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Simon, Bulletin de la Société d'acdimatmtion^ mars

RAMEAU SINIQUE. 309

C'est ptr troupeaux de trois oa quatre milliers qu'on rencontre

^ canûds nageant sur les eaux. Us sont gardés par des enfants

Montés sur des sortes de petites pirogues. Quelquefois ce sont

'es coqs qui [es conduisent jusqu'à Feau, et qui, de la rive, les

'^U^eillent et les rappellent, quand il le faut, d'un cri aijzu. que les

Jolies canetons comprennent fort bien.

Le canard est l'objet d'un très^grand commerce. On le sfrcheen le ^^nprimant entre deux planches, comme une plante fhris un her- *^îer; et sous celte forme, on l'envoie jusqu'aux parties les plus ^^^îciilées de l'empire. On prépare aussi, de la même fa^^on. mais ^^Nnir les classes les plus pauvres, les chiens ô une race particulière que l'on élève pour la boucherie fians les pro'.inceii du ^nd«

Les chèvres et les moutons entrent ê:ra!ernent po;r une l/>nne part dans l'alimentation, mais i!s ne viennent q'j ?ipreH le {/ifc le canard et la poule.

Les Chinois ont donc appris à suppléer à rinsuf:ir;'in:ede-. '/ran^** animaux de boucherie.

Toutefois les végétaux forment ia ha-.e (in le ir r/Zirriture. Cest ce qui explique que quatre cents millions d ;.orr;rr.*'r r.:;i->/;nt ^.vre sur une surface qui ne de:,asse : -^r. eri to'it, qf.ï're a cin { fois celle de la France. II v a dans 1 rior.irj.Vire cr^ir.'/ v.- -fixantedix à quatre-vinzts esp-^rces de iecr^rne-. et ce ce- ',"i'î're-vin:fts espèces, vin?t-cinq au moins son: ':e?tirièe=t ^ la no'jrrit';re directe de l'homme. Mais la :.i-s :.re^ie'.îe er/.re Vj;j*es. cest le riz. Aussi rien ne coûte a.i <::..r.oi-. yj .r p r.-^ec^.ior.ner !a culture du riz. Pour cette cult'^re. non'Te..'ï.T;er.'. ori ^. rer;or.cé aux forêts, mais on a crée, cre .-.< ''-es >.*:-. irrimer, ses. on a j.e.'^ce des montagnes énormes. Po.r e..e. or. :■: i-rr.*. . ea; ses :!e.%-s et des ruisseaux, du pied des r.'';or.V:j;'-o-s o.o .a ramerie a .-i s^iria.'re dj sol à irriguer. li n eiisvr :>: .vèire :is o^r;s .e .ooon :e d ^/ruvre plus belle et pl-^s v'^'-di.s^ oy.e .e -^ste s:.s>r.o-: î ;. :ra'jllq':e qui, dans toute ia •ir-ne. de .o-e-.: ^ iï r.oer. co.oo-.i les ea:ix et les met sous ia mai.'i ou c.lt/.avrîjr.

Il y a quatre m.ile ans q;,e ce y.-and tra-.ji. a e*e exec'^t*îr, mais la reconnaissance p:jlol/;'ie n a p^>. our#..e c/r.fj. o'»ii la entrepns. On montre encore, non .oin ce .N>n;{-Po. -e champ ou .alKiurait le petit pa}san qu.. p.r^s taro, âpre*. 1 a/y/^mp-ssement de son œuvre, devint le zrzn^s ern:>:reî.r V»;. Toi% ies habitants du canton où il est ne. con^.'>r«'> v^mme v:«» descendants ou c^ux de sa

famille, sont exemptés d'impôts; et, dans un temple spécial, on célèbre chaque année l'anniversaire de sa naissance avec la même ferveur que si le bienfait datait d'hier.

Ce n*est pas seulement au riz que le Chinois rend justice, mais i toutes les récoltes, et, pour mieux dire, à la terre elle-même, à la terre qui les produit. Pour le Chinois, l'agriculture est vraiment plus qu'une profession, c'est presque un sacerdoce. Le Chi* nois se dit ces paroles de lancienne loi de la Perse : « Fais justice à la plante, au taureau, au cheval ; ne sois pas ingrat pour le chien. La terre a droit à la semence : négligée, elle maudit; fécondée, elle remercie. A l'homme qui l'aura remuée de gauche à droite et de droite à gauche, elle dira : Que tes champs portent tout ce qui est bon à manger, que tes villages nombreux soient ajïondants en tous biens. » Il se dit encore : « Laboure et sème ; celui qui sème avec pureté accomplit toute la loi. »

Aussi lorsque la terre ne lui fournit pas d'abondantes récoltes, le Chinois s'accuse-t-il lui-même. Il se puriGe et fait abstinence. Confucius, d'ailleurs, a dit : a Voulez-vous de bonne agriculture, ayez des mœurs*. »

La terre rend en Chine jusqu'à douze mille kilogrammes de riz par hectare. Un tel résultat indique de bonnes mœurs^ On n'a pas le temps de mal faire ou de mal penser quand on fait produire autant à la terre. Un moraliste a dit : « Point de culture sans Tordre. La justice est née du sillon. Cérès. qui à Thèbes et à Athènes a rapproché les hommes et fait les lois, est la pensée sérieuse des peuples agricoles ^ » Comment l'agriculture chinoise, qui pour la culture du riz emprunte à l'eau, si facile à détourner, le principal élément de sa fécondité, serait-elle possible sans la justice*^ La régularité de la distribution des eaux, au milieu de l'immense population agricole du Céleste -Empire, est une preuve de grande loyauté chez ce peuple.

Ainsi la patience, la douceur, la justice la bonté, sont nécessairement les qualités dominantes des mœurs chinoises.

On a souvent reproché aux (chinois d'être athées; mais la pnirc du travail^ les purifications, les expiations auxquelles ils se soumettent aux moindres avertissements du ciel, les justifient de ce reproche.

1. Simon, Bulletin de la SociJti^ ft^acclimatalionj mars 18()Î).

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