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CHAPITRE XLVI

Marie-Magdeleine de Rafélis de Brovès,

épouse de Jean de Théas de Selle.

aissance de demoiselle Marie-Magdeleine de Rafélis de Brovès, fille de Joseph-Barthélémy de Rafélis de Brovès et de Saint-Roman, et de Anne-Marguerite de Glandcvès de Gastellet. Le parrain a été noble François de Grasse, seigneur de Briançon, et la marraine, Madame Magdeleine de Rafélis, de Saint-Louis, religieuse ursuline du monastère de Draguignan (i). »

Le il avril 1736, Marie-Magdeleine, Agée de quatorze ans, assiste au baptême de noble Gaspard-Eugène de Rafélis, fils de messire Joseph-Barthélémy de Rafélis, seigneur de Brovès et de Saint-Roman, et de Anne de Glandevès Gastellet, dame de Brovès. Le parrain était messire François de Raimond d'Eoulx, chevalier de Saint-Jeande-Jérusalem, commandeur de Gavalès, et La marraine Mademoiselle Magdeleine de Rafélis, laquelle signe Magdelon de Brovès.

Le iG juillet 1762, Marie-Magdeleine de Brovès est marraine d'un nommé Henri-Gaspard Roux, fils d'un ménager

(1) Acte du 29 septembre 1722, état civil de Brovès,

de Brovès . Le parrain de cet enfant était messire Gaspard de Raimond d'Eoulx, chevalier de Saint-Jean-de- Jérusalem (i).

« Le i3 octobre 1755, mariage de messire Jean de Théas de Selles, seigneur de Caille, avec demoiselle Marie-Magdeiaine (sic) de Raphélis, fille de messire Joseph-Barthélémy de Raphélis, seigneur de Broves et de Saint-Roman, et de dame Marguerite de Glandevès Castellet.

La bénédiction nuptiale fut donnée par messire Joseph Aubany, prêtre du lieu des Avys. Les témoins du présent mariage furent : Messire Charles-François de Glandevès, baron de Glandevès, seigneur de Castellet, Saint-Cassien, Vergons, de l'Hubac, et d'Amirat, grand sénéchal de Castelane, oncle maternel de la demoiselle ; messire Charles de Lombard de Gourdon, de la ville de Grasse ; messire Albert de Théas, seigneur de Caille, frère de l'époux ; messire Alexandre d'Isnard d'Esclapons, de la ville de Grasse ; messire Pierre-André de Raphélis de Broves ; messire Joseph Chiris, prêtre, curé de Brovès (2). »

Le 9 novembre 1783, en vertu d'un testament mystique de Jean-Joseph de Rafélis, seigneur de Broves et de St- Roman, lieutenant général des années navales du roi, commandeur de Tordre royal et militaire de Saint-Louis, Marie-Magdeleine de Raphélis de Broves, dame de Théas de Selles, est nommée tutrice des enfants ou de l'enfant posthume à naître du mariage de Jean- Joseph avec Joséphine de Lestang Parade ; à défaut d'enfant posthume, ladite Marie-Magdeleine est instituée héritière universelle dudit Jean-Joseph, et en cas de prédécès la dite Marie- Magdeleine fera passer les biens de Jean-Joseph à messire de Rafélis de Broves, lieutenant de vaisseau, chevalier de Saint-Louis, son neveu.

Quelques mois après la mort de son frère Jean-Joseph,

(1) Etat civil de Broves, 1752.

(2) Etat civil de Broves, 1755.

Marie-Magdeleine mit son neveu, Joseph-Barthélémy, en possession de la plus grande partie des biens à elle laissés en fidei-commis, par son frère Jean- Joseph.

« Donation de dame Marie-Magdeleine de Rafélis de Broves, dame de Théas de Selles, héritière de feu Jean- Joseph, comte de Broves, son frère : voulant témoigner à son neveu, messire Joseph-Barthélémy de Rafélis de Broves, lieutenant des vaisseaux du roi, chevalier de Saint- Louis, fils de Jean-François, vicomte de Broves, maréchal de camps, chevalier de Saint-Louis, résidant à Anduze, diocèse d'Alais, en Languedoc, sa bienveillance et son affection, veut lui faire donation entre vifs de la terre de Broves et de Saint-Roman, avec droits de justice, et autres droits utiles et honorifiques en dépendant, du château de Broves, des meubles qui y existent, encore d'une maison sise à Draguignan, avec jardin y attenant, meubles, effets, vaisselle et linges.

