‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 72 sur 375 · ImmIii'I, Mii/i'rialicii. p. 10 .suiv · texte numérisé non relu

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L'allemand était donc ravalé à la simple fonction de langue de pays [landessprache) .

Les Allemands protestèrent contre les « ruses, violences, proscriptions, dénonciations, contre le terrorisme » auxquels les minorités de leurs nationaux étaient livrées en proie dans les régions mixtes et jurèrent encore qu'ils ne renonceraient pas au combat « pour le germanisme et Tunité de l'Etat » {um DeiUschthumiind Staatseinheit^ .)

A cette unité de l'Etat s'oppose crûment la'« nationalité », que le Tchèque Rieger avait caractérisée à la fois comme « génératrice de l'Etat et destructrice de l'Etat » {Die Nationalilàtenidee ist die staatsbildende , aber aiich die staatszerstôrejide Idée uiiserer Zeit'-.) C'est sous ce signe que l'Autriche était condamnée à évoluer. En ouvrant le débat au Reichsrat comme rapporteur de la majorité sur le projet Wurmbrand (janvier 1884), le Polonais Madeyiski déclarait que dans l'Autriche actuelle il n'y avait pas de place pour l'allemand comme langue d'Etat. « Le principe des nationalités, s'écria le Tchèque Gregr, est la véritable doctrine d'Etat [Staatsgedanke) en Autriche. »

La joute oratoire se borna cependant à de belles passes d'éloquence : ni le projet qui visait la primauté de la langue allemande ni les projets adverses ne trouvèrent de majorité ; et aucun des partis qui s'affrontaient n'en fut autrement mortifié, ni surpris.

Dans la fortune contraire la conscience nationale allemande se trempa. Chose bizarre, c'est des Hongrois que vint aux Allemands l'appui le plus efficace, quoique discret et occulte. Les Hongrois redoutaient le développement de l'intluence slave, et les hommes d'Etat magyars dirigeaient la politique extérieure de la monarchie vers l'Allemagne : Andrassy a scellé l'alliance avec Bismarck; Kalnoky l'a dévotement cultivée.

L'ordonnance du 17 avril 1880, relative à l'emploi des langues en Bohême et consacrant la déchéance de l'allemand, fut le coup de fouet sous lequel les Allemands se

1. Ibid. Rapport de la minui'ité sur la proposition Wuruibrand (p. 22)..

2. Séan(?e rtu Reichsrat, Chambre, 16 février 1882, KoUmer (Parlament und Verfassiiiifj in Ôsleneich Vienne, 11)02 et suiv.. t. 111,, p. 201).

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