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PRETENTION DES MAGYARS

nobles, irrités de rémancipation des paysans, mais pénétrés des idées de Voliaire. de Rousseau, des Encyclopédistes, confondirent et niariôront le sentiment de la liberté avec le sentiment national particularisle, ancestral, jusqu'à l'évocation des Scythes. On voulut prescrire le port exclusif" du costume magyar. Mais la liberté, telle que la concevait l'aristocratie, n'avait rien de commun avec les principes de la Révolution française : c'est pourquoi la classe dirigeante de Hongrie s'etTraya du jacobinisme, et entra en défiance contre les choses de France. D'autant plus que l'exaltation révolutionnaire monta au cerveau des Serbes, Slovaques, Ruthènes, Roumains, Saxons de Transilvanie ; et la Cour de Vienne, trop heureuse de diviser pour légner, accueillit les vœux de ces peuples, et fit mine d'y sati>faire, en instituant pour les Slaves du Sud une Chancellerie illyrienne (avril 1791).

Ici, en effet, surgissait un irritant problème. L'enjeu poui' les Magyai's n'était pas seulement d'échapper à la tutelle autiichienne et d'organiser un Etat autonome. Car cet Etat autonome ne se présentait pas comme homogène. Les iMagyars avaient éprouvé l'animosité des groupes ethniques qui les enserraient, et qui gardaient, au même titre qu'eux, le culte de leur statut et de leur droit nationale Les iMagyars s'étaient proposé la mission historique d'enfermer ces peuples divers dans les cadres dune nation et d'une patrie, expérience qu'ils ont poursuivie jusqu'ici sans trop de bonheurni d'honneur, et dont il conviendra de signaler les épisodes les plus significatifs.

L'Autriche trouva dans les Slaves, Roumains et Aile-mands de Hongrie, de précieux auxiliaires contre les ambitions magyares. C'est parce qu'ils eurent la conscience de leur faiblesse et de leur isolement au milieu d'un cercle d'ennemis conjurés contre eux que les

1. A plusieurs moments, sous le règne de Mathias Corvin notamment, roumain d origine, sous (iuel(iucs rois polonais, les nationalités avaient été protégi'es contre les entreprises des Magyars. Ceuv-ei l'ormulérent en qucliiue sorte leur programme politique déjà dans le Code iiongrois ou Tiipartitum (de ioii), œuvre de leur grand légiste erboczy, tout imbu de l'idée unitaire, et ([ui dénie à la Croatie, à la Transilvanie, au.ï comitats le droit de se créer des statuts contre la loi du royaume.

Magyars, après la déconfiture de l'Autriche, après la prise de Vienne, ne firent pas défection à la Maison de Habsbourg, seule capable malgré tout de les préserver, qu'ils restèrent sourds à l'appel de Napoléon I". Celui-ci en effet, relevant la tradition de la diplomatie française, les conviait à reprendre leur existence comme nation. «Vous avez des mœurs nationales, une langue nationale. Ayez un roi de votre choix qui ne règne que pour vous, qui réside au milieu de vous, qui ne soit environné que de vos citoyens et de vos soldats ' ». Les Hongrois continuèrent à prodiguer leur sang pour l'Autriche qui les en paya mal.

En effet, ils eurent, plus peut-être que tous les autres sujets de l'Autriche, à se débattre contre une administration despotique, policière, et vouée à Tœuvre de germanisation. L'érection d'un Empire d'Autriche ravalait la Hongrie, en dépit d'assurances apaisantes, au rang d'une simple province des Étals héréditaires ; et on le lui prouva lorsquaprès la banqueroute de 1811 on })rétendit lui imposer des contributions sans le consentement de la Diète. Aussi la Hongrie devint-elle comme le foyer et la citadelle des idées libérales et môme démocratiques, du régime constitutionnel, dans l'Orient de TEurope. Kossuthmena le combat contre l'absolutisme de la Cour de Vienne, de sorte que les réformes politiques et sociales furent emportées de haute lutte et consacrées au lendemain de la Révolution de février.

Mais si les Hongrois revendiquaient légitimement leur droit national, si môme ils osaient manifester une sympathie fraternelle aux Polonais insurgés, par une contradiction dont ils ne sentirent pas, semble-t-il, l'iniquité, ils ne professèrent pas le même respect pour les droits des peuples hospilalisés dans la monarchie de Saint Etienne. C'est en effet des Diètes de 4830 à 1840 qu'émane une législation où Ihégcmonie magyare s'affirme dans toute son intransigeance'.

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