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FAMILLE DU NORD-EST

La famille du nord-est occupait, au quinzième siècle, cette immense étendue de l’Amérique du Nord qui est comprise entre

Fig. 239. Indiens Crceks.

l’océan Atlantique et les montagnes Rocheuses; mais tous ces peuples sont réduits maintenant à quelques tribus, peu nombreuses, confinées à l’ouest du Mississipi.

Fig. 240. Chef des Indiens Creeks.

Les caractères de la race rouge sont très-prononcés chez ces peuplades. Un teint couleur de cannelle claire, une tète allongée, un nez long et aquilin, des yeux horizontaux, un front déprimé,

RACE ROUGE

une constitution robuste, une taille élevée, tels sont leurs principaux caractères physiques, auxquels il faut joindre des sens extraordinairement développés. Ces peuples ont l’habitude de peindre en rouge leur corps et surtout leur visage. Leur caractère est fier et indépendant ; ils supportent la douleur avec un courage stoïque.

Presque toutes ces tribus indiennes ont déjà disparu par la guerre acharnée que leur ont faite les Européens. Celles qui vivaient jadis sur les versants des montagnes qui regardent l'Atlantique, ou qui s'étendent le long du Mississipi, sont à peu près éteintes. Tels sont les Hurons, les Iroquois, les Algonquins, les Natchez, illustrés par Chateaubriand , les Mohicans, célébrés par Cooper.

Nous ne saurions parler ici avec détails de ces diverses populations. Seulement, pour en donner une idée, nous ouvrirons le Voyage en Amérique de Chateaubriand; nous en rapporterons quelques lignes, puis nous ferons connaître sommairement les observations qui ont été faites de nos jours dans ces mêmes contrées par quelques voyageurs contemporains.

Chateaubriand parle en ces termes des Muscogulges et des Simnioles :

«Les Simnioles et les Muscogulges sont d’une assez grande taille, et, par un contraste extraordinaire, leurs femmes sont la plus petite race de femmes connue en Amérique : elles atteignent rarement la hauteur de quatre pieds deux ou trois pouces; leurs mains et leurs pieds ressemblent à ceux d’une Européenne de neuf ou dix ans. Mais la nature les a dédommagées de cette espèce d’injustice : leur taille est élégante et gracieuse ; leurs yeux sont noirs, extrêmement longs, pleins de langueur et de modestie. Elles baissent leurs paupières avec une sorte de pudeur voluplueuse; si on ne les voyait pas lorsqu'elles parlent, on croirait entendre des enfants qui ne prononcent que des mots à moitié formés. »

Le grand écrivain passa sur les bords du lac auquel la peuplade iroquoise des Onondagas a donné son nom. Il visita le sachem des Onondagas :

<r C’était, dit Chateaubriand, un vieil Iroquois dans toute la rigueur du mot. Sa personne gardait le souvenir des anciens usages et des anciens temps du désert. Grandes oreilles découpées, perle pendante au nez, visage bariolé de diverses couleurs, petite touffe de cheveux sur le sommet de la tète, tunique bleue, manteau de peau, ceinture de cuir, avec le couteau de scalpe et le casse-tête, bras tatoué, mocassins aux pieds, chapelet ou collier de porcelaine à la main. »

Chateaubriand trace en ces termes le portrait de l’Iroquois :

« 11 était d'une forte stature. Poitrine large, jambes musculaires, bras nerveux. Les grands yeux ronds de l’iroquois étincellent d'indépendance : tout son air était celui d’un héros. On voyait reluire sur son front les hautes combinaisons de la pensée et les sentiments élevés de Pâme. Cet homme intrépide ne fut point étonné des armes à feu lorsque, pour la première fois, on en usa contre lui ; il tint ferme au sifflement des balles et au bruit du canon comme s’il les eût entendus toute sa vie. Il n’eut pas l’air d’y faire plus d’attention qu’à un orage. Aussitôt qu’il put se procurer un mousquet, il s’en servit mieux qu’un Européen. Il n’abandonna pas pour cela le casse-tête, le couteau, l’arc et la flèche; mais il y ajouta la carabine» le pistolet, le poignard et la hache; il semblait n’avoir jamais assez d’armes pour sa valeur. Doublement paré des instruments meurtriers de l’Europe et de l’Amérique, avec sa tète ornée de panaches, ses oreilles découpées, son visage barbouillé de noir, ses bras teints de sang, ce noble champion du Nouveau-Monde devint aussi redoutable à voir qu’à combattre sur le rivage qu’il défendit pied à pied contre l’étranger. »

A ce portrait terrible Chateaubriand oppose la physionomie légère du Huron, qui n’avait de commun avec l’iroquois que le langage :

« Le Huron, gai, spirituel, volage, d’une valeur brillante et téméraire, d'une taille haute et élégante, avait l’air d’être né pour êtr~ l’allié des Français. »

Arrivons aux voyageurs contemporains. Nous donnons d’abord, d’après M. Paul Kane *, les portraits d’après nature et les costumes des Indiens sauvages qui habitent le pied des montagnes Rocheuses, dans le Missouri, et qui portent le nom de Creeks (fig. 239).

Nous donnons également, d’après une photographie, le portrait et le costume d’un Indien Creek, tribu qui occupe les plaines s’étendant au pied des montagnes Rocheuses, dans le Colorado (fig. 240).

Dans un Voyage aux États-Unis et au Canada, M. H. Deville eut l’occasion de visiter un établissement d’Iroquois. Ces sauvages se faisaient remarquer par leur teint rougeâtre et leurs traits grossiers. Ils portaient un chapeau rond , à larges bords, et se drapaient, à la façon espagnole, dans une pièce d’étoffe sombre.

La fabrication des chaussures indigènes forme la principale

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