PÉNÉTRABILITÉ DU RÉDUIT TRANSILVAIN
sont les Alpes transilvaines où la pyramide du Négoï et la Mandra s'élancent à plus de 2.500 mèlres. La façade h.ongroise est trouée de cirques, dessinée par des massifs plus articulés, que séparent des coupures fluviales et dont la complexion géologique a été fort bouleversée par des pointements trachytiques qui ont amené au jour des veines métallisées, d'oii le nom de Monts Métallifères ; le pâté des Monts de Bihar se cintre vers la plaine; ses cimes, le Biharu ou Kukurbeta (concombre), le Vlegyazsza (1.830 mètres), étaient jadis noires de forêts : si bien que le pays qu'elles cachaient fut appelé « Au delà des forets » [Transilvania, Erdély de erdii, forêt).
Des contreforts qui s'infléchissent vers le N.-E., Monts Meszes et Lapos, se soudent au tronc carpathique et achèvent la clôture du quadrilatère.
Il semble que dans celte foi'teresse une nation maîtresse de ses destinées pût se retrancher dans un lier isolement. Mais l'indépendance géographique de la Transilvanic, comme celle de la Bohême, a été détruite par ses eaux qui ont déchiré de brèches le rempart protecteur et déblayé lesavenuesdu réduilnaturel. LeSzamos,le Maros, les deux KlikûUo s'ouvrent sur la Hongrie, et s'enfonçant par leurs racines jusqu'à l'arrière-plan de la ïransilvanie, tracent un réseau de pénétration ; l'Aluta (01 tu) a percé une voie vers le Bas Danube. Les montagnes s'échancrent complaisamment pour appeler la circulation : dans l'angle sud oriental se creusent le Pas d'Oïtoz (852 mètres) dont le débouché est Galatz ; celui de Tomôs (1.026 mètres), par oli le chemin de fer gagne aujourd'hui Bucarest ; celui de la Tour Bouge, foré par l'Aluta; celui de Vulkan, seuil des Monts du Banal.
C'est donc un passage que la Transilvanie, et qui sollicite les migrations : les peuples traqués cherchaient un refuge dans les hauteurs hérissées de bois; les nomades escaladaient ses alpes verdoyantes, pacages généreux pour leurs troupeaux ; ses rivières qui roulent de l'or et les flancs de ses monts qui recèlent des métaux précieux attiraient les aventuriers; et même aux cultivateurs
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s'offraient des bassins au terroir de marnes et de sables, copieusement arrosés'.
Aussi, dès les âges les plus lointains, la Dacie a été convoitée par ses voisins les rois de Thrace et de Macédoine. Elle fut occupée par les Romains. Trajan y établit des colonies, dont la prospérité fut courte : car moins de deux siècles après, commença le défilé des Barbares, Goths, Huns, Gépides, Avars, Magyars, Turcs; à la longue seulement prirent pied les habitants définitifs, Hongrois, Allemands, Valaques. Ces groupes nationaux vécurent côte à côte, chacun sur son territoire réservé, sans que nul ait tenté d'asseoir sa domination exclusive. Les plus qualifiés, Magyars, Szeklers, Saxons contractèrent un pacte fédéral-, dont ils exclurent le peuple, primitivement nomade et pillard, des Valaques. En tous cas, ce cadre merveilleusement aménagé, semble-t-il, pour un établissement homogène, ne connut point l'unité. Et de même que la Transilvanie ne jouit pas d'une indépendance géographique entière, elle ne jouit pas de la pleine indépendance politique. Après le désastre de Mohacs, elle tomba sous la suzeraineté ottomane, tandis que la Hongrie échut à la Maison de Habsbourg : elle fut régie par des dynastes électifs, les Bathory, les Rakoczy, les Bethlen, dont la fidélité flottait tour à tour de l'Empereur au Grand Seigneur, sans que fût jamais secoué le joug de l'un ou de l'autre. En 16o0, la Transilvanie fit retour à la Couronne de Saint Etienne, et le diplôme de l'Empereur Léopold lui garantit son ancien statut et une administration distincte. L'orgueil magyar souffrit impatiemment de sentir dans le flanc de l'État hongrois un État presque libre ; aussi profitant des troubles de 1848, les Magyars incorporèrent la Transilvanie, proie qui leur fut aussitôt arrachée, mais qu'ils ressaisirent au lendemain du Compromis de 1867. Ils l'ont traitée dès lors en province