m Elle s'est réservé un jour par an de juridiction, sur les terres et seigneuries de Broves et de Saint-Roman, pendant lequel jour, la justice sera rendue au nom de ladite dame donatrice, pendant sa vie et celle de son mari : après lequel terme dudit jour la juridiction fera retour au dit sieur Joseph-Barthélémy de Rafélis de Broves ; lequel jour susdit est fixé au 3o mai de chaque année. Elle s'est réservé deux chambres dans le château de Broves, celles au premier étage, au midi, visant la cour, ainsi que la chambre des domestiques. Elle s'est réservé la maison d'habitation, où résidait Monsieur de Bargème, quand il venait à Broves, sise en face de la fontaine, ainsi que Le jardin en dépendant. Elle s'est réservé six mille livres pour elle-même, et une pension viagère de trois cents Livres, en faveur du sieur Second. Plus devra la donataire paver les dettes, acquitter les charges laissées par Jean- Joseph, comte de Broves. Fait au château de Broves, en présence de Jacques-Athanase Lombard de Laridan, lieutenant civil et criminel de Draguignan, conseiller du roi ; de

Honoré-Maurice, seigneur de Favas, avocat ; de Joseph Chiris, curé de la paroisse, et du notaire royal de Comps. signé Bernard (i). »

« 26 décembre 1792. »

<( Au nom du citoyen Théas, son oncle, le citoyen Villeneuve a présenté une pétition au district de Draguignan, à l'effet d'obtenir justice.

« Le citoyen Théas avait déposé des meubles et des effets dans le château de Broves, et ces objets ont été emportés à Bargemon, pour y être vendus, avec les effets de l'émigré Joseph-Barthélémy Rafélis, ci-devant de Broves. Ledit Villeneuve, agissant au nom du citoyen Théas, demande que la vente soit suspendue, et que les objets appartenant audit citoyen Théas soient rendus à qui de droit. Voici les raisons sur lesquelles se fondent ces droits. i° Le testament de Jean-Joseph, ci-devant de Broves, lieutenant-général des armées navales, en laveur de Marie-Magdeleine, épouse du citoyen Jean Théas, mon oncle. 20 Mon oncle avait fait transporter les meubles et effets à lui appartenant, qui se trouvaient dans une autre maison qu'il possédait à Brovès, et les avait fait déposer dans deux chambres du château de Brovès, pensant qu'ils seraient plus en sûreté dans ledit château. 3° Quand on fit l'inventaire du mobilier qui se trouvait dans le château, on avertit de suite le commissaire chargé de faire cet inventaire, que les meubles et effets déposés dans les deux chambres, situées au premier étage du château, du coté du midi, appartenaient au citoyen Théas, et non au ci-devant de Broves, émigré. 4° ^*av une erreur ou inadvertance involontaire sans doute, et qui a formé tout l'imbroglio (sic) dans lequel mon oncle a été jeté, on n'en fit aucune mention, dans la copie, qui fut portée au district. On avait dit que ces effets ayant été déclarés, au moment de l'inventaire, appartenir à mon oncle, il n'y avait aucun

(1) Pièce en la possession de Mademoiselle Henriette de Broves, à Limoges,

doute qu'ils ne dussent être remis à leur propriétaire. Je me transportai de suite à Bargemon, ayant obtenu de lire l'inventaire, j'y vis la clause qu'on avait écrite, que ces effets appartenaient à mon oncle. Je fis ma réclamation : c'est cette réclamation que je repette aujourd'hui, et que j'adresse au district.

« Vous ne pouvez refuser à mon oncle de le faire jouir de ce qui lui appartient.

« Je réclame en outre au nom du citoyen Segond, six mille francs, montant d'un billet souscrit par feu Rafélis Broves, le 10 août 1791, et les intérêts desdits six mille francs, soit douze cents francs.

« Je réclame encore le montant d'un autre billet de quinze cents francs souscrit par l'émigré Joseph-Barthélémy, dont les arrérages sont dûs depuis trois ans (1). »

La pétition formée au nom de Monsieur de Théas de Selles, obtint un heureux succès, ainsi que le montre l'arrêté du comité de Draguignan.

(( Considérant que ledit requérant s'était réservé

quatre appartements au château de Broves, et qu'il est bien possible qu'il y ait laissé ses effets.

(( Considérant que le ballot d'effets que ladite Jeanneton Kircher, gardienne du mobilier dudit émigré, a déclaré appartenir audit citoyen Théas, ont été trouvés dans la chambre tapissée, à droite.

u Estime qu'il y a lieu d'accorder audit citoyen Théas les effets réclamés ;

« Quant aux autres demandes du citoyen Villeneuve, il y a été déjà pourvu à la suite d'autres réclamations.

« Fait et arrêté à Draguignan, le 28 messidor, an a de la République une et indivisible (2). »

(1) Archives du Var, documents relatifs aux émigrés.

(2) Archives du Var, documents relatifs aux émigrés.

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