‹ Les races humaines et leur part dans la civilisationChapitre 3 sur 38 · S 2. — FORMATION DES RACES · texte numérisé non relu

S 2. — FORMATION DES RACES

Deux systèmes se partagent la science touchant révolution de l'espèce humaine. Le premier veut que tous les peuples soient issus d'un couple primitif, le second admet que chaque partie du monde a vu les hominiens surgir et se développer à sa surface. D'après le système religieux, Adam, le premier homme , et Eve, la première femme , ont été des types concentrant toutes les beautés et toutes les forces de l'humanité ; d'après le système scientifique, l'espèce humaine, voisine de la brute à son origine, est allée se perfectionnant et prenant les aptitudes physiques et morales de la vie civilisée. Mais, soit que l'on considère les races actuelles comme la descendance de Noé, soit qu'on les dise autochthones de contrées diverses, on est forcé d'admettre que chaque région du globe imprime un caractère particulier à l'espèce humaine. Le même fait se reproduit pour toutes les espèces vivantes et tient à une loi aussi certaine que gé*

nérale , mais dont les différents articles sont loin d'être connus. On ne sait, en effet, que d'une manière imparfaite, comment le Nègre s'est formé en Afrique, le Colombien en Amérique et le Mongole en Asie.

On peut affirmer, cependant, que les différentes régions de la terre ne modifient l'homme qu'en agissant sur ses fonctions : d'où la nécessité de passer ces dernières en revue et de voir la part qui appartient à chacune dans l'évolution des races.

Alimentation. — Les naturalistes , lés éleveurs et les économistes sont d'accord sur ce fait que chaque espèce vivante a des limites de grandeur et de petitesse dont elle se rapproche en proportion de l'abondance ou de la restriction de sa nourriture. Il n'y a pas de grande race où la nourriture est donnée avec parcimonie pendant une série de générations , de même il n'existe pas de petite race où la nourriture est habituellement abondante pour tous. Mais il y a plusieurs dimensions dans le volume, et, à poids égal, la stature humaine peut varier infiniment. Elle est élevée dans les contrées où le nutriment, copieux sans être tonique, maintient les tissus dans une mollesse favorable à la croissance , tout en fournis-

saut abondamment à leur réparation. Une alimentation chargée de gruau et de laitage est pour beaucoup dans la disposition longue et effilée de la jeunesse anglaise des deux sexes. Le même fait se rattache à la stature élevée des races du nord de TEurope. Mais si la nourriture, tout en restant copieuse, devient tonique, elle durcit prématurément la fibre, provoque la venue dé la puberté , grossit les muscles et se sert de leur activité pour augmenter le volume de la poitrine. Alors la race prend en largeur et en épaisseur ce qu'elle perd en élévation.

Si le nutriment est copieux sous un petit volume, les voies digestives perdent de leur dimension et de leur puissance d'assimilation ; le ventre est relativement petit, comme chez les peuples chasseurs, ichthyophages et pasteurs. Au contraire , le nutriment peu abondant sous un gros volume exige une grande force d'assimilation , partant de grandes dimensions dans les voies digestives. Où l'espèce use largement d'une nourriture amylacée, elle est grasse et pesante , mais sans beaucoup d'énergie musculaire ; elle est, au contraire, maigre, forte et agile, où elle fait surtout usage d'aliments albuminoïdes.

Dans toute contrée où le nutriment est mixte et

suffisant, le corps humain est bien proportionné. Il manque d'équilibre où la nourriture est exclusive. Le Lapon, vivant de chair, buvant de Thuile de phoque ou de baleine, activant outre mesure les fonctions de ses poumons afin de produire la somme de calorique nécessairis pour résister à une froidure excessive, possède un thorax énorme, une grande énergie musculaire , une charpente osseuse très prononcée eu égard à sa petite taille, des jambes courtes et des bras longs. L'inverse a lieu chez le Hindou, dévalu au régime.exclusivement végétal : sa poitrine est étroite, son ventre grand, sa charpente osseuse très mince, ses muscles grêles, ses membres effilés; le régime lui enlève la puissance d'action qui caractérise la virilité. Son aspect ne représente ni la force ni l'harmonie : aussi sa beauté est-elle inférieure à celle de sa femme.

Le contraire s'observe dans le nord de l'Europe, où la prépondérance du régime aaiimal restreint l'abdomen, agrandit la poitrine, grossit les os et les muscles , favorisant ainsi les <iualités viriles , qui sont la vigueur et l'agilité. C'est pour cela que la beauté est plutôt l'apanage de l'homme chez les Germains et les Scandinaves. Elle se partage entre les deux sexes où le régime ^t mixte et donne

une ampleur suffisante aux formes» sans nuire ^ leur élégance.

J'invoquerai» comme preuves à Tappui de mes assertions , la peinture flamande comparée à la peinture italienne ou espagnole. On sent combien les modèles, féminins choisis par Ruheps, Terburg et Vandyckf sont inférieurs à ceux du Corrige et de Murillo.

La richesse du sang produite par le régime animal modère l'irritabilité nerveuse et transporte le mouvement organique du côté des muscles. De la cette somme énorme de travail musculaire et de production agricdle ou industrielle qui semble le privilège des peuples du nord de l'Europe ou de l'Amérique. Il y a exception pour le paysan russe, mais son indolence tient à la nature farineuse et insuffisante de son alimentation .

Il est natp^rel que des hommes robustes, actifs et saus mobilité dans le caractère» soient patients, tenaces et courageux : leur vigueur fait qu'ils aiment la lutte ; le besoin de réparations copieuses fait qu'ils aiment la table; le besoin de T&gos après le travail fait qu'ils aiment l'aisance dans l'habitation. Habitués à courir au-devant de l'obstacle ou du danger, ils ont de la franchise dans le caractère en même temps que de la ru-

desse, mais l'abus de là force leur ôte trop facilement le sentiment du droit. Leurs femmes, calmes et fortes, savent se faire respecter, et offrent pour le ménage les meilleurs éléments de stabilité.

Où le sang est appauvri par le régime végétal , les aptitudes sont bien différentes. Le système nerveux prend la prépondérance, son activité contraste avec Tinertie musculaire, la vie est incessamment troublée par les orages des passions. Quand les muscles ne sont ni actifs ni forts, le travail et la production font défaut , ils sont remplacés par la paresse et la pauvreté. La paresse livre rorganisme à tous les appétits ; le désir et la Convoitise, n'ayant pas la force à leur disposition, emploient volontiers la ruse; ils apprennent à patienter et à attendre. Or, l'attente exalte la passion jusqu'au délire, elle arme trop souvent la main avec le fer ou le plomb. En de telles conditions, les rivalités produisent le meurtre, suite de haines implacables.

La pauvreté amène à sa suite l'incurie des soins du corps et de l'âme , la maladie , les affections organiques, dont la transmission du père au flls produit la dégénérescence de la race , enfin l'abaissement du niveau physique moral et intellectuel.

On voit, dès lors, quelle importance le régime, et la composition du sang , qui en est la suite , peuvent avoir sur la destinée d'un peuple. La force, Tactivité et la richesse se trouvent générarlement où Talimentation est saine et substantielle, tandis que la faiblesse, l'indolence et la pauvreté, sont les compagnes inséparables d'une alimentation insufQsante ou de mauvaise quarlité.

n faut être médecin pour savoir ce que peut l'alimentation sur l'éducation de l'homme, ce qu'elle peut provoquer ou prévenir de maladies , ce qu'elle peut ajouter d'énergie à la fibre, de vigueur aux muscles, de densité à l'ossature et de ténacité au caractère. Elle est, dans les premiers temps de l'existence , l'arbitre de la constitution , elle décide de la vie ou de la mort.

Dans la part que prend l'alimentation touchant la formation de la race, il ne faut pas omettre les boissons, dont plusieurs sont de véritables aliments. Tel est le vin, en première ligne. Sa composition lui permet de cumuler, comme fait le pain , les avantages du régime animal et du régime végétal. Comme la viande, il répare les forces musculaires et permet un rude labeur; comme les principes aromatiques fournis par les

végétaux, il stimule les nerfs et les sentiments qui en dérivent.

C'est un merveilleux aliment. Chanté avee en-^ thoiisiasme par le prince et par le prolétaire» par le poète et par TindustrieU il 6St bienfaisant à tous ceux qui en usent, il est débonnaire n\ême à ceux qui en font abus (l)f après avoir donné des forces aux bras de Touvrier, il donne Tactivitéà sa cervelle et la gaieté à son caractère, il provoque la chanson et la saillie, ilrendlliumeur sociatile, il fait aimer ce qui est bon, il fait- admirer ce qui est beau.

Le vin fut pour beaucoup dans Torganlsation 4e la race grecque ; il semble caractériser à c^tte heure la race latine, qui s'étend et prospère dans loutes les contrées où peut croître la vigne, mais qui s'amoindrit où le raisin ne peut mûrir* Peut-être faut-il attribuer à la progression . des vignobles dans la Gaule la transformation de la race celtique prenant l'apparence physique et les aptitudes du Latin jusque sur les bords du Rhin. L'adolescent, mûri prématurément par unebois-

(1) L'ivrogne qui ne se grise qu'avec du vin ne devient guère infirme et vit longtemps, ainsi que le montrent les statistiques comparant la longévité des Bourguignons à celle des autres populations de la France.

son tonique, a perdu la haute stature du Gaulois ; son cerveau a dépensé ane activité nouvelle dans les produits de la science et de Part; ses musd^ ont réclamé les travaux de l'agriculture et de ^industrie.

C'est ainsi que le Latin a progressé aux dépens du Celte. Si ce dernier a conservé ses caractères dans certaines régions du nord-ouest de la France, c'est que la vigne ne peut y prospérer et que le vin se trouve remplacé par le cidre ou là bière, qui &ont aux Celtes ce que le vin est aux Latins.

