Voir page 23, Introduction
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ou diminue selon que le front ou bien les mâchoires se projettent en avant. L’angle fhcial de l'Européen est d’environ 85 degrés, et il peut aller jusqu’à 90 degrés. Dans les statues anciennes de la Grèce, on trouve un angle de 100 degrés, c’est-à-dire l’angle droit. Or le Nègre, par son front fuyant en arrière et ses mâchoires proéminentes, ne donne un angle facial que de 68 à 70 degrés. 11 se rapproche en cela du singe, dont l’angle facial, pour les singes dits anthropomorphes, tels que l’orang-outang et le gorille, est de 50 degrés.
Cette faiblesse relative d’intelligence, qui nous est révélée par la petitesse de l’angle facial chez le Nègre, va être confirmée pour nous par l’examen du cerveau.
Les travaux des anatomistes de nos jours ont établi que ce n’est pas seulement la masse du cerveau qui est en rapport avec l’activité intellectuelle, mais que le véritable signe révélateur de la supériorité de l’esprit chez l’homme, c’est le nombre et la profondeur des sillons ou circonvolutions du cerveau. Or les contours et anfractuosités de la masse encéphalique chez l'Européen sont si nombreux et si profonds, qu’ils peuvent à peine se mesurer, tandis que chez le Nègre les circonvolutions sont moindres de moitié, sous le rapport du nombre et de la profondeur. Ajoutez que le cerveau du Nègre est sensiblement plus petit que celui du blanc. C’est surtout la partie antérieure, c'est-à-dire les lobes cérébraux, qui est bien plus considérable chez l’Européen. De là la belle courbure du front, qui est propre à la race blanche ou caucasique.
L'infériorité intellectuelle du Nègre se lit sur sa physionomie sans expression ni mobilité. Le Nègre est un enfant; il est, comme l’enfant, impressionnable, mobile, sensible aux bons traitements, susceptible de se dévouer, mais, dans certains cas aussi, sachant haïr et se venger. Les peuples de race nègre qui existent à l'état de liberté, à l’intérieur de l’Afrique, nous montrent, par leurs habitudes et l’état de leur esprit, qu’ils ne peuvent guère dépasser le niveau de la vie de tribu. D’un autre côté, on a tant de peine, dans beaucoup de colonies, à tirer un bon parti des Nègres, la tutelle des Européens leur est tellement indispensable, pour maintenir chez eux les bienfaits de la civilisation, que l’infériorité de leur intelligence, comparée à celle du reste des hommes, est un fait incontestable.
Sans doute, on pourrait citer beaucoup de Nègres qui ont dé-
passé les Européens par la portée de leur esprit. Les généraux Toussaint Louverture, Ghristofle et Dessalines n étaient pas des hommes ordinaires, et Blumenbach nous a conservé les noms de beaucoup de Nègres illustres, parmi lesquels il cite Jacob Captain, dont les sermons, les écrits théologiques, en latin et en hollandais, sont vraiment remarquables. 11 ne faut pas cependant juger ici par des cas individuels, mais par l’ensemble. Or l’expérience
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Fig. 2C.8. Village de khoutou dans le Zanguehar.
a prouvé que les Nègres sont inférieurs en intelligence à tous les peuples connus, même aux peuples sauvages de l’Amérique et des îles de l’Océanie.
Les peuplades nègres seraient excessivement nombreuses si tous leurs enfants vivaient, mais l’incurie et la paresse font périr une notable partie de leur progéniture. Les guerres continuelles auxquelles elles se livrent les unes contre les autres arrêtent également l’essor de la population. Malgré la fertilité du sol d’une
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grande partie de l’Afrique, l’imprévoyance et l’insouciance des indigènes amènent de véritables famines, qui déciment les tribus africaines.
Une autre cause de dépopulation, qui heureusement perd .en importance chaque jour, c’est la traite, que les Nègres eux-mèmes sont les plus ardents à entretenir. Ils vendent leurs enfants pour quelques verroteries, pour quelques flacons d’eau dc-feu.
