‹ Les races humaines et leur part dans la civilisationChapitre 19 sur 38 · S 3. — RACE GRECQUE · texte numérisé non relu

S 3. — RACE GRECQUE

Les Grecs, placés sur la ligne de jonction de l'Europe et de l'Asie, exposés aux influences cliinatériques et géographiques les plus diverses,

ayant, en outre, nn sang très composé dans len veines, ne pouvaient offrir identité ni de mœur^, ni de langage, ni de civilisation. Dans l'Ionie, l^s lies et les colonies , le sang asiatique domin Dans le Péloponèse, THellade, l'Épire et la The salie, la suprématie appartient à l'Européen et à rélément montagneux. Là un climat admirable, un ciel pur, un soleil éclatant, une profusion de couleurs et de parfums, portaient à la mollesse comme au culte des arts. Ici un sol montagneux ; et un ciel inclément faisaient naître Ténergie et la rudesse. Aussi les Thessaliens et les Épirotes différaient -ils singulièrement des Ioniens. Ils en différaient par la structure organique, par les aptitudes intellectuelles et artistiques , par la langue et par les mœurs. Les Ioniens étaient grands et minces. Ils tenaient des Iraniens et des Sémites l'élégance de la tournure, la beauté des yeux, de la bouche et du nez, Tovale régulier de la face et la petitesse des extrémités. Leur front était proéminent comme celui des Ariens , l'ovale de leur crâne était très prononcé : aussi reconnaît-on en eux, dès l'abord, des hommes de sentiment. L'art, l'amour et l'harmonie dominent toute leur civilisation; ils transforment le sanscrit en une langue douce et euphonique ; ils utilisent les har-

monies de la ligne pour créer des merveilles d'architecture, les harmonies de la couleur se traduisent en peinture et en décoration ; ils trouvent dans le mythe le moyen d'introduire le sentiment au sein de l'expression abstraite. Les Grecs de la [ Thessalie, de l'Hellade, de l'Achaïe et du Péloponèse, étaient autres à plus d'un égard. Moins grands, plus musculeux, éprouvés par le climat, ils étaient supérieurs comme courage, comme videur et comme égalité. Ils étaient belliqueux et amoureux de leur indépendance, comme sont tous les montagnards. Mais leur tête moins bien conformée, leurs traits moins beaux, décelaient leur intériorité intellectuelle et artistique. Dans leur bouche la langue devenait âpre , ils méconnaissaient les lois de l'harmonie; au plus grand nombre s'appliquait l'épithète de Béotien. Seuls les hommes de l'Attique, placés entre les provinces de l'orient et celles de l'occident, semblent combiner toutes les qualités et tous les défauts du peuple grec. A la fois agriculteurs et marins, portés vers les arts et l'industrie , musculeux et élégants, braves et disposés à la mollesse, avides de liberté et toujours menacés dans leur indépendance , fourbes et naïfs , perfides et hospitaliers ; alliant la mansuétude à la cruauté , le savoir à la

superstition , le doute à la foi, la prodigalité à la parcimonie, l'esprit aventureux à la prudence diplomatique , ils sont une sorte de paradoxe en action, d'antinomie de mœurs; ils personnifient la Grèce et montrent combien sont difficiles à combiner les aptitudes des Européens et celles des Asiatiques.

Un coup d'oeil sur la carte et les notions les plus élémentaires sur les races font comprendre que l'unité de la nationalité grecque était impossible ; le sang et le climat présentaient de trop grandes différences : la guerre, dès lors, était inévitable , et la supériorité devait rester aux plus homogènes , aux plus braves et aux plus vigoureux, c'est-à-dire aux peuples de la Thessalie et del'Épire. Déjà, sous Alexandre, on savait que la vigueur des muscles est supérieure au génie pour constituer les empires ; mais on savait également qu'elle est impuissante à organiser de fortes nationalités. Les rois de Macédoine essayèrent, sans succès, de faire de la Grèce un tout homogène. La révolte fut en permanence derrière les armées d'Alexandre lui-même.

Vinrent ensuite les Romains, passés maîtres dans le grand art de subjuguer, d'imposer leur sang, leurs lois et leur génie; mais ils se trouvé-

rent en présence d'une race aussi prolifique que la leur, et le conquérant devint à la longue la proie du peuple conquis. Le Latin devint le ressort d'un empire grec, et, tandis que Rome organisait, combattait et légiférait, Constantinople , sa rivale, parlait, riait, discutait, s'agitait, dépensait en pure perte beaucoup de talent et d'esprit , faisant des querelles de sophistes un élément de révolution, voyant ses provinces s'insurger et se détacher d'elle pour se créer une nationalité distincte. Le sang grec reprenait ses aptitudes de diffusion.

Le Turc brutal rassembla de nouveau toute la Grèce sous sa main de fer; mais il usa son sabre et ses forces contre la mobilité hellénique. La race du vaincu et son génie triomphent jusque dans les conseils du sultan ; le sang grec étouffe le sang mongol du Turcoman.

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