Livre du souvenir, je veux que, dès ce soir
Tu reposes auprès de celle à qui je t'offre.
Entre le lit et le bahut, sur le vieux coffre.
O joie exquise! la revoir, lui dire : « Tiens,
De toi ce livre est fait, et tous ces vers sont tiens ;
igÔ LES RADES
Ton amour m'y sourit et ma jeunesse y chante, Tu t'y reconnaîtras ! »
UNE VOIX s'élève dans la coulisse, qui chante.
Le printemps a paré les branches De fleurs rouges, roses et blanches,
Qu'un vent léger Sur l'herbe où s'ouvrent les pervenches
Fera neiger.
BRIZELX.
Ah ! la chanson touchante !
C'est un air d'Arzannô, c'est un air familier... Et la voix ! Il me semble aussi, c'est singulier, Que j'en connais l'accent et que j'en sais les charmes Et de l'entendre ainsi, j'ai les yeux pleins de larmes...
LA voLX, plus près.
Avril va prendre ses revanches, Et c'est l'éveil des gaités franches
Dans le verger Où tant de fleurs roses et blanches
Vont voltiger.
AU PONT KERLÔ I97
BRIZEUX
Est-ce une illusion ?... Cette voix... on dirait
Qu'elle réveille en moi comme un écho secret.
Je ne me trompe pas.... Quelque chose me crie
Que c'est .. mais oui... mais oui... c'est la voix de Marie!
Marie entre lentement, un panier au bras.
Elle vient... la voici!... quelle joie! Ah! je sens La même affection dans ses yeux caressants ; De me voir tout à coup et de me reconnaître, Un ineffable émoi va remplir tout son être !