La pensée s’attriste en se reportant aux temps , encore peu éloignés, où la traite et l’esclavage des noirs, qui ne sont aujourd’hui qu’une exception, étaient la règle universelle sur toute la côte de l’Afrique occidentale. On voyait alors les Nègres arrachés violemment à leur patrie et transportés sous d’autres climats, être réduits en esclavage, c’est-à-dire sacrifier leur vie et leurs forces à leur maître, et, pour le servir, s’épuiser à la peine, sans attirer sur eux la pitié que l’on a pour les bêtes de somme. Pour nos animaux, en eü'et, le repos suit la fatigue, et les aliments réparent les forces; tandis que la crainte des supplices, le fouet et les traitements les plus douloureux assujettissaient à un travail force les Nègres dans les colonies soumises aux Européens.
Depuis un demi-siècle, le commerce des noirs ayant soulevé l’indignation universelle, la plupart des États ont décrété l’abolition de la traite. La France, par ses lois, décrets et ordonnances de 1814 à 1848, a émancipé définitivement les esclaves dans toutes ses colonies. L’Amérique presque tout entière a suivi cet exemple depuis 1860 environ. Aujourd’hui des croisières permanentes, établies par l’Angleterre et la France sur les côtes de l’Afrique, rendent la traite des noirs, sinon impossible, [du moins difficile et dangereuse pour les hommes avides et barbares qui ne craignent pas de s’y livrer encore.
Cette traite, contre laquelle les nations européennes ont tant fait, compte encore, disons-nous, comme ses partisans les Nègres eux-mêmes. En effet, ces peuplades guerroient sans cesse entre elles, pour faire des prisonniers, et les vendre comme esclaves aux négriers qui viennent de contrebande visiter leurs rivages. On ne voit encore que trop souvent des convois d’esclaves, enchaînés au moyen d’une fourche de bois, traverser les forêts (fig. 269) et se rendre au vaisseau négrier mouillé sur quelque crique déserte.
Depuis l’abolition presque générale de l’esclavage, on remarque que beaucoup de tribus nègres vivent entre elles de meilleure in-
y ig. Convoi de Negres Cipufs.
telligence. Les pères aiment un peu leurs enfants depuis qu’ils n’ont plus l’espoir de les vendre pour une bouteille de rhum ou un collier de verre!
Du reste, l’esclavage des Nègres n'est pas une institution sociale de date récente. Les Romains possédaient des esclaves noirs. Les Égyptiens avaient précédé les Romains dans le meme usage. Plus anciennement encore, les Assyriens et les Babyloniens avaient des esclaves noirs. Il y a trois mille ans, les Arabes et les Turcs ravissaient des Nègres. Ils remontaient le Nil dans de grandes barques, récoltant sur leur passage les noirs, qu’on leur livrait dans la Nubie et l’Abyssinie. Revenus dans la basse Égypte, chargés de ce bétail humain, ils le vendaient, pour en faire des ouvriers esclaves.
Une cruauté, qui va quelquefois jusqu’à la férocité, est le triste privilège de quelques tribus nègres. Molien disait des habitants du Fouta-Toro, que ces Nègres n’avaient pris de la civilisation que ses vices. Ce reproche est vrai pour quelques tribus de Nègres modernes. Les habitants du Dahomey, royaume nègre qui s'étend aux bords du golfe de Guinée, se distinguent de tous les noirs par leur froide et repoussante cruauté. Pour eux, tuer, massacrer est un plaisir, que se refuse rarement celui qui peut se le permettre ; et le métier de bourreau est recherché par les plus riches et les plus puissants du pays, comme donnant l’occasion des plus désirables jouissances.
Pour se faire l’idée d’un pareil débordement de férocité et de perversion, il faut lire dans le Tour du monde la relation épouvantable faite de visu par un voyageur, le docteur Répin, qui parcourut le Dahomey en 1856. Le cœur nous manquerait pour retracer ici le tableau de cette froide cruauté.
