FAMILLE DU SUD
La famille du sud du rameau septentrional conserve encore beaucoup de ressemblance avec les peuples du rameau méridional ipii' nous venons d'étudier. I.c teint des individus est assez clair, le IVont déprimé; la taille est assez bien proportionnée.
Cette famille réunit un grand nombre de peuples qui parli'ii! des langues dillérenles, propres ù la partie centrale du conlinenl du sud. Les principaux de ces peuples sont \esAzt'-iiues, ou anciens Mexicains, les Indiens Moyas et les Indiens Lmcas.
Azlàincs. — (Juand les Es|iagno!s arrivèrent au Mexique, Us trouvèrent un peuple dont les mœurs étaient bien loin de la vie sauvage. Il était Irès-liabile dans la pratitjue de différents arts manuels ou libéraux, et ses connaissances étaient assez étendues, (ïn pouvait toutefois lui reproclier une véritable cruauté.
Les .Vztcques étaient des agriculteurs intelligents et laborieux. Ils savaient exploiter les mines, préparer les métaux, et monter
en parures les pierres précieuses. Ils avaient construit des monuments superbes. Ils avaient une langue écrite (fui conservait les souvenirs de leur histoire. Ceux qui habitaient la région du Jlexi- ((ue actuel étaient avancés dans les sciences. Ils avaient à un profond degré le sentiment reli;;ieux. Leurs cérémonies sacrées étaient pleines de pompe, mais accompagnées de sacrilices expiatoires d'une révoltante liarhurie. Us faisaient remonter leurs annales â une Irès-haule antiquité. Ces annalesétaient tracéesdans des iieinturcs liistoriques. dont rcxplicotion. i|ui était conservée
■ <]ti M.-ii4u<.
traditionnellement, lut donnée par di-s intligi'nus ;i i[ui>lipieN-un> de leurs vainqueurs, ainsi qu'à des prêtres espagnols et italiens,
l.fs principaux événements que relratenl ces p'.'intures se rattaclirnt aux migrations de trois nations diilërentes. qui. parties de régions éloignées du nord-ouest, arrivèrent successivement dans y.liiafiiiac. (les nat'ujns étaient les Tolu-ifim, les Chkhimtcat et jes .\ahiiat'Mcat. divisés en sept tribus dllférenles. dont une était celle des Aztèrfues ou Mexicaine.
Le pays d'où sortirent les Tolltquti se nommait Huihuetlapal-
516 RACE nOUGE.
lan. Les TolUiqucs commencèrent leur marche dans l'nnnép'S'i*
de aotre ère. La peste les dtcima en 1051 ; ils émîgrèrent alors
Flg. m. Ind:ax de la cûM du meiique.
vers le sud, mais quelques-uns restèrent à Tula. Les CMchtmecat,
peuple barbare, arrivèrent au Mexique en 1070. La migration des iVahuailicas eut lieu bientôt après. Ces derniers parlaient la môme langue que les Toltèques. Les Aztèques ou Mexicains se séparèrent des autres peuples, et en 1385 ils bâtirent Mexico.
En résumé, les anciens liabitants du .Mexique étaient arrivés d'un pays situé vers !e nord, sur le plateau central de l'Anahuac, el leurs migrations successives avaient continué pendant plusieurs siècles à une époque antérieure à la découverte d« l'Amérique par les Européens.
Fl|. 371. indi
Ij's portraits di's anciens Aztèques et les ligures de quelquesunes de leurs divinités sont remarquables par la dépression du Iront, d'où résulte la petitesse de l'angle facial : l'orme qui paraît avoir appartenu au beau type de la race.
Les Mexicains indigènes de notre temps sont assez grands dfl taille, bien proportionnés dans tous leurs membres. Ils ont le front étroit, les yeux noirs, les dents blanches bien enchâssées et
SIS RAijE Horoi:.
résulières. les clieveux épais, rudes, noirs, lirillanLb, la barl'*; rare ; généralement ils n'ont pas de poils sur les jambes, les cuisses ni les bras. Leur peau est de couleur olive. Parmi les jeunes femmes on en voit beaucoup qui sont très-belles et qui oot le teinlfort clair. Leurs sens sont excellents, surtout celui de lame.
qu'ils conservent d:ins toute sa force jusqu'à un âge très-avancé. Les indigènes intliens, qui forment une partie de la population du M<!xique, sont caractérisés par une face large et un nez épaté qui ra]ipellent en quelque chose les linéaments de la physionomie mongole. On peut en juger par les figures 269,370, 271 et 272,
(lui représentent des iadigénes de l'intérieur et de la cûtu du Mexique.
M. Roudé, qui a ()ublié le récit de son voyage dans l'État du Cliiliuahua, a rapporté des dessins exacts relatifs aux usages et mœurs dt' la population de la capitale du Mexiijue.
U's dames mexicaines s'enveloppent avec beaucoup de grùce dans leur r«(io«y, dont elles se couvrent la tète en cachant une partie de leur visage et ne lai!<sant voir que leurs yeux 'flg 273}. <^Ii('Z les dames riches ce rtbosio est généralement en soie noire ou blanche, brodée de dessins de couleurs vives et voyantes. Le»
femmes du peuple (tig. 274) ont un rebosso en laine bleue avec de petits carreaux blancs. La jupe est courte ; le bas en est brode de dessins en laine. Les femmes du peuple aiment pour la jupe le rouge voyant.
