S P'. — MONDE GERMANIQUE
se compose de rÂUemagne, à laquelle il faut •hidre, en qualité de colonies, la Scandinavie ^gleterre. Son ternteire est froid plutôt que )éré. Sa population dérive de la race arienne ;ée, en diverses proportions, avec la race golique. Les conséquences de ce croisement , au physique, un aspect particulier du crâne i fait désigner les Allemands par l'expression ilaire de lèlfes carrées , un nez plus large et is proéminent que celui des Celtes ou des is , des yeux moins longs , des pommettes hautes et plus saillantes , une houche plus ^ enflures maxillaires plus forts.
(S conséquences morales soutenue intellie très suhtile , une sensualité prononcée , la ^ulté de comprendre et de formuler Tidéal.
En rapprochant la structure du Germain du climat sous lequel il se développe, on devine que sa sensualité doit être moins, j5i||:Uelle que digestive. Les conséquences sont la pureté des mœurs que déjà mentionnait Tacite, un grand développement osseux et, musculaire, la volonté, la vigueur et l'activité.
Par la rarjeté dqs raypns solaires e^ ps^r Tombre des forêts, il est facile d'expliquer la décoli» ration des cheveux et de l'iris , la blancheur et la tra^nsparenpe de la peaft.
Une iatelligeijce qw se dévi»; dç il'ido^l eMô/. met! au service; da la s^i^UdUité^ cli)QF;<)h9 Fqti
plus que lebeau. El te devient pBi^iiquj^çtpjipr. tivB; elle calcule, eu toutç^ cfeei*«8, Jes; pei^^ifl^'; les profits; elle favorise la prodçictiQn et 1^ çojjr sommation.; elle est merveilleusement di^PQséft^ pour la civilisation matérielle^
Cette même insuffisance de l'idJi^âlt que l'in-^ telligence la plus puissante: a de. la peine à oej^-i denser ses produits, à les formuler et à les mau^ fester. Il ne faut donc demander au Germain nl> la méthode, ni la généralisation, ni le.besoin d'i^nité et même d'uniformité des Latins; il ne faut pas plus lui demander la pensée collective pa&r sant à l'état de sentiment au moyen de l'art ; mais
il possède à un degré éminent l'indépendance de l-Âme et l'initiative de la pensée qui fait l'imagi-^ nation.
Une preuve de tout ceci se trouve dans la langue procédant par inversion, évitant pour ainsi dire la précision et le sens direct , comme si elle voulait laisser à chaque esprit le soin d'interpréter ridée qu'elle représente, excellente pour la ilitaphysique, mauvaise pour la science exacte, permettant à chacun d'inventer et de rendre sa pmsée à sa guise.
Une autre preuve peut se tirer de la religion gennanique, du protestantisme dépouillant peu à peu le catholicisme des splendeurs de la forme et de la.poésie du mythe, ne laissant à l'idée de Dieu rien qui puisse frapper les sens, faisant de. J.-G. un type de morale, simplifiant le temple et le culte jusqu'à la nudité, faute de pouvoir idéaliser la matière, la forme et l'esprit; multipliant les sectes, au point d'attribuer à chacun le soin de se faire une religion ; amoindrissant la divinité, au point de la réduire à une pure abstraction.
Dans sa période catholique et sous la pression dtt génie grec et sarrasin , la Germanie produisit l'architecture gothique, mélange singulier de grotesque et de sublime, de lourdeur et d'élè-
gance, d'ampleur et de gracilité, de grossièreté et de minutie, véritable paradoxe de pierre, confasion de toutes tes architectares, rêverie de la cabale devenant une réalité.
Les proportions colossales des cathédrales de Cologne, de Strasbourg et des autres villes da Rhin, disent la puissance du Germain; les fines découpures et la profusion des ornements disent sa patience, son adresse et son amour du dét^ une variété infinie, sans sortir de Tïmalogie, dit la fécondité de son imagination; mille figures dt monstres, de nains et de génies, appendaes ani égUses, disent son naturisme inné, et la difficulté qu'il éprouve à subir une doctrine étrangère sans la transformer; le manque de symétrie indiqne son indépendance de caractère, tandis que les grotesques, les draperies, la pose de la tête et des mains rappellent les produits de l'art chinois et l'influence du sang mongolique. Un monde semble séparer l'amas de soudures qui constituent l'art germanique de rarchitectore si élégante, si sobre et si pure des Hellènes.
