RACE
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les uns pour parlîciper à la lutte
tes autres pour rairç.dc^^^H
Ce jeu (fig. 296) est une lutte immense, un pèle -mêle
général . auquel prend part la tribu presque tout entière.
Entre le Canadiaii- Rives et l'Arkansas est le fertile domaine îles Indiens Crreks, parsemé de fermes florissantes. 11 n'y a pas encore longtemps les guerriers s'y couvraient de talouages bizarres; aujourd'hui le progrès a pénétré dans ces savanes. Ces mêmes Indiens lisent un journal imprimé dans leur langue.
De même fjue les Choctaws. les Indiens l>celv8 habitaient jadis l'Alabama et le Mississipi, qu'ils cédèrent, moyennant argi*nt, au gouvernement américain. Ils ne sont plus qu'au nombre de 22000.
Tel est aussi le eliilTre do la population des Chcrokees, qui ool abandonné la Nouvelle-Géorgie pour le haut Arkansas,
Plus loin sont les> Stiawnces. Ils sont réduits au nombre do KOO, et cependant ils furent une des plus puissantes tribcs de rAmériijue du Nord, l^es premiers ils opposèrent de la tfsiitance aux envahissements de la civilisation. Chassés de partout. ils ont semé sur les routes les ossements de leurs guerrier».
Le» Dtlawans, réduits au nombre insignifiant de 800 individus, habitaient, à l'origine, la partie orientale des États de la Pensylvanie, de New-Jersey et do Delaware. Leur destinés fut, comme pour les Shawnees, de conquérir toujours de nouveaux territoires, qu'ils étaient ensuite obligés de céder au gouvernement. Chassés des lieux qui renfermaient tes tombeaux de leurs ancêtres, trompés et trahis piir lus étrangers, les Indiens Delawarcs ontre]]oussé les missionnuires chrétiens. Placés aux limites cxln'mes de la civilisation, sur la lisière même de la nature vierçe, ils se livrent sans crainte à leurs goûts aventureux. Ils vont chasser l'ours gris en Talifornie, le buffle dans les plaines de la Nebraska, l'élan aux sources du Yellowstone, et le mustang au Texas, scalpant à l'occasion (juehiues chevelures. Un Delaware n'a besoin de voir une portion de terrain qu'une seule fois pour la reconnaître après des années, de (juelque côté (|u'il s'en approche. Et là où il met le pied pour la première fois, un coup d'œil lui suffit pour découvrir l'endroit où il faut cliercher de l'eau. Ces Indiens sont d'admirables guides, et de leurs services, qu'on ne saurait payer trop cher, dépend souvent l'existence de toute une caravane.
Comanches. — La grande et vaillante nation des Indiens Camanchfs, divisée en ti-ois tribus, parcourt on tous sens la vaste étendue des Prairies. Us ne pourraient vivre hors de ces vertes savanes. Ceux du nord et du centre poursuivent constamment des troupeaux de buffles. La chair de ces animaux est presque leur
unique nourriture. Depuis leur plus tendre éafance Jusfiu'à l'Âge le plus avancé ils sont en selle, A l'aide d'une bride et d'un fouet le Comanclic est le plus adroit, le plus agile, le plus indéiiendanl des hommes. Ils galopent par milliers dans les Prairies, pendus aux tlancs de leur monture, et dirigeant, avec une adresse merveil-
leuse, leurs llùclies et leur laiice vers le but. Ils se vantent d'être voleurs. Ils uttai|uenl les établissements des blancs, et emmènent prisonniers tiommes, femmes, enfants et troupeaux.
La li;^ure 297 rc)irésente des Indiens Comanclies; la ligure S98 un de leurs campements, et la ligure 899 la chasse au buffle chez ces mêmes Indiens.
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qui lenr rf " ''""' "^ ™"«rlures aux couleurs voyante., l'ius ,r.„H ""° "" "'' "•"'-'"''Sinal. lis eonfecUonnenl avec srand soin leui-s chaussures eu cuir de cerf, munies de fort
RVMEAi; SEPTEKTRIOXAL. 561
semelles et d'un bout poiiitu en forme de bec, préc<iiitJon nécessaire eonlre les CiicUis é[>inenx i|ui liorissent le tcrriiin. Leur cnilliire est un bnnnet de cuir en forme de C!iS'}iie. orm' d'un bou-
i|uet de jiliinies de coi(. d'aigle ou de vautour. Outre l'arc et les flèches, ils jiortcnt de longues lances, qu'ils manient très-adroitement sur leurs raiiidcs montures.
Au dernier rang de lu nalion des Apaches se placent les tribu* des Cominos et des Yampays, qui sont jiillards, rarouclies, déGaats. avec lesquels on n'a pas pu former de relations, et qui sont indigènes des montagnes de San-Francisco. Les baies des côdres, les fruits d'une espèce de pin, le gazon et la racine de l'agaïé meiicoin sont leurs moyens de subsistance, car ils sont mauvais chusMurs.
En vue du Rio Colorado, M. MollUausen rencontra des Indiens iippartpnaut aux trois tribus des Chimehwhebes, des Cutchanas el des Pnh-Viah, qui se ressemblent entre elles. Leur teint était d'une couleur foncée . leur visage rayé de noir; leurs cheveux noirs pendant sur le dos en tresses retL-nnes par de l'argile mouillée. Qi étaient nus, sauf une ceinture, et d'une belle stature. Ils bondissaient comme des cerfs pour venir au-devant des voyageurs, el leur pliysionomie était franche, bienveillante et joyeuse. Les femmes, au conlraire, sont petites, ramassées et épaisses, mais leur» grands yeux noirs et leur air aimable leur donnaient un certàis charme.
