CHAPITRE X
Le lendemain, la chanoinesse passa toules les heures de sa matine'e à remettre un peu d'ordre dans le logis ; depuis une semaine que les maîtres étaient absents, la vieille servante Marie-Anne avait laissé aller les choses, se contentant de traire la vache, et de donner du grain aux poules. L'âge la rendait paresseuse, et Sylvie ne lui fît pas de reproches ; elle s'occupa seulement de remettre les choses en ordre, et de préparer le déjeuner.
Le baron et son fils, sortis dès le malin, n'avaient pas reparu. La chanoinesse, se penchant à l'une des lucarnes de sa tourelle, les aperçut dans la lande. Ils parlaient... ou plutôt le chevalier parlait avec animation, et le baron, la tète basse, les épaules courbées^ l'attitude pensive, écoutait.
Le cœur de Sylvie se serra ; elle eut l'intuition que son frère apprenait, au baron, la catastrophe survenue, la fuite des banquiers, la perte de tout son avoir. En même temps, elle se dit qu'elle avait une
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petite fortune pour ces gens dénués de tout jusqu'alors, cinquante mille francs étaient une fortune), c'est-à-dire, le pouvoir de remédier à tout ce mal...
Oui. Il fallait suivre le conseil de Bernard, prendre l'hypothèque, et naturellement n'en pas toucher le? intérêts. La somme n'était que de vingt mille francs ; il lui en resterait trente mille; sur ceci, il est vrai, elle devrait prélever sa part de la pensi'n,^ de grand'mère : six cents francs par an. Toutes ces choses accomplies, un petit capital de quinze mille francs lui demeurerait, et la volonté de l'oncle Adhémar serait en partie respectée...
Bon oncle Adhémar!... Elle avait été froissée, d'abord, de la sévérité de son jugement; et puis, elle avait fini par comprendre dans quelles intentions il avait agi... Sa conversation, si pénible^ pourtant, avec Bernard, avait contribué à lui ouvrir les yeux sur ce sujet...
A midi, les deux hommes rentrèrent. On se mit à table tristement. La place vide de grand'mère causait une émotion pénible au baron et à Sylvie. Quant au chevalier, il était trop occupé de ses affaires, pour s'attarder à des regrets de pur sentiment.
Après le repas, rapidement terminé, .Marie-Anne enleva le couvert et quitta la salle. Et le baron dit à sa fille qui se levait :
— Reste, mon enfant. Ton frère désire te parler.
La chanoinesse regarda Humbert, et comprit aussitôt quel sujet il allait aborder... En même temps, avec une lucidité qui la peina elle-même, elle se souvint des paroles de Bernard :
« On va faire appel à votre générosité... Je n'estime pas votre frère. >:
Humbert attaqua la question avec la brutalité qui lui était habituelle. Il dit d'un ton brusque :
— Trouves-tu que le testament de l'oncle Adhémar soit juste ?
Sylvie, un peu suffoquée, répliqua :
— Je n'ai pas à blâmer notre oncle. Si tù entends dire qu'il est regrettable que j'aie cette fortune à ton détriment, je suis de ton avis. Nul plus que moi n'en est désolé.
— J'étais sûr de loi, mon enfant, reprit le baron d'un ton de tendresse qui ne lui était pas habituel. Oui, je conaais ta droiture, ton désintéressement. Je savais que tu aurais horreur d''un renversement si complet de toutes nos coutumes. Déshériter l'aîné, celui qui porte le nom, pour favoriser une femme, cela est contraire à toutes les lois établies par la sagesse de nos pères... dont le jugement valait bien le nôtre, je crois !... Je ne veux pas blâmer Adhémcy, il est mort ; il était mon frère ; et il y avait entfe nous une vieille affection qui survivra à tout. Mais il a renié nos traditions de race ; ses idées étaient subversives ; sa vie d'aventures l'avait fait dissem-
blable des siens. Il m'a, par son Ie8t8 ment, causé un chagrin profond. Et je dois apiie'tT à moi tous mes sentiments de chrétien, pour ess lyer d'oublier l'injure qu'il m'a faite.