Le costume des hommes (fig- 275) est plus riche et plus varie i|ue celui des femmes. Le dimanche il est chamarré d'argent. Le pantalon blanc est de rigueur. 11 est recouvert d'un autre pantalon de peau, ouvert sur le côté et de haut en bas, et orné d'une rangée de boutons en argent. Une ceinture en crèt>e de Chine entoure le corps, la veste est en peau de cerf ou en velours avecj
broderies d'argent. Le sombrero est à très-larges bords ; il est en paille ou en feutre et décoré d'une torsade très-épaisse en velours noir ou en argent et or. Le sarapè est bariolé de couleurs tranchantes et de dessins variés. Les hommes ont un talent particulier pour se draper avec grâce dans le sarapé.
C'est dans les marchés qu'il faut aller étudier la vie populaire des habitants de Mexico (flg. 276J. On y voit s'y coudoyer fraternellement Indiens, créoles et étrangers, port«-guenilles et riches bourgeois, redingotes noires, vestes de peau brodées, uniformes
usés, soldats, muletiers, cargadores, moines de toutes nuances, carmes chaussés et déchaussés. Basile y allonge l'ombre de son clia-
i( lia pont dt Rol<]4u, k lïnico.
|ieau l'anLasIique sur le mur de l'église voisine. Ites marchands de cliaijeaux, de coqs, d'auges en bois olfrent aux acheteurs les pro-
523 RACE ROUOE.
(Iiiits (le leur industritt (%. ST7, 2TB, Ï79). De jolies marchondi
de fruits et de (leurs, de fialclies servantes de honne maison,
d'agaçantes (ihinas, à l'œil vif, passent et repassent, drapées dans leur rebosso. Sur la paume de la main gauche renversée à la hauteur de Tépaule, elles portent, de la manière la plus académique, la corbeille pleine de verdure ou le gracieux canlaro de terre rouge, peint et vernissé, rempli d'eau.
Le porteur d'eau (aguadur), vêtu de cuir, fend à i)etiî,s pas cette foule turbulente. Il porte sur son dos une énorme jarre de terre rouge, qu'une large bande de cuir fixe, au moyen de deux anses, sur son Iront protégé panne petite casquette de cuir; une autre lanière qui passe sur le sinciput soutient une seconde cruche, beaucoup plus petite, qui pend devant lui à la hauteur de ses genoux.
Si Ton veut connaître le Mexique, c'est dans le i»euple ({uil faut aller l'étudier. Ce peuple est bon. Il est avide de savoir, malgré son ignorance, et plein d'énergie, malgré son long servage. 11 faut seulement se métier des hautes classes, intime minorité gâtée par les prêtres, dont Tinfluence est toute laissante. L'ignorance des moines (jui pullulent dans ce pays est doublée d'une insupportable vanité (|ui leur inspire l'horreur de tout progrès.
Le peuple mexicain est très-simple dans ses habitudes. Le potau-feu (pilcluro) et le plat national , les fnjoles 'haricots), tel est le menu ordinaire de la bourgeoisie, au({uel on ajoute quelquefois un ragoût de canard pimenté. Pour se désaltérer on a l'eau pure, contenue dans un verre immense, car il a la contenance d'un à (hîux litres, (^e verre est placé au centre de la table. (Vest le seul qui figure dans le service, d'où sont bannies carafes et houteilles, et même très-souvent cuillers et fourchettes. Chacun trrmpe ses lèvres à son tour dans ce hunap. et le remet à sa jjlace ou le passe à son voisin. Au reste, les .Mexicains en général ne boivent t{u'à la lin du repas. Le soir, le cercle s'agrandit de quel- (|ues amis l-es guitares sont décrochées de la muraille, et l'on chante quebjues romances naïves sur des airs dolents. On danse sur le même rhythme.
Les .\ztè(jues ou anciens .Mexicains, de même que leurs prédécesseurs les Toltèques, étaient, avons-nous dit, étrangers dans 1 Anahuac. Avant leur arrivée, ce plateau avait été habité par diverses races, dont quelques-unes avaient acquis un certain degré de civilisation , tandis que d'autres étaient tout ù fait barbares. Les .Vztèques se répandirent au loin dans TAmérique cen-
Sa-i RACE HOyOE.
traie. Parmi les plus anciennes tribus, on cite les Olniteas. qu'on suppose avoir peuplé les Antilles et rAmérique du Sud.
Les OIniècas partagèrent le sol du Mexique avec les Xicaiatuai, les Coraf, les Tepantcos, les Taroscati, les Mixiecax, les T^a^eeat et les Othomis. i
Les Olhomis et les Tolonaques étaient deux races barbares qui I habitaient les pays situés prés du lac Tezcuco antérieurement à l'arrivée iesCItlchimecas, qui étaient de race mexicaine. Tandis f}iie toutes les langues connues de 1 Amérique sont polysyllabiquw, celle des Othomis est monosyllabique.
Plus loin, au nord, et par delà les frontières septentrionales de l'empire mexicain, habitaient les Huaxitcas.
Les ï'aroicas résidaient dans la grande et fertile contrée de Mtchoacan, uu nord du Mexique. Ils furent toujoucs indépendants de ce royaume. Leur langue sonore el harmonieuse dîtférait de l;Oules les autres. Sous le rapport des arts et de la civilisation iiï marchaient de pair avec les .Mexicains, qui ne purent jamais le» subjuguer. Mais leur roi se soumil sans résistance à la domination des Espagnols.
