‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 76 sur 375 · Cliarmatz, IJ, p · texte numérisé non relu

Cliarmatz, IJ, p

76 l'aUTRICHE alpestre. — LES AUSTRO-ALLEMANDS

Mais les Allemands doivent-ils s'abandonner et se lamenter sur lesrives du beau Danube bleu, suijfr flumiiia Bahylonis^. S ils se r-ésignent à nallecler plus i'iiéjjji'monie, s'ils t'ont leur deuil d'un centralisme périmé, que la dynastie même ne rêve plus de ressusciter, s'ils s'adaptent au cadre transformé de l'Autriche, leur tâche — pour ne pas dire : leur mission — apparaît comme fort honorable.

Ils gardent la supériorité de la richesse, de la culture, et s'ils ne constituent plus la majorité, ils constituent encore — jusqu'à lavènemeut des autres peuples à la môme fortune — une élite. CertainsGermanistesoutranciers les exhortent à se replier sur eux-mêmes, à ne plus se laisser exploiter par les Slovaques, Perwaques, Polaques, Gorales, Houzoules. Croates et Morlaquès, ces miséreuses « nobles seigneuries ». Chacun pour soi. « Tout ce qui est allemand à l'Allenjand. et au diable tous les intrus et parasites polonais, magyars et tchèques ». Ainsi s'exprime un champion du nationalisme étroit, de celui qui condamnerait l'Autriche à se morceler en autant de compartiments étanches et ruinerait ce qui reste du principe unitaire.

Nous avons présenté ailleurs ces arguments : qu'il nous soit permis d'en reproduire la conclusion. « L'Allemand prétend-il s'isoler, vivre de ses seules forces qui déclinent, nous l'avons vu, au regard de celles des autres groupes ethniques? Forme-t-il d'ailleurs un bloc uni et bien cimenté? Puisqu'aussibieniljouit des avantages sociaux que . lui a de longue date assurés la pratique d'une civilisation plus relevée, n'a-t-ilpas un noble et bienfaisant magistère à exercer sur les peuples associés, qu'il le veuille ou non, à son propre sort? Ne saurail-il présider, en éducateur libéral, à l'effort commun pour le meilleur emploi des forces naturelles, au progrèsscientifique vers lequel soriententdes races jeunes, pleines d'ambitions et de sève vitale ? Ainsi se créerait, mieux que par des combinaisons politiques ou parlementaires, cette patrie autrichienne, qui n'a trouvé encore ni sa formule ni sa conscience^ ». Nous ne nous flattons pas que ce conseil charitable aurait été entendu.

J. B. Auerbach, La valeur sociale des Allemands dans la monarchie autrichienne (Rcvuo Politique et Parlementaire, t. LXI\', 1910, p. ^o6-ol).

L INVASION SLOVENE / /

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