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LES NATIONALITÉS DU « LITTORAL

Pour mieux marquer les coups et diriger les reprises, le gouvernement autrichien, dont les desseins sont uniformes, mais les procédés très complexes, n'a pas voulu embrasser dans une unité administrative ses pays adriatiques. Il a morcelé ce qu'on appelle officiellement le Littoral en trois petites provinces, dont la plus exiguë, Trieste et son territoire (95 kilomètres carrés), est la plus difficile à gouverner; dont une seconde, Goriz et Gradisca (moins de 3.000 kilomètres carrés), occupe les issues des Alpes juliennes sur le Frioul et la Vénétie ; dont la troisième, ristrie (à peu près 5.000 kilomètres carrés) mérité par sa situation une surveillance incessante. L'union des trois pays eût valu d'emblée à l'élément italien la prépondérance : sur les 827.000 habitants, près de 336.000 se réclament de la nationalité italienne, soit 43 p. 400; les forces numériques des Slaves, 267.000 Slovènes, 171.000 Serbo- Croates, ne contrebalancent pas, malgré l'avantage arithmétique, celles des Italiens; d'abord parce que les Slaves sont divisés en deux groupes, et surtout parce que les Italiens possèdent une influence intellectuelle autant qu'économique, qu'exalterait au sein d'un même pays, d'une môme Dicte, la conscience de leur cohésion politique.

A Trieste, les Italiens dominent sans conteste : ils sont 119.000 dans la ville môme ; les Slovènes atteignent 51.000 âmes : paysans et pâtres du causse, ils ne sont point en mesure de lutter contre les riches et puissants citadins.

Dans le comté de Goriz et Gradisca, les Slovènes l'emportent sur les Italiens, qui d'ailleurs sont de même condition sociale à peu près, ne s'étant pas élevés à une

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