Fischel, ibid, n« 376, p
a. Motion Herbst à la Diète de 1884. M. Jean Bourlier (p. C2) qualifie
AVANTAGES DES TCHÈQUES SOUS l' « ÈRE TAAFE » 209
Cette molion radicale dérangeait le plan de leurs adversaires qui tenaient à l'unité du royaume de Boliême, au maintien des districts mixtes pour y placer des fonctionnaires tchèques et y poursuivre la propagande slave. A. la proposition allemande la majorité tclièqiie de la Diète de 1S86 répliqua en votant l'emploi obliualoire de la langue tchèque dans les districts allemands ', toujours en vertu de l'égalité proclauiée par la Constitution de 1867. La minorité fit sécession et ne reparut plus dans l'assemblée provinciale; elle jeta ce mot héroïque et insultant : « Plutôt mourir allemands que pourrir tchèques » {lieber dputsch sterben ah tchechinch cfrderben). Le gouvernement d'ailleui's faisait le jeu des Tchèques : les tribunaux supérieurs de Prague et de Bi'iinn reçurent Tordre de se servir du tchèque au même titre que de l'allemand, qui passait jusqu'ici pour la seule langue du service autorisée [dienslsprache] - ; le gouverneur de Bohème provoquait par ses agissements les colères tudesques\ Celles-ci furent un peu calmées par le spectacle que leur oll'rirent leurs ennemis.
L'animosité entre les deux partis tchèques s'était exaspérée, d'autant que les Jeunes Tchèques étaient les directeurs de l'opinion et s'étaient renforcés, grâce à l'avènement au droit électoral de nouvelles couches, « les hommes à 5 florins », au point de contrebalancer les Vieux Tchèques
cette proposition de « monstrueuse ». Elle ne l'est pas plus que celle des Italiens du Tirol qui réclament 1 érection du ïrentin en province séparée. Les Tchèques protestent que les limites de la Bohème allemande marqueraient n la Irontière tracée d'avance par le roi de l'russe ». Cette frontière engloberait aussi bien \ ienne et les Alpes .Autrichiennes jusqu'aux confins Slovènes. La motion l'ut présentée par Plencr à la Diète de Bohème à la fin de 188o.
i. Janvier 1886. (Fischel, p. 132-140). Comme riposte immédiate, le député Herbst et lï6 de ses collègues déposèrent une motion, déclarant que le gouvernement avait outrepassé sa prérogative en réglant par simple voie d'ordonnance la ([uestion linguistique qui relève evclusivement de la loi, et demandant 1 institution d une commission pour connaître du cas. De cette commission émanèrent deu'c rapports, (jui sont des historiques du sujet: la majorité donna raison au gouvernement, la minorité réclama l'abrogation des ordonnances (i''ischel, Malerialien, p. lU3-i28).
2. Ordonnance du ministre de la justice Praza"k du 23 septembre 1886. (Fischel, Sprachenrechl, n» Ml, p. 2'\0.
o. Interpellation Knotz au Reichsrat (1887).
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et les féodaux : la glorification de Huss, en 1889, avait' été celle de la démocratie tchèque. Aussi 1 élément conservateur prôta-t-il une oreille complaisante aux ouvertures qui lui vinrent de Vienne en vue d'une coalition contre les éléments « radicaux et subversifs ». Le souverain émit le désir que l'on négociât une entente ; en janvier 1890 les mandataires Vieux Tchèques se concertèrent à Vienne avec les délégués allemands et ceux de l'aristocratie. Les Ponctuations (\m sortirent de cette conférence, à laquelle assistèrent les principaux ministres, en janvier 1870, portaient que la haute cour de justice de Prague S le conseil supérieur de l'instruction publique et celui de l'agriculture seraient mi-partie, c'est-à-dire partagés en deux sections, une allemande et une tchèque ; que les circonscriptions judiciaires {gerichtsbez-irke) n'embrasseraient que des communes de la même nationalité ; que les curies de la Diète, celles des députés des villes et des députés ruraux, seraient remplacées par deux curies nationales, mais la curie des grands propriétaires serait conservée ; qu'aucune modification au statut provincial ne serait valable sans le consentement de chacune des deux curies nationales. C'était la scission de la Bohême en ' deux provinces ethniques. Au mois de mai 1890, les Allemands reprirent séance à la Diète en triomphateurs. Les Jeunes Tchèques, exclus de tous ces pourparlers, protestèrent contre le Compromis ; ils avaient le peuple de Bohême avec eux; car aux élections de mars 1891 pour le Reichsrat, les Vieux Tchèques portèrent la peine de leur félonie : douze des leurs seulement passèrent contre trente-sept Jeunes Tchèques; Rieger fut conspué comme traître. Les radicaux et socialistes se posèrent en
1. La haute cour était partagée en «groupes » ou chambres (sénats), Tun de 26 membres, dont était exigée la connaissance des deux: idiomes, l'autre de 15, qui se contentait de l'allemand. Le premier « groupe » connaissait de toutes les affaires des ressorts tchèques.
2. Un règlement spécial concernait les « écoles des minorités. » Les communes mixtes, où résidait un nombre déterminé d'enfants en âge scolaire dont les parents désiraient l'instruction en leur langue nationale, étaient tenues de fonder une école pour cette minorité, école subventionnée par le Jjudget provincial (landesfonds). On juge du surcroit de dépenses que provoquait l'utraquisme. (Fischel, Materialien, p. 147).