Les voyageurs rencontrèrent aussi les Indiens Mokawti (lig. 300!, à la taille herculéenne, tatoués, depuis la racine des cheveux jusqu'à la plant« des pieds, en blanc, jaune, bleu et rouge. Sous cette couche de peinture leurs yeux brillaient comme des charbons. La jilupart jiorlaient sur le sommet de la tête des plumes de vautour, de pie et de cygne. Ils avaient à la main de grands arcs et des lances.
M. Catlin a fait de nombreuses excursions parmi les tribus indiennes des bassins de la Colombie et du haut .Missouri. Xous noterons ici ses observations sur les Indiens Kayas et TUtes-Plates.
Ces deux tritjus habitent l'ouest des montagnes Rocheuses, el occupent tout le pays situé autour de la basse Colombie et l'ile de Vancouver. La tribu des Tôles-Plates a tiré son nom de la singulière coutume qui existe chez ces Indiens d'aplatir la tète des enfants dès leur naissance.
Les Indiens Tètes Plates {(ig. 301) forment un peuple maritime, car il vit dans un pays où il ne trouve guère pour se nourrir que du poisson, et il passe sa vie en canoL Ce sont surtout les femmes qui ont presque sans exception la tète aplatie. Cette habitude nest qu'une question de mode. Cette déformation artificielle ne parait pas d'ailleurs avoir d'influence appréciable sur
les fondions des organes ; ceux qui ont la t6le aplatie sont aussi intelligents que ceux qui n'ont pas subi cette singulière opération.
Écoutons M. Catlin nous raconter ses visites aux Indiens Xayas.
• Dans le courant de rannéc 1853, je me trouvais k bord d'un petil bil-
Kig. »1,
iiJieiia Tétti-PUM.
tjmciil :iu pavillon Oloili^, la Sally-Annt, i{iii, a|irt's avoir couru qucIqueM bonlôf s cniniucrcinliïs Mir Ir liltoral du Kanilcliiilka et <le l'Amârique russe, nllail di'|ios<?r dans ta CoIoiuIiIr anglais plusieurs pasaapers attirôâ {lai* la rcnomiiiiïi: des [ilacersaurïfèri-snuuvelIcmenldéL'ouvejtsdaiisci-lle contrée. • l.c li'oisi{;ine jour de notre entrée dans le long ul niagnilique détroit dv la Iteine-Cliarlotte, qui séjiare l'ile Vancouver du continent, nous dcMen-
dtmss dans 1& chaloupe, pour aller k lerre, et nous arrÎT&mes a
I Les Indiens, intormës do noire visile, s'élaicnl tous rassctublËs dans leurs huUes, et le chef, homme trËs-digne, était assis daus son wigwuu. sa pipe allumée, prêt à nous recevoir.
1 No USJ10U3 assîmes sur des Dattes étendues sur le sol, et pendant ifu'on (lassait la pipe h la ronde, — c'est ta première cérémonie en de lellos occasions, — des centaines de chiens indigènes [k moitié loups), ayant suiii nos traces, envahirent complètement les abords du wigwam, en poussant les aboiements et les hurlements les plus aigus et leri plus lugubres.
■ La sentinelle que le chef avait placée à la porte pour empêcher qu'on entrât sans permission, lança une Ofcche sur le premier de la bandr cl k frappa au CŒur. Ce procédé calma la bande, que dispersèrent les femme* indiennes h. grands coups de rames.
■ Nous étions assez embarrassés, n'ayant pas d'autre manière d'interpréter nos pensées (jue par des signes. Cependant nous avions l'air de nous entendre parfaitement, et nous comprimes que Je chef avait envoyé cliertiier, dans un village assez proche, un iiiturpréte qui devait bientôt arrirrr près de nous.
' Je recommandai à mes compagnons rie no pas dire un mot du but qu'ils iC proposMent en visitant ce pays, avant l'arrivée de l'interprète, afin liVviter tout malentendu ; et, en attendant, je ne perdis pas un instant pour éveiller l'intérêt de nos liùtes,
« Je fis signe à Gôiwr de ra'apporter le portofeuillô; je m'assis à côté dn chef, et l'ouvris devant lui, lui expliquant chaque portndt; il n'expriini pas luie grande surprise, et prit cciiendarit un intérôl viiib'e fi les rc Jankr.
> Je lui montrai plusieurs chefs des Amazones, d'autres chefs des Siouï. des Osiiges, des Pawnies; le dernier portrait était celui de CU'sar. i-n pieJ. A sa vue, il ne put s'empi''cher de pousser les plu* formidables êelal- d* rire, et se tournant vers César assis à l'exli-émité opposée, il lui fit siirii^ d'avancer, lui donna alors une poignée de niain et le (il asseoir .'i ci'il^ de lui.
• Ces portraits excitèrent une gran le animation dans rassemblOe: Iroi* ou quatre sous-chefs voulurent les voir, la femme du chef et leur jeuno lillvinrent aussi s'asseoir à côté de nous pour les regarder.
1 llij détail de leur toilelle attira les regards de César: un Ijomnu' aiail une botoque de bois insérée dans sa lèvre inférieure ; la fille du chef portait aussi un ornement semblable.
« Mes com|iagnons ignoraient, comme César,cette curieuse et incrovaW? coutume, et ils regardaient ces Indiens ainsi parcs avec le jilu-; gr-anJ étonnement.