Péniblement émue, Sylvie ne répondit pas. Elle souffrait de constater combien son père avait été humilié ; elle partageait aus,-i ses idées sur les vieilles traditions de race; et pcnirtant, au fond de son cœur, une tristesse aussi lui vi nait, d'être comptée pour si peu, qu'il semblait qu'en la favorisant l'oncle Adhémar eût favorisé une étrangère.
Humbert reprit :
— J'étais sûr que Sylvie ^mprendrait combien il est pénible pour moi ^'Mre déshérité par mon oncle, sans que j'aie rieu lait pour m'attirer une pareille injustice...
— Parle, dit Sylvie... Que doi?-je faire?
— Je dois t'apprendre auparavant que j'ai eu le malheur de ne pas réussir dans mon entreprise. Mais peut être Bernard te l'a-t-il dit ?
— Il m'en a parlé, en effet.
— Cela ne m'étonne pas 1 EnLOïc un monsieur qui se croit infaillible, et se perm*.' Je juger, blâmer, conseiller et réprimander !... Un [lion de collège... un cuistre, tout fier de lui parce lu'il compose des bouquins que personne ne lit!...
— Je désire, répliqua la cl; nioinesse de son air le plus hautain, que mon tiancé soit res-
pecté comme il mérite de l'être. C'est un homme loyal, intelligent, et qui nous aime. 11 nous l'a prouvé.
Humbert haussa les épaules. Le baron, un peu agacé de la maladresse de son fils, déclara :
— Ta sœur a raison! Elle aime Bernard; elle ne souffre pas qu'on l'attaque en sa présence. Je partage ses sentiments; j'aime et j'estime Bernard. Un homme de sa race n'est ni un pion, ni un cuistre,
— Comme vous voudrez ! reprit Humbert. Je vous ferai seulement remarquer avec quel empressement il a appris à Sylvie mon malheur. Tu sais, alors, que Dubois et don Emilio étaient de vulgaires filous, et se sont enfuis, laissant un énorme déficit ! Grâce à Dieu ! notre honneur est sauf; mais tout ce que nous possédions est perdu. Voici mon père dans l'impossibilité de rembourser l'argent qu'on lui a prêté, et même d'en payer les intérêts, puisqu'à présent il ne peut compter sur moi, pour fournir ces intérêts.
Le baron fronça le sourcil, et interrompant son stupide fils, s'écria, très sec :
— Si j'avais compté sur toi, nous serions déjà chassés d'ici. Tu me rappelles ce que les tristes circonstances où nous sommes m'avaient fait oublier. Pourquoi m'as-lu laissé sans ressources et sans nouvelles? Si Bernard ne m'avait pas donné cinq
cents francs, je me trouvais forcé de refuser de payer... C'était la saisie 1 Humbert, confus de sa maladresse, répliqua :
— Je n'ai reçu qu'une lettre de vous, et elle me parvint le matin même du jour où je m'aperçus de la fuite de mes deux coquins. Cette affaire me fit oublier votre lettre.
— Tu n'avais pas besoin de ma lettre, pour savoir la date de l'échéance.
~ J'avais oublié...
— Un gentilhomme n'oublie pas de fairehonneur à sa parole.
— Enfin, puisque vous avez trouvé moj'en de vous arranger, n'en parlons plus! s'écria Humbert avec une impatience mal déguisée. Je vous en prie, mon père, laissez-moi plutôt demander à Sylvie ce qu'elle compte faire? Si, sous prétexte de respecter la volonté d'un homme qui n'aimait pas sa famille, elle nous laissera dans la détresse?...
— Je suis prête à faire tout ce que mon père me dictera...
— Je ne t'ordonnerai rien, ma fille. Je n'en ai pas le droit.
— Bernard m'a suggéré une façon de vous venir en aide...
