‹ Les races humaines et leur part dans la civilisationChapitre 6 sur 38 · S 5. — DÉGÉNÉRESCENCE DES RACES · texte numérisé non relu

S 5. — DÉGÉNÉRESCENCE DES RACES

De même que la puissance de l'espèce humaine augmente avec toutes les causes qui mettent l'équilibre dans la variété des aptitudes et constituent la race, de même la faiblesse résulte de tout ce qui produit la restriction ou la disproportion des aptitudes, aboutissant, de la sorte, à la bâtardise.

Tout croisement entre constitutions antipathiques est stérile ou produit des bâtards. La génération nouvelle, au lieu d'être un progrès sur celle qui lui a donné la vie, représente une décadence. Ses aptitudes, incomplètes et exclusives, manquent d'harmonie ; elles sont entachées d'une faiblesse qui s'aggrave dans les grands centres de population, par la spécialité des occupations. La bâtardise prendrait la prépondérance chez les peuples civilisés, ^i la mort ne lui faisait une guerre cruelle et incessante.

En voyant dans tout le règne organique l'implacable maladie s'attaquer à ce qui est chétif, souffreteux ou disproportionné, j'en suis arrivé à croire que les innombrables parasites du végétal, que les maladies organiques de l'animal, comme le tubercule et le cancer, sont des faits de bâtardise ou de dégénérescence. Ils s'observent principalement sur les plantes dont la race a été altérée par la culture, sur les produits des unions mal assorties.

A la suite de la bâtardise résultant du croisement de deux races éloignées et antipathiques, il y a la dégénérescence qui provient du mariage entre personnes sorties de la même souche. Ces mariages sont souvent frappés de stérilité ; sou-

vent encore ils aboutissent à l'aliénation mentale de la descendance, aux scrofules, au rachitisme, au goitre et au crétinisme du Valais, dont les habitants , séquestrés du monde par la disposition des lieux, sont presque tous parents.

Toute race repoussant le sang étranger est vouée fatalement à la dégénérescence, quand elle se concentre sur un espace restreint. Alors elle est attaquée dans les trois facultés fondamentales de l'organisme humain : dans l'intelligence , par l'aliénation; dans le sentiment, par la manie; dans le mouvement, par le rachitisme et les scrofules, qui se multiplient surtout à la suite de mariages entre consanguins.

Les altérations du système osseux attaquent souvent , chez la femme , les fonctions de reproduction, tandis que le tubercule et le cancer condamnent à mort les individus dégénérés. Il en résulterait la disparition de certaines races, si les mariages complémentaires et l'éducation n'étalent de puissants moyens de régénération. En un demi-siècle, une famille abâtardie et dégénérée peut redevenir saine et forte en utilisant le véritable amour et les croisements qu'il demande.

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