Mùyat et Leacas. — Ce sont des tribus qui vivent encore à l'état sauvage, dans tes forêts situées entre les isthmes de Panama et de Thuantéi.iec Enirer dans l'examen de leurs mœurs ou coulumes n'offrirait aucun intérêt. Lu vie des peuples sauvages est d'une uniformité qui abrège beaucoup notre tâche.
lAMILLE DU NORD-EST.
La fiunitk- du iionl-isl occupait, au quinzième siècle, cette immense étendue de lAmêrique du Nord qui est uompnse entre l'océan AtlantL([ue et les montagnes Itocheuses; mais toiis ces peuples sont réduits maintenant à quelques tribus, peu nombreuses, confinées à l'ouest du Mississipi.
Les caractères de la race rouge sont très-prononcés chez ces peuplades. Un teint couleur de cannelle claire, une tête allongée, un nez long et aquilin, des yeux horizontaux, un front déprimé, une constitution robuste, une taille élevée, tels sont leurs principaux caractères physiques, auxquels 11 faut joindre des sens extraordinairement développés. Ces peuples ont l'habitude de peindre en rouge leur corps et surtout leur visage. Leur caractère est fier et indépendant; ils supportent la douleur avec un courage stoïque.
RAMEAU SEPTENTRIONAL. bil
Presque toutes ces tribus indiennes oui déjà dis|mru par lu guerre acharnée (|ue leur ont faite les lîuropéens. Celles qui vivaient
j.iilis MU' les versants Jes montagnes qui regardent l'Atlantique. un qui s «'tondent le long du Mlssissiiù, sont à peu prés éteiiiti-s Tels sont les Hurons, les Iroquois, les Algonquins, les \atclit>z.
528 RACE KOUOE.
illustrés par Cliateaubriand, les Mohicans, célébrés par Cooper.
Nous ne saurions parler ici avec détails de ces diverses popalations. Seulement, pour en donner une idée, nous ouvrirons le Voyage en Amérique de Chateaubriund ; nous en rapporterons quelques lignes, puis noua ferons connaître sommairement les observations qui ont été faites de nos jours dans ces mêmes contrées par ((uelques voyageurs contemporains.
Cliateaubriand, dans son Voyage en Amcrique, parle en ces termes des Muscogulges et des Simnioles :
a Les timtiiolea et les Musoogulges sont d'une assez grande Utile, cl, par un contrasUi extraordinaire, leurs femmes sont la plus |>etik race des femmes connue en Amérique : elles atteignent rarement la hauteur de quatre pieds deux ou trois pouces; leurs maina et leurs pieds ressemblent à ceux d'une Européenne de neuf ou dix ans. Mais la nature les a dédommagées de cette espèce d'injustice : leur taille est éli^gante el gracieuse; leurs yeux sont noirs. exlr^meni>'nt longs, pleins de langueur et dp moicstie. Elles baissent leurs paupières avec une sorte de pudeur voluptueust; si ou ne les vovait pas lorsqu'elles parlent, on croLiiiit entendre des enbnU i{Ui ne prononcent que des mots îi moitié formés. •
IjB grand écrivain passa sur les bords du lac auquel la peupladu iroquoise des Onondagas a donné son nom. 11 visita le Sachem des ''Ofiondagas-:
" Celait, dit Chateaubriand, un vieil Iroquois dans toute la riirueur liu mot. Sa personne (Tardait le souvenir des anciens usages el des anciens temps du di'sert. Grandes oreilles découpées, perle pendante au nez, visaçe bariolé de diverses couleurs, petite touffe de cheveux sur le sommet de ta tète, tunique bleue, manteau de peau, ceinture de cuir, avec le eouleau de scalpe et le casse-tétc, bras taloué, mocasins aux pieds, chapelet ou collier de porcelaine k la main. »
Chateaubriand trace en ces termes le portrait de l'Iroquois :
0 II était d'une forte stature. Poitrine lar^ie, jambes musculaires, bras nen-eux. Les grands yeux ronds de l'Iroquois étincellent d'indépendance : tout son air élait celui d'un héros. On voyait reluire sur son front les hautes combinaisons de la pensée et les sentiments élevés de l'âme. Cet homme intrépide ne fut point étonné des armes k feu lorsque, pour la première fois, ou en usa contre lui ; i) tint ferme au sifUemenl des balles et au bruit du canon comme s'il les eût entendus toute sa vie. Il n'eut pas l'air d"y faire plus d'attention qu'à un orage. Aussitôt qu'il put se procurer un mousquet, il s'en servit mieux qu'un Européen. Il n'abandonna pas pour cela le casse-téte, le couteau, l'arc et la llÈche; mais il y ajouta la carabine, le pislolet, le poignard et la hache; il semblait n'avoir jamais assez d'armes pour sa valeur. Doublement paré des instruments meurtriers de l'Europe
et de l'Amérique, avec sa tète ornée de panaches, ses oreilles découpées, son visage barbouillé de noir, ses bras teints de sang , ce noble champion du Nouveau-Monde devint aussi redoutable à voir qu'à combattre sur le rivage qu'il défendit pied à pied contre l'étranger. »
A ce portrait terrible Chateaubriand oppose la physionomie légère du Huron, qui n'avait de commun avec Tlroquois que le langage :
« Le Huron, gai, spirituel, volage, d'une valeur brillante et téméraire, d'une taille haute et élégante, avait l'air d'être né pour être l'allié des Français. »
Arrivons aux voyageurs contemporains. Nous donnons d'abord, d'après M. Paul Kane *, les portraits d'après nature et les costumes des Indiens sauvages qui habitent le pied des montagnes Rocheuses, dans le Missouri, et qui i)ortent le nom de Creek (flg. 280).