Quant à Teau-dé-vie, il faut la considérer comme un détestable aliment. Elle mine les forces de l'estomac et celles du cerveau. Elle ne donne une activité momentanée qu'en escomptant la vie avenir; elle raccourcit l'existence, elle paralyse et abrutiti. On doit lui attribuer, en grande partie, la dégénérescence physique et morale des popû* lations industrielles.

Un des travers de notre siècle est de vouloir faire des spécialités parmi les hommes , comme parmi les animaux domestiques, et il ne manqué pas d'économistes qui seraient charmés de diriger du côté des muscles l'activité morale dont, un ouvrier est susceptible. Pour arriver à ce résultat.

on accumule dans l'estomac du manœuvre toute la viande et les boissons alcooliques qu'il peut digérer, on le soumet à une sorte d'entraînement, et on se déclare fort satisfait quand on a créé une machine de chair et d'os dont le travail peut rivaliser avec celui d'une machine à vapeur. Mais cet Hercule de l'industrie représente moins un perfectionnement qu'un amoindrissement de l'espèce humaine. La faim l'abat en quelques heures, il est la proie de maladies terribles, il est dépourvu de cette force de résistance qui donne aux femmes nerveuses le privilège d'échapper aux plus grandes douleurs , son intelligence est celle d'un enfant.

Les boissons qui ont la propriété de stimuler le système nerveux et les facultés mentales sont celles qui contiennent un arôme ou parfum. Le thé peut être pris comme exemple. Depuis plusieurs milliers d'années il est, en Chine, la boisson favorite de toutes les classes : aussi je ne puis m'empêcher de croire qu'il a contribué à former les inventeurs du jeu des échecs, les calculateurs infatigables, les industriels aux procédés infiniment variés, les agriculteurs merveilleux, les négociants perfides, les artistes à l'imagination capricieuse, les raffinés de politesse et de cruauté.

les voluptueux qui ont dépassé les Cypriotes et les Sybarites, les Chinois, en un mot.

Cet exemple, qui comprend deux cent millions d'hommes, a sa valeur ; mais il montre que le thé stimule dans le cerveau bien plus l'élément intellectuel et spéculatif que l'élément affectif. Le Chinois, comme être moral, se trouve mal équilibré. L'élément amour lui manque : il respecte, mais il n'aime pas. Il admet qu'un père peut jeter à la rivière son fils nouveau-né et consacre dans sa maison une chapelle aux mânes de ses ancêtres ; il est superstitieux , parce qu'il redoute l'action des causes occultes (1), mais il est dépourvu du véritable sentiment religieux ; il ne montre de dévouement qu'au profit de sa nationalité.

En poursuivant cette analyse, il serait facile de découvrir comment une stimulation spéciale du cerveau chinois a mis la science en honneur et a produit la prépondérance de la philosophie , véritable source de la prospérité de l'Empire Céleste ; on trouverait encore dans l'insuffisance du sen-

(1) Le père Hue, dans la relation de son voyage en Tartane, raconte plaisamment les terreurs que la Grande Ourse inspirait à un mandarin , esprit fort et incrédule à Tendroit du boudhisme comme du christianisme.

timent et de l'art qui en est la suite la cause de Tarrêt dans la civilisation.

Le Hindou, voisin du Chinois, dont il n'est séparé que par l'himalaya, a des aptitudes mentales entièrement opposées. Chez lui le sentiment déborde de toutes parts et produit un besoin d'adorer qui embrasse la nature entière , les abstractions nées dans le cerveau humain et jusqu'à la déesse de la mort. De là une exagération des aptitudes religieuses d'où résulte la subordination de la science et le despotisme théocratique le plus pesant de tous. De merveilleux poèmes surgissent où manquent les livres élémentaires de mathématiques et de physique , des temples et des palais splendides s'élèvent à côté de huttes misérables, la femme aimée avec fureur est méprisée comme une esclave.

Ici encore l'alimentation joue un grand rôle. Le régime végétal prescrit par la religion a déprimé l'action musculaire, tout en exaltant l'action nerveuse, non pas dans le sens intellectuel, comme chez le Chinois mangeur de viande, mais dans le sens de l'amour. Peut-être le régime exclusivement végétal n'auraiWl pas suffi pour produire ce résultat , s'il n'avait trouvé des auxiliaires dans les parfums. L'Inde les produit avec profusion, et

rindiea les prodigue dans son alimentation. Il en imprègne constamment sa salive, il s'en sature, et trouve dans leur chaude vapeur un stimulant inépuisable pour ses passions*

Dans toutes les contrées où les parfums se produisent en abondance et où les populations en font un grand usage, on voit les hommes prendre l'aspect physique indiquant la prépondérance du sentiment. C'est aux parfums de la Mésopotamie, de l'Arabie et de la Palestine, que les Sémites doi^ vent leur inspiration poétique et religieuse, leurs mœurs amoureuses et chevaleresques. L'usage de la viande, qui résulte de l'élève de nombreux troupeaux , tempère quelque peu l'exaltation des sentiments y mais ne peut contenir le fanatisme. Voilà pourquoi les Sémites sont les révélateurs par excellence, pourquoi ils sont capables des plus grandes énergies et des plus grandes pro^ strations. Le café de l'Iémen fait comprendre le caractère des compagnons de Mahomet.

Cette influence des parfums se fait sentir jusque dans les lies de l'Archipel et sur le bassin presque entier de la Méditerranée. Elle explique les mœurs de Chypre, de Lesbos et de l'Ionie tout entière. Elle se révèle au voyageur qui parcourt les monts de la Palestine : son cœur s'émeut sous

rhaleine des vents chauds et parfumés, une quiétude étrange s*empare de tout son être , ses sens frémissent, et dans son cerveau résonnent les stroplies du Cantique des cantiques.

Fonctions respiratoires. — Après s'être produit sous rinfluence de l'alimentation, le sang demande à la respiration les éléments qui le purifient et font de lui le principe vital par excellence. Que la respiration cesse pendant quelques minutes, et la mort arrive. Respirer est donc une nécessité première et immédiate.

L'élément purificateur contenu dans l'air est l'oxygène : il brûle le sang et lui donne la chaleur, en même temps qu'il l'assainit. L'oxygène venant à manquer dans l'air inspiré , la mort arrive comme par la submersion ou l'étranglement.

Il est donc un maximum d'oxygénation atmosphérique qui favorise au plus haut point les fonctions respiratoires, et un minimum qui les réduit au dernier degré compatible avec la vie. Dans le premier cas, on est certain de rencontrer l'un des éléments de la force , tandis que la faiblesse se rencontre dans le second.

La cause naturelle d'une plus grande oxygénation de l'atmosphère est la végétation, qui décompose l'acide carbonique produit par la fer-

mentation des matières organiques et par d'autres réactions moins actives, fixant le carbone dans la plante et libérant l'oxygène qui se mêle à l'air ; aussi la culture, dont le but est d'activer la végétation autant que le comporte le sol, est un excellent principe de salubrité.

Ce qui altère avant tout la qualité de l'air, c'est la décomposition des matières organiques, décomposition qui se fait toujours aux dépens de l'oxygène. Voilà comment les lieux marécageux, où pourrissent de grandes quantités de végétaux ou d'animaux, sont malsains entre tous. L'altération ne se produit pas seulement par la soustraction de l'un des éléments constituants de l'atmosphère , elle résulte encore de la présence des miasmes produits par la fermentation, si bien que la respiration, incomplète par défaut d'oxygène, porte encore dans le sang des gaz empoisonnés.

Alors le poumon appelle à son secours un autre organe, le foie, qui se charge d'achever la purification du sang et d'éliminer, sous forme de bile, les éléments impropres à la vie. Il en résulte que l'activité du foie est en raison inverse de celle du poumon et que la prépondérance de ces organes s'exclut réciproquement. Mais tandis que l'activité pulmonaire et l'ampleur de la respiration

sont signes de force, Tactivité et l'ampleur du foie sont signes de faiblesse, pour ne pas dire de maladie.

Entre le volume du poumon et celui des muscles, existe un véritable rapport de cause à effet. L'athlète à poitrine étroite n'existe pas , comme il n'existe pas de poitrine volumineuse sans muscles actifs et forts. Ceci peut donner, pour ce qui touche à la formation des races, de précieuses indications.

Dans les lieux où l'air est pur et chargé d'oxygène, les fonctions du poumon prennent forcément de l'activité et développent l'organe qui leur sert de siège (1). Les muscles suivent l'évolution des poumons , tandis que le foie prend très peu de développement.

Le contraire se remarque dans les lieux où l'air perd de son oxygène, en même temps qu'il se charge de miasmes. Les poumons manquent d'ampleur, les muscles restent grêles , le foie est volumineux.

Maintenant il est facile de dire pourquoi les races les plus fortes et les plus saines se trouvent dans lescontrées froides, où la décomposition or-

(1) 11 faut supposer ici que ralimentalion est sulTisante.

ganique est peu active , tandis que l'air , par le fait de sa température et de sa densité, contient , sous un volume relativement petit , une grande quantité d'oxygène. Le montagnard qui, sous l'équateur, peut vivre dans le voisinage des glaciers, se trouve dans le même cas : sa respiration se précipite parce qu'elle doit, au sein d'une atmosphère raréfiée, fournir le calorique nécessaire pour lutter contre une température très basse.

Dans les contrées chaudes et humides, où l'air est dilaté, où il est vicié par les fermentations organiques, où le corps contient toujours du calorique en excès, il est bien difficile que la respiration soit active et que les poumons soient volumineux. La poitrine reste étroite, les muscles sont grêles , tandis que le foie et le ventre sont tuméfiés. Cet état de l'abdomen exige une nourriture végétale et peu stimulante , sous peine de maladie du foie ou du tube intestinal, d'où la gr?icilité et l'indolence musculaires chez les habitants des terres basses du tropique.

Si les hommes placés sous la zone torride s'obstinent à chercher la force et l'activité dans une nourriture substantielle , le poumon ne peut brûler et purifier les produits de la digestion sans produire un excès de calorique, autrement dit la

fièvre : obligé de déverser son activité vers le foie, il laisse surgir cette action bilieuse qui domine les maladies des pays chauds.