Humbert, au nom de Bernard, ricana :
— Quelque idée bien prudente, je le parierais ! . . .
La chanoiiiesse le regarda avec une certaine angoisse... Il lui apparaissait singulièrement âpre...
— Voici... dit-elle. Bernard me conseillait de relever l'hypothèque, c'est-à-dire de la prendre pour moi... de sorte que c'est à moi que vous devriez des intérêts que, bien entendu, vous ne paieriez jamais?...
— Tu es une bonne enfant... et Bernard est un honnête homme !... murmura le baron, soulagé d'une vive anxiété. Cela est généreux, et ne va pas à rencontre du testament.
— Oui, répliqua Humbert, seulement, plus tard ?... La ferme sera à toi ? Alors, ce n'est qu'une acquisition que tu fais... Un bon placement !...
Un silence gêné, dont cette brute ne saisit pas la signification, régna un moment. Le père et la fille n'osèrent se regarder. Lui, continua :
— Je te fais remarquer ceci. Le logis où nous sommes a toujours appartenu au fils aîné. Nus armoiries sont sculptées au portail. Je ne vois pas qu'elles doivent timbrer la demeure de M. Bernard de Fourcade.
— Eh bien, reprit la chanoinesse, je t'en ferai une donation... Je ne sais comment ; mais nous consulterons maître Le Dan.
Le baron ne disait plus rien. Humbert continua:
— Réellement, ce sera juste. Ta es la première à
le reconnaître, n'est-ce pas? El Bernard devra comprendre cela.
Sylvie détourna les yeux. Elle savait ce que pensait Bernard. Et elle commençait à n'oser plus examiner ce qu'elle pensait elle-même.
Alors le baron prit la parole :
— Je te remercie, ma fille. Tu agis bien et généreusement. Ton frère doit être reconnaissant de ce que tu fais pour lui.
Sylvie, le cœur gonÛé, alla embrasser son père, qui la retint près de lui un moment, avec une émotion dont il n'était pas coutumier. Le chevalier les regardait d'un air boudeur; il n'eut pas un mot de tendresse pour sa sœur; il fronçait le sourcil, et se livrait à un pénible travail cérébral, pour arriver à formuler une autre demande, d'une façon qui ne révoltât pas, dès l'abord, la chanoinesse.
— Je suis certainement très heureux que Sylvie me rende mes droits sur notre terre, dit-il enfin ; mais vous le savez, mon père, ce n'est pas cela que nous allions lui demander... La conversation a dévié : nous avons parlé delà ferme ; Sylvie a offert de racheter l'hypothèque, c'est très bien. Seulement cela ne me rend aucun service pour le présent, puisque naturellement vous continuerez d'en jouir!
Le baron répliqua avec une certaine vivacité.
— En voilà assez I Ta sœur, en nous faisant don
de notre maison, sacrifie une forte partie de l'iiéritage qu'elle vient de faire. Gela suffit.
— Oui? Eh bien, et ma position ? et l'entretien que nous avons eu ce matin?
— Tu trouveras un autre moyen de t'arranger. Ton ami, ce M. Redmann, dont tu m'as parlé, l'aidera I
— Que peut-il faire, pour aider un homme qui n'a rien, pas même vingt mille francs, pour déposer un cautionnement.
Le baron sursauta :
— Déposer un cautionnement? Cela jamais 1 Je te le défends! Tu as déjà perdu de cette façon tout ce que nous possédions. C'est suffisant.
— Je n'obtiendrai aucune position brillante, sans cela.
— Bah !.,. Redmann t'en trouvera une 1
— Vous ne connaissez rien aux affaires.
— Tu n'as pas prouvé beaucoup d'expérience non plus, dans ce genre de choses ! déclara sèchement le baron. Tu as le caquet bien haut, pour un coq qui revient sans plumes? Et tu prends un ton avec moi, qui ne me plaît pas.