Nous donnons également, d'après une photographie , le portrait et le costume d'un Indien Creek , tribu qui occupe les plaines s'êtendant au pied des montagnes Rocheuses , dans le Colorado (lig. 281).
Dans un Voyag*.' aux Êiats-Unûs et au Canada, M. H. Deville eut l'occasion de visiter un établissement d'Iroquois. Ces sauvages se faisaient remarquer par leur teint rougeàtre et leurs traits grossiers. Ils portaient un chapeau rond, à larges bords, et se drapaient, à la façon espagnole, dans une pièce d'étolFe sombre.
La fabrication des chaussures indigènes forme la principale occupation des femmes. Sous prétexte d'acheter quelques-uns de leurs ouvrages, M. H. Deville entra dans plusieurs maisons d'Iroquois.
Dépouillées de l'épais manteau qu'elles portent au dehors, les femmes avaient revêtu une longue blouse de couleur, et deux [pantalons collants descendant jusqu a la cheville. Leurs souliers vernis laissaient apercevoir de gros bas de laine. Des boucles d'oreilles et un collier en or forment leur principal ornement. Klles relèvent leur chevelure sur le sommet de la tète, puis l'attachent, comme le faisaient autrefois nos gardes françaises. On ne peut dire que leurs traits sont agréables; mais, pendant la
\. Le Tour du monde, 18G0, {•' semestre, page 285
RACE ROrOK.
[H'finiére jeunesse, leurs formes sont assez belles. Le LravslJ l'ordre et la propreté régnent dans leur ménage. Leurs frères ei leurs iiiaris sont liùclierons, pilotes ou conducteurs àe radeaui Le même voyageur rencontra quelques Indiens Clùppaoays à la liituteur (lu lac Pepîn. Ils étaient de grande taille, mais avaieni des trails grossiers et la peau d'une couleur roiigeJltre IrésfonCL'C. La moitié de leur ligure était couverte d'une épaisse couclie de vermillon, qui s'étendait jusqu'à leurs clieveui, nulles au sommet du crâne. Us portaient de longues guêtres de cuir, altacliées sur Ifl côté par mille lanières efiîlées. Par-dessus une esjiéce de blouse déguenillée ils avaieni jeté une grande couverture en laine, qui les enveloppait entièrement. L'un d'eux, armé d'uw i longue lame d'acier en forme de poignard, avait planté sa ^^H dan.s ses clieveux. ]^^|
Hans son VutjaQE dans la MauvaUm Terr.s du Nthrasiia, M. de (S*- i'I
rardin (de Maine-et-Loire) a parcouru la partie du bassin du I souri (lituts-Unis) qui est occupée par des Indiens libres et sauvages. 11 a rapporté des dessins, des types de ces tribus, donl lus
jirincipales sont les Pieds-Ifoirt et les Dakotat, ou Sioiix. M. de Girurdin assista à un graad conseil de la nation sioux ou dakota. Les ctiefs des différentes tribus, vêtus de leurs plus brillants costumes, haranguaient les guerriers, tandis qu'une vingtaine de jeunes braves, sans autres vêtements qu'une épaisse couche de vermillon ou d'ocre, faisaient caracoler leurs chevaux et exécutaient mille fantasias. Les cJievaux, peints en jaune, en rouge et en blanc, avaient leurs longues queues ornées de plumes aux couleurs brillantes, l'ne immense tente, composée de cinq ou six loges de peaux de
vis. 1)3. Cavalier indien »
bisou, était dressée au milieu du camp. Les chefs et les principaux guerriers formaient un cercle, au milieu duquel se tenaient l'agent, le gouverneur du fort Saint-Pierre et ses interprètes. Selon l'usage indien, le grand clief alluma le calumet de la paix, une magnitîque pipe de pierre rouge, dont le tuyau, long d'un mètre, était orné de plumes de toutes couleurs. Après des harangues passionnées, le conseil refusa aux voyageurs la permission de passer sur leurs terres, pour gagner le territoire des l'ieds-Noirs. La ligure SB2 représente le campement d'Indiens Sioux visita par
RACE ROUGB.
M. de Girardin. La figure -283 reiirésenle, d'après le niém*" voyaf^ur, un cavalier indien sioux; la ligure S84 un guerrier sioui. et la figure 265 une femme sious.
M. de Girardin eut l'occasion de visiter un autre campement, celui d'un vieux chef sious. 11 se composait de cinq ou six tentes, de forme conique, faites en peau de bison. Itemar(|uables par leur blancheur et leur propreté, les tentes étaient couvertes de peintures bizarres, rouges et jaunes, qui représentaient des guerriers fumant le calumet, desclievaux, des cerfs et des chiens. De nombreuses cbevelures, fraîchement scalpées, étaient suspendues au bout de longues perches. A côté de chaque tente, une sorte de
trépied supportait les carquois, les boucliers en cuir de bison et les lances ornées de plumes aux couleurs brillantes. De jeunes guerriers aux traits fortement accentués, au nez aquilin et aux formes herculéennes, mais hideusement barbouillés de noir et de blanc, étaient occupés à lancer des flèches dans une boule roulante ou jetée en l'air.
