SLOVÈNES ET ALLEMANDS EN STYRIE
fiques. Lesdistricts où ils dominent sont aiïectés des taux de natalité les plus élevés.
EXCÉDENT DES NAISSANCES SUR 100 HABITANTS (1900) DISTRICTS SLOVÈNES DISTRICTS ALLEMANDS
Cilli campagne. . . 11,71 Bruck 11.61
Gonobitz 10.11 Dputschlandsberg. . 4,37
Luttenberg .... 8,68 Feldbach 3,28
Pettau campagne. . 11,51 Grôbming 9,73
Rann 12,13
Si les Allemands, plus aisés, produisent moins d'enfants, ils les gardent chez eux et les envoient moins volontiers au dehors. Les circonscTiplions slovènes souffrent plus de perles par émigration que les allemandes.
PERTE PAR ÉMIGRATION POUR 100 HABITANTS (1900) DISTRICTS SLOVÈNES DISTRICTS ALLEMANDS
Cilli campagne . . . 6,80 Deutschlandsberg . 3.56
Gonobitz 10.43 Feldbach 0.83
Luttenberg 5.98 Grnbming. .... 6,14
Pef tau campagne . . 8,67 Haribeiii 0,31
Rann 7,21 Judenburg 2,83
Et même les contrées les plus allemandes exercent quelque attraction*.
Est-ce le paysan slovône, qui, désertant ses misérables champs, vient clierchfT fortune dans des régions plus riches, et grossir le prolétariat des campagnes et des villes?
Le Slovène, dans les centres urbains surtout, où il arrive comme domestique ou petit artisan, s'agrège à la nationalité de ses maîtres ou de ses clients les plus riches; en une ou deux générations l'assimilalion est consommée. Même dans les petites cités, Marburg, Pettau, l'élément Slovène s'atrophie, ainsi qu'en témoignent les recensements successifs.
POURCENTAGE DE l'iDIOMK SLOVÈNE
Marburg 18,97 17.32 14,38
Pettau 19,08 15.60 14,01
1. C'est le cas des districts de Graz campagne, Leobcn, Liczon, Mûrzzuschlag, WeiE.
A Cilli seulement, après une éclipse, les Slovènes ont repris vigueur ^
POURCENTAGE DE l'iDIOME SLOVÈNE
Le germanisme cependant conquiert les pays alpestres : les Allemands tirent du recensement de 191 Odes conclusions réjouissantes pour leur amour-propre". En Styrie la zone allemande s'est d'abord plus fortement peuplée depuis dix ans que la zone slovène \
Les Allemands se sont en outre faufilés le long de la Sùdbahn et ont relié Marburg, jusque-là un îlot linguistique, au bloc allemand. La ville a gagné ainsi 3.000 âmes de cette nationalité, tandis que les Slovènes sont diminués de deux centaines. Enfin les petits essaims allemands en pays slave ont grossi ; il n'en est pas de même des minorités Slovènes dans les communautés allemandes.
En Carinthie, même phénomène qu'en Styrie : le progrès de l'allemand de 1900 à 1910 ressort à 12,72 p. 100, le recul des Slovènes à !o. On comptait 90.495 Slovènes en 1900; dix ans après, ils ne sont plus que 82.212 : les 8.000 défaillants semblent pour la plupart des transfuges ; ce sont des néo-teutons. Mais l'élément allemand s'est accru, non seulement de ces 8.000 unités, mais de 34.000. Ici encore le chemin de fer sert de canal d'adduction à un flux allemand : la ligne des Karawankes, nouvellement ouverte, a fait monter le chitîre de près de 1.000 dans le seul district de Villach; et l.oOO Slovènes ou bien ont cédé la place ou se sont germanisés. Les Slovènes se laissent entamer même dans leur domaine; l'argent^