‹ Les races qui meurentChapitre 4 sur 16 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Le surlendemain, Bernard apparat au Menée. En voyant arriver son fiancé, Sylvie, violemment émue, comprit qu'il venait pour répondre à la lettre qu'elle lui avait écrite. Le chevalier était parti le matin même pour Paris.

• — C'est toi, Bernard ! s'écria le baron, lui serrant affectueusement la main. Par quel hasard? Astu quelque bonne nouvelle à nous annoncer? Serais tu nommé à Vannes, comme tu le désires?

— Hélas! non, mon cousin, dit Bernard. Je ne sais rien de bon à vous apprendre. Je suis venu pour répondre à la lettre de Sylvie...

— Sylvie t'a écrit ?

La chanoinesse rougit un peu, sous le regard de son père et de sa grand'mère.

— Et à quel propos? comment ne l'ai-je pas su ? dit le baron mécontent, car il devinait ce que sa fille avait pu écrire.

— Après la renonciation que j'ai faite, j'ai pensé que je devais rendre, à mon liancé, sa parole...

Le baron allait parler ; Bernard le devança :

— Je ne reprends pas ma parole; nous sommes fiancés ; nous nous aimons. Nous nous marierons aussitôt que ma position pécuniaire sera suffisante pour cela. Il n'y a rien de changé à nos engagements.

Le jeune homme dit cela d'un ton grave, mais sans élan. La chanoinesse nota cette nuance et son âme en fut angoissée. Le baron, lui, ne remarqua rien ; il entendit seulement les paroles ; il était bon père, et eût été fâché que sa fille fût forcée d'entrer au couvent sans y être entraînée par son cœur. Il s'écria :

— Pardieu ! j'en étais sûr ! L'argent est une chose secondaire lorsqu'on aime. Et sois tranquille, Bernard; Sylvie ne sera pas aussi pauvre que tu peux le craindre. Au contraire, le chevalier va se trouver dans une situation telle, qu'avant six mois, il aura assuré l'avenir de sa sœur. C'est un prêt, et non pas un don.

Bernard s'inclina sans répondre, et se tournant vers grand'mère, il lui parla avec une affection nuancée de respect, qui lui avait attiré la véritable amitié Je la vieille dame.

— M'approuvez-vous, Bernard ? demanda Sylvie à mi-voix.

Sans doute il n'entendit pas, car il ne fit aucune réponse; il apprenait à grand'mère que son histoire de Bretagne allait paraître en librairie, et qu'il était proposé pour les palmes académiques.

— J'ai reçu des félicitations d'un membre de l'Institut, continua-t-il; peut-être essayerai-je d'avoir un prix?...

— Allons! tout va bien, dit le baron, qui voyait la vie en rose, depuis que le chevalier avait de si hauts projets. Dînons. Tu nous conteras, à table, tes succès.

Pendant le dîner, Sylvie rencontra plusieurs fois le visage de Bernard; et à travers la tendresse qu'il exprimait, elle lut un autre sentiment qu'elle sut mal définir. De la gêne ?... un peu de raideur... Troublée elle-même d'une attitude qu'elle ne s'expliquait pas, elle attendit avec impatience la fin du repas, et lorsque grand'mère dit :

— Allez, enfants... allez voir la lande.

Elle jeta avec empressement sa mante sur ses épaules.

— -Moi, je ne sortirai pas, dit Valérie, qui depuis deux jours était préoccupée à tel point que la chanoinesse s'en fût aperçue, si elle n'eût été prise par ses propres pensées. Je vous tiendrai compagnie, grand'mère...

— Tu sais, ma petite-fille, je dors après dîner...

— Je VOUS regarderai dormir, vous ne dormez jamais longtemps, et après, je vous conterai quelque chose.

— C'est toujours moi qui conte de vieilles histoires, cependant, répliqua grand'mère, eu caressant de ses doigts blancs les cheveux de sa petitefille. Cette fois-ci, c'est donc toi qui me feras des contes?

