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ROLE DES ALLEMANDS EN AUTRICHE

à ces formules imprécises : Schônerer et ses hommes prêchaient ledétachemenUravec Rome etsous-entendaient y' d'avec l'Autriche \ Et ce germanisme, qui était du pangermanisme, ne séduisait pas les masses populaires qui nourrissaient contre les Prussiens et les protestants une égale horreur. La cause allemande ne gagnait pas d'adeptes parmi le prolétariat même : le congres socialiste de Brûnn (septembre 1899) confessait la doctrine des nationalités dans l'État démocratique autrichien et ne hasardaitqu'une vague allusion à une langue de communication [verkehrsprache). Enfin, dans l'armée, la langue de service [dienstsprache) — entendez l'allemand — perdait son caractère obligatoire'.

Les Allemands ne trouvaient de réconfort ni dans la politique intérieure^ — ministères de fonctionnaires etTarés ou cabinets parlementaires qui pratiquaient l'art du panachage national — ni dans la politique extérieure, qui se slavisait et s'orientalisait de plus en plus.

Ils payaient cher leur prestige et leur suprématie de jadis. Les plus optimistes d'entre eux assurent que le germanisme, comme tous les rédempteurs, souffre pour ceux mêmes qui le vilipendent. « La mission du peuple allemand d'Autriche, écrit un de leurs plus ingénieux avocats, consiste à diriger, dans l'Empire des Habsbourg, la transition des formes simples d'un passé absolutiste aux formes compliquées d'un avenir de liberté et d'égalité pour tous. La rôle de l'éducateur est très pénible... » Cette transition ne s'opère pas pour les Allemands « sans toutes sortes de renoncements » et déboires dont le plus dur est l'ingratitude de ceux-là-mèmes qu'ils émancipent*. On a beau ennoblir — et l'argument est contestable — la cause de la défaite; la défaite n'en est pas moins avouée.

i. Scliuncror proposa la constitution d'une Autriche allemande, c'est-àtiirc des territoiies qui avaient été incorporés à la Conl'édération germanique, par la séparation daVec la Galicio, IJoukovine, Dalraatie libid., p. 47).

2. Fischcl, Sprachenrecht, p. lxxxix et 288, n" 44'J. Ordonnance du Ministère de la guerre du 11) nov. l'J0;5.

3. Quel(iucs tentatives ont été faites depuis sans succès pour déclarer l'allemand langue d'Ktat ou même langue parlementaire (Kisdiel, Sprachearecld, p. ;j43-5).

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