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contours et anfractuosités de la masse encéphalique, chez TEuropéen, sont si nombreux et si profonds, qu'ils peuvent à peine se mesurer, tandis que chez le Nègre les circonvolutions sont moindres de moitié, sous le rapport du nombre et de la profondeur. Ajoutez que le cerveau du Nègre est sensiblement plus petit que celui du blanc. C'est surtout la partie antérieure, c*est-à-dire les lobes cérébraux, qui est bien plus considérable chez l'Européen. De là la belle courbure du front, (\u\ est propre à la race blanche ou caucasique.
L'infériorité intellectuelle du Nègre se lit sur sa physionomie, sans expression ni mobilité. Le Nègre est un enfant; il est, comme l'enfant, impressionnable, mobile, sensible aux bons traitements, susceptible de se dévouer, mais, dans certains cas aussi, sachant haïr et se venger. Les peuples de race nègre qui existent à Tétatde liberté, à l'intérieur de l'Afrique, nous montrent, par leurs habitudes et l'état de leur esprit, ([u'ils ne peuvent guère dépasser le niveau de la vie de tribu. D'un autre côté, on a tant de peine, dans beaucoup de colonies, à tirer un bon parti des Nègres, la tutelle des Européens leur est tellement indispensable, pour maintenir chez eux les bienfaits de la civilisation, ([ue l'infériorité de leur intelligence, comparée à celle du reste des hommes, est un fait incontestable.
Sans doute, on pourraitciterbeaucoup de Nègres qui ont dépassé les Européens par la portée de leur esprit. Les généraux Toussaint Louverture, Christode et Dessalines, n'étaient pas des hommes ordinaires, et Blumenbach nous a conservé les noms de beaucoup de Nègres illustres, parmi lesquels il cite Jacob Captain, dont les sermons, les écrits théologiciues, en latin et en hollandais, sont vraiment remarquables. 11 ne faut pas cependant juger ici par des cas individuels, mais par l'ensemble. Or l'expérience a prouvé r|ue les Nègres sont inférieurs en intelligence à tous les peuples connus, même aux peuples sauvages de l'Amérique et des îles de
rOcéanie.
Les peuplades nègres seraient excessivement nombreuses si tous leurs enfants vivaient, mais l'incurie et la paresse font périr une notable partie de leur progéniture. Les guerres continuelles auxquelles elles se livrent les unes contre les autres arrêtent également l'essor de la population. Malgré la fertilité du sol d'une grande partie de l'Afrique , l'imprévoyance et l'insouciance des indigènes amènent de véritables famines, qui déciment les tribus
africaines.
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l'Afriijuc occiiientJile. On voyait alors les Nègres arrachés violemment à leur patrie et transjwrtés sous d'autres climats, pour t'Ire réiiuits en esclavage, c'esl-à-dire pour sacrifier leur vie et leurs forces à leur maître, et, pour le servir, s'épuiser & la peine, sans attirer sur eux la pitié que l'on a pour les bétes de somme. Pour nos animaux, en eiïet, le repos suit la fatigue, et les aliments réparent les forces; tandis qua la crainte des sup-
plices, le fouet et les traitements les plus douloureux assujettissaient à un travail forcé les Nègres dans les colonies soumises aux Européens.
Depuis un demi-siècle, le commerce des noirs ayant soulevé l'indignation universelle, la plupart des États ont décrété Tabolition de la traite. La France, par ses lois, décrets et ordonnances de 1814 à 184S, a émancipé déûnitivement les esclaves dans toutes ses colonies. L'Amérique presque tout entière a suivi cet exemple depuis 1860 environ. Aujourd'liui des croisières permanentes, établies par l'Angleterre et la France sur les côtes de l'Afrique, rendent la traite des noirs, sinon impossible, du moins difflcile et dangereuse pour les hommes avides et barbares qui ne craignent pas de s'y livrer encore.
Cette traite, contre laquelle les nations européennes ont tant fait, compte encore, disons -nous, comme ses partisans les Nègres eux-mêmes. En effet, ces peuplades guerroient sans cesse entre elles, pour faire des prisonniers, et les vendre comme esclaves aux négriers qui viennent de contrebande visiter leurs rivages. On ne voit encore que trop souvent des convois d'esclaves, enchaînés au moyen d'une fourche de bois, traverser les forêts (flg. 315) et se rendre au vaisseau négrier mouillé sur quelque crique déserte.
Depuis Tabolition presque générale de l'esclavage, on remarque que beaucoup de tribus nègres vivent entre elles de meilleure intelligence. Les pères aiment un peu leurs enfants depuis qu'ils n'ont plus l'espoir de les vendre pour une bouteille de rhum ou un collier de verre !
