‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 74 sur 375 · PROGRAMME DES ALLEMANDS D AUTRICHE · texte numérisé non relu

PROGRAMME DES ALLEMANDS D AUTRICHE

fallut proroger le Reichsrat (juin 1897). Dans leur détresse et leur exaltation, les perséculés invoquèrent l'appui de leurs frères allemands et exhalèrent leurs doléances sur le solde la Grande Allemagne ^ Knfin la dernière session de l'année 1897 lut signalée par les scènes les pins scandaleuses qui aient jamais déshonoré un Pailement ; et la minorité allemande où libéraux, socialistes, antisémites opéraient de front, minorité soutenue par l'émeute populaire, mit en déroute le ministère Badeni, et prépara v/ revanche et représailles.

Le péril commandait l'union. Elle se réalisa en une mauil'eslation qui ht illusion; à la Pentecôte de 1899, aftluèrent àLinzles fortes tètes des a partis de l'opposition allemande » ainsi énumérés : populistes [^''olkspaftei)^ progressistes, grands propriétaires constitutionnels, socialistes chrétiens, association libéi'ale, qui rédigèrent un abondant programme, d'abord de revendications communes, puis de mesures spéciales pour les divers pays-.

Le maintien des Allemands, dans la situation qu'ils avaient conquise depuis des siècles, la reconnaissance de leur privilège était qualiliée de « pilier fondamental » pour lavenir de cet Etat, qui devait être désigné désormais sous le nom d'Autriche. « Le sort de l'Autriche est intimement liéau sortdes Allemands d'Autriche ». C'est le thème du droit historique, sur lequel cependant les Allemands n'aimaientpasenlendreles modulations desautres nationalités.

Quant à la question des langues, rien de plus simple à régler : on tera table rase de toutes les ordonnances, édits, instructions en vigueur jusqu'à ce jour, et la loi fixera la langue de communication générale [allgemeine Vermittlungssprache), et de même les langues de service internes et extérieures. On ne prononce plus le mot de langue d Etat ; mais, sous nn vocable plus modeste et vague, l'allemand i/ s'en arroge toutes les prérogatives.

1. En mai 1897 une réunion pangornianiste se tinta Dresde où le chevalier de Schoenerer ot ses lieutenants llétrirent la politique slave du gouvernement autrichien et reçurent les encouragements de plusieurs députés prussiens, et les exhortations enragées du prolesseur Mouimsen.

'2. Fischel, Maferialien, p. o3-47.

74 l'aUTRICHE alpestre. — LFS AUSTRO-ALLEMANDS

« Il est la langue du Parlement, de tous les actes qui s'y rapportent, la langue des ministères, des juridictions les plus élevées et de toutes ces administrations centrales, » La langue de service entre les administrations et les autorités de l'Etat est l'allemand; et de même, pour les autorités entre elles (service interne), sauf pour l'italien, le polonais dans les zones antérieurement définies, et le tchèque dans les districts à former ; le service extérieur (correspondances, expéditions, etc.) aura pour expression l'idiome employé dans les pays unilingues, ou les idiomes usités dans les zones mixtes. Tous les employés de l'Etat, fonctionnaires administratifs et judiciaires, les avocats et notaires doivent faire preuve de leur connaissance de l'allemand.

Propositions, à tout prendre, modérées et topiques.

Pour les provinces polyglottes, la solution la plus franche était indiquée : délimitation des districts linguistiques, non d'après les résultats oscillatoires des recensements, mais d'après. la répartition réelle des groupes nationaux; dans les circonscriptions mixtes, parité des idiomes. Le séparatisme ethnique entraînait le séparatisme scolaire, avec le droit pour les minorités d'instituer des écoles dans les zones mixtes.

Les Allemands n'affectaient donc plus l'hégémonie pour leur race, ni pour leur langue une éminente dignité, comme véhicule d'une culture plus haute : la vermittlungssprache n'était présentée que comme un truchement plus intelligible à tous les sujets de l'État autrichien.

Si leurs prétentions- se ravalaient ainsi, c'est qu'ils se sentaient en une posture plus humiliée, et dans une impasse; leur hloc s'élait-il formé, se ramassait-il sur la base de la patrie autrichienne? leur geimanisme ne risquait-il pas de devenir suffragant de la Grande Allemagne? L'article 8 du programme de Linz traduit celle préoccupation ' : l'alliance avec l'Empire allemand s'impose par des raisons économiques et culturelles. Mais la fraction exaltée « des partis allemands d'opposition » ne s'en tenait pas

■1. Fiscliel, p. 34.

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