« La fille du chef portait un magnifique maiitciet de laine de mouton de» montagnes et de poil de chien sauvage, miTveilleusement tricoté avec du bitord de belles couleurs, formant les dessins les plus compliqués et le; plus curieux; le tout était bordé d'une frange de dix-huit pouces de haut: c'était l'ouvrage de trois femmes pendant une année, et sa valeur était celle de cinq ebevaux.
a Le godet de la pipe que le chef avait passée à la ronde était en terre
dure, noire comme du jais et très-polie : godet et tuyau étaient ornés de ligures d'hommes et d'animaux, sculptées de la manière la plus ingénieuse; j'ai vu plusieurs de ces pipes, et j'en ai eu plusieurs en ma possession, avec leurs exccniriques dessins, repri^senlant les vêtements, les canots, les rames, les guOIres, et même les figures en pied de leurs possesseurs. Ces dessins chez les Najas sont différents de tout ce qui a été vu parmi les autres tribus du continent.
e trouvent sur leurs cuillers, leurs vases, leurs massues, sur leurs polerics dont ils Tont une grande quantité, et sur tout ce qu'ils fabriquent, ('.e sont des hk'rogljphes inex|>licabl s pour nous jusqu'à présent, el d'un grand intérêt pour les archéologues et pour les étj^ mologistes.
< Je ne trouvai pas chez ce chef naya les mêmes craintes superstitieuses que m'avaient tt^moignées les Indiens de l'Amazone et de certaines parties du sud de l'Amérique quand je leur demandais de faire leurs portraits ; au
coiitnîru, il nie dil lic lui-mCmo : » Si tous trouvez l'un de nona digne àe * cet honneur, ou assçz beau pour être peint, nous sommes prf ts ! > Je 1« remerciai ; C^sar alla chercher aia boite de couleurs H mon chevalet, et je commençai son portrait et ctlui Ue sa Rlle, car 11 m'avait dit combien il itmùt cette enfant, ajoutant qu'il s'Était fait une règle de ravoir presque toujours avec lui, et qu'il pensait que je ferais bii:n de les metlre tous deux flor la même toile ; j'acquiesçai à sa demande en lui ttisaot combien j'appréciais ses sentiments si naturels et si nobles.
«...Près diiTÎIlagfl, une grande fou lo vint h notre rencontre ; je remaripiii que la maase, particulière ment les femn.cs, s'attachaient aux pas de César, qui marchait solennel! (ornent, sa grande tailleredressëcel le portefeuille sur le dos.
• Il y avait tant de monde pour un aussi petit village que je demandai i riotcrpr<Mo ce que cela voulait dire. Il m'apjirit que la nOuTelle de nnlrr orrivéc et l'attrait de la danse qui devait avoir lîiiu le soir avaient amcn^ ut amëncraienl encore un grand nombre d'Indiens des localités voisines.
• Au coucher du soleil nous primes pari, dans le wigwam du chef, H on repas composA du venaison ; ensuite nous nous mîmes k fumer cl U ouil vint. Alors, au milieu de cris épouvantables, d'aboiements, de chants, nnu* vîmes une douzaine environ de torches Hamboyantcs s'approcher du wigwam, devant lequel commença la danse des masques.
■ Bizarre est un mol imparfait pour rondjo les oxcontricités Incroyables
et les bouffonneries qui eurent lieu devant nous. César fut pris d'un tei ac-
cÈs de rire qu'il faillit étouffer.
— • Imaginez-vous quinze ou vingt personnages, tous hommea fails, mafr-
r ^ués ou habillés de la plus étrange manière i plusieurs spectateurs des deui
sexes, placés au premier rang, étaient cosluniéa d'une manière semblable.
• Le conducteur de ladause. un grand docteur, le plus excentrique de tous, représentait le rot des Oahmles, uu aiilre le roi des Ptungeoiis, un Iroisième le docteur dts Lapins; il y avait le frvre du lHahk, le faiseur du Tunnerrt. la btiuiclie Corneille, l'Ours ^ui voyage la nuit, i'dme du Caribou, ainsi de suite, jusqu'à ce que les noms des animaux et des tribus eniplumées fusseiit entièrement éiiuiNés.
• Les masques des danseurs (je m'en procurai plusieurs) sont très-ingénieusement fait?; ou les creuse adroitement dans un bloc solide de bois, de manière qu'ils puissent être adaptés (i la figure ; ils sont retenus dan« l'intérieur par une courroie transversale qui va d'un coin à l'autre de la souche du masque, de sorte que, quand il est placé, la courroie du cuir est prise entre les dents, ce qui permet de contrefaire et de déguiser la voix; ils sont en outre couverts de dessins bizarres de couleurs variées.
'A l'exception de celui du conducteur de la danse, ces masques portaienl une rondelle de bois à la lèvre inférieure, pour rappeler la singulière coutume qui eiisl« dans ce pays.
«Ce n'est pas seulement chez lesNayas qu'ont lieu des divertissements de ce genre, j'ai été témoin de semblables divertissements dans plusieurs tribus du sud aussi bien que du nord de l'Amérique.
« Ils fendent aussi en long et allongent les cartilages et les lobes de leurs oreilles dans lesquelles ils mettent de grandes rondelles comme ornements.
e sont les femmes qui portent principale ment des botoqucs ii la ICvrc;
cependant quelques hommes ont adopU celte mode, qui est Je plus en plus suivie par les deux sexes au fur et à mesure qu'on remonte la cAI« dans la
lu CE ROui?
