FAMILLE INDO-CHINOISE
Les peuples de Ylndo-Chitie , que nous considérons comme appartenant à la race jaune, ont le teint plus foncé que les Chinois et les Japonais. Leur taille est plus petite^et leur civilisation moins avancée. Ils sont, en général, indolents.
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A ce groupe appartiennent les Birmans , les Annamites et les Siamois.
Birmans et Annamites. — Les Birmans forment un peuple assez avancé dans la civilisation. Les Annamites ne leur cèdent point sous ce rapport. Les caractères physiques , moraux et politiques de ces deux peuples n’ont aucun caractère particulier d’intérêt qui
Fig. 165. NoMcs birmans.
puisse nous arrêter. Nous nous contenterons de mettre sous les yeux du lecteur (lig. 165 et 166) les types et les costumes des habitants de l’empire birman.
Siamois. — La population du royaume de Siam , qui s’élève à environ cinq millions d’habitants, comprend à peine deux millions de Siamois.
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Les Siamois, d’après les notes de voyage de M. Henri Mouhot, naturaliste français , se reconnaissent sans peine à leurs allures molles et paresseuses, à leur physionomie servile. Ils ont presque tous le nez un peu camard, les pommettes des joues saillantes, l’œil terne et sans intelligence, les narines élargies, la bouche trop fendue, les lèvres ensanglantées par l’usage du bétel et les
dents noires comme de l'ébène. Ils ont tous aussi la tète complètement rasée, à l’exception du sommet où ils laissent croître une espèce de toupet. Leurs cheveux sont noirs et rudes; les femmes portent le même toupet, mais leurs cheveux sont fins et tenus soigneusement. Le costume des hommes et des femmes est peu compliqué.
Fig. 166. Jeune dame birmane.
RAGE JAUNE
La figure 1 67 donne une idée exacte des types et costumes des habitants du royaume de Siam. Une pièce d’étoffe qu’ils relèvent par derrière et dont ils attachent les deux bouts à leur ceinture est leur unique vêtement : c'est le pagne. Les femmes portent en outre une écharpe d’une épaule à l’autre. La finesse des traits à part, la Siamoise de douze à vingt ans a peu à envier aux modèles convenus de notre statuaire.
Les Siamois adorent les bijoux; pourvu qu'ils brillent, qu’ils soient vrais ou faux, peu leur importe. Ils couvrent leurs femmes et leurs enfants d’anneaux, de bracelets , d’amulettes et de plaques d’or ou d’argent. Il y en a aux bras, aux jambes, au cou, aux oreilles, sur le torse, sur les épaules, partout où il en peut tenir. Le fils du roi (fig. 168) en est tellement chargé que le poids de ses vêtements alourdis de bijoux l’emporte sur celui de son corps.
La plus grande union semble régner dans la maison conjugale siamoise. La femme n’est pas reléguée à l’intérieur comme en Chine; elle se montre partout. Comme ombre au tableau, il faut ajouter que la famille peut vendre ses enfants comme esclaves.
Les Siamois ont conservé intactes toutes les superstitions des Hindous et des Chinois. Ils croient aux démons , aux ogres, aux sirènes, etc. Ils croient aux amulettes, aux philtres, aux devins; ils entretiennent un roi, une cour et un sérail, avec ses innombrables rejetons. Un second roi a également son palais, son armée , sus mandarins. Entre ces deux rois et le peuple s’étagent douze ordres différents de princes, plusieurs classes de ministres, cinq ou six de mandarins, une série sans fin de gouverneurs et de sous-gouverneurs, tous également incapables et rapaces.
Comme tous les peuples avilis, épuisés ou serviles, le peuple de Siam consacre une bonne part de son existence aux divertissements et aux jeux.
M. Mouhot a visité Udeng, la capitale actuelle du Cambodge. Les maisons de cette ville sont construites en bambou, quelquesunes en planches. La plus longue rue a près d'un kilomètre de longueur. Dans les environs de la ville habitent les cultivateurs et les gens de corvée, ainsi que les mandarins et autres employés du gouvernement. Notre voyageur rencontrait à chaque instant des mandarins en litière ou en filet, suivis d’une foule d’esclaves portant chacun quelque chose, les uns un parasol écarlate ou jaune, dont la grandeur indique le rang ou la qualité du personnage, d’autres la boite d'arec et de bétel. Dans ces escortes figu-
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raient souvent des cavaliers montés sur de petits chevaux vifs et
légers, rich ement caparaçonnés, couverts de grelots, qu’un trou-
Fig. ICI. Liucr de dûmes siamoises.