Les Nègres imposent aux femmes de durs travaux. Chez eux la femme n’est qu’un auxiliaire du travail, un serviteur de plus. La fabrication de la farine et du pain, le travail de la terre, etlesplus fatigantes occupations, sont le lot de la Négresse dans sa patrie. On a dit, peut-être avec raison, que pour les Négresses l’ancien esclavage était un bienfait: elles ne faisaient que changer de tyrans.
Nous représentons d après le voyageur Livingstone (fig. 270) la manière dont les peuples nègres broient le grain. Le grain est placé sur une pierre creusée d’un trou, et une femme l’écrase à l’aide d’un caillou rond. La farine tombe par la déclivité de la pierre et est recueillie sur une natte.
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Les Nègres ne possèdent que d’une manière bien voilée les notions religieuses; ils croient sans doute àuu Dieu suprême, à un créateur, mais ils s'adonnent avec excès aux pratiques du fétichisme.
Les fétiches des Nègres sont des espèces de divinités secondaires, subordonnées au grand Dieu, maître de la nature. Seulement chacun choisit pour fétiche ce qu’il lui plaît : le feu, un arbre, un serpent, un chacal, l'eau, un porc, et jusqu’à un morceau de bois taillé de main d'homme. Le culte du serpent est très en faveur chez les habitants du Dahomey. Ils lui construisent des tentes, des demeures. On les nourrit en grand nombre et on leur permet de circuler où bon leur semble. La mort frapperait celui qui voudrait tuer ou poursuivre les serpents fétiches.
La croyance au pouvoir du hasard ou du destin domine chez ces hommes grossiers. Ils sentent que les événements ne dépendent pas de leur volonté, mais d’une puissance occulte, qui dirige tout et qu'il faut se rendre favorable. De là les magiciens et les oracles chargés d’écarter le mauvais sort ou les destins contraires. De là aussi l’innombrable quantité de fétiches. Chaque Nègre a le sien, auquel il sacrifie aussi longtemps qu'il en obtient quelque chose, et qu'il abandonne dès qu’il reconnaît son inutilité. Triste ellet de l’abrutissement naturel de ces peuples!
Ces graves défauts de la race nègre considérée à letat sauvage ne doivent pas faire oublier ses aptitudes. Quand il a été arraché à la vie de tribu ou délivré des fers qui pesaient sur lui, le Nègre manifeste quelques qualités, qu'il nous reste à mettre en relief.
Disons d’abord que les Nègres ou les mulâtres qui résultent de leur union avec les blanches sont souvent pourvus d’une mémoire extraordinaire, qui leur donne une grande facilité à apprendre les langues. Ils ne tardent pas à s'approprier le langage des peuples au milieu desquels ils se trouvent. Ils parlent l'anglais dans l’Amérique du Nord, l’espagnol dans l’Amérique centrale et dans l’Amérique du Sud, le hollandais au cap de Bonne- Espérance. Ils peuvent même changer de langue en changeant de maître. Si un Nègre hollandais entre au service d’un Anglais, il abandonnera l'idiome du premier pour celui du second, et il oubliera son ancien langage. Bien plus, leur mémoire relient quelquefois en même temps des langues fort différentes. Des voyageurs ont trouvé au milieu de l'Afrique des commerçants nègres qui, en rapport avec dilférentes nations, s’exprimaient dans
plusieurs langues, et en même temps comprenaient l’arabe, le copte et le turc.
Les villes habitées par les Nègres ressemblent quelquefois à s'y
'.*70. Africaine bruyant du yrain.
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méprendre à des cités européennes; il n'y a qu'une différence de degré dans leur civilisation et leur industrie comparées à celles de l’Europe. Seulement les villes proprement dites sont très-espacées dans l’intérieur de l'Afrique, mais les voyageurs en signalent tous les jours de nouvelles, et l’avenir nous révélera peut-être sur la civilisation de l'Afrique centrale des particularités que nous soupçonnons à peine.
Les Nègres ne sont pas mauvais calculateurs; ils comptent de tête avec une grande rapidité, et surpassent de beaucoup, sous ce rapport, les Européens.