- .«utc» les fejnmns n'oi
'""."""""'«"mode domir ou ,»„d elles OUI " ]^ WflD lies mois quj
doniir « ",'^a»(le I-arure. Elies la relirenl pour oiMgoi
» parler beaucoup, car avec « fcijou jn ' peuvent être prononcés.
l'Ondanl tout* la
de porcs-épics teintes de diverses couleurs. Nous représentons (lig. SCi], d'après M. Cutlin , le costume et le tj'pe do Indiens Mandons.
Chaque homme avait sa tunii(ue et son manteau qu'il pre> nuit ou quittait suivant la température, et chaque femmit a 1 robe de peau de daim ou d'antilope. Beaucoup, parmi eui, i avaient la peau presque blanclie ; les cheveux de ceux-ci , gris d'argent de l'enfance à la vieillesse, leurs yeus bleu clair, leur face ovale témoignaient sans doute d'un mélange avec le sang étranger. Presque tous les hommes suivaient une ratwie curieuse et particulière à cette peuplade : leur chevelure, qui peut tomber jusqu'aux mollets, était divisée en mèches aplaties et séparées par de ia glu durcie ou de l'argile rouge ou jaune.
I^a figure 305 représente un des costumes de ces mêmes sauvages, lors de certaines cérémonies , propres à des fêtes ou à des spectacles publics.
l'AMELLE DU NORD-OtiKST. ^^^H
Les peuplades indiennes qui composent la famille du uoi-rf-ouMÎ au rameau septentrional américain sont moins belliqueuses et moins cruelles que celle de l'est. Elles ne scalpent pas. Leur taille est moins élevée, leur l'ace plus large, leurs yeux plus enfoncés, leur teint plus brun. M. d'Omalius d'Ilalloy cite dans cette famille les tribus des KoUovijes (depuis le 60' jusqu'au £0* de latitude boréale), les Wakisclies ou Noolkans (ile de Nootka et cotes voisines), les Chimoks (embouchure de l'Orégon) et les Tularenas. ou Indiens de lu Californie.
Décrire avec détails ces différentes tribus américaines serait sans intérêt. Nous no pourrions, en eifet, que reproduire, avec peu de changements, ce qui a été dit plus haut concernant les mœurs, habitudes, coutumes, etc., des derniers sauvées qui peuplent encore l'intérieur des forêts de l'Amérique du Nord.
Nous nous bornerons à mettre sous les yeux du lect^r (lig. 306) le portrait, d'après une photographie, d'un indigène de U Californie.
Ce que nous ne pouvons nous empêcher de faire remarquer i
propos de ce type d'habitant indigène, c'est que les Calirorniens ont la peau tellement brune ou rouge-brune qu'elle parait noiri'.
4^i>tte couleur de la peau est assurément exceptionnelle parmi les Indiens ou anciens habitants de rAmérique, mais ce caractère est ici tellement prononcé, qu'il nous était impossible de ne pas
le signaler, bien qu'il soit en opposition avec la clasi (]ue nous adoptons, ea qualiliant de race rouge toutes les net liumaines propres à l'Amérique. C'est un inconTènient des du sitications, auquel il faut se résoudre, sans pour cela vouloir] dissimuler.
RACE NOIRE
RAGE NOIRE
Considérée dans les peuples qui en forment le type, lo. race noire se distingue par ses cheveux courts et laineux, son crâne comprimé, son nez écrasé, sa mâchoire saillante, ses lèvres épaisses, ses jaml)es arquées, son teint noir ou brun foncé. Ces peuples sont confinés dans les portions centrales et méridionales de TAfri- ([ue , dans les parties méridionales de TAsie et de TOcéanie. lies noirs que l'on trouve en Amérique proviennent d'esclaves africains qui furent transportés dans le Nouveau-Monde par les Européens.
Les peuples qui appartiennent à la race noire présentent de grandes variations. Les uns ont le type tout à fait propre à la race que nous venons de caractériser, les autres tendent à se rapprocher des races jaune et l)lanche. Les hal)itants de la Guinée et du Congo sont très-noirs, mais les Calres ne sont que trèsbruns et ressemblent aux Al)yssiniens. Les Hottentots et les Hoschimans sont jaunâtres comme les Chinois, tout en présentant les traits et la physionomie des Nègres.
Il y a donc dans la race noire des variations aussi considérables que dans la race blanche. Aussi une classification rigoureuse est-elle très-difficile à établir dans cette race.
Admettant la classification proposée par M. d*Omalius d'IIalloy, nous diviserons la race noire en deux rameaux : le rameau occidental et le rameau oriental.
lAMILLE DES CAPRES.
Les Cafros ^fig. 307;. (jui habitent le sud-est de l'Afrique, forment,pour uinsi dire, le passage ou l'intermédiaire entre les peuples bruns et les peuples noirs. Leurs cheveuï sont laineux, mais leur teint n'est )ias aussi foncé, leur nez n'est pis aussi épatéque celui des .Nègres- Ayant plus d aptitude pour la civilisation que les autres peuples noirs, ils sont réunis en grandes sociétés, dont cbacune obéit à un chef. Tout en étant demi - nomades, ils habitent des villes très-populeuses, d'une grande étendue, et qui ressemblent à de vastes cam])s. Leur habillement, très-simple, se réduit presque à un manteau pour les hommes , tandis que les femmes, plus couvertes, ont des vêtements de cuir.