Du reste, l'esclavage des Nègres n'est pas une institution sociale de date récente. Les Romains possédaient des esclaves noirs. Les Égyptiens avaient précédé les Romains dans le même usage. Plus anciennement encore, les Assyriens et les Babyloniens avaient des esclaves noirs. 11 y a trois mille ans, les Arabes et les Turcs ravissaient des Nègres. Ils remontaient le Nil dans de grandes barques, récoltant sur leur passage les noirs, qu'on leur livrait dans la Nubie et TAbyssinie. Revenus dans la basse Egypte, chargés de ce bétail humain, ils le vendaient, pour en faire des ouvriers esclaves.
Une cruauté, qui va quelquefois jusqu'à la férocité, est le triste privilège de quelques tribus nègres. Molien disait des habitants du Fouta-Toro, que ces Nègres n'avaient pris de la civilisation que
oracles chargés d'écarter le mauvais sort ou les destins contraires. De là aussi l'innombrable quantité de fétiches. Chaque Nègre a le sien, auquel il sacrilie aussi longtemps qu'il en obtient quelque chose, et qu il abandonne dès rju'il reconnaît son inutîlité. Triste eflet de l'abrutissement naturel de ces peuples I
Ces graves défauts de la race nègre considérée à l'état sauvage ne doivent pas faire oublier ses aj^îtudes. Quand il a été arraché à la vie de tribu ou délivré des fers qui pesaient sur lui , le Nègre manifeste quelques qualités, qu'il nous reste â mettre en relief.
Disons d'abord que les Nègres ou les mulâtres qui résultent de leur union avec les blanches sont souvent pourvus d'une mémobe extraordinaire, rjui leur donne une grande facilité à apprendre les langues. Us ne tardent pas à s'approprier le langage des peuples au milieu desquels ils se trouvent. Ils parlent l'anglais dans rAraérique du Nord, l'espagnol dans l'Amérique centrale et dans l'Amérique du Sud, le hollandais au cap de Bonne-Espérance. Hs peuvent même changer de langue en changeant de maître. Si un Nègre hollandais entre au service dun Anglais, il abandonnera l'idiome du premier pour celui du second, et il oubliera son ancien langage. Bien plus, leur mémoire retient quelquefois en même temps des langues fort dllfén-ntes. Des voyageurs ont trouvé au milieu de l'Afrique des commerçants nègres qui, en rapport avec différentes nations, s'exprimaient dans plusieurs langues, et en même temps comprenaient l'arabe, le copte et le turc.
Les villes habitées par les Nègres ressemblent quelquefois à s'y méprendre à des cités européennes ; il n'y a qu'une différence de degré dans leur civilisation et leur industrie comparées à celles de l'Europe. Seulement les villes proprement dites sont très-espacées dans l'intérieur de l'Afrique, mais les voyageurs-en signalent tous les jours de nouvelles, et l'avenir nous révélera peut-être sur la civilisation de l'Afrique centrale des particularités que nous soupçonnons à peine.
Les Nègres ne sont pas mauvais calculateurs; ils comptent de tète avec une grande rapidité, et surpassent de beaucoup, sous ce rapport, les Européens.
Les arts industriels sont exercés avec un certain succès chei beaucoup de tribus nègres. L'extraction du fer de ses minerais se fait assez facilement pour que l'art de la métaltui^ie, le
métier de foadeur et de foi^ron soient pratiqués dans tous les
villages nègres. 11 y a dans la Sénégombie et dans beaucoup
de pays nègres de l'intérieur d'excellents forgerons (fig. 317).
La fabrication des boissons fermenlées. telles que la iiière. !« vin de sorglio, etc., est également mise en pratique avec beaucoup d'intelligence (fig. 318J.
Le talent d'imitation des Nègres est très-remarquable. Ils saisis^ sent et savent reproduire avec fidélité les traits caractéristiques ou les allures d'un individu, si ces traits prêtent à rire, .\ussi l'iiumeur du Nègre est-elle, en général, gaie et plaisante, ils aiment à se moquer de leur maître, de leurs surveillants, des enfants du logia, etc. C'est pour eux un bonheur de s'égayer à leurs dépens.
Toutefois iart d'imitation qui est propre auï Xègres ne va pas Jusqu'il leur donner le talent des arts. Le dessin, la peinture, la sculpture leur sont inconnus, et il est impossible de leur donner la moindre habileté dans les arts par des leçons et des conseils, Leurs temples, leurs demeures ne sont décorés que d'informes ébauches. Les Nègres de nos jours sont moins habiles dans l'art du dessin et de la sculpture que ne l'étaient les hommes antédiluviens qui habitaient nos contrées.
Si les Nègres sont rebelles aux arts plastiques, ils sont au contraire très- sensibles à la musique et à la poésie. Ils chantent, dans leurs fêtes et leurs récréations, des mélopées bizarres i;t expressives. Ha trouve mènm dans quelques royaumes nègreune caste de chanteurs qui est. dit-on, héréditaire. Ces chanteurs sont en même temps les historiens de la tribu.