Voilà pourquoi la colonisation, sous le tropique, est très difficile aux peuples habitués à une nourriture substantielle. Les Anglais , qui s'obstinent à transporter dans l'Inde le régime de la mère patrie, sont atteints d'une mortalité effrayante ; les Américains , si prolifiques sur les rives de l'Hudson , ne peuvent obtenir la densité de la population dans les Florides et vers l'embouchure du Mississipi. Ils veulent l'activité à tout prix , et cherchent dans un régime très tonique un principe de force qui se change en principe de maladie et de mort, parce qu'il n'est plus en rapport avec l'activité permise au poumon. L'équilibre entre l'alimentation et la respiration est une des conditions premières et nécessaires de lasanté. Si l'une de ces fonctions capitales se restreint ou s'agrandit sans que l'autre suive le même mouvement, il y a maladie nécessaire au bout d'un temps qui peut varier avec l'âge, le sexe et le tempérament.

Des poumons volumineux supposent l'ampleur de la poitrine, qui suppose elle-même des côtes robustes , de fortes épaules et des bras muscu-

leux. Chez les hommes ainsi disposés , un exercice violent ne produit ni suffocation ni épuisement : il donne une impression agréable, il semble libérer Torganisme de l'excès de sève accumulé dans les veines. Aussi le Saxon est-il amoureux du travail et du mouvement : sa force réside dans ses bras, qui prennent la part principale dans ses jeux nationaux » dans ses luttes» dans ses moyens d'attaque et de défense.

Les méridionaux à poitrine étroite ne sauraient avoir ni sang riche, ni digestions copieuses, ni bras musculeux. Ils sont agiles plutôt que vigoureux, ils répugnent aux exercices violents et continus, ils sont indolents et contemplatifs ; leur infériorité musculaire les rend timides, Tinsufflsance de leur respiration les rend très sensibles aux intempéries. Ils n'ont pas les qualités du soldat ou de l'ouvrier, et, pour ce double fait, sont dévolus à l'asservissement. Dans les régions tropicales, où l'alimentation et la respiration ne peuvent s'agrandir sans devenir un danger de mort, l'esclavage est quasi normal; mais il est à peu près impossible dans le nord de l'Europe et de l'Asie, où l'homme peut respirer et s'alimenter avec excès. La liberté des temps modernes n'est pas due tout entière à des doctrines religieuses.

comme on affecte de le dire; elle s'est inoculée avec le sang des Celtes , des Scandinaves et des Germains, qui a inondé l'empire romain ; elle faisait partie de l'organisme des hommes du Nord ; elle pénétrait dans leurs poumons avec l'air froid et dense des rives du Rhin, de l'Elbe et de la Baltique ; elle pénétrait dans leurs entrailles avec leur copieuse et riche alimentation.

Sous l'influence de la civilisation, l'intensité de la respiration a beaucoup varié dans la même contrée ; aussi les différences d'organisation, chez un même peuple, se sont multipliées à l'excès. Le riche, sous le soixantième degré de latitude, respire, au cœur de l'hiver, l'air doux et parfumé du tropique: une serre verse dans ses appartements, chauffés avec art , les molles senteurs de l'Ionie; sa poitrine se rétrécit , ses muscles s'effilent, son organisme entier se modifie de telle sorte que, la même cause agissant pendant plusieurs générations, l'habitant de Saiùt-Pétersbourg devient semblable à l'habitant de Bénarès.

Pareille chose arrive à l'ouvrier qui passe ses journées dans une fabrique où l'air respirable est vicié par de tièdes vapeurs et qui passe ses nuits dans une pièce étroite où l'air est vicié par sa propre respiration. Ses enfants, entassés dans un

appartement où se concentrent les gaz qui s'exhalent d'un poêle, des graisses chauffées pour la préparation des aliments, des immondices accumulées sur le plancher , enfin de corps moites et sordides, ses enfants, dis-je, ne peuvent acquérir le développement pulmonaire que comporte le climat où ils vivent. 11 en résulte, entre l'organisme et la nature extérieure, un manque d'équilibre devant aboutir à une mort prématurée ou à des perturbations morales.

C'est ainsi que , dans les grandes capitales , se font peu à peu des hommes et des familles qui semblent appartenir à toutes les races et, faute de se trouver en rapport avec les mœurs de la majorité, produisent des conflits sociaux. L'homme de la ville finit par différer complètement de l'homme de la campagne , l'industriel ne ressemble plus à l'agriculteur : la nation perd le génie qui lui est propre.

On peut donc affirmer que tout ce qui altère la respiration est une calamité publique, une cause de dégénérescence physique et morale pour la race.

A ce titre, le tabac mérite une mention spéciale. Son influence sur les voies respiratoires égale ou

— Au —

même dépasse Tinfluence pernicieuse de i*alcool sur les voies digestives.

Il est difficile de comprendre comment certains hommes ont pu trouver plaisir à aspirer la fumée d'une plante vireuse , à imprégner leur salive et les mucosités de leur bouche d'une huile empyreumatique dont la fétidité est le moindre inconvénient, car elle contient un poison très actif et provoque immédiatement des nausées, quand son action n'est pas émoussée par l'habitude. Mais le fait existe , la plupart des hommes aiment à fumer; il reste à en constater les résultats.

Le premier qui s'offre à l'observateur , c'est la rougeur, l'irritation et l'état fongueux de la bouche du fumeur, la fétidité de son haleine et le mauvais état de ses dents, suite de l'inflammation chronique des gencives. La gorge, desséchée par l'émission d'une grande quantité de salive perdue pour la digestion, est le siège d'une soif qui s'adresse de préférence aux boissons alcooliques et prédispose à l'ivrognerie. Cette irritation de la gorge s'étend souvent jusqu'au larynx, donnante la voix un timbre rauque et sourd, quand elle ne produit pas l'aphonie. Beaucoup de phthisies laryngées se rattachent à l'usage du tabac, qui.

— diaprés les avoir produites, les rend à peu près incafables. Mais tout cela n'est que le moindre des inconvénients subis par le fumeur ; les altérations capitales qui le menacent portent sur les centres nerveux. Le tabac, en effet, n'est pas seulement une substance acre et irritante, il renferme un poison spécial, la nicotine, classée par la science parmi les stupéfiants. C'est la nicotine qui donne au fumeurnovice des vertiges, des nausées eldes maux de tête ; c'est elle qui donne au fumeur émérite l'engourdissement fébrile , le rêve vigil, la folie lucide qu'il recherche avec passion, oublieux des heures de prostration qui en sont la suite. Il faut le voir à son réveil : il est pâle, défait, engourdi ; il a soif, sa bouche est pleine de fiel, il se sent incapable de penser et d'agir. De même que le buveur, dans une situation analogue, s'adresse à la bouteille, de même le fumeur s'adresse à sa pipe et lui demande la force de penser. Par elle, en effet, son cerveau sort de la léthargie, l'intelligence lui revient, mais en conservant quelquesuns des caractères du rêve. En ce moment, le littérateur voit passer devant ses yeux les formes les plus gracieuses , son imagination lui fournit à profusion des sujets poétiques , il se croit en pleine inspiration ; mg.is quand il saisit sa

plume, quand il veut donner un corps à ces images vaporeuses , la fantasmagorie s'évanouit, et il se trouve en présence d'une pipe vide et du squelette de son impuissance.

Qui pourrait dire la part prise par le tabac dans rindécision, la tristesse, l'aliénation et l'état malsain de l'art moderne? Qui pourrait lui assigner son rôle dans la folie , dans les affections de la moelle épinière et dans les paralysies qui en sont la suite ? Qui pourrait mesurer son influence sur la dépravation des mœurs ?

Son usage , maintenu depuis trois siècles et transmis de père en fils chez certains peuples , permet d'apprécier, dès à présent, les changements qu'il fait subir aux races. Deux nations ont adopté d'abord son usage : les Espagnols et les Hollandais.

Ceux-là, au temps de Charles-Quint, étaient à la tête de la civilisation européenne. Navigateurs, soldats, colonisateurs, industriels, administrateurs, littérateurs, peintres, etc., ils avaient toutes les aptitudes, ils servaient de modèle aux autres nations. Aventuriers pleins d'entrain et de gaieté, ils portaient partout la joie et la vie; leurs rodomontades, appuyées sur une bravoure à toujg j épreuve, disaient assez le sentiment ikifflir.

sance. Mais l'Amérique, parmi les trésors qu'elle leur prodiguait, glissa la feuille du tal)ac. Dès lors Tentrain, la gaieté, l'esprit aventureux diminuèrent peu à peu. La nation, narcotisée, fut prise d'indolence; elle n'aima plus le vin, la dianson et les aventures; elle enveloppa ses membres engourdis dans un manteau en guenille, elle courba son front jusqu'à terre devant un familier de l'inquisition. De l'Espagne, il ne reste que le cadavre.

Le Hollandais dut à l'air de la mer du Nord et à sa vigoureuse alimentation d'échapper à une décadence aussi rapide. Mais qui reconnaîtrait , dans les tranquilles et pacifiques habitants de la Hollande actuelle, les fils des courageux républicains qui arrachèrent leur sol à l'Océan , qui constituèrent leur nationalité en dépit de Philippe II et de Louis XIV, qui offrirent un asile à la réforme , à la philosophie , à la littérature et à la science persécutées; qui remplirent l'Europe de leurs livres et le monde de leurs colonies , qui instituèrent une école de peinture capable de rivaliser avec les écoles de Rome, de Venise et de Florence? On ne travaille, on ne prêche, on n'aime, on ne peint, on .n'imprime, on ne se bat plus en Hollande : on fume et on boit. Autant font

les gens de Bruges et de Gand, si renommés jadis pour leur turbulence ; autant feront bientôt les Parisiens. Jusqu'au commencement de ce siècle, le peuple français a échappé au narcotisme du tabac ; mais, depuis lors, il aspire le poison dans une proportion toujours croissante. Son caractère se modifie, avec chaque génération, dans le sens de Tengourdissement et de la tristesse. La société des femmes est moins recherchée, et l'isolement respectif des sexes a des conséquences déplorables sur les mœurs.