Les arts industriels sont exercés avec un certain succès chez beaucoup de tribus nègres. L’extraction du fer de ses minerais se fait assez facilement pour que l'art de la métallurgie, le métier de fondeur et de forgeron soient pratiqués dans tous les villages nègres. 11 y a dans la Sénégambie et dans beaucoup de pays nègres de l’intérieur d'excellents forgerons et fondeurs (fig. -271).
La fabrication des boissons fermentées, telles que la bière, le vin de sorgho, etc., est également mise en pratique avec beaucoup d'intelligence ifig. 27-2).
Le talent d’imitation des Nègres est très-remarquable. Ils saisissent et savent reproduire avec fidélité les traits caractéristiques ou les allures d'un individu, si ces traits prêtent à rire. Aussi l’humeur du Nègre est-elle, en général, gaie et plaisante. Ils aiment à se moquer de leur maître, de leurs surveillants, des enfants du logis, etc. C’est pour eux un bonheur de s'égayer à leurs dépens.
Toutefois l'art d’imitation qui est propre aux Nègres ne va pas jusqu’à leur donner le talent des arts. Le dessin, la peinture, la sculpture leur sont inconnus, et il est impossible de leur donner la moindre habileté dans les arts par des leçons et des conseils. Leurs temples, leurs demeures ne sont décorés que d'informes ébauches. Les Nègres de nos jours sont moins habiles dans l'art du dessin et de la sculpture que ne l'étaient les hommes antédiluviens qui habitaient nos contrées.
Si les Nègres sont rebelles aux arts plastiques, ils sont au contraire très-sensibles à la musique et à la poésie. Ils chantent, dans leurs fêtes et leurs récréations, des mélopées bizarres et expressives. On trouve même dans quelques royaumes nègres une caste de chanteurs qui est, dit-on, héréditaire. Ces chanteurs sont en même temps les historiens de la tribu.
Les instruments de musique sont assez nombreux chez les
Nègres. Au tambour, qui tient une si grande'place dans la mu-
Kig. 271. Forcerons de rilunyaiuonexi (dans le Zanguebar).
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sique des Arabes, ils ajoutent des flûtes, des triangles, des cloches, et môme des instruments à cordes, qui portent depuis huit jusqu’à dix-sept cordes. Ces cordes sonores sont fournies par la queue de l’éléphant. Ils ont encore des instruments à cordes fines • tendues sur des écorces de concombre, et qui sont des espèces de harpes ‘grossières. Les Nègres Mandigos. qui vivent sur les bords du Sénégal, vers le milieu de son cours, ont des espèces de clarinettes de quatre à cinq mètres.
« Les Nisprcs, dit Livingstone dans son ouvrage intitulé Exploration» du 7. ambése , ont eu leurs bardes; ils en ont môme encore, mais la tradition ne conserve pas leurs épanchements. L'un de ces ménestrels, un véritable poêle, autant que nous pouvons en juger, nous a suivis pendant plusieurs jours. Dans tous les endroits où nous avons fait halte, il a chanté nos louanges en des strophes faciles et harmonieuses, formées de vers blanccomposés de cinq syllabes. Tout d'abord le chant n’avait que quelques lignes; mais chaque jour l'auteur, recueillant de nouveaux détails sur nous, allongeait son poème, et notre éloge a fini par devenir une ode d'une assez belle longueur. Quand la distance où il était de chez lui l'obligea de nous quitter, il nous en exprima tous ses regrets; il retourna dans ses foyers, après avoir touché, bien entendu, le prix de ses louanges, non moins utiles qu'agréables.
