ORDONNANCES LINGUISTIQUES DE BADENI
champions du droit historique. Le sentiment slave s'exalta : l'exposition ethnographique de Prague, inaugurée en mai 1891, où les étudiants français furent reçus avec un enthousiasme indescriptible, la venue des Sokols à Nancy en 1892, l'obstruction tumultueuse contre les tentatives de nouvelles circonscriptions, conformes au Compromis, les mouvements populaires à Prague, qui obligèrent le gouvernement à décréter l'état de siège, un meurtre attribué à l'association de VOmladina\ dont les tendances séparatistes et antidynastiques furent incriminées (1893), toutes ces manifestations d'une crise aiguë jetèrent un jour sinisJre sur l'état de la Bohême.
Après la chute de Taafe (novembre 1893), après l'intérim d'un ministère de coalition, de libéraux, féodaux et cléricaux présidé par le prince Alfred Windischgratz et dans lequel figura Plener, le chef du parti allemand de Bohème, l'élu de 19 membres de la Chambre de commerce de Reichenberg, le comte Badeni, gouverneur de la Galicie ■ où il s'était imprégné de souplesse slave, s'empressa de lever l'état de siège, de proclamer l'amnistie, de confirmer dans la dignité de bourgmestre de Prague le sokol Podlipny . Les élections au Reichsrat de mars 1897 où furent appelés « les non privilégiés de la cinquième curie achevèrent les Vieux Tchèques, exaltèrent les Jeunes, qui emportèrent 63 mandats au lieu de 37 qu'ils détenaient jusqu'alors. Pour les embrigader dans sa majorité, le ministère, sans marchander, acheta leur adhésion : l'ordonnance du 5 avril consomma la parité bilingue, la concurrence des deux langues dans les rapports externes et internes de toutes les administrations ^ L'ordonnance, ou plutôt les deux ordonnances du 5 avril portent les signatures des ministres de l'intérieur, de la justice, des finances, du commerce et de l'agriculture ^ Voici les articles essentiels : toutes les administrations, tribunaux, parquets, sont tenus de rendre