Les Gafres ont de grands troupeaux de bétail, et se livrent à l'agriculture. Us cultivent le mais, le millet, les fèves, les melons d'eau. Ils font du pain et de la bière, ils fabriquent des poteries. Ils font usage des métaux, emploient le fer et le cuivre, et connaissent 1 art de travailler ces métaux pour en faire des nutils et des ornements. Ils croient à un être suprême et à rimmorta-
i RACES HUMAlHi
PAPOU NfCRL r)F l,iJINEE
RACE NOIRE
tilè de l'âme ; mais ils aUèrent le sentiment religieux par diverses superstitions.
Les diverses tribus de cette grande nation ont des caractères liliysiiiues communs, et qui na S3 trouvent dans aucun autre jieuple d'Afrifjue. Les Cafres sont bien plus grands et plus torts que le reste des Africains. Leurs membres sont bien proportionnés. Leur peau est brune, leurs cheveux sont noirs et laineux. Ils ont le front élevé et le nez droit des Européens, avec
les lèvres épaisses des Nègres, le; pommettes liautes et proéminentes des Holtentots. Leur langage est sonore, suave etjiarmonieux, avec des clappements dans l'articulation.
Nous rangeons parmi les Cafres :
1* Les Cafres méridionaux , qui comprennent les Amakisas.'Ies Amathymbas ou Tamboukis, les Amapendas et d'autres ^ peuplades ;
2° Les Amazulas, les Vatwas, et d'autres tribos belliqueuses no-
RACK NOIUE.
mades, qui depuis peu de temps se sontavancées dans l'intérieur, vers le sud; ■
3° Les habitants de la baie Delagoa, qui ressemblent davantage* aux Nègres;
là" Les Becbuanas et toutes les nombreuses tribus situées vers le nord et dans l'intérieur, parmi lesquelles on parle une langue particulière, la langue sichuana.
Les tribus Bechuanas' sont les plus avancées de ces quatre peu-
plades. Le voyageur Lîvingstone, qui a fait un long séjour parmi les Itediuanas, en a donné d'excellentes descriptions dans son ouvrage, VExploralion da Zaïnbcae.
Les Itecliuanas sont avancés sous le rapport des arts et de la civilisation. Ils habitent de grandes villes, ont des maisons bien bâties, cultivent la terre et savent conserver les récoltes d'uni» année à l'autre. Leurs traits tendent à se rapprocher de ceux des Européens.
Dans le pays des Tammalias, non loin de Marhow, ville de dix
mille âmes, s'étendent des champs de blé de plusieurs centaines d'acres, qui témoignent d'un état agricole et industriel assez avancé.
Les Maratsû cultivent le sucre et le tabac, fabriquent des rasoirs et des couteaux, se construisent des maisons en maçonnerie, qu'ils ornent de pilastres et de moulures.
Il faut également rattacher aux Cafres les habitants de la côte de Mozambique, c'est-à-dire la portion de la côte ouest de l'Afrique qui s'étend de l'embouchure du Zambèse au cap Delgado. La figure 309 représente le type d'un naturel de cette côte.
FAMILLE DES IIOTTENTOTS.
Les HoUenlols^ que les colons hollandais appellent Boschimans^ c'est-à-dire hommes des bois, habitent l'extrémité méridionale de l'Afrique. La couleur de leur peau est jaunâtre foncé. Ce n est donc que par la considération de leurs traits et de leurs formes physiques, qui sont ceux des Nègres, qu'on range les Hottentots dans la race noire, car si Ton considérait la couleur de leur peau, on les rangerait dans la race jaune.
Avant la découverte du cap de Bonne-Espérance par les navigateurs européens^ les Hottentots formaient un peuple nombreux, dont les petites tribus vivaient heureuses et tranquilles, sous le gouvernement patriarcal de leurs chefs, ou des anciens. Formées seulement de trois à quatre cents individus, ces tribus erraient avec leurs troupeaux, et se réunissaient dans des villages, dont les maisons, construites en branches d'arbre et en nattes de jonc, se démontaient au signal du départ, et étaient transportées par des bœufs dans le nouveau lieu de campement désigné par le chef. Les plus sauvages avaient pour vêtement un manteau, formé de peaux de mouton cousues, et pour armes un arc qui lançait des flèches empoisonnées. Les Hottentots étaient d'actifs et intrépides chasseurs, et ils trouvèrent l'occasion de prouver aux Européens qu'ils étaient courageux à la guerre. Leurs cruels envahisseurs, les Hollandais, exterminèrent la plupart de ces tribus. D'autres furent violemment dépouillées de leurs possessions, et refoulées dans les forêts ou les déserts, où vivent encore leurs malheureux descendants.
Les Hottentots ou Boschimans (fîg. 310) paraissent être les derniers des hommes, autant par leurs caractères physiques que par rinfériorité de leur inteUigence. Ils sont de petite taille, d'un
!BS
RAUB >ÛIUE.
teiat jaunâtre et d'une pliysionomie repoussante. Un ^at s lant, des yeux pelits et enfoncés, un nez extrêmement a[ilati, des lèvres épaisses et saillantes, tels sont tes traits caractéristiques de Ifur visage. Par suite de leur mauvaise condition d'existence, ils sont de bonne heure usés et décrépits. Ils aiment la parure, et oment leurs oreilles, leurs bras et leurs Jambes d'onneaux en verroterie, en fer, en cuivre ou en laiton. Les femmes se tolorent
tout le visage, ou n'en teignent f|Hunc partie, l'our tout vêtement, elles se jettent sur les épaules une sorte de manteau de peau de mouton.