— Oui, grand'maman !... dit Valérie rougissante.

La chanoinesse ne remarqua pas l'émotion de sa cousine; mais grand'mère la remarqua, elle, etson cœur tressailUt; elle eut l'intuition que c'était à ce cœur de bonne grand'mère qu'on allait s'adresser, et que ce conte qu'elle allait entendre, c'était l'éternelle chanson qui gazouille dans les cœurs de vingt ans... la même qui, autrefois, bien des années auparavant, avait fait battre son cœur, et dont le souvenir lui faisait monter aux joues un flot rose comme le teint d'une jeune fille.

— Eh bien, enfant, raconte. Je dormirai après... Elle alla s'asseoir dans son fauteuil de paille, près

de la fenêtre; Valérie se blottit près d'elle, sur un tabouret bas; le baron était parti; Sylvie et Bernard sortirent, et traversant la cour, se dirigèrent vers la lande, vers l'immensité plate et morne, semée de menhirs, et qui avait toutes les tristesses et les tragiques aspects de l'océan, par ce soir de novembre»

OÙ passait une bise froide, avant-courrière des neiges prochaines.

Les deux jeunes gens marchèrent en silence. Depuis plusieurs mois ils ne s'étaient pas vus; ils ressentaient un réel bonheur à se sentir réunis de nouveau. Mais ce bonheur, chez Sylvie, était gâté par la réserve qu'elle devinait en Bernard.

Ils errèrent dans les longues allées de menhirs; à leur droite, un bois de cyprès s'eoipourprait des tons ardents du soleil couchant. Une lueur rouge sombre transparaissait à travers les ramures de ces arbres tristes, dont les feuilles formaient comme une frange de deuil sur la sanglante tenture du ciel. Une mousse épaisse craquait sous les pieds; un silence solennel emplissait la vaste solitude. Tous deux s'arrêtèrent, saisis par la majesté triste des choses pourtant familières, mais si émouvantes à certaines heures, que leur âme en subissait la domination. Et Bernard, d'une voix grave, murmura ces paroles d'un vieux barde gaulois:

« Pierres grises, vous raconterez notre grandeur à ceux qui viennent à l'horizon des siècles. »

Et toute la poésie de la solitude, du silence et de l'interminable suite d'âges que marquaient ces pierres dressées là, bornes miliaires posées par l'humanité encore barbare, emplit leur cœur.

— Il y a dans la contemplation des choses, d'une antiquité primordiale, un charme puissant, dit Ber-

nard, pensant tout haut, plutôt qu'il ne parlait. Les siècles se sont amasse's sur l'œuvre d'un être humain, sans détruire cette œuvre, alors que l'esprit créateur est enfui depuis des milliers d'années. Mon âme s'émeut à la contemplation des antiquile's assyriennes et égyptiennes, en retrouvant la pensée humaine après trente à quarante siècles, intacte et rayonnante, dans une sculpture ou une inscription funéraire !... Mais combien plus émouvantes, ces pierres, ancêtres de tous les monuments, primitives ébauches de la pensée, alors que l'Art n'existait pas encore. Ce sont nos vieux pères, les Celles, qui dressèrent ces pierres fièrement, eu face de l'océan, sur cette lande déserte; ils y ont si fortement gravé leur empreinte que l'âme du peuple armoricain l'a conservée... Nous sommes des Gaulois et non pas des Latins, nous autres !...

Sylvie demeura muette ; son esprit était assez cultivé pour qu'elle pût comprendre et partager l'émotion de Bernard; comme lui, elle avait !e sens du Beau. Ce sens avait été développé par ses lectures, et par ses entretiens avec son fiancé, âme élevée, accessible aux grandes émotions de l'Art. Elle était son obligée pour le développement intellectuel qu'il avait favorisé en elle; elle l'admirait autant qu'elle l'aimait, et elle était heureuse et fière de lui devoir beaucoup. Ils demeurèrent silencieux et immobiles; un coup de vent froid i)assa sur la

LES RACES QUI MEURENT /i

lande, et fit frémir les courtes bruyères qui parsemaient la mousse; Sylvie serra sa mante autour d'elle.

