‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 308 sur 375 · PROVENANCE ITALIENNE · texte numérisé non relu

PROVENANCE ITALIENNE

fils de la même terre, et aujourd'hui c'est un lien tout mystique et politique que l'on renoue. « Un Roumain de Bucarest saurait à peine ou même ne saurait pas du tout se faire comprendre de son congénère de Bitolia^ »

Enfin, puisqu il semble admis, par une jeune école roumaine moins entichée de la formation sur place ou continuité géographique, que les ancêtres sont des immigrés, ne peut-on chercher leur point de départ en terre latine même ? Un érudit, hongrois, il est vrai, Ladislas Rethy, désigne comme berceau la région pastorale de l'Apennin, la Romar/ne, d'oii ces bandes auraient cheminé vers le Nord-Est à travers le Frioul : là elles auraient ramassé au passage des formes dialectales que le roumain a en commun avec le frioulan ; puis ayant débouché sur le terre-plain balkanique où elles trouvèrent des populations déjà romanisées, elles adoptèrent encore des traits phonétiques empruntés à Tillyriee ou albanais. Ainsi se seraient amalgamés dans le roumain, qui ne prit figure de langue romane que du vif au xi" siècle, des éléments de plusieurs dialectes néo-latins".

Nous n'avons voulu — et pu — que signaler les obscurités de ce procès historique. S'il a le don de passionner les parties adverses, un témoin <étranger sera fort en peine de comprendre en quoi la conscience et la dignité nationale des Roumains sera exaltée ou ravalée suivant que leurs ancêlres sont ou non les arrière neveux des légionnairps de Trajan. On n'imagine pas que les Roumains aient la présomption que du sang lalin coule dans leurs veines \ Leur parler appartient incontestablement à la

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