En Turquie, le tabac n'est pas le seul agent d'engourdissement des populations. Il a pour auxiliaire le chanvre, dont l'effet stupéfiant est encore plus actif. Enfin, l'opium vient couronner l'œuvre. Il transforme, en ce moment, une partie des habitants de la Chine en hallucinés et en idiots.

Arrêter les progrès de ce mal est chose à peu près impossible : le fumeur ne se corrige pas plus que l'ivrogne. Celui-ci trouve dans l'ivresse alcoolique l'oubli de ses chagrins , celui-là trouve dans la fumée du tabac, du chanvre et de l'opium, le rêve qui donne le bonheur. Bientôt le monde fantastique lui parait supérieur au monde réel; il multiplie ses jouissances , usant les forces de son

cerveaa, qu'il transmet incomplètes à ses enfants. C'est ainsi que Tinteiligence s'éteint peu à peu chez les peuples, que meurent les arts et la gaieté, que le monde musulman , si puissant , si intelligent, si amoureux et si brave, se transforme en un vaste hospice de vieillards , d'incurahles et d'aliénés.

Circulation. — Le sang, étant formé par l'action combinée des voies digestives et respiratoires, porte l'activité dans tous les points de l'organisme. Il se partage la vie avec l'innen^ation et se trouve autant qu'elle , mais non pas davantage , indispensable à l'existence. Un coup de couteau dans le cœur et une balle dans le cerveau produisent également la mort .

Mais ce partage d'influence n'exclut pas l'antagonisme, il le suppose, et tous les médecins savent que la part prise paj le sang dans la vie et celle que s'attribue le système nerveux sont en raison inverse l'une de l'autre.

Où le sang est riche les os sont denses, les membres sont robustes et la prépondérance appartient aux mouvements musculaires. L'homme est tourmenté du besoin d'agir : sa volonté est en raison directe de sa force , sa persistance est en raison directe de sa volonté , son esprit d'entre-

^ reprise se proportionne à ses moyens de surmonter les obstacles. Il trouve plaisir à dépenser les richesses de son sang, il les répare en chargeant sa table de mets substantiels et en respirant Pair à pleins poumons. Obligé à consommer beaucoup, sous peine d'affaiblissement , il tourne son activité du côté de la production, il aime l'agriculture et l'industrie, il s'adonne volontiers à la chasse, à la pêche , à la navigation et au commerce. La vie contemplative lui est insupportable , il veut agir sans trêve et sans repos. Il préfère la lutte à toute chose , parce qu'elle est le moyen le plus efficace de dépenser de la force; aussi veut-il lutter contre tout et contre tous. Si la mer le défie, il veut la surmonter , et de même des fleuves , des montagnes et des marais. S'il fait du commerce , il aboutit à une concurrence effrénée ; s'il fait du patriotisme, il veut humilier les nations rivales et aboutit à la guerre ; s'il joue, c'est pour gagner à son adversaire des sommes considérables; s'il s'amuse, c'est qu'il contemple le duel de deux coqs , de deux chiens , de deux tigres , de deux hommes, c'est qu'il voit des chevaux lutter de vitesse dans l'arène, c'est qu'il parie, établissant la lutte des écus parallèlement à la lutte du sang. Dans ce long çflypnbat se développent la force,

la ténacité, le courage et le sentiment de la puissance individuelle. Celui-là s'isole volontiers qui compte sur lui-même (1), il se débarrasse de tout ce qui entrave ses mouvements ; il veut la liberté et l'obtient fatalement, car ses aptitudes seraient paralysées par la servitude.

On comprend que les voyages et les migrations tiennent une large part dans ces existences aventureuses , pour lesquelles le repos et la contemplation sont un supplice. Mais , sans contemplalion et sans repos, le sentiment et l'art, qui en est la conséquence, ne sauraient prendre une grande part dans la vie ; celui qui fuit sa maison , craignant de sacrifier son temps et son intelligence au commerce des femmes, ne saurait acquérir ni élégance ni politesse véritables ; ses mœurs restent rudes, ses goûts manquent d'élévation, il ne peut dépouiller complètement la peau du sauvage, même quarfd il s'entoure des merveilles de l'industrie. Des circonstances diverses peuvent modifier son être , mais il se rattache toujours à un type dont le physique se caractérise par la force,

(1) C'est une loi générale de la nature que les animaux faibles et menacés vivent en troupe , tandis qu'ils s'isolent quand ils sont forts. Le sanglier, quand il est jeune, est béte de compagnie ; il devient solitaire quand il est jMj iiy u de défenses.

le moral par Tactivité , Tétat social par l'indivîdualîsme.

La richesse du sang dans une race suppose donc, comme conditions antérieures , des digestions copieuses et une respiration énergique;

elle suppose encore, comme résultat, des os denses, des muscles puissants et actifs, le besoin du travail et des migrations, enfin toutes les conséquences de racti\ité physique. En tout ceci le corps et rame sont tellement unis, qu'il est impossible de les séparer : leur unité apparaît bien mieux encore dans l'aspect de la face, dans les caractères de la physionomie.

Toute race dont le système nerveux est dominé par la richesse du sang a la poitrine forte et les épaules musculeuses ; son cou, élargi par ses attaches inférieures, a quelque chose de carré et de robuste qui caractérise les mouvements de la tête. Cette carrure , par le fait des tractions musculaires, se communique aux attaches supérieures, c'est-à-dire à la mâchoire et à la nuque. Il suit de là que la base du crâne prend la prépondérance sur la voûte et sur les parties supérieures de la tête, qui sont dégarnies démuselés, tandis que les parties inférieures en sont amplement pourvues. L'énergie de ces muscles suppose le volume des

OS, si bien que la saillie des pommettes s^ajoute à celle des mâchoires. Dans la saillie des pommettes existe une première cause d'élargissement pour la tête ; une seconde cause vient de la vigueur du muscle temporal, qui acquiert, chez l'homme pourvu de fortes mâchoires, comme chez certains animaux carnassiers, une grande épaisseur.

Lorsque la tète est large , la bouche , tirée latéralement, est grande, en général ; elle manque de modelé, parce que les lèvres, minces ou épaisses, ne peuvent concilier les courbures avec cette traction latérale . Les narines sont mobiles et largement ouvertes, afin de permettre le libre accès de l'air dans le poumon ; les yeux, éloignés l'un de l'autre par l'élargissement des tempes, ne sont pas grandement fendus , leur muscle orbiculaire limitant, par son énergie , le volume des paupières et arrondissant leur ouverture. Quant à la forme du nez , elle est toujours déterminée par celle du front et de la mâchoire supérieure.

En consultant de la sorte les lois organiques qui président à la disposition des traits , on voit qu'elles sont logiques et procèdent d'un même principe. Entre la bouche, le nez, les yeux, les joues et le front, existe une dépendance réciproque, si bien que les caractères de l'un se com-

muniquent à tous les autres. Et de mdme de$ relations qui existent entre les caractères phy-r siques et les dispositions morales.

L'homme dont le portrait vient d'être tracé a les vertus et les vices qui tiennent à la force ; U est à la fois généreux et violent , disposé au don et au pillage, guerrier et industriel, avide de bienêtre et d'aventures, ennemi du repos et aimant ses aises, tenace et entreprenant, rude jusqu'à la grossièreté, tout en respectant la faiblesse.

Il peut cultiver avec succè$ les sciences exacte;;, mais il ne comprend ni n'aime les beaux-arts ; il est observateur, mais il manque d'in$piratiqn^ Son initiative lui donne de$ instincts dQ Ub^rt^ pour lui-même et des instincts de dominA^lon chez les autres ; mais il est incapable de$ grands élans sociaux qui changent la face du monde ?t marquent les pas du progrès.

Fonctions cutanées. — Deux agents ont un^ ichfluence prépondérante sur la peau : le calorique et la lumière. Ils déterminent la couleur et la température de l'enveloppe extérieure du corps , trouvant en elle les moyens d'agir profondément sur l'organisme.

Les rayons lumineux font surgir i la surface du derme un enduit de couleur bistre, qui, selon son

alK)ndance, place au-devant des tissus transparu m\^ UH YoUe plu& w pQîns épais. Quand il fait défaut, la peau est blanche ou ro^ée; elle se laJi$3Q pénétrer p^* 1q^ rayons salaires qui la rougi§$e»t, 1» turaéflQnt et m font le giége d'uoe inflammation fort douloureuse; quand il ç^t 9(lp^n()ao^, il p^m^t à la peau de supporter sans danger FactioDt d'un SQleil ardent.

Il est vrai qije les çQuleijrs fondées ont^ I^ion plus quç les couleur;? ojaires, la propriété d'at>siQrJt^er le calorique ; mais elles possèdent également une plus gj^ande fprçe d'émiasipn , si bien que l^s peau^j. brunes perdant d'un côté ce qu'^ les absorbent de l'autre. Leur résistance à l'acti^pn des rayons solaires et leur aptitude à. émettre par Iç rayonnement un e:?:çés de calorique, font qu'elles sQnt très avantageuses sous le tropique ; elles deviennent désavantageuses, au contraire, dans les contrées où rUomme lutte sans cesse contre le froid.

La couleur du derme varie selon l'abondance des raypns lumineux et les teintes qu'ils preunent gn se réfléchissant, ipile est npire çhe^ le nègre, cuivrée chez le Colombien^ d'un gris d'ardoise chez

le Çaffre, pllvâtre chez le Malais, brune chez

l'Arabe, d'un bistre plus ou moins jaune chez les

peuples du sud-est de TAsie. Ces nuances diverses, si elles étaient le produit direct des rayons solaires, seraient les teintes plus ou moins intenses d'une seule et même couleur ; leur variété indique assez que d'autres éléments concourent à leur formation.

