DIFFICULTE D UN STATUT LINGUISTIQUE
sioii de Tordre, du jour du Ueiclîsrat, dont elle est restée un numéro inamovible.
Il y a quelque chose de comique dans la façon dont elle fut posée.
En réplique aux prétentions tchèques, le comte Wurmbrand invita le gouvernement (mai 1880), en exécution de l'article 19 de la Constitution de 1867, à réglementerl'usage des langues dans les ditrérents pays de la monarchie, en instituant Tallemand comme langue d'I'ltat.
Le comte Taafe, convoqué à la Commission, émit des doutes sur l'opportunité du projet de résolution; puis demanda au promoteur la définition de la langue d'Etat. Est-ce la langue administrative [amtssprache] ? Il appartient au pouvoir exécutif de la fixer par ordonnance. Estce la langue du service [difinstsprache) ? Elle s'adapte aux ditTérents milieux, de sorte qu'en Tirol l'allemand et l'italien, en Galicie le polonaisetle ruthène, etc., sont langues du service. Est-ce la langue du Parlement? L'allemand y est généralement employé, mais il api-araît aussi que l'usage d'autres langues y est autorisé. Est-ce la langue des Diètes provinciales ? La loi qui leur imposerait l'allemand serait inexécutable.
Voilà les échappatoires de l'homme d'Etat. Quant à la Commission, elle déclara sérieusement son impuissance à discuter le sujet, avant d'être nantie dune définition de la langue d Etat, définition qui n'a été établie par aucune loi en vigueur. « Il ne serait pas sans intérêt de l'essayer avec toutes ses nuances théoriquement imaginables « ou, si les auteurs de la motion foui-nissaient quelques données, « de deviner au moins leur idée )).
Après une exégèse du fameux article 19 invoqué, la Commission conclut à l'incompatibilité de la proposition avec cet article fondamental. Et elle proclama la fatalité du contlit des nationalités « né du réveil général de la conscience nationale, conséquence de la complexion particulière de l'État autrichien »^