‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 83 sur 375 · SLOVKNES ET ALLEMANDS EN CARINTHIE · texte numérisé non relu

SLOVKNES ET ALLEMANDS EN CARINTHIE

l'esprit d'entreprise des Allemands les débusquent '.

Les Slovènes sont dans l'inlérieur de laj)rovince morcelés par les deux blocs germaniques qui s'épaississent autour de Villach et Klagenfurt; ils sont coupés de leurs frères de Carniole par la muraille des Karawankes, aux brèches rares. Les villes sont les foyers du germanisme : à Klagenfurt, l'élément slovène, entre les deux derniers recensements, a fléchi de 7,17 p. 100 à 6,41 p. 100 ; dans Tarrondissement de Volkermarkt, presqu'entièrement Slovène, l'élément slave s'affaiblit sensiblement". Dans toutes les localités de quelque importance, les Allemands forment des agglomérations assez drues, maîtresses le plus souvent de l'industrie et du trafic ; les touristes mêmes, que la ligne des Tauern sollicite, obligent l'indigène à se familiariser avec l'idiome de cette clientèle payante. Il suffit de l'ouverture ou de la fermeture d'un établissement industriel pour amener un îlot linguistique à l'une ou l'autre nationalité, ou encore de l'installation d'une gare : le chemin de fer du Gail a été un instrument de germanisation. Le Slovène se prête docilement à Veindeutschung : il se sent rehaussé dès qu'il balbutie l'allemand; il veut que cette langue soit enseignée à ses enfants; dans le district de Volkermarkt, de population presque entièrement slovène, 34 écoles populaires [Volksschulen) sont utraquistes ou bilingues, une seule exclusivement slovène '*; le Schulcerein pangermaniste rencontre ici toute complaisance.

La Carniole est la province slovène par excellence : là 28.000 Allemands sont aventurés parmi 490.000 Slaves, et moitié d'entre eux, 13.000, se pressent dans une enclave,

Page 1