‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 282 sur 375 · AUERBACH · texte numérisé non relu

AUERBACH

ma^ds, ayant diminué de 4.400 têtes depuis 1900 ; ils ne dominent plus que dans deux localités ; tout le reste est slovaque ou polonais ; mais la poignée de Magyars, fonctionnaires et professeurs, qui se comptaient à 5.000, il y a vingt ans, s'est multipliée à plus de 18.000, en écornant Allemands et Slovaques mêmes. Le type germain se reconnaît à peine ; d'ailleurs on dislingue plusieurs groupes allemands : les c Saxons » des anciennes 16 villes libres, classées pendant un temps dans un district à part, parlant un dialecte moyen allemand; les descendants des mineurs {grïmdler), dont le langage décèle l'origine austro-bavaroise. Mais les mœurs traditionnelles et le costume se sont oblitérés; il subsiste, comme indice ethnique le schulthaus, ou plus exactement schutzhaKs, sorte de baraque en bois, en forme de caisse, qui flanque le logis et où l'on serre les provisions*; les mariages mixtes, l'introduction dans la famille de serviteurs slovaques, rebelles à l'intelligence de l'allemand, ce sont là autant de dissolvants de la nationalité.

D'ailleurs si le germanisme est condamné en Hongrie, lui-même est pour une bonne part l'auteur de son destin. L'Allemand a la réputation de se dénationaliser avec une étrange désinvolture : ici l'isolement, les conditions économiques et sociales ont précipité la mue. Aussi n'oppose-t-il aux empiétements du magyarisme qu'une résistance passive. Même dans la marche allemande du Dunantùl, l'enquête minutieuse de Pfaundler aboutit à cette conclusion que depuis la constitution de l'Etat hongrois en vertu du dualisme, le magyajisme affirme, avec son ascendant, son progrès numérique. Encore si cette résistance était demeurée même passive. Mais elle a cédé elle-même: et les prétendues victimes se sont changées en fauteurs et complices. Le parti ultra magyar a recruté de fervents adeptes parmi les Allemands « qui laissaient pousser leurs moustaches à la hongroise, criaient : e IJ en ! quand l'ombre du kalpak de Kossut tournait le

1. Karl Fuchs, Dos deutsche Ilaus des Zipser Oberlandes {Miit. Anthropol. Gcs. W'ien. 1899, p. 1-12 avec 33 croquis).

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