Une multitude de faits recueillis par l'histoire naturelle montre, chez le grand nomhre des êtres vivants, l'aptitude du caméléon à prendre le reflet des corps ambiants. L'homme n'échappe pas à cette loi. La teinte que fait naître sur sa peau l'action du soleil se combine aux couleurs des objets voisins et forme la base d'une foule de nuances diverses.

C'est ainsi que la couleur olivâtre de certaines peuplades du tropique semble un reflet d'une verdure et d'une végétation magnifiques. Les peintres savent pour combien le vert entre dans la magnifique carnation des filles du nord , dont la peau offre le reflet combiné de la neige et de la prairie. L'ocre, dont les sauvages de l'Amérique recouvrent tout leur corps, n'est probablement pas étrangère à leur teinte de cuivre; et de même de mille autres faits analogi

Entre la coloraUuÉ^^^P^^Hfcjsoloration des cheveuXjJ^^^^^^ ^Bs cornés.

existe an rapport constant. Le même rapport existe entre les teintes du derme et celles de riris. Chez TÂlbinos, la décoloration est complète; aussi les rayons solaires offensent-ils simultanément la peau et les yeux. Lé contraire a liea chez le nègre, dont l'iris , les cheveux et la peau opposent un obstacle infranchissable à Taction du soleil.

Chez certains hommes dont la peau et les cheveux ont une teinte dorée , les yeux sont fauves ; ils deviennent bleus où l'azur du ciel se montre fréquemment entre des nuages brillants ; ils sont gris dans les contrées brumeuses, verts où l'herbe croit drue et forte sous de gais rayons de soleil. Les croisements peuvent faire que des yeux bleus se rencontrent en même temps que des cheveux noirs, que des yeux bruns animent une tétecouverte de cheveux blonds. Des médecins ont vu, en ceci, une rupture de l'équilibre organique et l'annonce de certaines maladies.

Plus la peau est colorée, mieux elle supporte l'insolation. Il en résulte que le derme, incessamment stimulé par l'absorption et l'émission du calorique, obtient une circulation très active. Cette circulation, à son tour, augmente les sécrétions et excrétions cutanées, assainit l'organisme, le

réchauffe, enfin empêche la stagnation de la lymphe ainsi que son accumulation dan$ les glandes ou les vaisseaux .

Voilà pourquoi les races dont la peau est QXfth-

sée à Taction d'une lumière très abondante ne

sont pas exposées à la série des ^^èctions chtH^

niques qui dérivent des engorgements de ta

lymphe. L'activité de la circulation cutanée semblé

ne permettre que des inflammations rapides. Elle

est incompatible avec le rachitisme et les mala-

dies du tissu osseux qui, si souvent, dévient le&

membres et la taille des populations privées de

soleil. Un nègre rachitique ou bossu est une

grande rareté pathologique. Sa race est exempte

du goitre, qui se multiplie dans le Valais et dans

les étroites fissures d«s Alpes^ des Cévennes et des

Pyrénées, où le soleil n'apparaît qu'à midi*

Les rapports qui existent entre le goitre et le crétinisme font entrevoir d'autres rapports entre la matière colorante de la peau et les centres nerveux. Chez les races décolorées, l'innervation est lente dans ses actes ; elle est ardente et prompte dans les races où abonde la couleur (1) ; d'où la

(1) Un coup de vent froid suffit pour donner à une foule de négrUloBS des convuUions mortelles.

corrélation observée, dès Pantiqûité , entre Tac-* ti(m du soleil et tout ce qiii nait du se&timent. Le mythe, en faisant d'Apollon le père des arts et U maître dés muses, ne fait qu'exposer un des apho* ristnes de rhistôire naturelle^ Chaque siècle transmet en la confirmant cette vérité , que Tart et la rétéldtiôn surgissent dans les contrées où l'air est liifipide et la lumière abondante. Là naissent \e» langues euphoniques, imagées et amoureuses.

Mais dans les contrées où de pâles rayons solaires sont interceptés par la brume, la peau, l'iris et les cheveux se décolorent , la lymphe s'épaissit , les glâûdes s'engorgent, les os se tuméfient et s'amollissent, l'innervation se ralentit, la langue devient rude i abstraite et obscure; l'observation patiente et tenace prend le pas sur l'inspiration , l'analyse domine la synthèse , la science domine la poésie et la religion.

Fonctions de reproduction. — Dans les rangs supérieurs de l'animalité, la reproduction s'opère par le concours de deux êtres distincts et de sexe différent : le mâle, dépositaire du germe ; la femelle, dépositaire de l'œuf et des organes nécessaires à son évolution. Le produit participe, pour ses qualités physiques et morales, de ceux qui se sont unis pour lui donner la vie. Né de leur

amour, de leur absorption réciproque, il renferme une partie de leur double existence et la combine dans Tunitè. Ce fait porte le nom d'hérédité : il embrasse la ressemblance morale aussi bien que la ressemblance physique, la santé comme la maladie, la couleur de la peau, des yeux et des cheveux, comme la mémoire ou le courage, la bonté comme la scélératesse, les idées comme les sentiments.

Seul , le médecin peut savoir jusqu'où va l'hérédité ramenée à l'état de prédisposition. Le fils d'un goutteux, d'un phthisique, d'un dar-^ treux, etc., peut échapper à la goutte, à la phthisie, aux dartres ; mais il en porte le germe dans sa constitution, et ses enfants doivent redouter la maladie qui l'a épargné. De même dans une famille d'aliénés on voit souvent la folie épargner une génération et se reproduire dans la suivante.

Parmi les qualités bonnes ou mauvaises qui se transmettent par voie de génération, il faut distinguer celles qui appartiennent à la souche, de celles qui sont d'acquisition récente et appartiennent à l'individu. Les premières ont bien plus de persistance que les autres ; aussi le génie n'est-il pas héréditaire.

Ce n'est pas que les acquisitions ou déperdi-

tioDS du père soient indifféreutes aux aptitudes de Tenfant. Il y a toujours prédisposition de bonté, d'intelligence et de vigueur » pour le fils de rhomme devenu bon, intelligent et vigoureux par le fait de l'hygiène et de l'éducation ; comme il y a présomption de méchanceté, de sottise et de faiblesse pour le fils de qui est devenu faible, sot et méchant.

L'espèce humaine n'ayant pas les mêmes aptitudes aux diverses époques de sa fécondité , un même couple peut donner l'être à des enfants qui diffèrent sous plus d'un rapport : gardant un caractère puéril jusque dans la maturité, quand ils doivent le jour à des adolescents ; offrant, dès les premières années de la vie, l'aspect de la sénilité, quand ils sont le fruit de la vieillesse.

Chez les nègres de l'Afrique centrale, des mariages entre enfants de dix et douze ans sont suivis d'une stérilité prématurée. Il en résulte que l'homme est imberbe ; que , dans ses mœurs , sa langue, ses goûts et son intelligence, tout est enfantin. Au contraire , la virilité éclate de toutes parts chez les peuples des contrées froides, où la nubilité est tardive et où la fécondité se maintient jusque dans le voisinage de la vieillesse.

Il peut arriver encore, par le fait de l'esclavage

de la femme, ou par le fait de romnipotence de Targent, que de jeunes flUes épousent des vieillards ; leurs enfants offrent un mélange sîngullet de vieillesse et de puérilité. Dans l'Inde, dàùs la Perse, dans la Turquie, et même dans TEunipe , on rencoiitre ainsi quantité de vieux enfants et de jeunes vieillards, la pire espèce d*hottiitteà, certainement.

Des lois de l'hérédité il ressort : 1^ que la fécondité trop précoce ou trop tardive est mittvaisej 2*» que le mariage entre gens de mêtiië sang ou de même constitution exagère certaines facultés physiques ou morales, et menace la génération à venir de maladies organiques ou mentales (1); 3* que des époux trop dissemblables d'âge ou de constitution donnent le jour à des eilfaîits mal équilibrés et portant des dispositions côfttradictôires ; 4" que la transmission de cèr-^ taiïies maladies peut être entravée par l'union dé constitutions complémentaires, ou favorisée par l'union de constitutions antipathiques.

(1) Des statistiques médicales des États-Unis d'Amérique, il résulte que les enfants issus de mariages entre cousins sont menacés d'aliénation trois fois plus que les enfants issus de mariages entre étrangers»

B reste à déterminer en quoi consiste le cômpiéme&t et Tantlpathie.

Un organisme étant donné » j'appellerai iOA complément Torganisme qui possédera en plus toat ce qui lui manquera et manquera de tout ce qa'il aura en pluSé Cet état pourrait être repré>senté par une série d'angles saillants et rentrants qui, des deux parts, permettrait une juxtaposition complète ; les saillies se trouvant en correspottdaoce avec les excavations.

Le résultat du complément dans le mariage se* nit d'assurer l'équilibre organique, dont la mé*decine a fait depuis longtemps le symbole de la force et de la santé. Avec l'équilibre, nulle lacune ne peut exister dans les facultés > nulle aptitude ne peut se développer au point de produire le conflit et la perturbation.

Je nommerai antipathiques les constitutions dont les saillies se rencontreront par leur sommet^ empêchant ainsi la juxtaposition et agrandissant les lacunes.

Le mariage entre personnes antipathiques, c'est-à-dire portant le germe des mêmes maladies ou de maladies analogues, ayant le même tempe-rament, les mêmes facultés, les mêmes faiblesses, les mêmes insuffisances, etc. , etc. , rend l'équi--

libre impossible dans Torganisme des enfants à venir ; il favorise, au contraire, tous les éléments de perturbation que peut contenir rhumanité.

Que Ton obtienne, pendant un siècle , le mariage entre personnes exclusivement sympathiques ou complémentaires, et Ton verra renaître rage d'or !