— Vous frissonnez, dit vivement Bernard. Marchons. Si nous restonsimmobiles, vous aurez froid.

Us firent quelques pas, et Sylvie, revenant à sa préoccupation, dit :

— Qu'avez-vous, Bernard ?

Il la regarda, ne comprenant pas, tout d'abord.

— Oui, qu'avez-vous? Je sens en vous une réserve, un je ne sais quoi qui me glace. N'approuvezvous pas ce que j'ai fait ? Quelle a été votre impression, en recevant ma lettre 1

— Oh ! très pénible, dit-il d'une voix un peu contrainte. J'ai souffert en constatant combien facilement vous me rendiez ma parole, et vous résigniez à une rupture.

— Bernard ! Oh !... Pouvez-vous me méconnaître ainsi ! s'écria-t-elle avec un accent si douloureux, qu'il regretta l'amertume de ses paroles. Quoil N'avez-vous pas su lire, entre toutes les lignes, le déchirement que j'éprouvais à renoncer à tout bonheur en ce monde !

Bernard répondit :

— Non. Ce n'est pas cela que j'ai lu entre les lignes.

— Quel autre sentiment y avez-vous donc vu?

y8 LES RACES QUI MEURENT

Il hésita un moment.

— Ne me poussez pa?, Sylvie; si je commence à parler, je vous dirai tout ce que je pense, au risque de vous froisser ; — et peut-être devrais-je le faire. Mon impression a été si pénible que j'ai demandé immédiatement un congé pour affaires de famille; je voulais vous demander de me promettre que rien ne nous séparera jamctis...

Sylvie, émue, mit ses mains dans celles de Bernard ; elle dit, après un silence :

— Je vous demande de me dire ce que vous pensez, dussiez-vous me froisser, comme vous le craignez. Rien de secret ne doit être entre nous. Je veux savoir toutes vos pensées, comme vous savez toutes les miennes. Deux fois, déjà, je vous ai demandé si vous m'approuviez; deux fois, vous avez évité de me répondre. Je vous prie de le faire, en toute sincérité,

Bernard devint très grave; il dit, en posant son regard sur celui de Sylvie, qui l'interrogeait, anxieuse :

— Non, je ne vous ai pas approuvée; ce que j'ai lu entre les lignes de votre lettre, ce qui resplendissait à travers chaque mot... c'est cet orgueil de caste que je déplore, et qui dépare en vous la plus charmante nature de femme.

La chanoinesse rougit; elle recula d'un pas, et sa physionomie s'arma d'une froideur qui eût arrêté tout autre que Bernard.

— Je VOUS froisse; je l'avais prévu; mais je continuerai d'expliquer ma pensée, car je vous

aime.

— Yons me jugez bien mal, cependant, pour avoir attribué à l'orgueil ce qui n'était dû qu'à mon amitié pour mon frère.

— Vos paroles prouvent que vous vous leurrez vous-même. Interrogez-vous sérieusement, et vous verrez que ce qui domine en vous n'est pas l'affection pour Humbert. Cette tendre amitié serait, d'ailleurs, peu justifiée. Le chevalier s'aime luimême au-dessus de tout...

— Bernard !...

— Pensez-vous qu'il eût fait à votre avenir, le sacrifice que vous avez fait au sien ! Se fût-il dépouillé de tout pour vous ?

— Ce n'est pas la même chose... répliqua la chanoinesse avec vivacité. Humbert porte notre nom...