Le chef fit asseoir les voyageurs sur des peaux d'ours et de
bison, et causa avec l'interprète, pendant que M. de Girardin restait exposé à la curiosité des jeunes gens, des femmes et des en- Tants. Les jeunes filles s'enhardissaient jusqu'à clierclier dans ses poches, et à en retirer son couteau, ses crayons, son livre de notes. La plus curieuse, une helle fille aux yeux très-doux et aux dents magnifiques, lui voyant une longue barbe, voulut s'assurer s'il n'était pas entièrement velu comme un ours, .\lors notre voyageur s'avisa de placer un peu de poudre dans ia main de la belle
rig. m. Femme liuui.
curieuse et de l'allumer à l'aide d'une lentille de verre, au grand effroi de l'assistance.
M. L. Simonin, dans un Voyage au nord-outst de l'Amérique, exécuté en 1867, a pu étudier un village sioux. Nous lui emprunterons quelques-unes de ses descriptions.
Le village des Indiens Sioux visité par H. L. Simonin se com-
534 RAGE ROL'IJK.
posait d'une centaine de huttes. Ces huttes étaient faîtes avec des IJtTches et des peaiix de bison, ou de pièces de toile cousues. On y entrait par un trou bas et étroit, recouvert d'une peau de cistor. Au centre de ia hutte flambait un feu, autour duquel élaieiit les marmites et les chaudrons pour le repas, La fumée qui sortait par le haut rendait ce séjour intolérable. Des lits, des matelas, des malles, des ustensiles de cuisine, des rjuartiers de bisou crus ou séchés et fumés étaient épars çà et là. Autour des huttes couraient les enfants à moitié nus, filles et garçons, et des troupes de chiens, qui constituent à la fois leurs défenseurs et leurs sentinelles vigilantes et leur nourriture.
M. Simonin entra dans beaucoup de huttes, où des guerriers joun'ent silencieusement aux cartes, ayant des balles de plomh pour enjeu. D'aulres, au bruit de chants discordants et du iJimbour de basque, jouaient le Jeu <hs ninim, et marquaient les point.4 avec des flèches piquées en terre. D'autres huttes, dans lesquelles 011 faisait de la sorcellerie, ou grande jntdecine, furent interdites ou visiteur, .\utour de quelques loges les femmes, assises en rond, travaillaient à des ouvrages d'aiguille, ornaient de perles des colliers, des mocassins, ou traçaient des dessins sur des peaux Un bison.
La figure S86 représente le village décrit par M. Simonin.
Le grand chef de cette tribu s'appelait la Niièe-Pougr. L'un des lieutenants placés sous les ordres de la Nuée-Itouge s'appelait Grosses Okex. On voit ce lieutenant représenté dans la figure 287.
Ile vieilles matrones préparaient des peaux tendues sur des piquets, en les frottant avec des cailloux de grès et un ciseau dacier emmanché au bout d'un os.
l.*s femmes des Sioux, auxquelles incombent d'ailleurs tous les soins domestiques, sont loin d'être belles. Elles sont la servante de l'homme qui les acheta pour un cheval ou pour une peau de bison.
La grande tribu des Sioux compte environ trente-cinq mille individus.
Parmi les Indiens des prairies, M. Simonin put étudier la tribu des Corbeaux, voisine des Sioux. Leurs traits sont largement accentués, leur stature est gigantesque, leurs formes athlétiques. Leur figure majestueuse rappelle, selon l'auteur, les types des
538 RACE UOIGE.
ment la main à ses swhems, qui, assis en nmà, firent chafjuc foÎJ entendre le son guttural à ho", qni sert de salululion chci la Peaux-Routes. Il fuma le calumet.
La figure de ces hommes était tatouée de vermillon sur }» joues. Ils étaient à peine vêtus, celui-ci d'une couverlure ik . laine, celui-là d'une peau de buflle ou d'un iinirnrme incompM ' d'officier. Cet autre avait le lorse nu. Beaucoup portaient des cotliers ou des pendants d'oreilles en coquillages ou en dents d'ai^ maux. L'un avait autour du cou une médaille d'argent À IVfBgÎB d'un président des États-Unis, médaille qu'il avait reçue lorsqu'il s'était rendu en mission à Wnsliin^lon en 1653; l'autre portail sur la poitrine un cheval d'argent grossièrement sculptti.
M. Simonin assista ensuite uu conseil des Indiens Corlieaiiv .Vous ne rapporterons pas cette conférence de sauvages. Le lecteur en prendra une idée en jetant les yeux sur la ligure 2?8.
M, Simonin entre, au sujet des rapports entre les Indiens sauvages de l'Amérique du Nord et les haliitAnts civilisés, c'est-à-dire les Américains des iiitats-l'nis, dans des considérations santés, que nous croyons devoir reproduire.