Il n'y a complément entre les êtres de même espèce qu'avec certaines analogies de constitution ; car il peut arriver que des organismes très différents ne soient pas sympathiques et que leurs facultés , au lieu d'être complémentaires , se détruisent réciproquement. Leur union produit alors ce que l'on voit arriver dans le croisement d'espèces domestiques très différentes, la disproportion. Tel poulain naît avec une croupe énorme et un poitrail aigu, ressemblant à son père par la partie postérieure de son corps, et à sa mère par la partie antérieure ; tel chien issu d'une chienne de chasse et d'un molosse , beaux et excellents tous deux, se trouve bâtard et sans valeur. Des faits analogues, dans l'espèce humaine, ne manquent pas. Le mariage entre gens trop dissemblables de taille , de force et de tempérament , reste infécond quand il ne donne pas l'être à des enfants maladifs et mal équilibrés.

Ceci fait comprendre combien il est difficile de mesurer les constitutions et de décider si elles sont complémentaires ou antipathiques. La science n'a guère porté ses investigations de ce côté et se déclare insuffisante. Il faut ajouter que son analyse rencontrerait plus d'un obstacle et que ses conseils rencontreraient l'incrédulité (1).

Seul, le sentiment se trouve en mesure d'agir d'une manière efficace. Il détermine, entre les organisations complémentaires de sexes différents, une attraction irrésistible et qui , par excellence , porte le nom d'amour.

L'amour embrasse l'être tout entier : il est à la fois organique et idéal. Sa mission est de confondre deux existences, de les combiner et de leur donner la puissance créatrice.

Il ne faut donc pas s'étonner de le voir inspirer les poètes , devenir le mobile des arts , peser sur les lois sociales, régler les rapports respectifs des sexes , commander les plus grands dévouements et les plus grands crimes , remplir le cœur de la vierge et les souvenirs du vieillard. Toute femme l'invoque et toute religion l'appelle , parce que

(1) Voyez le Traité spécial d'hygiène dans ses rapports avec Je mariage, par M. Francis Devay.

table amour sont mieux doués que les autros. Ils ont à un plus haut degré la beauté , Tharmonie des facultés, l'ardeur et la résistance. Leur corps et leur âme sont d'une trempe plus fine; on dirait que les scories de leur organisme ont été éliminées par un feu vivifiant.

D'autres exemples sont inutiles pour montrer que l'amour est le guide le plus sur que Ton puisse choisir pour atteindre les convenances de la génération : mieux que tout autre sentiment ou idée, il est en mesure d'unir les organisations complémentaires et d'éloigner les organisations antipathiques.

Sa compagne naturelle est la jalousie, dont la signification n'est autre que l'union exclusive des âmes et des corps, que l'insurrection ardente et implacable contre toute promiscuité.

Il me suffit de considérer la jalousie comme un sentiment naturel , et de savoir qu'elle condamne l'infidélité, l'adultère, la polygamie, la prostitution et la débauche, pour déclarer tous ces actes nuisibles à la reproduction. L'observation scientifique vient, de tous points, confirmer ces prévisions. Elle dit que la polyandrie rend la femme stérile, que la polygamie épuise l'homme et produit la dégénérescence de ses

enfants,' que la débauche, quand elle ne reste pas inféconde, produit des êtres laids, chez lesquels la discordance physique se traduit par Tinfirmité et la discordance morale par Taliénation.

Mais , de même que la génération est vicieuse quand elle ne se combine pas à l'amour, de même Tamour est vicieux quand sa fin n'est pas la génération. Ces deux choses n'en font qu'une dans leur état idéal ; leur mission est de se rap procher jusqu'au moment où elles s'unissent.

Ainsi se trouvent classés parmi les vices tous les amours où ne se rencontrent pas les convenances de sexe, d'âge et de constitution qui supposent la fécondité, la constance et la fidélité. Ils deviennent une force perturbatrice; ils ne peuvent être qu'un élément de malheur.

Dès lors on peut annoncer le progrès physique, moral et intellectuel , chez tous les peuples où le véritable amour est le mobile de la génération; et la décadence, chez tous les peuples où l'appétit sexuel, aidé par des considérations d'argent, est le mobile principal du mariage.

Rien ne dit la destinée des races aussi bien que leur amour. Elles valent en proportion qu'elles aiment : quand leur cœur s'échauffe, il admet immédiatement le culte de la beauté, et

Ton voit surgir les arts , la religion , la poésie , la force, ainsi que la plupart des vertus sociales. Le sang devient admirable. Mais il dégénère vite quand la froideur et l'égoïsme s'emparent du cœur des nations. La débauche surgit de toutes parts, poursuivant, jusque dans le crime, une volupté qui fuit toujours ; les corps et les âmes s'abâtardissent , la civilisation se matérialise ; la

tristesse s'«mpare des hommes et les conduit au suicide.

Fonctions des sens. — Les philosophes ont mis dans les sens le principe fondamental, sinon unique , de l'idée ; ce qui suppose que l'intelligence n'existerait pas , ou serait comme non avenue, chez un homme privé à sa naissance d'appareils sensitifs (1). Une autre conséquence, c'est que l'idée doit se multiplier et s'agrandir avec la portée de ces appareils, tandis qu'elle se restreint avec leur inertie. Chaque race a donc intérêt à cultiver ses sens et à leur donner toute la puissance compatible avec l'organisation humaine.

(1) La preuve que Tintelligence n'est pas toute dans les sens, c'est qu'elle persiste entière , alors qu'un accident ou certaines maladies des centres nerveux détruisent simultanément la vue, l 'ouïe, le tact, l'odorat et le goût.

Mais tous les sens* ne concourent pas, dans les mêmes proportions, à l'évolution de Tintelligence. Certains dirigent plus spécialement la bête, d'autres sont les guides de la science et de l'art. Il peut même arriver qu'un même appareil comporte une série d'impressions qui se rapportent à des portions diverses de la vie et sont susceptibles de degrés divers de subtilité ou d'inertie. L'œil étant pris pour exemple , on le trouve très perçant chez le sauvage, mais complètement obtus pour l'appréciation de la forme et de la couleur dans une œuvre artistique, tandis que le myope peut avoir un œil très lucide pour apprécier, en une minute, les harmonies d'un tableau ou d'un objet d'orfèvrerie. Et de même de l'oreille. L'Indien de l'Amérique du Nord entend, à une demi-lieue, les pas d'un daim ou d'un ennemi , mais ne perçoit que des sons confus dans certaines œuvres musicales , pendant que le chef d'orchestre, assourdi par les accords de cent instruments , distingue la fausse note qui vient de se produire.

Dans la subtilité de sens du sauvage l'homme trouve des moyens de lutte contre ses semblables , contre la nature et contre les bêtes , mais un mince bénéfice pour l'intelligence; c'est le

contraire lorsque les sens acquièrent la sagacité qui résulte de la lecture, de la peinture, de Tarchitecture , de la musique et de mille actes divers se rattachant à la science ou à l'art.

Une race vraiment supérieure doit concentrer dans ses appareils sensilifs tous les genres de subtilité. La difficulté de percevoir un genre d'impression est une déchéance pour elle, son intelligence pâtit quand son oreille est réfractaire aux harmonies musicales et poétiques, ou lorsque son œil ne peut apprécier les harmonies de la forme et de la couleur : elle semble atteinte de surdité et de cécité partielle ; elle se trouve dans un état d'infériorité vis-à-vis d'une race mieux douée.

Tous les sens ne sont pas, au même titre, les auxiliaires de l'intelligence. La supériorité, sous ce rapport, appartient à la vue et à l'audition, qui sont les instruments indispensables du langage, de la science et de l'art. C'est donc à les perfectionner que doit s'appliquer l'éducation : elle doit leur donner la prépondérance sur le tact , le goût et l'odorat, dont la supériorité assimilerait la vie de l'homme à celle de la bête. La subtilité du goût rend glouton et donne la pire espèce de sensualité ; la subtilité du tact efféminé , fait redouter l'action de l'air et du soleil, si utiles, cepen-

dant, pour empêcher la dégénérescence rachitique et scrofuleuse ; la subtilité de Todorat rend avide de parfums et ébranle le système nerveux. Que le goût soit suffisant pour veiller aux choix des aliments et assurer l'intégrité des fonctions digestlves, que l'odorat ait la finesse nécessaire pour apprécier les bonnes ou mauvaises qualités de Tair respirable , que le tact avertisse le moi des blessures les plus légères faites à la peau et concentre dans le toucher sa puissance d'appréciation, c'est tout ce qui est nécessaire à la vie humaine.

L'odorat ne peut acquérir ou garder, chez rhomme , la finesse qui le caractérise chez les pachydermes, les ruminants ouïes carnassiers, quepar un volume considérable des fosses nasales. Ce volume suppose celui des maxillaires supérieurs et des os qui s'articulent avec eux : la face alors déborde le front, est projetée en avant et en bas , prend enfin l'aspect qu'on rencontre chez le singe, le nègre et les hominiens des races inférieures. De môme le goût ne peut acquérir une grande subtilité que par un volume considérable de la langue, des-lèvres et de l'isthme du gosier, dans lesquels il réside. Mais le volume de la

langue suppose celui de la bouche qui doit la contenir ; le volume de la bouche suppose celui des mâchoires, d'où une nouvelle raison d'élargissement des parties inférieures de la tète et de prédominance sur les parties supérieures.

C'est le contraire qui résulte de l'atrophie de l'odorat et du goût. Les maxillaires se rétrécissent, ils se retirent en arrière , donnant à la face une direction perpendiculaire, accusant la saillie du front et du nez, laissant l'œil s'enfoncer sous l'arcade sourcilière , rapprochant enfin la face de Phomme de l'idéal rêvé par la statuaire de l'antiquité.

Chez tous les êtres dont la vue est très subtile, l'œil a une propension à s'arrondir; il est peu volumineux et son regard est dépourvu de douceur. C'est le contraire lorsque la vue perd de son acuité en concentrant ses efforts sur l'appréciation des formes et des couleurs, d'où résulte l'expression. Le regard de l'aigle est désagréable et dur; le regard du chien est souvent d'une douceur extrême. Ici la vue , d'une portée médiocre , excelle à discerner les sentiments qui se peignent sur la figure du maître; tandis que l'aigle qui, du sein de la nue , distingue le lièvre

tapi dans Therbe, ne sait reconnaître, sur la face de rhomme , aucun des sentiments qui peuvent Tagiter.