— Qu'}' a-t-il? demanda la chanoinesse effrayée... A quelle position faites- vous allusion? Quels sont les projets de Humbert;je croyais qu'il comptait rester ici ?...
Le chevalier eut un dédaigneux sourire... Un
homme comme lui, enterré à Carnac ! Redevenant paysan, faisant les semailles, et conduisant la charrue I M. de Garcabœuf, pensif, dit :
— Ce serait plus sage.
— Plus sage? se récria Humbert. Est-ce sagesse, de se résigner à la misère, lorsque l'on peut mener une existence luxueuse?
— Alors, demanda Sylvie, tu veux retourner à Paris ?
— Je ne puis plus vivre ailleurs. L'air des boulevards me manque. Cela sent ici le varech, l'étable, l'herbe et la laiterie... Pouah ! Voici deux jours que je suis en province, j'en ai assez I
Le baron rougit. Une lueur d'impatience passa dans ses petits yeux bleus.
— Et que feras-tu à Paris, puisque ta banque est en faillite? demanda Sylvie.,.
— Là est justement la question ! répliqua le chevalier avec chaleur... 11 me faut une position... et pour cela un peu d'argent... quelques milliers de francs... J'ai un ami, un homme très lancé, très influent... qui est dans le haut commerce... Ne fais pas celte mine dédaigneuse, chanoinesse ! Tu es une pauvre provinciale, qui ne se figure pas du tout quel homme du monde peut être un grand commerçant pari-ien...
— Tu prenais ce don Emilio et ce Dubois, pour de parfaits gentlemen...
— Ne ms Je reproche pas! D'autres que moi y ont été trompés... J'étais na'v, alors... Je n'avais rien vu... J'avais vécu toujours dans cette lanière... A présent, personne ne me trompera... Et quant à Redmann, il est millionnaire...
— Alors, il n"a pas besoin que tu lui donnes vingt mille francs?...
— Cela signifie que tu refuses de me les prêter? dit Humbert, d'un ton froissé... Je ne te demande pas de me les donner, noie ceci... C'est un simple prêt que je sollicite de toi. Je le paierai les intérêts au taux que tu fixeras toi-même... Et, avant un an, à mon mariage, je te rembourserai la somme...
Les deux auditeurs du chevalier savaient comment il payait les intérêts et remboursait les capitaux. Il n'y avait aucune illusion à se faire sur ce mot : emprunt.
Sylvie, avec une angoisse extrême, pensa à Bernard. Elle se souvint de son jugement sur Humbert ; elle se souvint aussi de ses paroles : « Tous n'avez pas le droit de sacrifier votre avenir et le mien à l'ambition des autres... Je compte sur votre loyauté... »
Donner à son frère ce qu'il demandait, c'était redevenir plus pauvre qu'auparavant, puisqu'elle venait, en lui donnant la ferme, de renoncer à sa part de l'héritage paternel...
— Tu me demandes là tout ce que j'ai...
— Il le restera encore dix mille francs... N'est-ce pas assez pour Bernard? car je vois bien que c'est lui qui t'arrête... Mais il voulait t'épouser sans rien?
— Ces dix mille francs n'assureraient pas même la rente que je dois à grand'mère.
— Oh 1 grand'mère!... Je m'en charge, moi, dit le chevalier. C'est moi qui subviendrai à ses besoins.
— Non, répliqua nettement Sylvie. Grand'mère doit avoir ce qui lui est dû ; et nul autre que moi n'en prendra le soin.
Le baron était pâle ; celte conversation lui devenait pénible. Le chevalier demeura un peu déconcerté par la résistance inattendue de sa sœur. Il reprit après un moment :
— Songe, Sylvie, qu'il s'agit de l'avenir de notre race. Toi, si pénétrée de ce que l'on doit à son nom, hésileras-lu pour un peu d'argent que, d'ailleurs, je te demande seulement de me prêter? et sois tranquille, je ne le risquerai pas follement comme j'ai fait. Je n'accepterai de situation que dans une administration honorable et sûre. Redmann ne me proposerait pas autre chose lui-même... Et enfin... je sais qu'il pense à me marier...