inten^
■ C'est une singulière rscc, dit H. Simonin, que celle des Peaux-E h laquelle la nature a si gènéreinement di^parli le plus beau sol qui existe
au nioiiJo, sol de riches alluviona, épaig et plat, bien arroai' ; et cepeûiisnl celle raee n'est pas eneore sortie de l'étape primitive qu'a dû partout parcourir rimmanité au début de son évolution, celle de peuple chasseur, no- Iliade, eollo de l'ùge ile picn-el Les Indiens, si les blancs ne leur avaient jias appoité le fer, auraient encore des armes de silex, comme l'horanie antédiluvien, qui s'alirilait lians des cavernes, et fut en Europe conteuiporain du niaunnoulh. I.rs Indiens fuient le Iravail, bors la chasse el I» guerre; chez eux la l'enuue fait toute la besogne. Quel contraste avec h race qui les entoure, si travailleuse, si occupée, et où l'on a pour la femme un si profond respect ! Cette race les enserre, les enveloppe entièrement aujourd'hui, yt e'cn est fait des Peaux-Rouges s'ils ne consentent h rentrer dans les réserves,
« Et encore, dan?; ces réserves, l'industrie et les arts naîtront-ils? On sait combien la race rou|:c est mal douée pour la musique et pour le chant. i:iiez elle lei leaux-ai'ts sont risiés dans l'enfance. L'écriture, si ce n'est une grossière leprêseiitation ]jictoyrapkiqaf, est complélenient inconnue. tin sait à peine, avec des perles, tracer quelques dessins sur des peaux. Sans doute ces dessins sont souvent heureusement groupés et les couleurs s'y lient avec une certaine harmonie, mais c'est tout. L'industrie, à pari une giossiëre préparation des viandes et le tannage des peaux et des fourrures, est également tout à fait nulle. L'Indien est moins avancé que le nègre africain, qui sait au moins tisser cl teindre les étotTes. Les Kavajocs
sont les seuls Peaux-Rouges qui fabriquent quelques couvertures avec la laine.
«( On peut estimer à cent mille environ les Indiens libres des Prairies, disséminés entre le Missouri et les montagnes Kocheusiîs. Le nombre de tous les Indiens de l'Amérique du Nord, deTAtlantique au I*acifique, est estimé à quatre cent mille. Peut-être ces nombres sont-ils un peu faibles; les statistiques, les recensements exacts manquent complètement. Les Indiens eux-iiiêmes ne donnent jamais que leur nombre de tentes ou loges: mais une loge contient un nombre d'individus différent, suivant les tribus et parfois dans la môme tribu : de là Pimpossibilité de calculs mathématiquement exacts.
" Dans le nord des Prairies se fait surtout remarquer la grande famille des Sioux, qui sont au nombre de trente-cinq mille. Les Corbeaux, les Gros- Ventreîs, les Pieds-Noirs, etc., qui occupent les territoires d'Idaho et de Montana, offrent ensemble un chiffre de population inférieur à celui des Sioux, peut-être vin^'t mille. Dans le centre et le sud, les Pawnies, les Arrapahoes, les Chayennes, les Yutes, les Kayoways. les Comanches, les Apaches. etc., dépassent certainement tous ensemble le chiffre de quarante mille. Los territoires de Nebraska, Kansas, Colorado, Texas, Nouveaii- Mexicjue sont ceux que ces bandes parcourent. Les I*awnies sont cantonnés dans le Nebraska, au voisinage du chemin de fer du Pacifique, et les Yutes <!ans les parcs du Molorado. *
u Toutcîs ces races ont entre elles des caractères communs; elles sont nomades, c'est-à-dire qu'elles n'occupent aucune place fixe, vivent de pèche, surtout de chasse, et suivant le bison dans toutes ses migrations.
- t'n ré^Muie abîjolument démocratique et une sorte de communauté roulent toutes les relations des membres d'une même tribu vis-à-vis les uns des autres. Les chefs sont nonunés à l'élection et pour un temps; ils sont c«»pendant (juelquefois héréditaires. Le plus courageux, celui qui a pris le plus do scalps à la guerre ou qui a tué le plus de bisons, celui qui a fait •(uolquc action d'éclat, celui qui parle avec une grande éloquence, tous <eux-là ont dos droits pour être nommés chefs. Tant qu'un chef se conduit bien, il reste en place; pour peu qu'il démérite, un autre chef est nonnné. Les chefs mènent les bandes à la guerre et sont consultés dans les oa-asiuns difficiles; les vieillards le sont également. Les lieutenants des chefs sont les braves, ei commandent en second à la guerre. Il n'y a aucun juge dans les tribus, et chacun se fait justice à soi-même et applique la loi à sa guise.
u Toutes ces tribus chassent et font la guerre de môme façon, à cheval, avec la lance, l'arc et les flèches, à défaut de revolvers et de carabines. Pour >♦' défondre des coups de Tonnemi, elles ont le bouclier. Klles vivent uniquement de bison et se recouvrent de sa peau Elh's scalpent leur ennemi mort et se parent de sa chevelure. Klh*s pillent et dévastent ses propriétés, elles emmènent captifs les femmes et les enfants, et souvent elles soumettent à d'affreuses tortures, avant do le faire mourir, le vaincu, surt<»ut le blanc, qui tombe vivant entre leurs mains.
K Les squawSy auxquelles on abandonne le prisonnier, se montrent visà-vis de lui d'une cruauté révoltante, arrachant les yeux, la langue, les ongles au [»aticnt, lui brûlant, lui coupant un jour une main, l'autre jour
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n.ACE RODGE.
uti [lieil. (Jviaad On a bien louritientii le captJt.OD allume un feu de clurlwii sur aon venlra rt l'on danse en rond «n hurlanU Presque tous les l'raur l)ou)(es couimeltent froidemeni ces atrocités envers tes bUiics Jts nul!' lionl en lulle avec oux.