Si, parmi les membres de l'espèce humaine, on rencontre le regard de l'aigle, du lion et même de la vipère , on trouve aussi des regards dont la profondeur et la sympathie n'ont pas d'analogues dans le reste de l'animalité. Cette attraction appartient surtout aux yeux habiles à discerner les harmonies; elle appartient aux races qui se placent à la tête de l'humanité dans la voie de la eiyllisation.

Innervation. — Aux nerfs appartiennent la sensibilité et la motilité, qui expliquent la vie de relation tout entière. La centralisation nerveuse produit l'intelligence, sous l'action des sens; le sentiment, sous l'action des instincts ; enfin l'activité volontaire, sous l'influence de la motilité. Intelligence, sentiment et activité, tels sont les trois principes qui constituent l'être moral.

L'intelligence, aidée par les sensations, aboutit à la connaissance des formes. Ses divers moyens d'action sont les facultés. Elle est, de sa nature, dépourvue d'affection et représente le juge prononçant , impassible , sur les causes qui lui sont soumises.

Le sentiment, au contraire, est toujours une affection, une attraction vers un objet qu'il distingue avec l'aide de l'intelligence ou par simple voie d'affinité ; toujours il est attractif ou répulsif, toujours il demande la fusion ou la disjonction.

Tandis que l'intelligence se sépare des objets pour les observer (1), le sentiment ne peut les connaître qu'en s'identifiant avec eux. Alors il en possède la révélation intérieure, il en a la connaissance intime et l'intuition ; il arrive à des notions que l'étude de la forme ne peut atteindre.

Les deux portions de la connaissance, quand elles viennent à se combiner, aboutissent à l'idéal, autrement dit à la conception abstraite de tout ce qui peut provoquer l'affinité morale. L'idéal s'agrandit ou se rétrécit avec les objets de cette affinité. Son dernier terme est l'absolu. Il en est la recherche constante , il est une aspiration permanente vers la perfection.

Mais , après avoir contribué à la formation de l'idéal, le sentiment, obéissant à sa nature, veut s'identifier avec lui. L'attraction subie est l'amour, qui représente la concentration de la vie et l'apogée des facultés humaines.

(1) Hegel, Logique objective.

Sans Tamour, l'idéal est tronqué et infécond; il manque d'influence sur les individus et sur les races qu'il a mission de perfectionner.

Il faut remarquer ici que les différentes portions de l'innervation ne se répartissent pas de la même manière chez tous les peuples. Tantôt l'activité domine et donne la prépondérance à la production ; d'autres fois l'intelligence l'emporte et fait régner la science, ou bien l'exubérance du sentiment favorise l'art. L'idéal change avec les proportions des éléments qui le constituent; l'amour qu'il provoque change également , devenant minime avec l'exubérance de l'activité, devenant extrême avec l'exubérance du sentiment.

Toutes les races dont le nutriment est copieux, dont la respiration est puissante, dont le sang est riche, sont dévolues à l'activité. Celle ci, par le fait de besoins impérieux et d'une grande consommation, se tourne vers la production. L'industrie qui en résulte appelle à son aide les portions correspondantes de la science, comme les mathématiques, la chimie, la physique et l'histoire naturelle. Les arts mécaniques prennent un grand développement. Mais là s'arrête l'effort de l'innervation. La grande richesse du sang est hostile au sentiment : elle donne la suprématie à

la civilisation matérielle , elle nuit à Tidéal et à l'amour.

Au contraire , le sang qui , tout en s*apauvrissant par le fait d'une alimentation et d'une respiration restreintes, reçoit du calorique et de la lumière répandus avec profusion dans l'espace les principes de vie et d'action que M. Niepce de Saint-Victor vient de retrouver jusque dans des corps inertes, ce sang, dis-je, donne la supériorité au sentiment. L'homme, alors, subit plus d'un genre d'attraction. S'il n'a pas employé à la culture de sa pensée les loisirs que lui fait le manque d'activité musculaire , son idéal ne peut surgir ; ses sentiments, au lieii de s'élever jusqu'à l'amour, descendent à l'appétit. L'homme, alors, confine à la bête.

Pareille décadence n'arrive guère chez les peuples très actifs; la force et le courage les sauvent de la dégradation. Leur industrie donne le bien-être et l'instruction; ils recherchent, sinon toute la science , du moins sa portion la plus utile et la plus positive.

L'état intermédiaire du sang, entre la richesse et la pauvreté, maintient le système nerveux dans les conditions les plus favorables à l'évolution de la science. L'homme alors n'est ni turbulent ni

esclave de ses appétits. Il peut donner ses forces et son temps à la réflexion ; il peut observer et méditer sans distraction; sa pensée, toujours tendue, donne à ses connaissances la formule et l'abstraction. Mais cette idée péniblement acquise reste une pure forme , une ombre glacée qui ne peut rien par elle-même , tout en étant le pivot de toute civilisation.

On peut se représenter la science comme le fléau d'une balance dont Tun des plateaux serait le gentiment, tandis que Tautre plateau serait ractivité. Le fléau venant à s'agrandir et à pencher du côté de l'activité, la froide civilisation matérielle l'emporte dans les destinées humaines ; mais si la science penche vers le sentiment, l'idéal et l'amour créent ces civilisations merveilleuses où la vie entière se poétise entre le bonheur et l'espoir.

Tandis que l'idéal se restreint et devient uniforme par l'union de la science et de l'activité , il prend des proportions énormes quand la science s'unit au sentiment; il se modifie suivant le génie des peuples ; il change, sous sa forme religieuse et sous sa forme poétique, parce que la combinaison d'où il dépend peut se faire en toutes proportions.

L'idéal le plus complet qui, jusqu'ici, ait paru sur la terre est le fait de la religion. Il comprend raspiration vers l'infini du temps , de l'espace et de la puissance, l'aspiration vers le bien et le beau ; il a embrassé les plus belles portions de la vie humaine; il a donné satisfaction à ses plus nobles désirs.

Ces choses , pour la plupart , échappent à la science , si bien que le sentiment seul peut les connaître. Mais sa connaissance est , à la fois , l'intuition qui est la révélation intérieure, et l'amour qui veut s'identifier avec son idéal. Voilà pourquoi, dans toutes les religions élevées, l'homme veut que la mort soit une absorption au sein de Dieu.

Dans son besoin d'aimer et de connaître, il est naturel que le sentiment prenne pour auxiliaire la forme d'où résulte la dimension et qui parait l'essence de toute réalité. L'idéal, appliqué à la forme , produit le beau considéré comme l'élément divin, par excellence, chez, les peuples que le charme du ciel et de la nature ambiante rend amoureux des harmonies de la ligne , de la lumière et de la couleur.

L'adoration du beau conduit fatalement au mythe, dont les conditions artistiques et morales

seront examinées ultérieurement. Lorsque chaque portion de la naturepeut s'idéaliser dans la beauté, il est naturel de la considérer comme une portion de Dieu.

Le paganisme résulte de la domination du sentiment artistique ; mais, à mesure que grandit la raison, elle oppose à ridée du beau, l'idée du vrai, du bien et du juste. Dès lors l'idéal ne peut plusse concentrer dans la forme et la dimension ; il les déborde , il aboutit à la conception d'un dieu spirituel, unique, immense, concentrant dans sa personnalité tous les termes de l'absolu. Un pareil dieu n'est pas le dernier idéal auquel puisse atteindre la combinaison de la raison et du sentiment, car sa nature spirituelle en fait une aspiration plutôt qu'une notion précise. L'idée pure, devenue réalité, répugne à l'intelligence; elle répugne au sentiment, dont l'amour demande la forme et la beauté. C'est pour cela que le monothéisme a tant de peine à subsister dans sa pureté chez les peuples passionnés : ils veulent voir leur dieu, le toucher et l'embrasser; leur tendresse ne peut s'adresser à un être que leur imagination est impuissante à comprendre.

Il est facile d'imaginer maintenant combien l'étude de l'innervation importe à qui veut con-

naître le génie des différents peuples. Il sufflt d'analyser les proportions respectives de Tintelligence , du sentiment et de la motilité chez une nation, pour marquer la direction de son idéal et la part qu'elle doit prendre à la civilisation.

Situation géographique. — Pour compléter ce qui concerne la formation des races, il est bon de jeter un coup d'œil sur certaines dispositions organiques résultant de la configuration du sol et échappant dans leur ensemble à l'analyse des diverses fonctions.

Il faut noter, en premier lieu, que les climats ne sont pas toujours en rapport avec la latitude. Ils peuvent, sous un même degré, varier avec l'élévation du sol , avec le voisinage de la mer, des forêts , des fleuves , des cultures et des déserts.

Une élévation de 150 mètres au-dessus du niveau de la mer correspond, pour ce qui concerne la température , à un retrait d'un degré vers les pôles; aussi voit-on des montagnes placées sous la ligne se couvrir de neiges étemelles, comme on voit les habitants des plateaux de l'Asie , de l'Afrique et de l'Amérique du Sud présenter certains caractères que le climat imprime aux habitants de l'Europe ou de l'Amérique du Nord. Le

montagnard vit sous un ciel toujours rude, son appétit est vif et sa nourriture substantielle, parce que sa culture la plus productive consiste dans rélève des troupeaux. L'infertilité de son sol et la vigueur de ses bras le rendent industrieux, les escarpements de ses rochers le rendent agile , la rapidité de ses torrents et Tinclémence de «on ciel le rendent courageux. Ses aptitudes industrielles, ses besoins de Inouvement et d'action, le rendent réaliste. Son caractère est positif, il est réformateur et peu porté à la contemplation. Tout

cela est très favorable à la liberté et à l'indépendance , qui , de tout temps , furent les passions

dominantes du montagnard. Les difficultés que ses rochers opposent à l'invasion viennent en aide à sa vigueur et à son courage ; il aime le pays qui lui donne la sécurité, il est presque toujours indomptable.

