Tomasin, p
imprima à Venise, foyer intellectaei des Slaves catholiques depuis la cliute de Constanlinople, un missel, missale rommium glagoliticum, qui eut des éditions successives; puis se publiéfent des schiavetli, exiraits slaves des passages du missel qu'on chantait au service divin : ils sont reproduits en croate, mais impiimés en lettres latines. Celte liturgie en leur langue, cette écriture contribuèrent à torlifier ce qu'on peut appeler déjà la nationalité croate. La Réfoi'me la servit encore : des Istriotes et Dalmates protestants réfugiés en Wurtemberg, à Urach, lancèrent une Bible imprimée en glagolitique et en cyrillique (1562). La tentative de Réforme des Slaves du sud avorta. Mais l'Eglise catholique ne proscrivit pas l'emploi des caractères glagolitiques'.
Ces caractères furent usités aussi pour des documents profanes, juridiques et autres.
Mais la littérature religieuse prévalut forcément; car le peu[)le croate toujours inquiété par l'Infidèle concentra toute son existence morale autour de sa foi-. C'est dans ce siècle seulement que le mouvement des esprits s'est annoncé : tout d'abord vers 1835, une orthographe plus souple, plus adaptée à l'idiome rajeuni, la Gajevica^, provoqua une production plus féconde et plus large, qui commeuça par des traductions et des anthologies; on i-assembla les pièces populaires, qui, en 1879, furent éditées en un volume par une Revue fondée en 1870, Nasa Sloga : le promoteur de ce réveil fut Jacob Volcic, carniolais de naissance, mais qui vécut comme prêtre en Istrie. Ces poésies sont inspirées à la fois par l'épopée serbe du roi Marko et par le souvenir des luttes avec Venise (com-
1. Voir décret de la congrégation des Rites du 18 déc. 1906 et de la congrégation consistoriale du ^li juillet i'JOO (Fischel. Sprachenrechf, n»» 471 et 488) .
2. Le catliolicisme croate est des plus vivaces et tr(>s particularistc, très déliant m'mo à 1 égard de Rome, non pour des raisons doctrinales, mais -par une répugnance etlinii[ue ([u'a traduite 1 illustre évéque Strossniaver lui-ni'me, lors (u il lit confidence à M. Cli. Loiseau iju il combattit 1 iiiiaillibilité ponti.icale « par peur de voir l'élément italien absojbcr l'autorité dans l hglise • . (Ch. Loiseau. I. évolution politique des catholiques italiens. Rev. de l'aris, 1"' juin l'Jii<, p. libC.)