-Nous donnons ici lig. 31 il, comme spécimen exact de la race lioltentote, le portrait d'une femme de ce pays, qui mourut â Paris en l%28, et qui était connue sous le nom de VniushotUntote. la particularité [ihysique qui la faisait remarquer, et qui consistait en un développement considérable des muscles fessiers, n'était
tju'une anomalie individuelle, rjui ne permet de tirer aucune conclusion générale comme caractère de la race hottentote. Le !>(|ueletle de cette femme est conservé entier au Muséum d'histoire naturelle de Paris, et un moulage du corps entier, colorié comme l'était le vivant, se voit dans la même galerie.
La demeure du Boschiraan est une hutte basse ou une cavité circulaire. Les Boscliimans habitaient autrefois des espèces de grottes naturelles au milieu des rochers. Ouelques individus
vivent encore aujourd'hui dans ces mômes repaires, i|ui nous donnent l'image parfaite des habitations de l'homme aux tiMnps de sa première apparition sur le globe.
On n'a Jamais vu à ces êtres sauvages d'autre occupation que celle de fabriquer ou réparer leurs armes et leurs flèches barbelées ou empoisonnées. Dans les temps dedisette, Us mangent des racioes d'herbes, des œufs de fourmis, des sauterelles et des serpents. Leur langage est un mélange de claquements de langue, de sifflements et de grognements nasillards.
681 HACE NOIRE,
Sous le rapport du type physique, les Hottentots sont petits, ' mais l)ien proportionnés, et droits, sans être musuuleux. En général, ils sont Tort laids. Leur nez est ordinairement aplati. Leurs yeux Sont longs et étroils. Irés-écartés l'un de l'autre, avec l'angle intiTieur arrondi, comme cliez les Chinois, auxquels les Hottentots ressemblent d'ailleurs à certains égards. Les pommettes sonl haut placées, très -proéminentes, et elles forment presque un triangle ëquilatéral avec le menton pointu. Leurs dents sont très-blanches. Dans la première jeunesse, les femmes ont quelques formes agréables; mais plus tard leurgorge s'allonge démesurément, leur ventre devient protubérant, et quelquefois la partie postérieure de leur corps se recouvre d'une énorme masse de graisse. Cette disjiosition se ]irêsentait chez la Vénus hottentote avec une exagération excessive : mais, comme nous l'avons dit. elle ne consùluait (ju'une anomalie individuelle, et c'est à tort que l'on généraliserait ce caractère pour la l'araiile entière des Holtentols.
FAMiLLE DES NKGRES.
Les Nègres occupent une grande partie de l'Afrique centrale et méridionale. La Sénégambie, la Guinée, une partie du Soudan occidental, la côte du Congo, ninsi que l'immense étendue de pays, encore à peu près entièrement inconnue, qui est comprise entre la côte du Congo à l'ouest, et à lest la côte de Mozambique et du Zanguebar, tels sont les lieux d'habitation des Nègres proprement dits.
La Guinée et le Congo sont la terre classique des Nègres. C'est là que vivent les représentants de celle race aux traits les plus caractérisés et les plus repoussants. On croit que 1 invasion en Afrique des populations asiatique et européenne, s'étant toujours opérée par l'isthme de Suez et la mer Rouge, les noirs indigènes furent repoussés de plus en plus vers l'ouest du continent africain. Les habitants de la Guinée et du Congo seraient donc les descendants et les représentants contemporains de la souche noire primitive.
On trouve également des Nègres dans les nombreuses lies de la mer du Sud, la Nouvelle-Guinée.la Nouvelle-Bretagne, la Nouvelle- Calédonie, l'Australie, la Nouvelle-Islande, la grande He de Madagascar, etc., etc. Dans cette dernière, il existe un vaste royaume nègre, gouverné par une reine, qui envoya, au commencement de
RAMEAU OCCIDENTAL. 58b
notre siècle, des, ambassadeurs en France et en Angleterre. 11 y a enfin des Nègres aux États-Unis d'Amérique et dans nos colonies. Les Nègres sont libres en Amérique depuis la déclaration faite en 18^8 de l'abolition de l'esclavage dans les possessions françaises, et depuis l'émancipation graduelle des noirs qui s'est faite plus récemment dans beaucoup de possessions espagnoles ou américaines.
Nous allons étudier les Nègres, d'abord au point de vue de l'organisation, ensuite sous le rapport intellectuel et moral.
La physionomie du Nègre est tellement caractérisée, qu'il est impossible de ne pas la reconnaître à première vue, même quand Tindividu aurait la peau blanche. Ses lèvres proéminentes, son front bas, ses dents en saillie, ses cheveux laineux, à demi frisés, sa barbe rare, son nez large et épaté, son menton en retrait, ses yeux ronds, lui donnent un aspect spécial parmi tout le reste des races humaines. Plusieurs ont les jambes cambrées, presque tous peu de mollet, des genoux demi-fléchis, le cori)S porté en avant et l'allure fatiguée.
Les muscles masticateurs sont plus puissants chez le Nègre que chez le blanc, en raison de la plus grande longueur de la mâchoire. Leur occiput est plus plat que chez le blanc, et le trou occipital plus reculé en arrière. Le docteur Madden a observé dans la haute Ég>pte des squelettes de Nègres offrant six vertèbres lombaires au lieu de cinq, ce qui explique la longueur de leurs reins et leur allure vacillante. Les hanches sont moins saillantes que chez le blanc.
Nous pouvons ajouter que dans cette race le tronc a moins de largeur que chez les autres races ; que les bras sont proportionnellement un peu plus longs, que les jambes offrent une courbure assez sensible, avec un mollet aplati et haut placé.
Les os du crâne et ceux du tronc sont plus épais et plus durs que dans les autres races.