— Vous voyez bien que c'est à ce nom que vous avez sacrifié votre avenir; c'est pour ce nom, que vous avez délibérément pris le parti de rompre avec moi... oh ! sans doute, vous vous exaltiez au sacrifice, en considérante quelle hauteur de dévouement vous vous posiez; mais avez-vous songé, qu'en me déclarant une rupture, vous me sacrifiiez, moi aussi ? Et vous êtes-vous demandé si vous en aviez le droit i

Sylvie, très agitée, répliqua durement :

— Je ne pensais pas qu'une misérable question d'argent pût vous émouvoir à ce point '^

— N'essayez pas de me blesser, Sylvie ; vous m'avez peiné, en me prouvant que vous préfériez votre orgueil à notre amour : c'est assez. La preuve que cette misérable question d'argent vous semblait sérieuse, c'est que vous avez cru devoir, à ce sujet, me rendre ma parole.

— J'ai agi ainsi, par délicatesse. Tous aussi, sans doute,en venanlici m'assurer querien n'estchangé?... Mais, il est encore temps de vous dédire, mon ami. Et je préfère une rupture que j'aurai provoquée moimême, à des reproches de cette nature. Je saurai supporter le poids de ma responsabilité.

— Toujours l'orgueil. Vous ne pouvez admettre un blâme, et vous ne songez qu'à vos propres froissements de vanité.

Les deux jeunes gens, très agités l'un et l'autre, essayèrent de contenir l'explosion de sentiments tumultueux qui les bouleversait. Bernard, plus maître de soi, reprit d'une voix ferme :

— Ecoutez-moi, Sylvie. Une telle explication doit èlre poussée jusqu'au bout, afin que nous n'y revenions jamais. Nous sommes dans la vie réelle, et non pas dans la fausse noblesse du roman. Le ton de hauteur avec lequel vous avez pensé me cravacher, en parlant de cette misérable question d'argent,

est la naïveté d'une jeune fille qui ignore absolument la vie. Croyez-moi, mon enfant, ces questions, misérables en effet, tiennent une large place... C'est une chose pénible, que la pauvreté absolue pour soi et pour les siens. Tout élan vers la beauté, vers l'idéal, vers le travail intellectuel se trouve, à la longue, annihilé par des préoccupations basses et matérielles, qui finissent par envahir chaque heure de l'existence. Je ne me figure pas de plus profonde humiliation que de voir la femme que l'on aime souffrir chaque jour de privations... abaissée à des travaux vulgaires, forcée à de sordides économies. Je ne vous vois pas, ma belle chanoinesse, aux mains blanches, récurant des vaisselles ou frottant des planchers. Vos doigts furent faits pour les bagues précieuses, et non pas pour toucher les choses noires et malpropres...

Sylvie sourit, en secouant les épaules.

■ — Les bagues précieuses, mes doigts s'en passeront toujours.

— Qui sait?... Je travaille ; je me sens une ardeur de gloire... Mon premier livre a réussi. J'en ai dix autres dans la tête... Et vous serez fîère de votre mari...

Il prit la main de Sylvie, et la passa sous son bras ; ils revinrent lentement vers la maison.

— Je me sens de force à soutenir la lutte ; et, en somme, j'aurai l'honneur de l'avoir entreprise, con-

tiniia Bernard, avec une expression de courage et de fieri.é, qui gonfla le cœur de Sylvie... Laissons donc de côté ce qui est accompli... Parions de l'avenir. Promettez-moi, Sylvie, promettez-moi solennellement, que vous ne vous laisserez plus imposer aucun sacrifice, pour ce que vous appelez la gloire de votre nom... Tout être humain a le droit de vivre sa vie, et avant de se sacrifier soi-même, il faut regarder si, en ce faisant, on ne sacrifie pas aussi le bonheur d'un autre. C'est un devoir sacré. Vous ne vous devez pas seulement aux Carcabœuf, mais à moi.

— Vous déraisonnez, Bernard, Que pourrait-on me demander, puisque je n'ai plus rien... A moins que vous ne comptiez l'héritage de mon oncle Adhémar ; mais grâce à Dieu, il n'est pas mort.