" Le« Iribus se font souvent la guerre eulre elles soiw le nioiodre prttuxte : pour un troupeau de bisons qu'elles poursuirenL, pour une pratrir (lù elle* veulent camper seules. Elles n'ont aucune place r*scrr*e, c'eal rm. niaî^ <luelque(oi3 ellei veulent en garder une à l'exclusion de lo^t aiillt*» cUfiant. l^nfln il n'esL pas rare que la ml'me tribu se débanda «R dM[
en m q n U p se sont bjl-
tus à P <1 P é a n deux baodcit.
dont celle des Vilaines Faces est commandée par la Nuée-ftouge, et l'aulR par Grosse-Bouche et Tueur-de-Pawnies,
• Les langues de toutes les tribus sont différentes ; mais peut-être qu'un lingiuiste y reconnaîtrait des racines communes, comme on en a trouvé df nos jours entre les langues européennes et celles de t Inde. Ces langues obéissent toutes au môme mécanisme grammatical : elles sont agglulinatirtt ou pnly synthétiques, et aon analytiques ou à flexion, c'est-à-dire que les mots
|ii'uvcnt se combiner enlrc eux pour former un seul mol ciprimaaL une idiie complèlc; mais la i-elalion, le genre, le nombre, etc., ne !>ont pas iniliqiiès par des modifie allons sur le sub»(antir. Je paisse sur les autres ca-
iwniu <liomr
['jrl<'']>>:j qui distinguent les langues d'aggltiti nation dus langues à llexion. Ij:^ lauf^ufs lii's l 'eaux- Itou t'ea n'ont ou paraissent n'avoir aucune aHlnité ■laiis les dilléreiits termes de leur vocabulaire ; celui-ci, du reste, e«t souvent trÈicicstreiiit.
• Pour ao coniprenilrc entre elles, les tribus ont aJopl^, d'un cammiin iccord, le langage par signes et par gestes, qui se rapproche Je friui àt% sourds-muets. Tar ce tnojfen, tous les Indiens s'entendent, el un Vote, pir exemple, peut causer sans peine pendant plusieurs heures avec un Amipahoe, celui-ci avec un Sioux.
0 Les blancs ne connaissent pas ou connaissent très-irial les langues iJm Indiens des Prairies. Il n'y a souvent pour la m?me langue (fu'uu stul interprète, parfois assez mauvais, et comprenant seulement l'idiome ipi'il « traduit, ne le parlant pas. Deaucoup, t plus forl« rai^n, ne savent pu (écrire la langue qu'ils interprètent. Ni le docteur M^thows, ni John Richard ou Pierre Cb^ne n'ont pu lu'i^erire en caractère anglais les noms des ctie^ d(-8 Corbeaux. Que serut-ce s'il se Tût agi d'Arrapahoes ou d'Apochos, dunl la langue, déjà si gutturale, ne s'accentue que du bout des lènrs?
« En tout cela, bien entendu, je no parle que des tribus des Prairieji, d non de celles qui vivaient jadis sur les versnnla des montagnes qui repir- (tent TAtlanlique. ou le long du Mississipi. On sait que la plupart de m< dernières sont éteintes, les AIçonquins, les Hufons, les Iroquois, les Nslchcï, le» Mohicans, et que la France, il faut bien le reconnaître, a contribua pour une large part h cutti' disparition.
1 Le restant de ces tribus, que j'appellerai atlantiques, les Delawarea,l«) Cherokees, les Sètninoles. les Osages, les Creeks, est aujourd'hui canlOM^ dans des réserves, notamment dans Vtndian Terrilory, où les Peaux-Rougw perdent peu h peu leurs caraetères distinctifs. Sur toutes ces trihai on « des histoires, des documents authentiques, tandis que l'on ne sait encore que fort peu de cbose sur celles des Prairies. La plupart des légendesl^lte traditions qu'on leur prfle ont été inventées par les vovairours.
« C'est vers un nouveau territoire, analogue au précédent et limitrophe de celui-ci, que les commissaires de l'Union ont récemment refoulé lescinq [jrandes nations du sud. C'est le même genre de réserve qu'elles indiqueront dans le nord du Dakolii aux Corbeaux et aux Sioux, si elles les Iroiivent bien disposés.
« Et après, va-t-on dire, qu'arrivera-t-il des Indiens? Car c'est la question que chacun adresse quand il entend parler des Poaux-Itouges. Si I« Indiens des Prairies vont dans les réserves, il leur arrivera ce qui est arrivé à ceux des bords atlantiques, ils perdront peu à peu leurs coutumes, leurs mœurs sauvages, ils se plieront insensiblement a la vie sédentaire tl agricole, et peu à peu, dernitro phase dont il reste à voir le premier exemple, leur pays passera du rang de territoire à celui d'Étal, Arrivé à ce dernier degré, l'Indien sera tout à fail fondu avec le blanc; il ne s'en distinguera |ias plus peut-être, opi-ès quelques générations, que le Franc ch« nous ne se distingue du Gaulois, et le Normand du Saxon en Aniileterre.
< Mais si l'Indien ne se soumet pas, s'il ne consent pas ù Otre cantonné dans des réserves? Alors c'est une guerre à mort, entre deux races de couleur et de r.iceurs différentes, une guerre impitoyable comme on en a vu malheureusement tant d'exemples sur le sol même de l'Amérique, Où sont maintenant les Ilurons, les Iroquois, les Natchez qui ont étonné nos pères? Les Algonquins, qui ne connaissaient pas les limites de leur territoire, oii
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et combien sonUls aujourd'hui? Tous onl peu h peu disparu par les maladies, par la guerre.