La cavité osseuse du bassin est beaucoup plus étroite chez le Nègre que chez l'Européen ; mais elle est plus large vers le sacrum, ce qui rend l'accouchement facile chez la Négresse. D'après des mesures exactes , le bassin supérieur serait un quart plus large chez l'Européen que chez le Nègre.
Les cuisses diffèrent aussi chez le Nègre et chez le blanc : elles sont chez le premier tràs-sensiblement aplaties.
586 HACE NOIRE.
Le pied ])arlid[je de Cûlle laideur de formes. Le vice de conror> mtition du pied (jui chez nous exempte du service militaire, c'est-ù-dire le pW plnt. non-seulement n'est pas une dilTonnilé chez le Nègre, mais esl, un caracl^re conslant. Au lieu de former celle courbure i|ui dunne au corps tout enlier de lelasticiW, el rend la marche plus sautillante et plus légère, la piirtie inférieure du pied chez le Nègre est plane, ce qui rend le pied moins apte i. supporter le corps dans les longues marches.
Cette difformité est tellement apparente chez le Nègre, iju'on dit de lui, en Amérique : « Le dessous de son pied fait un trou dans le sable. » Aussi est-il facile de distinguera simple vue la trace du pied d'un Européen de celle d'un Nègre. La première empreinte ne représente que les doigts du pied et le talon; ta seconde imprime toute la plante du pied, du talon jusqu'aux orteils. En outre, le pied du Nègre est grand et étroit, et ses orteils largement fendus. Les ongles en sont tellement allongés et aigus, (ju'ïls ressemblent à des griffes.
La couleur de la peau est un des attributs les plus apparents, mais non les plus caractérisli(]ues, de la race nègre. On a cru longtemps que la couleur des noirs résultait de l'action prolongée ' du soleil sur leur peau ; mois l'observation «montré que cette coloration ne déijend nullement de l'intensilé ni de li''clat des rayons solaires. Il existe dans les parties centrales de l'Afrique, par exemple dans le Soudan ot le Sahara, ainsi que chez les Touaregs, des hommes blancs, tandis que l'on trouve des tribus noires dans les pays en proie à des froids rigoureux, comme la terre de Van Diénien et la Nouvelle-Zélande. D'un autre côté, tout près des blancs Irlandais et Norvégiens, on Irouve dos liommes au teint très-l'oncé, comme les Lapons ; dans la (lalifornie, pays d'une latitude froide, les indigènes sont, comme nous l'avons dit, presque noirs.
La couleur noire réside dans un principe huileux, graisseux, nommé pigmenlum uignim (pigment noir) , qui est déposé par couche dans le lissu muqueux sur l'épiderme de la peau. Ce pigment pénètre dans les poils et les cheveux, et les teint en noir. Il imprègne toute l'économie, jusqu'aux membranes qui enveloppent le cerveau.
Ce réseau muqueux noir parait garantir la peau de la vive action du soleil d'Afrique; elle la préserve de ces inflammations qu'on appelle coups de sotiit dans nos climats.
Par le croisement avec le blanc, la couleur du Nègre s'atténue, et selon la prédominance des couleurs blanche ou noire dans les
antécédents, les produits présentent des dégradations diverses des couleurs blanche et noire.
Voici, d'après Valmont de Bomaire, les noms que l'on donne, dans nos colonies, aui produits du mélange des deux races :
!■■ Un l''o'ic avec une AV^rrssf , ou un Krgre avec une blm produistsnl aav]iildire, qui n'est ni t>Unc ni noir, mais d'un jame noirâtre, el (jui jiorte des cheveux noirs, courts et frisés,
i" Un blmr avec une muldimsc ou un iVègre avec une mvltUra» produisent un quarteron. C'est sous le rapport de la couleur un mélange de trois quarts blanc et un rjuart noir, ou trois quarts noir et un quart hlanc. Le teint est d'un jaune moins ToDce que le inulAtre.
i" Un bUnc avec une iinarleronvt, ou un jUjre avec one qitoruronue, produisent un ociovon (sept huitièmes de couleur blanche et un huitième de couleur noire, ou sept liuitiémcs noir et un huitième blanc).
V Un hUnir avec une oclmvinnt, ou un noir avec une ocMP-xinf, produisent l'un prosque tout blanc, l'autre presque tout noir.
Valmont de Domaire ajoute que dans les gênératioDS suivantes toujours mêlées (le mariage du blanc se Taisant un Europe et celui du noir au Sénégal) le teint s'éclaircirait ou deviendrait plus l'uncé, jusqu'à ce qu'enfin il naquit un individu blanc ou on tDdividu noir.
Telle est la marche des influences et des causes physiques de 1" ^'dégradation ou du retour de la couleur dans l'espèce bumaioe. D ne faut que quatre ou cinq gênérutions de races croisées pour rendre un Nègre bliinc, et il n'en faut pas |>lus pour rendre un blanc noir. On comprend que les mélanges d'un mulâtre avec une quarteronne ou une octavonne produiront d'autres teintes qui approcheront du blanc ou du noir, en proportion de la progression décrite plus haut.
Aux colonies, on appelle snluilras un individu issu de noir et de quarteron. Ce mot saliairas [saut en arrière) désigne un retour vers la race noire.
Les croisements du Nègre avec des individus de la race jaune IHi rouge, avec les Indiens asiatiques ou les Peaux-Rouges américains, engendrent des individus de nuance variée, qui portent des dénominations dilTérentes selon les pays. Ces hommes de coiitmir dominent dans beaucoup d'iles de la Polynésie. N'ayant ni l'intelligence des blancs, ni la soumission des noirs, dédaignés dcî premiers et hais des seconds, ils forment une caste ambiguë, sans élat fixe, et moins disposée au travail qu'à la révolte.