RACE JAUNE
peau d’esclaves couverts de sueur et de poussière s’efforçaient de suivre comme une meute. M. Mouhot a également remarqué de légères carrioles traînées chacune par deux petits bœufs rapides et bruyants. Des éléphants s'avançaient majestueusement, les oreilles et la trompe en mouvement, et s’arrêtaient devant de nombreuses processions se rendant aux pagodes au son d une musique bruyante.
La ville de Bankok, capitale de ce pays, s’appelait autrefois S/am, d’où le nom donné à cet État.
Un souverain absolu, considéré comme une incarnation de Bouddha, gouverne le royaume de Siam, qui est divisé en quatre provinces : le Siam , le Laos siamois , le Cambodge siamois et le J lalacca siamois.
Un moment tributaire de l’empire birman, le royaume de Siam recouvra son indépendance en 1759, et en 1768 il agrandit même ses possessions par des conquêtes.
L’industrie est presque nulle dans le royaume de Siam; mais le commerce y est encore florissant, quoique déchu de l’importance qu’il avait autrefois. Les Siamois échangent avec les Chinois, les Annamites, les Birmans, et surtout avec les possessions anglaises et hollandaises, leurs produits agricoles, c’est-à-dire du bois, des pelleteries, du coton, du riz, des poissons conservés. Les dents d élepnant sont l’objet d’un assez grand commerce. Aussi la chasse de l’éléphant occupe-t-elle beaucoup d'indigènes.
Le pays est assez fertile. Il forme une vaste plaine, accidentée vers le nord et traversée par un fleuve, le Meinam, le long duquel sont échelonnées les principales villes. Bankok est assis sur une rive du Meinam, à peu de distance de son embouchure dans le golfe de Siam, ce qui en fait le port principal de tout le royaume, l’entrepôt de tout le commerce.
Les débordements réguliers du Meinam entretiennent la fertilité dans les plaines riveraines.
Les arts et les sciences ne sont pas entièrement délaissés dans le royaume de Siam. C’est une des rares contrées de l’Asie où il existe une littérature et quelques productions artistiques.
Quoique la religion de Bouddha domine dans le royaume de Siam et que le culte de Bouddha soit la religion de l’État, cependant on tolère différentes sectes, et le christianisme compte 2500 prosélytes.
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Les sauvages stiengs dépendent du royaume de Siam. Leur taille est un peu au-dessus de la moyenne. Ils sont forts, leurs
Fig. 1 08. Jeune prince royal du Siam.
traits sont réguliers, leur front bien développé annonce l’intelligence; ils n'ont pour tout vêtement qu’une longue écharpe.
RACE JAUNE
Ils sont si attachés à leurs montagnes et à leurs forêts, qu’ils sont pris à l’étranger d’une nostalgie dangereuse.
Ces Siamois rebelles à la civilisation ^travaillent le fer et l’ivoire ; ils fabriquent des haches et des sabres qui sont recherchés par les amateurs. Leurs femmes tissent et teignent les écharpes dont ils se couvrent. Ils cultivent le riz, le maïs, le tabac, des légumes, des arbres fruitiers; ils n’ont ni prêtres ni temples, mais ils reconnaissent l’existence d’un être suprême. Tout le temps qu’ils ne donnent pas aux champs, ils le passent à chasser et à pêcher. Infatigables à la course, ils glissent avec une rapidité singulière dans les fourrés les plus impénétrables. Les femmes paraissent aussi agiles et aussi infatigables que les hommes. Ceux-ci se servent, pour chasser l’éléphant, le rhinocéros et le tigre, de puissantes arbalètes aux flèches empoisonnées. Ils aiment à se parer de fausses perles de couleur brillante dont ils font des bracelets. Les individus des deux sexes ont les oreilles percées d’un trou qu’ils agrandissent chaque année en y introduisant des morceaux d’os ou d'ivoire.
RAGE BRUNE
RACE BRUNE
Nous rangeons dans la race brune, avec M. d'Omalius d'Halloy, un grand nombre de peuples qui n’ont de commun qu’un teint généralement plus foncé que celui des races blanche et jaune, et dans lesquels on est porté à voir les résultats du mélange de ces deux races avec la race noire. C’est pour cela qu'une partie des peuples que nous plaçons dans la race brune présente des formes voisines de celles des blancs, tandis que dans l’autre partie on retrouve davantage les caractères de la race jaune.
Les peuples appartenant à la race brune forment trois rameaux ou groupes géographiques, savoir:
1° Le rameau hindou;
1° Le rameau éthiopien ;
3° Le rameau malais.
Étudions les différentes races et les peuples principaux qui appartiennent à ces trois rameaux.
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