Le baron et Sylvie regardèrent Humbert. — A qui ce commerçant peut-il marier le chevalier de Garcabœuf? demanda la chanoinesse.
-- Oh ! il a de fort belles relations ! répondit Humbert rougissant un peu. Sois sûre que je ne me laisserai faire qu'à bon escient. 11 m'a parlé d'une jeune fille qui aura un demi-million de dot, et le double plus tard.
Le baron fut ébloui : Sylvie demanda :
— Mais quelle famille ?
— Je ne sais. Il ne l'a pas nommée. Il voulait savoir seulement si j'étais disposé à me marier. De semblables démarches doivent être faites avec une grande discréli(tn... Tu comprends donc, Sylvie, combien ton aide m'est indispensable, et quels intérêts sont enjeu. Tu comprends aussi que ces vingt mille francs que je te demande, te seraient rendus avant six mois... car je veux me marier maintenant... et il faut bien que j'aie une situation quelconque, aussi honorable que possible, pour que l'on voie, en moi, un fiancé sérieux !
Sylvie était en proie à une angoisse de plus en plus forte. N'ayant jamais possédé rien, n'ayant nul besoin de luxe, elle ne tenait pas à l'argent. Sans les paroles de Bernard, elle eût cédé sur l'heure. Car, si elle finissait par apercevoir l'égoïsme de son frère, le culte qu'elle avait toujours professé pour la gloire des Carcabœuf lui faisait envisager comme chose presque naturelle le sacrifice consenti au profit de l'héritier du nom... quel que fût cet héritier... et celui-ci était un triste sire !...
Mais il y avait Bernard... Bernard, qui avait fait naître en elle cette idée qu'elle avait aussi des devoirs envers lui... que leur bonheur comptait pour quelque chose... qu'ils avaient le droit de vivre et d'être heureux aussi...
— Je te demande deux jours. Je veux réfle'chir, dit-elle.
— C'est-à-dire que tu veux consulter Bernard ! riposta Humbert avec colère. Alors, je suis bien sûr de la réponse. Il ne m'aime pas. 11 n'a aucun intérêt dans l'avenir des Carcabœuf... La question est résolue d'avance. Je n'eusse jamais pensé trouver en toi une pareille résistance.
Sylvie, le cœur déchiré d'angoisse, regarda son père et le vit bouleversé, combattu comme elle, par deux sentiments contraires, celui de l'équité, qui lai commandait de laisser sa fille être heureuse, celui de l'orgueil nobiliaire qui le poussait à tout sacrifier au relèvement de sa race...
— Prononcez, père, s'écria la jeune fille. Dois-je faire ce que veut Humbert ?
Le baron, après une minute de cruelle hésitation, dit :
— Tu veux réfléchir, c'est justice ! prends les deux jours que tu demandes. Et laisse-toi guider par ton cœur.
Sur ces paroles ambiguë?, M. de Carcabœuf quitta
précipitamment la pièce... Humbert reprit, trioaiphant :
— Tu vois ce que pense notre père. Il ne veut pas l'imposer sa volonté, mais...
— Tais-loi, Humbert, interrompit avec fermeté la clianoinesse. On m'accorde deux jours pour réfléchir, et non pour discuter. Pendant ce temps, je ne veux pas entendre même une allusion à ceci. Je veux, j'ai le droit que l'on me laisse absolument maîtresse de mon sort.
— Gomme tu voudras, grommela le chevalier, en se levant pour sortir; mais j'espère qu'en fin de compte, tu te souviendras que noblesse oblige... Et ce n'est pas tout, de porter un grand nom... il faut le porter haut, et avec honneur !...
Belle maxime !... Il était dommage que Humbert la mît si mal en pratique pour lui-même...
Sylvie sortit sur la lande, et là, elle commença à peser dans son esprit ce qu'elle devait faire, à qui elle devait demander conseil.