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LE PRINCIPE DES NATIONALITES XVII

« à la nation allemande », avec l'éloquent commentaire des prises d'armes et des insurrections ; il remua jusqu'aux diplomates assis autour du tapis vert ; le Congrès de Vienne, dans son Acte final, déclara solennellement que les Polonais recevraient des institutions « nationales ))V La reconnaissance de l'indépendance belge et de l'indépendance hellénique en fut encore une sanction, en une période où les gouvernements n'étaient pas tendres pour les droits des peuples.

La Révolution de 1848 provoqua une nouvelle explosion. « Nous le disons hautement — ainsi s'exprimait Lamartine dans sa fameuse circulaire aux agents français — si l'heure de la reconstruction de quelques nationalités opprimées en Europe ou ailleurs nous paraissait avoir sonné dans les décrets de la Providence... la République française se croirait en droit d'armer elle-même pour protéger ces mouvements légitimes de croissance et de nationalité des peuples. » Depuis cette date, le principe des nationalités s'est établi comme un dogme du droit naturel et public qui s'est imposé aux Chancelleries elles-mêmes, et qui a bouleversé la conception classique de la politique et de l'histoire. Il ne s'est pleinement réalisé cependant, ne s'est incarné, peut-on dire, que dans l'Italie ; car en Allemagne la nationalité ne s'est achevée [dans l'unité politique que pour les seuls Allemands; le sortilège n'a point agi sur les Polonais, Danois, Alsaciens-Lorrains, inclus dans l'Empire.

Nous ne pouvons suivre ici les progrès et variations de ce principe des nationalités; mais il est important de l'interroger.

Ceux qui s'en réclament, ses pupilles, ne font pas tous

1. Napoléon I" fut lui-nicme hanté par l'idée dos nationalités. A Saintu- Héléno, en repensant son œuvre, il s'exprime ainsi (lundi 11 novembre 1816) : « Une de mes plus grandes pensées avait été l'agglomération, la conrentration des mêmes peuples géographiques qu'ont dissociés, morcelés la révolution et la politii[ue... j'eusse voulu faire de ces peuples un seul et mémo corps de nation... .\vec cette simplidcation sommaire, il eût été plus possible do se livrer à la chiinèie du beau idéal de la civilisation : c'est dans cet état de choses (|u'on eût trouvé plus de chances d'amener partout l'unité des codes, celle des principes, des opinions, des sentiments, des vues et des intérêts... Quel grand et magnifique spectacle ! »

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