« Un autre enfant d’Apollon, moins bien doué il est vrai (encore un Itatoka), fait partie de noire escorte. A la veillée, pendant que les autres jasent, font la cuisine ou donnent, il redit ses poèmes, où il raconte tout ce qu’il a vu chez les blancs, et ce qu’il a remarqué sur la route. Il en résulte que tous les soirs quelque chant nouveau s’ajoute à son odyssée. L'improvisation d’ailleurs lui est facile : jamais il ne reste court; si le mol lui échappe, il ne s’arrête pas pour cela, il remplit la mesure d’un son particulier qui n’a pas de sens, mais qui conserve le rhythme. En récitant ses poèmes, il s'accompagne sur la tau»a, instrument pourvu de neuf touches en fer, que l’on Trappe avec le pouce, tandis que les doigts en maintiennent la boite. La partie creuse et décorée fait face il l’artiste. Les gens qui ont le goût de la musique et ne sont pas assez riches pour acheter cet instrument, le remplacent, ou plutôt s’en font un avec de grosses tiges de sorgho dont ils forment la caisse ; ils fabriquent les touches avec des éclats de bambou. Le son est faible, mais n’en parait pas moins ravir l’exécutant. Quand on ajoute à la saura une calebasse, en guise de table d'harmonie, elle est naturellement plus sonore. On y met de3 fragments de coquille et des morceaux d’étain qui joignent leur cliquetis aux accords du virtuose: enfin la calebasse est ornée, comme on peut le voir dans les gravures ciaprès (fig. 273 et 274'. »
On peut remarquer que la musique des Nègres ne se borne pas à la mélodie. Ils ne se contentent pas d’accompagner les voii à l'unisson avec leurs instruments; ils ont quelques principes
d'harmonie. Ils accompagnent les voix à la quarte, à la sixte, à
l’octave de l'instrument; les autres intervalles musicaux leur
Fijf. 27*2. Fabrication de la lucre dans le Zanguebar.
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sont moins Familiers, excepté lorsqu’ils les emploient quelquefois pour exprimer l’ironie ou le blâme. L’état avancé de la musique dans les tribus nègres est d’autant plus à remarquer, que chez les anciens peuples européens, chez les anciens Grecs, à l’époque
Fig. *273. Instruments de musique des Nègres africains.
la plus brillante de leur histoire, on n’avait aucune idée de l’harmonie en musique.
Ainsi les facultés des Nègres peuvent, sous certains rapports, se
Fig. 27 i. Violon africain.
développer, et il est établi que des Nègres qui vivent depuis plusieurs générations dans les villes de nos colonies, et qui sont en contact perpétuel avec les Européens, se perfectionnent à ce contact, et voient augmenter leurs facultés intellectuelles.
En résumé, la famille nègre a moins d’intelligence qu’aucune
autre famille humaine; mais ce n'est pas une raison pour justifier
les persécutions odieuses dont ces infortunés ont été victimes dans tous les temps. Aujourd’hui, grâce au progrès de la civilisation,
Fig. Q7 3. Musiciens des bords du Zumbèsc.
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l’esclavage est aboli dans la plus grande partie du monde, et ses derniers restes ne tarderont pas à disparaître. Ainsi finira, pour l'honneur de l’humanité, une coutume barbare, héritage malheureux des temps anciens, répudiée par le moderne esprit de charité et de fraternité. Avec elle disparaîtra l’infâme trafic qui s'appelle la traite.
Cependant il faudra bien du temps pour rendre une égalité sociale aux Nègres affranchis. Nous ne saurions dire avec quel mépris sont traités, dans l'Amérique du Nord et du Sud, les Nègres rendus à la liberté. Ils sont à peine considérés comme des hommes. Malgré l’abolition de l'esclavage, on les tient toujours à l'écart de la population blanche. Des siècles seront nécessaires pour effacer chez les Américains ce préjugé enraciné. Notre pays même a eu quelque peine à s'en affranchir, puisqu’un édit de Louis XIV retirait la noblesse à quiconque s’alliait à une Négresse et même à une mulâtresse.
L’adoucissement général des mœurs finira par effacer entièrement, il faut l’espérer, ces distinctions si cruelles et si injustes pour les malheureux qu'un destin fatal condamne à l’état de perpétuelles victimes, sans qu’elles aient fait autre chose pour mériter leur sort que de naître sous les cieux africains.