ÉCHEC DE LA GERMANISATION
Mais ce régime fit faillite: il ne sut pas unifier ni concilier les éléments divers, sauf dans une liaine commune contre Thégémonie allemande.
Dans le cadre rigide qu'il avait façonné, un Etat pouvait se constituer, ou plutôt une bureaucratie, c'est-à-dire une armature, mais non une nation ni une patrie.
Aussi les sujets de l'Autriche, au lieu de se serrer autour d'elle aux heures de crise et d'humiliation, saluèrent avec une joie non contenue et exploitèrent ses défaites.
L'issue peu glorieuse de la guerre d'Italie contraignit le gouvernement à une amende honorable, c'est-à-dire à un retour au libéralisme constitutionnel : il s'exécuta par le Diplôme du 20 octobre 1860, qui promit un sort — c'est tout ce qu'il importe d'en signaler ici — aux « individualités hislorico-politiques » traduction pédante du Voi/îsstatiun, si ingénieusement trouvé à Kremsier. Cette simple allusion au droit historique mécontenta les Allemands.
Ceux-ci eurent leur revanche sous le ministère Schmerling, qui s'évertua à restaurer l'unité autrichienne, la Grande Autriche de marque germanique, La Patente de février 1861 assura, par le système électoral des curies, organisme social autant que politique, la prépondérance aux Allemands.
Cette réaction exaspéra ceux qui en étaient victimes, au point que le désastre de Sadowa, survenu peu de temps après la chute de Schmerling, fit l'elfet d'un de ces orages qui balaient et purifient l'atmosphère. Mais les véritables et seuls vainqueurs, dans cette guerre, furent les Hongrois, et le résultat le plus manifeste en fut le Compromis, jusqu'ici le premier en date et l'unique \ mais, pour toutes les autres nationalités, un exemple et un précédent.
Depuis cette séparation de corps qui n'a pas entraîné une complète séparation de biens, l'Autriche" et la Hon-
i. Le Coiiiproiiiis eiitir iluii,ij;iii' rt Crualif, la naçjoda do 18(JS. ('.st loin (le doniRT au socund de ces pays des droits égau^ à ci'uv iiu'ubtint l'Etat liungrois. (Voir ci-dossoua le chapitre : Croalic.)
2. 11 s'est posé ici jusqu'à ces derniers temps, une i|uestlon assez pi(|uante : l'Aulriche jouit-elle de la personnalité politique ? fH'liciellenient.. elle n'avait pas de nom ; celui de la Cisleithanie n'est pas reconnu. Qu'on ouvre un document administratif, par exemple, un tome de la « statistique autri-
grie ont, chacune de leur côté, pâti comme ci-devant de la misère des querelles ethniques, phis quant civilia hella. Ce mal endémique a infecté les sources et altéré les fonctions de la vie nationale. En vain les gouvernements ont tenté, par une diversionnaturelle, dérailler touslespeuples dans un effort commun vers la solution des grands problèmes économiques et sociaux: les intérêts les plus élevés et les plus généraux se rapetissent et se déforment dans le moule particulariste ; les luttes sociales se doublent du conflit des nationalités.
Avant de rappeler les épisodes les plus marquants de ce conflit, passons en revue les combattants en armes.
chienne y, l'Empire d'Autriche n'est pas invoqué, mais le complexe des « royaumes et pays représentés au Reichsratli » : la rubrique date de la Patente, d'ailleurs centraliste, du 26 février 1861. Dans celle de 1867, l'Autriche n'est mentionnée que « sous forme adjective w (Rauchberg, Oesterreichische Bilrgerkunde, 'V'ienne lyil, p. 68). L'Autriche a piis figure par opposition à la Hongrie ; elle ne s'est constitué un état civil, sous ce vocable, qu'en octobre 1915 ; la date est signilicativc