‹ Les radesChapitre 7 sur 47 · LOGIS BRETON · texte numérisé non relu

LOGIS BRETON

Connais !a vanité de ton pauvre savoir

Et que les beaux orgueils ne sont qu'un leurre ; oublie

Tout cela qui, depuis toujours jusqu'à ce soir,

Mit dans ton cœur d'enfant tant de mélancolie :

Les espoirs sans issue où ta candeur se prit, Et les désirs qui font, pareils à des orages Sur les lacs bleus, passer des ombres sur l'esprit, Et le baiser, fantôme, et les amours, mirages !

Ton effort impuissant se prolonge en rancœur, Ton idéal te ment et ta science est creuse; Ecoute : c'est par la simplicité du cœur. Que ton songe peut s'accomplir de vie heureuse.

Voyageur, la maison te fait signe : entre-s-y Si tu veux que la vie enfin t'accorde trêve, Voyageur inquiet et triste, la voici La maison du bonheur et la maison du rêve.

PRINTEMPS, avril qui ris, mai qui chantes, éveil Où ton âme palpite, ô Nature ! Soleil Dont l'éclat nous annonce une saison nouvelle, Trouble de l'aube, émoi des soirs où se révèle Comme une inquiétude et comme une douceur. Primes feuilles où court un souffle caresseur, O printemps, qui revêts de lumière l'espace, O printemps, dont la course aventureuse trace Des chemins bleus parmi la floraison du ciel. Et qui neiges des fleurs dans un parfum de miel ; Printemps, les cœurs gonflés d'une ivresse inconnue Ont frémi d'allégresse et béni ta venue : C'est que tu fais renaître en eux, comme à plaisir, L'angoisse douloureuse et tendre du désir. Et que, pareillement, d'un même élan, la sève Sous la poitrine humaine et l'écorce s'élève.

Je suis le ténébreux, le veuf, Vinconsolét Le prince d' Aquitaine à la tour abolie. Gérard de Nerval.

Cest bien la pire peine De ne savoir pourquoi, Sans amour et sans haine, Mou cœur a tant de peine !

Paul Verlaine.

A Philippe Dufour.

JE suis sans amour et je suis sans haine Hiver comme été, soleil comme pluie, Rien ne me distrait et rien ne m'ennuie. Et je ne saurais expliquer ma peine.

Un brusque rayon dans un ciel de suie, Un air de Schumann, un vers de Verlaine, Hors cela, je crois, toute chose est vaine, Pas d'illusion qui ne soit enfuie.

Je suis un enfant et je suis très vieux; Candide et blasé, sceptique et pieux; N'ayant pas vécu, je suis las de vivre.

Sortir du néant! Sortir de la mort !

Où trouver enfin le goût de l'effort ?

Un soir de printemps, une femme, un livre?...

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