Les instruments de musique sont assez nombreux chez les Nègres. Au tambour, qui tient une si grande place dans la musique des .\rabes, ils ajoutent des (lûtes, des triangles, des cloches, et même des instruments à cordes, qui portent depuis huit jusqu'à dix-sept cordes. Ces cordes sonores sont fournies par h queue de l'élépliant. Ils ont encore des instruments à cordes fines tendues sur des écorces de concombre , et qui sont des espèces de harpes grossières. Les Nègres Mandigos qui vivent sur les bords du Sénégal, vers le milieu de son cours, ont des espèces de clarinettes de quatre à cinq mètres.
" Les Nègres, dit Livingstone dans son ouvrage inlitulé Exploratiom du Zambése, ont eu leurs burdca; ils en ont meiiie encore, mais la tradîlion ne conserve pas leurs épanche m enls. L'un de ces ménealrels, un véritable poSle, autant que nous pouvons en juger, nous a suivis pendant plusieurs jours. Dans tous les endroits où nous avons fait lialle, il a chanta no*
pMmes, il s'accompagne sur la tauaa, instrument pourvu de neur touches
en fer, que l'on Trappe avec le pouce, tandis que les doi):ts en maintirnnent la boite. La partie creuse et décorée fait Tace h. I artiste. Les gens qui ont
le goût do la muaiiue et ne bodI p&s as§e2 riches pour acheter cet inslni* ment, le rtin[)la«inl, ou [ilutût s'en font un avec do grosses tiges Je sorRbo iltmt îh forment la caisse; ils fabriquent les touches avec des édnis de bambou, le son est faible, mais n'en parait pas moins ravir l'exéculunt. Quand on ajouti* fi la tauM une calebasse, en guise de table d'iiannooif, elle est naturel If meut plus sonore. On y mol des fragmenta de coquille «I des morceaux d'ét^n qui joignent leur cliquetis aux accords du virtuose; enlln la calebasse est ornée, comme on peut le voir dans les gravures cjdessus (lig. 319 et 310] -
On peut reman|UGr que la musique des Nègres ne se borne pas ù la mélodie. Ils ne se contentent pas d'accompagner les voit à l'unissun avec leurs instruments; ils ont quelques principes d'harmonie. Ils accompagnent les voix à la quarte, à la siite, à l'ocUive de rinslrument; les autres intervalles musicaut leur sont moins familiers, excepté lorsqu'ils les emploient quelquefois pour exprimer l'ironie ou le blâme. L'état avancé de la musique dans les tribus nègres est d'autant plus à remarquer, que chei les anciens peuples européens, chez les anciens Grecs, à l'époque la plus brillante de leur histoire, on n'avait aucune idée de Tliarmonie en musique.
Ainsi lep facultés des JNègres peuvent, sous certains rapports, se développer, et il est établi que des Nègres qui vivent depuis plusieuis générations dans les villes de nos colonies, et qui sont en contact perpétuel avec les lùiropécns, se perfectionnent à ce contact, et voient augmenter leurs lacullés intellectuelles.
Kn résumé, la famille nè^-re a moins d'intelligence qu'yuciuiy autre famillo humaine; mais te n'est pas une raison [lour jusliiicr les pcrséculions odieuses dont ces infortunés ont été victimesdans tous les temps. .Vujourd'hui, grâce au progrès de la civilisation, l'esclavage est abuli dans la plus grande partie du monde, et sos derniers restes ne tarderont pas à disparaître. Ainsi finira, pour l'honneur de l'humanité, une coutume barbare, héritage malheureux'des temps anciens, répudiée par le moderne esprit de charité et de frulcniité Avec elle disparaîtra i'infùme tralic qui s'appelle la traite.
Cependant il faudra bien du temps pour rendre une égalité sociale aux -Nègres affranchis. Nous ne saurions dire avec quel mépris sont traités, dans l'Amérique du Nord et du Sud, les Nègres rendus à la liberté. Ils sont à peine considérés comme des hommes. Malgré l'abolition de l'esclavage, on les tient toujours
à l'écart de la population blanche. Des siècles seront nécessaires pour efTacer chez les Américains ce préjugé enraciné. Notre pays même a eu quelque peine à s'en affranchir, puisqu'un édit de Louis XIV retirait la noblesse à quiconque s'alliait à une Négresse et même à une mulâtresse.
L'adoucissement général des mœurs finira par efTacer entièrement, il faut l'espérer, ces distinctions si cruelles et si injustes pour les malheureux qu'un destin fatal condamne à l'état de perpétuelles victimes, sans qu'elles aient fait autre chose pour mériter leur sort que de naître sous les deux africains.