‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 91 sur 375 · COLONISATION GERMANIQUE · texte numérisé non relu

COLONISATION GERMANIQUE

En effet, d'autres Germains encore paraissent s'être mêlés à la population tirolienne. Le docte et subtil Steub, le père de retimograpliie en ces contrées, a retrouvé des frères méconnus ; dans le Burgrafenamt, les vallées de Passeier, Ulten, Sarn, ces hommes à la mine fiôre, aux yeux brillants, aux superbes formes juvéniles, ne sauraient être de grossiers Bajuvares : ce sont des Goths, fils de ceux qu'avait postés là le roi Théodoricde Vérone pour défendre les claustra provinciœ. « Qui ne se rappellerait le dimanche matin, à Meran, ces types vieux gothiques sortant de l'église néo-gothique * ? » Avec moins de lyrisme, Tappeiner "" admet l'hypothèse pour les Germains du Sarntal et de Halîing, comme il énonce que les Germains du Tirol roman (Fleimstal, Valsugana, Nonsberget Sulzberg, Giudicaria) ne sont pas des Bavarois aventurés jusque-là, mais des traînards des bandes Lombardes, Franques, Rugiennes, Hérules.

Des Allemands prirent pied sur le versant méridional des Alpes^ des Goths garnisaires et surtout des 'réfugiés, qui, après la chute du royaume ostrogoth, cherchèrent asile dans les montagnes. Ces Goths auraient absorbé les Bavarois et Lombards et formé la race dominante dans l'Eggerutal, le Sarntal, le Burggrafenamt (Meran), l'Ultental, les vallées d'Algund, de Mais et de Passeier. Cette région, d'après Schneller\ aurait été le théâtre — sinon le berceau — de la geste des héros du Cycle gothique, Dietrich von Bern, le roi Laurin, etc. Les faits et documents historiques ne permettent pas de croire à cette extension des Goths vers le nord, au delà du val d'Avisio,

1. Schneller, p. 367. K. von Ettmcycr ne veut pas voir clans les gars de ce pays des descendants d'Odoacre ou de Théodoric (p. 30).

2. Studien zur Anthropologie Tivols iind der Sette Communi (Innsbruck, 1883).

3. A. Galanti, / Tedeschi sul versante méridionale délie Alpi (Rome, Typ. Acad. Lincei. l'roprieta del. Cav. Y. Salviucci, 1883). Cette .savante étude contient toute la bibliographie du sujet. Nombreuses indications bibliograpiii(|ues aussi dans Bidermann. Die Xalionalitaten in Tirol und die irecliselnden Sc/dc/isale ihrer Verbreitung (Forsch. Deustcli. Landes-und Volkslc. 1). K. von Kttmcyer, p. 26.

4. Schneller, article cité. Du même : Tiroliscke Xanienforschung. Innsbruck. 18'JO. Cf. Schultheiss, Das Deulschlkmn in Siid-Tirol (.\us ailen Weltthcilen, Vol. 28, 1897, p. 365-72).

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par la raison qu'au moment de la désagrégation de leur puissance en Italie, la ville de Trente et le cours de l'Adige étaient maîtrisés par Narsès et les Grecs qui auraient barré la route à une montée, et que les Bavarois, à la faveur de cette guerre entre Grecs et Ostrogoths, prononcèrent leur mouvement d'invasion.

Les Bavarois sont-ils les ancêtres des Germains du Tirol méridional'? C'est l'opinion de Schneller et d'autres qui veulent que ces Bavarois aient adoplé le nom de Cimbres (dans le val Cembra). Galanti professe que les Alamans surtout peuplèrent en majorité ces pays ; et que le portrait flatteur que Steub trace des Goths s'applique aussi exactement, d'après Agathias, aux Alamans.

L'anthropologie cherche à discerner les éléments germains divers. Tappeiner attribue aux Goths le segment du Sarntal, entre Meran et le val de l'Eisak. La vraisemblance est que les bandes qui passèrent ou les essaims qui se fixèrent sur divers points appartenaient à plusieurs tribus et non à une seule.

A ce sujet, les dialectes tant des Allemands du Sud du ïirol que des Communes du Yicentin et du Véronais fournissent peu de révélations. Les philologues ne sont pas d'accord sur la provenance de ces dialectes'; et d'ailleurs s'il est vrai qu'ils dérivent tous du vieux haut-allemand, ils ont, dans des milieux séparés, évolué indépendamment les uns des autres.

L'école ethnographique austro-allemande se complaît à relever l'ancienne expansion des Allemands sur le versant méridional des Alpes et à se lamenter ensuite sur les pertes du germanisme. L'école romane ou italienne prouve que ces doléances rétrospectives sont aussi mal justifiées que superflues-, que l'élément teuton n'a pas été si ditïus ni si compact qu'il ait couvert tout le territoire où il ne demeure plus aujourd'hui qu'à l'état de sporades.

La controverse est, de la part des Italiens, fondée sur

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