De rimagiuation et de l'initiative individu^e empreintes dans le canctère gennanique sont nés le besoin de liberté fA rhocfaor de l'esclavage, qui dès ta plus haute antiquité se troutaient dans la
chair et dans le sang du Germain. Sa femme était émancipée et ses serviteurs affranchis quand le christianisme fit son apparition dans le monde et formula ses doctrines, non pas libérales, puisqu'il procédait de la révélation et de l'autorité, mais franchement égalitaires.
Contrairement à un préjugé trop répandn, c'est moins à la doctrine chrétienne qu'à la race germanique qu'appartient l'essor d'une liberté inconnue à l'antiquité. Liberté de parler et d'écrire, liberté du corps et de l'âme, liberté de l'action et de la pensée, tout cela vient des Germains, et c'est leur grand titre de gloire.
Chacun prétendant penser, écrire, parler, croire et agir dans la plénitude de ses facultés, l'action collective et le principe d'autorité qui ont organisé toute la civilisation des tempft antiques ne sauraient subsister. L'originalité et l'individualisme leur succèdent, faisant de l'état social une sorte de pondération par l'antagonisme, au Ueu d'une pondémtion par le concours , fractionlant les peuples par la féodalité.
Ainsi s'explique la division du monde germanique en une foule de nationalités secondaires, taii^s empreintes de l'élément féodal, avec des
formes monarchiques, oligarchiques ou répuhli* caines.
Tandis que les peuples de Tantiquité sacrifiaient rindlvidu à l'État, la Germanie est disposée à sacrifier FÉtat à l'individu. Elle n'a pas pris une théorie et un idéal de gouvernement avec l'intention de leur subordonner la vie de tous les citoyens et l'organisation de la famille , comme ont fait les Asiatiques, les Grecs et les Latins ; elle a relâché les liens sociaux jusqu'au moment on l'individu et la famille ont pu se mouvoir à l'aise.
L'élément féodal est le clan, qui réunit à la même table le seigneur et le dernier de ses tenanciers, laissant à tous une grande latitude de mouvement et les unissant par une sorte de communauté d'intérêt, de gloire, de honte , de peine et de plaisir. Il en résulte quelque chose de par temel dans l'autorité et de filial dans la domesticité.
Mais cette partialité en faveur du clan implique l'hostilité avec les voisins et 4'injustice partout.
Il ne faut donc pas demander les saines notions du droit aux races féodales ; leur loi suprême est la force ; elles sont belliqueuses et conquérantes. L'organisation toute militaire du clan fait qu'elles
sont toujours prêtes à entrer en campagne , à s'installer partout et à établir de puissantes colonies. Elles ont une force d'expansîoii entièremetit opposée à la force de concentration des Latins. Tandis que ces derniers s'attachent à leur pays, s'y retranchent, s*y organisent et confondent leur destinée avec celle du sol qui les a vus naitre , le Germain est toujours disposé à essaimer vers les èontrées lointaines. Il pénètre au sein des populations étrangères, mais il se dissémine au lieu de se concentrer et se laisse facilement absorber. Conquérant par les armes, il est conquis par les mœurs ; son génie se restreint, pendant que sa race s'étend davantage; ses migrations vers le monde latin ou slave sont incessantes , et il voit ses enfants devenir Hongrois en deux générations, pendant que la civilisation et la race latine se rapprochent de la rive gauche du Rhin.
Est-ce à dire que le jour doit venir où le génie de la Germanie aura disparu? Nullement. La loi de formation des r^ces montre Timpossibilité d'anéantir celles qui sont fortes et prolifiques. Si elles se modifient , par le croisement elles con- . tribuent à modifier les autres. Tandis que les Germains du Midi prennent peu à peu les chevelures brunes , les instincts monarchiques et la
centralisation des Latins , on voit ces derniers se décolorer dans le nord , prendre Tinitiative indi* viduelle et le besoin de la liberté. Celle-ci progresse et porte Tâme de la Germanie dans tous les lieux où le sang germanique a pénétré, àq temps de. la fusion complète , la forme méridionale pourra prévaloir, mais le génie restera composé. Il n'y aura dans le monde ni féodalités ^ ni monarchies, ni démocraties pures, ni liberté, ni autorité absolues, mais un composé harmonique de toutes ces forces actuellement contradictoires.