La Loup tiEb«ta,cIief iodieii cb(]raD[ia.
■ La guerre qui se livrera c«tte fois sera courte, et ce sera la dernière, car riudieo j succombeni fatalement. 11 n'a pour lui ni la science ni le
nombre.'Sans doute, par ses embùciies, par sa Tuite, par ses atwqat et tout à rail imprévues, il déroute la guerre t^vanle , et les plus hilûla siralégistes des Étals-Unia , le général f^lieniian en tf le, ont ètt' batlus par les Indiens; ceui-ci ^'en sont foil assez de gloire auprès des ttlnot-s. Mût celle Ipis ee sera une guerre de voloDtuires et non plus de r4gult^ra. Lu pionniers des territoires s'armeront, et si l'Indien demamlc dent (tour doit. œil pour œil, les blancs lui imposeront rinUexible peine du talion, et riu- (lien disparaîtra pour toujours. •
La ligure 2Q0 (page 5(i3) représenle. d'n|irès M. Simonio, dt-a Indiens PawTiies. Sur le dernier plan est la huile ou wiffwam,- ser le premier plan est le chef des Pîiwnîes.
La ligure 291 représente les grands cbefs ciiayennes et a lioes (|ui furent envoyés nu Denver, en 1863, pour Lraiter a gouverneur du Colorado.
La (Igure 292 représente un clief chayeune qui avait pour^ te Loup Uichelé.
Les chefs sont élus par tous les membres de U tribu. Celui qui a le plus de courage, qui a scalpé à la guerre le plus gratid'n lire de chevelures, r[ui u tué le plus de bisons, qui a le c loquence, est nommé chef.
Le chef mène les bandes à la guerre et est consnlt^ i occasions difficiles. Toutes ces tribus chassent et font la guerrede la iiiême façon, à cheval, avec la lancée, Tare et les flêrlies. â it' faut de carabines et de revolvers. Elles ont un bouclier iioursf défendre. Kiles vivent uniquement de bisons et se recouvrent île sa peau. Elles scal]ient leur ennemi mort et se parent de sa chevelure.
L'Indien des Prairies scalpe l'ennemi tué en lui enlevant la partie supérieure de la chevelure, ou même la chevelure tout entière. Voici comment il procède. 11 fait avec son couteau une incisiOD circulaire autour du crâne, et prenant la chevelure par le sommet, il l'arrache vivement : la chevelure vient avec la peau sur toute la surface découpée (lig. 29ij.
Ces hommes féroces pillent et dévastent les propriétés. Ils emmènent en captivité femmes et enfants, et souvent, avant de les faire mourir, ils torturent les blancs tombés en leur pouvoir. Après ces tortures ils allument un feu de charbon sur le corps même de la victime, et dansent en rond autour d'elle en poussant des hurlements lugubres.
Ces tribus se font souvent la guerre sous le moindre prétexte.
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Celui qui rai]d«||^
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Oomme leurs langues sont différentes, les tribus, pour se comprendre, ont adopté le langage par signes et par gestes. Ce langage est très-analogue à celui de nos sourds-muets.
Les figures* 294 et 295 représentent les Indiens Yutes.
Tous ces portraits de chefs indiens, que nous empruntons au Voyage de M. Simonin, furent pris par l'auteur, pendant les visites qu'il faisait, avec la commission des Étas-Unis, à ces tribus sauvages, en vue d'une négociation de la part du gouvernement des États-Unis.
Tout ce* qui précède se rapporte aux tribus du nord-est, qui habitent les Prairies, et non à celles qui vivaient jadis sur les versants des montagnes qui regardent l'Atlantique ou s'étendent le long du Mississipi. Nous avons déjà dit que la plupart de ces dernières tribus sauvages sont aujourd'hui éteintes : telles sont les Algonquins, les Hurons, les Iroquois, les Natchez, les Mohicans. Ce qui reste de ces tril)us, c'est-à-dire les Choctaws^ les Delawares^ les Sémlnoles^ les Osages^ les Creeks, est aujourd'hui cantonné dans la partie du territoire désignée par les Américains sous le nom de territoire i7idien (Indian trrritory), espace que Ton voit indiqué sur toutes les cartes de géographie.
Dans son Voyage du Mississipi aux côtes de l'océan Pacifique fait en 1853, M. Mollhausen a donné divers détails sur les dernières tribus sauvages ([ue nous venons de nommer.
Les ChactatcSy qui comptent 22 000 âmes, sont répandus sur des territoires qui, à l'est, confinent à l'Arkansas, au sud aux plaines habitées par les Chiksaws, à l'ouest à celles occupées par les Creeks. Ils ont pour voisins, au nord, les Cherokees.
Les vastes plaines qui avoisinent les territoires des Choctaws servent aux ébats des Indiens, et surtout à leur jeu de balle ou de paume. Les Choctaws, les Chiksaws, les Creeks et les Cherokees se livrent à ce jeu avec passion. Le défi porté par deux joueurs habiles donne ordinairement lieu à la fête. Après avoir fixé le jour de la lutte, les joueurs expédient de tous côtés leurs hérauts d'armes. Ce sont des cavaliers tatoués, accoutrés d'une façon bizarre. Portant une raquette de cérémonie, ils se rendent de village en village et de maison en maison, proclamant dans toute la tribu le nom des joueurs qui ont demandé la partie , et faisant connaître le jour et le lieu du rendez-vous. Comme chacun des acteurs est accompagné des siens , souvent la moitié de la nation
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