La coloration de sa peau ôte tout charme à la physionomie du Nègre. Ce qui donne de la grâce au visage de l'Européen, c'est
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RAM£.iU OCCIDENTAL. 591
que chaque partie se colore d'une nuance particulière. Les pommettes des joues, le nez, le front, le menton ont chez le blanc des teintes dilTérentes. Au contraire, tout est noir sur une physionomie africaine. Les sourcils, noirs comme le reste, se perdent dans la couleur générale. A peine aperçoit-on une nuance différente à la ligne de contact des deux lèvres.
La peau des Nègres est très poreuse, à ce point que les pores s'y présentent d'une manière visibte. Mais elle est loin d'être dure chez tous les Nègres; elle est au contraire, chez un certain nombre, molle, satinée et très-douce au toucher. ^
Ce qu'il y a de désagréable dans la peau du Nègre, c'est l'odeur nauséabonde qu'elle répand quand l'individu est échauffé par la sueur ou l'exercice. Ces émanations sont aussi difticiles à supporter ((ue celles qu'exhalent certains animaux.
Les cheveux du Nègre sont tout particuliers. Tandis que ceux des Européens sont cylindriques, ceux des Nègres sont plats. Ils sont en même temps courts et crépus, comme la laine d'un mouton. Tandis que chez l'Européen la chevelure est abondante et Ionique, à ce point que chez les femmes elle peut traîner jusqu à terre, celle des Nègres n'atteint qu'une longueur de quelques centimètres. La barbe même e^t très-faible, et recouvre à peine la lèvre supérieure.
L'œil du Nègre diffère aussi de celui du blanc. L'iris est si foncé, (|u'il se confond presque avec le noir de la pupille. Chez l'Européen, la couleur de Tiris est tellement marquée, que Ton voit immédiatement si l'individu a les yeux noirs, bleus ou gris. Rien de pareil chez le Nègre, où toutes les parties de Tœil se l)erdent dans la même teinte. Ajoutez que la sclérotique, ou blanc de l'œil, est toujours, chez le nègre, injectée de jaune, et vous comprendrez que cet organe, qui contribue si puissamment à accentuer la physionomie dans la race blanche, soit toujours, dans la race noire, terne et sans expression.
La nature approprie le Nègre aux contrées brûlantes qu'il habite. Son tempérament est en général lymphatique et mou. Son allure lente et apathique, sa paresse invincible impatientent l'Européen, qui ne peut comprendre tant d'indolence. Le relàcliement des membres du Nègre se trahit par son inertie, sa somnolence, et par ses chairs pendantes chez les femmes (ilg. 313).
Les Nègres sont beaucoup moins sensibles que les Européens à J'induence des excitan's. L'eau-de-vie la plus forte, le rhum, le
59i RAGE NOIUE.
pimeut, les coudimenls les plus irritants, a excitent que faiblement leur palais inerte. Leur peau molle, épaisse, huileuse, lisie ou peu velue, est, comme nous l'avons dit, encroûtée, sous lepiderme, d'un réseau noir, muqueux, qui lui donne sa couleur. Ce réseau muqueux enveloppe les houppes nerveuses qui viennent s'y épanouir, ce qui omousse la sensibilité. La peau Une et délicate de l'Européen éprouverait des tourments hurriblt-s sous l'action du fouet; le Nègre, déchiré par des Innièrt!s de cuir. et dont les plaies saignantes sont quelquefois frottées, par excès de barbarie, avec du poivre et du vinaigre, supporte ce trailemeni cruel avec indifférence. On voit des noirs qui, après ce suppbce, courent à la danse, comme si de rien n'était.
.Vvant de parler du cerveau et de l'intelligence chez le Nègre, nous devons parler de l'angle facial observé sur cette race.
Nous avons dit que l'on peut juger avec une exactitude relative de la. valeur d'une race humaine, au point de vue intellectuel, par 'la grandeur de l'angle facial '. Plus cet angle est ouvert, plus il indique des instincts nobles et élevés; plus il est petit, plus la li^t<i SB rapproclie de celle de L'animal. Un front saillant est le sigm^ d'une intelligence développée, tandis que des mâchoires avancées révèlent des instincts de bestialité. Ainsi, l'angle facial augmente uu diminue aeloit que Je J'ront ou bien lea m^lioircs ne projett4.'iil en avant. L'angle facial de l'Européen est d'environ 85 degrés, et il |ieut aller jusqu'à 90 degrés. Dans les statues anciennes <Je la Ijréce, on trouve un angle de 100 degrés, c'est-à-dire l'angle droit. Or le Nègre, par son front fuyant en arrière et ses mâchoires proéminentes, ne donne un angle facial ((ue de 68 à 70 degrés. II se rapproche en cela du singe, dont l'angle facial, pour les singes dits aiUliivpo»viri)lus, tels que l'orang-outang et le gorille, est de 50 degrés.
(lette faiblesse relative d'intelligence, qui nous est révélée par la j)etitesse de l'angle facial cliez le Nègre, va être contirmée pour nous par l'examen du cerveau.
Les travaux des analomistes de nos jours ont établi que ce n'est pas seulement la masse du cerveau qui est en rapport avec l'activité intellectuelle, mais que le véritable signe révélateur de la supériorité de l'esprit, chez i'Iiomme. c'est le nombre et la profondeur des sillons ou circonvolutions du cerveau. Or les