Quand règne l'horreur de la servitude, quand rhomme est obligé, pour lutter contre la nature, d'associer ses forces à celles de ses concitoyens , l'égalité civile et les institutions républicaines ont peu de peine à s'établir. Lorsque la pauvreté rend économe, l'épargne ne tarde pas à faire surgir le commerce, et le commerce, à son tour, répand le bien-être et l'instruction.

Cet enchaînement de causes , dérivées d'une façon plus ou moins directe de l'élévation du sol et de sa nature rocheuse, trace, à grands traits, les aptitudes imprimées à l'espèce humaine par les montagnes du Thibet, par celles de l'Abyssinie, par les Cordillères, par les Pyrénées, par les, Alpes , le Liban , etc.

Il peut arriver que le sol , bien que très élevé au-dessus du niveau de la mer, présente une surface unie, comme cela se remarque sur les vastes plateaux de l'Asie centrale. Là régnent les ouragans, les frimats et les intempéries qui dévastent les cultures ; aussi les peuples , pour tirer parti de la terre, deviennent-ils pasteurs, comme les montagnards, et comme eux courageux autant que robustes. Mais, au lieu d'être sédentaires, ils sont nomades et promènent leurs nombreux troupeaux sur des landes ouvertes de toutes parts. Dans ces contrées , où régnent l'uniformité et la tristesse, l'homme associe le cheval à ses courses vagabondes. Or, une équitation presque continuelle modifie profondément la constitution humaine, ainsi que l'avait déjà remarqué Hippocrate en parlant des Scythes. Les extrémités inférieures, faute d'un exercice suffisant, sont mal nourries et deviennent grêles ; constamment ap-

puyées contre les flstfics.du cheval, ^Ues en prennent la courbure et le genou se trouve déjçté en dehors; au contraire, la poitrine, les bras et le cou se développent sans opposition, abreuvés qu'ils sont par un sang riche et généreux.

Gette puissance de la poitrine et des bras fait que le cavalier est Thomme de la lance et du sabre. Enempruntant au cheval la vitesse et Tagilité qui lui manquent , il devient le type du conquérante Sa robuste constitution supporte tous les climats et toutes les privations ; l'habitude d'une vie nomade fait qu'il se déplace avec la plus grande facilité ; ses troupeaux, qui font toute sa ricliesse , lui permettent d'emmener avec lui sa famille et les moyens de la nourrir.

Voilà pourquoi les conquêtes les plus rapides et les migrations les plus lointaines sont dues à des nomades ; pourquoi , jies plateaux de l'Asie centrale ont envoyé leurs populations aux extrémités de l'Europe, peut-être de l'Afrique.

Hais il ne faut pas oublier que la vie nomade suppose la tçnte ^ et que la tente n'admet ni la science, ni l'industrie, ni l'évolution des arts.

Le voisinage de la mer agit également d'une manière spéciale sur la nature humaine. Il rend le climat plus doux en tempérant les chaleurs de

Tété et la froidure de Thiver; il eneonrage la pèche , source de nourriture substantielle et copieuse ; il stimule l'activité commerciale par la navigation. Des peuples dont le ciel est tempéré, dont le sol est bas et fertile, seraient naturellement enclins à la mollesse, si leur nourriture, si les luttes qu'ils ont à soutenir contre l'Océan , si leurs relations avec des peuples très divers ne les rattachaient à l'activité, à l'étude, à l'industrie et au progrès. Ils réunissent ainsi des aptitudes variées, ils combinent la science et l'industrie aux beaux-arts ; presque toujours ils sont à la tête de la civilisation. L'histoire de celle-ci comprend, comme autant de stations, les noms de Tyr, de Carthage, de Syracuse, d'Athènes, d'Alexandrie, de Byzance, de Venise , de Gênes , de Lisbonne, d'Amsterdam, etc.

A ces dispositions générales peut se joindre, comme particularité, la position insulaire. En gênant les communications et les croisements qui en résultent, elle rend plus saillants les caractères de la nationalité, elle exagère l'égoïsme populaire connu et loué sous le nom de patriotisme.

Le voisinage des fleuves agit, à certains égards, comme celui de la mer; il implique la pêche, une riche culture et l'élève de nombreux troupeaux.

toutes choses favorables à la densité de la population. Où régnent l'abondance et la richesse, les grandes villes ne tardent pas à surgir; en rapprochant les hommes, en les accumulant sur un espace étroit, elles forment des foyers industriels, intellectuels et artistiques utilisant les cours d'eau pour les transports et le commerce, rayonnant ainsi à des distances considérables. Babylone, Hemphis, Calcutta, Kombodje , Nan-King, Londres, Paris, Vienne, Cologne, Philadelphie, Buenos-Ayres, etc., ne le cèdent en rien aux villes maritimes les plus puissantes. La navigation intérieure permet à toutes de réagir sur les peuples du voisinage ; plusieurs ont les avantages des ports de mer et portent chez les nations les plus tointaines les produits de leurs sciences et de leurs arts.

Tout en facilitant l'édification des villes et la densité de la population, le fleuve est loin de favoriser la beauté de la race. Il arrose, le plus souvent , des terres argileuses, humides, entrecoupées de canaux, de tourbières et de marais. Là se développe le miasme, principe des épidémies et des fièvres intermittentes .

Quand l'espèce humaine est soumise , pendant l^osieiii^ générations , à de pareilles influences ,

le foie et la rate se tuméfient , augmentant le volume de Tabdomen au détriment de la poitrine^ La peau devient jaune et terreuse; les muscles s'effilent et perdent leur vigueur ; une sorte dUn-^. dolence insurmontable s'empare de l'organisme^

Des faits analogues se remarquent dans les lieux où l'industrie presse et accumule les populations. L'air qu'elles respirent est malsain ; dlés sont privées de soleil et de lumière ; leur nourriture est souvent insuffisante ou altérée par là fraude, si bien que les fonctions principales se troublent, à la longue, et aboutissent à la maladie. Souvent alors les enfants naissent malsains. La science , par mille efforts , conserve leur existence, sans parvenir à leur procurer la vigueur. Ils arrivent à la puberté et donnent, à leur tour, la vie à des êtres dégénérés, dont le corps et l'âme sont dévolus à une série de perturbations.

Chez le sauvage, où la mort emporte tout ce qui ne naît pas iavec une constitution robuste , les races se maintiennent mieux dans leur intégrité; elles auront, sous ce rapport, la supériorité sur les races civilisées, jusqu'au moment où l'éducation sera capable de dompter les diverses causes^ de dégénérescence.

Tandis que tes terrains tourbeux et argileux

fiiûsent à l'espèce humaine par Thumidilé qu'Us Bcèlent et les gaz qui s'élèvent de leur sein, les termas calcaires et crétacés sont beaucoup plus ntobres. Malgré leur moindre fertilité et la ri- ^ dfegse moindre de leurs habitants, ils nourrissent . te races saines, vigoureuses et rarement visitées ^ pj les épidémies.

. iiJùdtre les. grands cours d'eau^ quand n'existent pkides montagnes d'un accès difficile , seren^miamt.f surtout entre le S5'' et le .35^ degré de tatitade nard^ des terrains d'une fertilité m^édio- OÉ^jqusffid ils ne sont pas complètement arides* Ublrivent des populations clair-^semées qui utilinQtla végétation appauvrie de leur sol natal aAimoyen d'immenseS; troupeaux. La rareté de llprbft et de l'eau rend obligatoires les déplace- États fréquents. Dans cette vie nomade, la tente îqiipiaee la maison , la tribu remplace la cité. Les conséquences, sont l'absence des arts, des scien- MfeV de rindustrie et de la politesse des mœurs , iMtai ehoses qui s'obtiennent seulement dans Im centres sédentaires de population. Où la prolviÉk&:tenitoriale ne peut se définir et s'organi- 4rit «BèiièHpation des pâturages donne lieu à de fiéquieiite» querelles : la tribu ouverte de. toutes ItKrtMèiitola^supidité du spoliateur; l'immense

étendue du désert offre constamment un refuge au voleur et rend illusoire Tautorité politique. Il faut ajouter que le cheval et le dromadaire sont de merveilleux moyens d'attaque et de retraite dans des plaines de sable ; alors Ton comprendra d'où viennent la vigueur, la turbulence, les mœurs belliqueuses , le manque d'industrie et de science, les instincts de liberté et de rapine, enfin la demi-sauvagerie des Sémites. Leurs sables brûlants et leurs étés torrides font qu'ils partagent, à certains égards, les habitudes contemplatives et la richesse de sentiment des peuples de l'Inde et des autres nations tropicales. De leur nourriture et de leur genre de vie , ils tiennent un courage et une vigueur qui les rendraient conquérants s'ils savaient vivre autre part que dans leur pays. Capables d'intelligence et d'activité, ils échappent au progrès par des causes qui seront déterminées ultérieurement.

Certaines contrées, arénacées au lieu d'être brûlées par le soleil de l'Arabie ou de l'Afrique , sont souvent couvertes de brumes et arrosées par des pluies fréquentes. L'herbe y croit longue et touffue, les bestiaux s'y élèvent avec facilité, fer^ tilisaût le sol par les engrais qu'ils produisent. Alors les labours sont faciles et productifs, et,

OÙ ils se multiplieQt , la propriété territoriale n'a pas de peine à s'établir. Avec elle la vie nomade est impossible , la maison réclamée par la fréquence des plnies s'élève de toutes parts, les sciences et les arts viennent à sa suite ; les routes et les communications s'ouvrent sans difûculté , la civilisation prend son essor. Une chose manque , la vigne, qui ne peut prospérer faute de chaleur. Elle est remplacée par le pommier et le poirier. Mais ces arbres multiplient les ombrages et ajoutent à la froidure de la terre, déjà couverte d'herbages et d'irrigations. Le climat est moins chaud que le. comporte sa latitude; le soleil, souvent voilé par les nuages , ne peut ni colorer la peau ni faire sentir l'influence de ses rayons à la circulation et au système nerveux. L'élément lymphatique domine la constitution.

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