RESTAURATION DE L IDIOME NATIONAL
uni. On se borna à concéder aux Valaques du rite non uni qu'ils seraient traités ad instar reliquorwn incolarum ; mais on ne reconnut pas la nation roumaine.
Cette nation s'élaborait. Elle était dotée de l'indispensable instrument, la langue littéraire. La propagation de la Réforme par les Saxons tj'ansilvains avait provoqué chez leurs voisins valaques la rédaction en leur idiome d'ouvrages religieux et le rejet du vieux bulgare liturgique; dès I06I, les Evangiles sont traduits en roumain, et au milieu du xvif siècle, le Nouveau Testaments Mais le peuple n'adhéra pas à la doctrine qui lui apportait celte nouveauté. Il se rétracta non moins farouchement contre les tentatives de calholisalionde l'Autriche, quand laTransilvanie passa sous cette domination; l'élite seule voyait dans la communion religieuse avec l'Occident latin et l'Eglise romaine un moyen de régénération-. Celle-ci eut pour premiers foyers des écoles, surtout des écoles normales, où sous la direction d'hommes comme le moine Georges Schinkay, on prépara des instituteurs pour la Fa/rtc/iica/j/^ôi; on rédigea des grammaires et des lexiques pour réformer et relatiniser la langue : les Elementa linguœ daco-ronianœ sice valacchise, dus à Klein et Schinkay, parurent à Vienne en 1780. On publia des histoires du peuple roumain, celle de Petru Maïor fut imprimée à Ofen en 1812. Ainsi s'annonça la renaissance intellectuelle qui vivifia môme les frères des principautés'.
Le lu mai 1848 (nouveau style) c'est avec stupéfaction que les autorités hongroises assistèrent au rassemblement
1. G. Alexici, Geschichte der ruinàniscken lAlleratuv, in dentscher L'marbeilung ro?i K. Diederich (Litleratur des Osions. Bd., IJl, Leipzig, Amelangs Verlay, lUUG, chap. m).
2. M. Sirianu regarde comme une heureuse conjoncture cette conversion dune importante fraction des Roumains. « 11 ne faut pas oublier, écrit-il ip. 190), que la renaissance nationale roumaine a eu comme berceau l'Eglise Komaine et comme point de départ la petite ville catholique romaine de Bl.ij, « la Rome des Koumains »... C'est la conscience de sa latinité qui a valu au peuple roumain une vie vraiment nationale ».
3. Sur le « mouvement transylvain » voir l'ompiliu liliade, De l'influence française sur l'esprit publ'ic en lioumanie (Paris, 1898. Livre ii, chap. iv, p. t~l, suiv.)