— Grâce à Dieu ; car il est un galant homme, que j'estime et que j'aime. Ce que l'on pourra vous demander, je ne le sais pas... mais je crains, .

— On ne m'a rien demandé. C'est moi qui ai offert.

— On ne devait pas accepter.

— Vous blâmez mon père ?

— Je ne nomme personne. Ce que je sais, c'est que si j'avais le bonheur d'avoir des enfants, je me reprocherais de sacrifier l'avenir de l'un, aux ambitions malheureuses de l'autre.

— Aux ambitions malheureuses...

— Sans doute ; il faut votre loyauté et votre ignorance absolue, pour espérer qu'un homme comme Humbert est de taille à devenir quelqu'un !

Froissée, Sylvie murmura :

— En vérité, Bernard, vous semblez prendre à tâche de blesser mes sentiments les plus respectables.

— J'ai cru que je pouvais penser tout haut devant vous ; je crois que votre frère n*aime que lui, et en outre, n'a ni l'intelligence, ni l'instruction nécessaires pour réussir. De plus, il se lance dans des affaires financières, qui sont dangereuses pour les gens honnêtes ; il se met entre les mains d'individus qui me semblent plus que suspects. Les détails que m'a donnés le baron, tout à l'heure, m'ont consterné. Il faut n'avoir pas entrevu le monde, pour prendre au sérieux ce personnel cosmopolite, cet ex-ambassadeur, ce journaliste, ces ducs et comtes, qui mènent large vie, sans ressources connues. Si Humbert s'en tire sans autre dommage que la perte de son argent, je l'estimerai très heureux. Dieu veuille qu'il ne soit que dupe ! Dieu veuille que le nom des Carcabœuf, dont vous êtes fière, ne reçoive pas quelque éclaboussure de fange !...

La chanoinesse, le cœur serré, se rappelait les

paroles de l'oncle Adhémar, toutes semblables à

celles-ci ; et sa confiance commençait à être ébranlée.

— Vous m'attristez ! dit-elle. C'est mal.

— J'ai tort ! reprit-il vivement, se reprochant d'avoir exprimé tout le fond de sa pensée, et craignant qu'elle eût vu combien peu il estimait Humbert... En somme, quelquefois, ces affaires réussissent. Et le chevalier se hâtera de chercher une riche héritière, et d'abandonner son poste à la Banque.

— Oui. Ne dites pas à mon père ces choses-là. A quoi bon l'inquiéter, puisque sa résolution est accomplie !

— Tous avez raison... Nous voici près du logis, et avant que nous rentrions, je vous demande de me donner votre parole d'honneur que vous ne prendrez aucune décision grave, sans m'avoir consulté d'abord...

— Bernard, mais que pouvezvous craindre?...

— Je ne le sais pas... J'ai l'âme triste, d'un pressentiment mal défini. Et c'est pour cela que je vous demande, très sérieusement, votre parole, de ne vous décider à aucun acte décisif, sans m'en parler...

— Je vous la donne, dit la chanoinesse, en mettant sa main dans celle de Bernard.

— Bien. Je suis rassuré. Parole de Carcabœuf vaut parole de roi. Je ne sais pas encore l'époque où je pourrai être nommé à Vannes, et où nous nous marierons. Peut-être pas avant un an...

LES RACES QUI MEURENT 8o

— Eh bien... nous attendrons... Dix ans s'il le faut.

— Chère, vous avez dit cela vaillamment ! Mais moi, je veux être heureux avant un si long temps.

Ils entrèrent dans la cour de la ferme, le cœur plein d'un bonheur ineffable. Mais, à peine eurent-ils ouvert la porte de la grande salle, qu'ils virent un spectacle qui leur fit oublier leurs propres affaires, et les ramena vers une réalité attristante. Grand'mère, pâle et tremblante dans son fauteuil, regardait ses deux fils, le baron et Adhémar, qui évidemment échangeaient des paroles furieuses.

Page 1