‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 28 sur 375 · L ALLEMAND INSTRUMENT DE RÈGNE · texte numérisé non relu

L ALLEMAND INSTRUMENT DE RÈGNE

elle avait, pour pénétrer jusqu'aux couches profondes des populations, réveillé, ennobli les parlers vulgaires. Le latin, en outre, ne parut plus assez riche ni assez souple pour la diffusion des idées modernes, ou même des simples prescriptions administratives.

Pour les nécessités gouvernementales de TAutriche, l'allemand était tout indiquée L'Autriche, par une sorte d'illusion officiellement entretenue et consacrée, apparaissait comme un État allemand, comme le plus qualifié des Etats allemands, puisque ses souverains portaient la couronne impériale. D'ailleurs, aucune des langues en usage dans la monarchie ne pouvait, ni par sa perfection relative '\ ni par l'ampleur de son domaine, ni par son caractère international, rivaliser avec l'allemand. C'est dans la seconde moitié du xviif siècle, quand, par opposition aux idées dissolvantes des philosophes, les souverains sentirent le besoin d'affirmer le principe et l'autorité monarchiques, que se révéla en Autriche la tendance à resserrer les liens de l'Etat. Marie-Thérèse, après l'humiliante issue de la guerre de Sept Ans, crut restaui'er la force de la Maison d'Autriche par une action gouvernementale plus sûre et plus homogène dont l'instrument devrait être la langue d'Etat. L'enseignement de l'allemand fut introduit, accessoirement [nebeneinfuliriuig] eu Bohême, Silésie, Moravie, Garniole, dans les Confins militaires, puis, avec plus de scrupules, dans la Pologne fraîchement annexée. C'est Marie-Thérèse encore qui fit de lallemand la langue de l'armée, tant des services que du commandements La devise de la Chancellerie de Vienne fut qu'il fallait faire ainsi de l'Etat un peuple.

Cette maxime énoncée dans une séance du Conseil d'Etat, quelques semaines avantque Joseph II prît seul le pouvoir', fut appliquée par ce prince avec plus d'énergie et de suite.

1. Ferdinand l", par un rescril du 2 uoùt 16oo, avait ordonne l'emploi exclusif de lallemand en matière judiciaire, dans tous les pays héréditaires, y compris ristrie autrichienne et le Karst; le latin n'était plus autorisé.

2. L'allemand officiel était dans une forte proportion mélangé de latin : ce que traduisait aux yeux un double jeu de caractères typographiques.

3. Fischel, Dus œslerreichische !>prachenrechi, Briinn, l'.lOl, p. xxix.

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