‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 89 sur 375 · OCCUPATION ROMAINE ET INVASIONS BARBARES · texte numérisé non relu

OCCUPATION ROMAINE ET INVASIONS BARBARES

d'État dans TEmpire, les Rhétoromans l'acceptèrenl docilement. Coirc, Brixen, Trente devinrent sièges d'évôchés. A ce moment (iii° siècle), l'œuvre des Romains est attaquée par les Barbares, d'aJjord en bandes séparées, Goths, Francs et Slovènes ; au vi" siècle, le pays est battu par un triple Ilot qui le submerge : par les couloirs du Vorarlberg, par riller et le Lech, s'avancent les Alamans ; les Bavarois qui s'étaient enfoncés dans les Alpes orientales font une conversion par le val de la Ziller sur Tlnn Moyen, franchissent le Brenner et suivent l'Eisack : c'est là qu'ils se choquent aux Slovènes et les repoussent du Tirol. Mais plus bas ils se trouvent en présence des Lombards, déjà maîtres du réseau de l'Adige, du Vintschgau, Lombards italianisés, et peut-être précédés dans ces parages par des Ostrogolhs du- royaume de Théodoric.

La structure de la région empêcha la fusion des groupes ethniques. La tranche occidentale fut dévolue aux Alamans, la lisière orientale appartint aux Bavarois, le midi aux Romans. 11 y eut, toutefois, des flottements et des empiétements. Mais le romanisme s'affaiblit au nord pour la même cause qui lui permit de persister dans le sud : ici il restait en communion avec l'Italie; Alamans et Bavarois eurent d'autant moins de peine à s'implanter parmi les Rhétoromans isolés et sans chefs qu'ils demeuraient en contact avec leurs congénères et recevaient d'incessants afflux.

Au xiv" siècle (1363) le Tirol fut annexé aux domaines de la Maison de Habsbourg, qui presque à la même époque acquit par achat une grande partie du Vorarlberg actuel. Le Tirol fut tantôt administré par des princes de la Maison régnante, tantôt par le chef même de la Maison directement, par l'Empereur : c'est surtout dans la première moitié du xvif siècle qu'Innsbruck fut une véritable résidence avec une cour brillante.

Le Tirol faillit échapper à l'Autriche; Napoléon 1" le démembra ; la partie allemande fui incorporée, pour s'assurer de ce passage de haute importance stratégique, au royaume de Bavière, la partie romane au royaume d'Italie. On sait avec quelle fierté les Tiroliens allemands

se révoltèrent contre leurs nouveaux maîtres. Bavarois et Français; comment se distinguèrent les paysans soulevés par Andréas Hofer. Nulle part le patriotisme aulrichien et dynastique n'est plus ardent que dans celle province — c'est à Innsbruck que se réfugia, en 1848, l'Empereur Ferdinand chassé de sa capitale. Il ne semble pas toutefois que la fraction italienne du Tirol nourrisse à légard de l'Autriche les sentiments de loyalisme et de piété dont sont pénétrés les Allemands.

Allemands et Romans.

Allemands et Romans se partagent — assez inégalement — le Tirol'. La limite des langues paraît avoir, depuis un demi-siècle, peu varié. La borne occidentale est le Stillserjoch (Stelvio) ou l'endroit qu'on appelle la Fin du Monde, près de Trafoi ; là coïncident et la frontière politique du ïirol et de l'Engadine suisse et la frontière linguistique du romanche ou du ladin et du teuton". De ce point la démarcation frôle la base du massif de rOrller et le faîte séparatif des eaux de TEtsch (Sulden Tal, Ullen T.) et de la Noce, sauf qu'elle empiète sur ce dei'nier bassin où elle englobe quelques village du Nonsberg. Puis elle court le long des croupes calcaires qui bordent l'Adige à la hauteur de Bozen jusqu'à Saliirn, dessinant le long de la vallée comme un triangle dont la pointe est tournée vers le Trentin. Les deux côtés de ce triangle qui s'effile vers le sud sont serrés par la langue italienne. Mais sur la face orientale, au nord du val de Fleims, occupé encore par les Italiens, commence un district ladin oii s'ouvrent le val Gradena (Grôdner T.) et

1. R. Pfaundler, Die deutsch-romanische Spracligrenze in Tirol and VorarLberg (D. Erde, \'II 19U6, p. 2-9. Carte en couleurs hors tette à 1/200 000, où les indications topographiques sont insaHisantes. Une teinte spéciale est alfcctée au rhétoroinan dadin).

2. Czoornig, I, p. 27, ne fait débuter la limite du lailin qu'au Grôdner Tal Schnelier, Deutsc/ie und Roinanen in Sûdtirol und Venetien, (Peterni. Milth. 1877, carte 17), la porte plus au sud.

Page 1