DECHEANCE DU GERMANISME
coin de la rue, mais arboraient le drapeau jaune et noir dès qu'un caporal autrichien avec ses six hommes apj)araissait à l'horizon * ». Les historiens de tendance germanophile dénoncent avec indignation cette servilité, cette platitude de leurs compatriotes de Hongrie ^ Jugement trop sévère. Car aux yeux de ces renégats, la cause magyare s'est, au cours de ce siècle, identifiée avec la cause libérale, tandis que l'idée allemande se réalisait dans le régime oppressif et tracassier de l'Autriche et s'incarnait enMetternich. Et puis, dans une des crises les plus douloureuses de leur histoire, Allemands et Magyars combattirent ensemble le bon combat contre le Russe, pour l'indépendance de la commune patrie, et du même cœur, depuis 1850, contre la réaction et l'absolutisme.
Cette fraternité s'est évanouie, et s'est transformée en un antagonisme que les Allemands ont. subi, loin de l'avoir provoqué. Il faut l'avouer : il y a dans les attaques des Magyars contre les Hongrois de race et de langue allemande de l'injustice et de l'ingratitude. Ces « hôtes » et colons ont mérité leurs lettres de naturalisation, et, à n'invoquer que l'histoire, ils ont sur le sol qu'ils occupent des droits aussi imprescriptibles que lesMagvars eux-mêmes. Leur loyalisme envers la Couronne de Saint Etienne ne s'est pas démenti; ils ne sont pas, comme leurs congénères d'Autriche, en coquetterie avec la grande ' Allemagne. Une preuve de cet attachement à la patrie hongroise se tire de leur empressement à s'assimiler