichiens, qui, après la guen-e de Trente Ans, vinrent repeupler ces parages désolés, soit comme défricheurs, comme 1 indiquent de nombreux noms de villages en schlag, soit comme veriiers (noms en hiitte). Leur parler, leur costume, leurs usages attestent leur parenté avec les Bavarois contigus^ Us sont bûcherons et charbonniers, schlitteurs pendant la belle saison ; en hiver, comme tant de montagnards, ils façonnent le bois, soit sous leur toit, soit dans les usines. Ce sont eux qui défraient aussi l'industrie verrière. Mais l'industrie a fatalement altéré les mœurs et jusqu'au type de l'indigène en attirant des ouvriers étrangers, La nationalité allemande est menacée aussi par la poussée du Tchèque qui, grâce à la pression des grands pi'opriétaires, comme les princes Schwarzenberg, et du clergé, bat en brèche ce rempart. Budweis, le poste avancé et le quartier général des Allemands de la Bohème méridionale, ej-t investi et coupé.

Cependant quelques traits originaux se sont conservés che? les Kônigsbauern, qui, dans leur canton exigu entre Innergefield et Neuern, jouissaient de toute liberté et n avaient d'autie obligation que la défense de la frontière, et chez iC5 Wallinger, gens de la petite ville de Wallern, sur le cours supérieur uC \^ Moldau, dont le type foncé,

1. Gradl, Ô. U. U.,Bôhmen I, p. 604. J. Bendel, Die Deutschen inB^hmen, Mdhren and Schlesien (Die . ôlker, vol. '2,]. Haulfen, p. 181-^6.

2. L'auteur du tendancieux ouvrage bas Deutschtum im Wirtschaftsliaushalte Osterreiclis prend texte de cotte al'linité avec les Bavarois du Mùhlviertul pour réclamer 1 annecion de la Foret de bohème aux provinces de Haute et Basse-Autriche (II, p. 28^j.

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