‹ Les races humaines et leur part dans la civilisationChapitre 5 sur 38 · S 4.— CROISEMENT DES RACES · texte numérisé non relu

S 4.— CROISEMENT DES RACES

. /Lemariage de'deux êtres appartemoit à deux races di^nctes produit: un tnétis'qae l'on ponrfait<«mBidénr;4;|iiiàn^oC(»ailielaiicflÉibinusan

des caractères spécifiques de ses parents et comme la souche d'une race nouvelle. Mais la pratique ne justifie pas toujours la théorie.

Il se peut que les caractères spécifiques des père iet mère soient contradictoires dans la vie et s'excluent réciproquement. Alors se trouveront des lacunes dans l'organisation du métis; s'il conserve entières certaines facultés de ceux qui lui ont donné le jour, l'équilibre organique devient impossible, et cette impossibilité peut aller jusqu'à rendre infécond le mariage entre, races très différentes (1), comme elle rend infécond* les mariages entre certains métis. Lorsque la fécondité se prononce, il arrive souvent que les enfants se rapprochent de l'une ou de l'autre des races originelles; alors la fusion ne s'opère pas. Le métis disparaît , en quelques générations , retournant au type originaire des contrées qu'il habite. C'est ainsi qu'il n'existe pas de race mulâtre proprement dite ; mais des individus dont les enfants retournent au type blanc ou noir, par

(1] Les Mameluks ont essçiyé vaineme^it de perpétuer leur race en Egypte , en se mariant avec les femmes de cette contrée. De même les rapports de quelques déportés de Sidney avec les Aus- Mie&ne^ restent stériles. (H. Georges Pouchet', Dé la pluralité ies^raom humaines,) " ^ '

le fait d'alliances ultérieures (1). Il n'en résulte pas moins qu'un peu de sang européen , en se mélangeant au sang nègre , devient un élément de progrès, comme le sang nègre réchauffe utilement le sang glacé de certains membres de la race blanche.

Si le croisement s'opère entre races originaires de contrées voisines; si le père et la mère présentent des différences complémentaires ; le métis, au lieu d'offrir un amoindrissement des deux types, peut représenter un progrès. En lui se remarqueront peut-être des oscillations et des mœurs perturbatrices, mais sa vie sera agrandie, il aura des aptitudes nouvelles ; il pourra s'accommoder, à la fois, du climat paternel et du climat maternel. Son mariage avec d'autres métis sera fécond; l'amour effacera, en quelques générations, les inégalités organiques; l'union deviendra chaque jour plus intime; le temps arrivera où la fusion des deux races sera complète. Il en résultera un type nouveau qui , combinant les aptitudes des deux types originaires, leur sera supérieur à tous égards.

(l)Ce flBiit a été fort bien démontré par M. Pouchet dans son Essai sur la pluralité des races humaines. »

Cette nouvelle race pourra s'unir à une autre , pois à une autre encore ; parcourant ainsi , de proche en proche , toute la surface de la terre , se perfectionnant à mesure qu'elle combinera plus de types distincts dans l'équilibre de l'unité; devenant plus prolifique, plus absorbante, plus cosmopolite.

Le temps nécessaire à la combinaison de deux races est en raison directe de leur dissemblance, de leur simplicité et de leur ancienneté. La rapidité de la fusion est proportionnelle à l'état complémentaire, à la composition et à la jeunesse.

Si la dissemblance complète rend le mariage stérile ; si, à un degré moindre, elle rend le métis instable, on comprend qu'à un* degré moindre encore elle rende la fusion difficile, sans en faire une impossibilité. Alors le mélange des deux sangs exige des proportions et des conditions climatériques ou sociales moins indispensables à d'autres croisements.

Entre races simples, c'est-à-dire incomplètes, anciennes, c'est-à-dire très homogènes, on comprend que les caractères spécifiques ne cèdent pas facilement. Le moindre changement en eux produit une lacune ou une disproportion dans

Torganisme. C'est pour cela que les Sémites se croisent si difficilement avec les races les plus voisines de la leur.

Au contraire, les peuples très composés fet soumis à des croisements récents, comme sont les Européens/ mélangent leur sang avec une extrême facilité ; ils possèdent toutes les facultés, à des degrés divers , si bien qu'une autre race n'a rien à leur donner de contraire à leur structure Elle peut, tout au plus, changer les proportions des organes , réprimer les plus forts et renforcer les plus faibles jusqu'à équilibre complet. Il résulte de là que le mariage entre deux races dont l'une est simple et ne représente qu'un type , tandis que l'autre en représente plusieurs, donne toujours la prépondérance à la dernière. Un sang nouveau ne fait que la compléter. Au contraire, sa rivale reçoit des aptitudes nouvelles , perd ses aptitudies anciennes et subit une perturbation inconciliable avec la stabilité. Il faut ajouter que chaque nouveau croisement rapproche le métis de la race la plus composée.

Pareil fait s'observe dans l'ordre moral. La science des Chinois, introduite tout entière dans la science européenne, produirait à peine quelques légers changements ; tandis que la science

de l'Europe bouleverserait toute la Chine en y pénétrant.

On sait désormais pourquoi les Européens ab sorbent les races qui se trouvent en contact avec eux. Ils allient les forces du corps à celles de l'âme ; ils sont doués d'intelligence, de sentiment et d'activité ; ils possèdent les éléments de l'idéal ; ils sont prolifiques, au point de doubler leur nombre en moins d'un demi-siècle; ils émigrent dans toutes les parties du monde, ils y font prédominer leur sang, leur génie et leur civilisation. On peut prévoir le moment où ils auront absorbé toutes les autres races , agrandissant ainsi l'espace qui les sépare de l'animalité.

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