LE RATIONALISME DE L*1LLUSI0N
même, si petite soit-elle, où le spectacle objectif, si vaste soit-ii, trouve à s'animer, à prendre vie dans son reflet. La seule signification qui puisse être attribuée à cet effort passionné du sujet, avide de s'abolir entièrement, afin d'accroître le champ du spectacle, mais se heurtant à la nécessité de persister dans l'être, afin de soutenir l'existence du spectacle, est donc celle-ci ; cet effort, dont le triomphe absolu irait à ruiner le but qu'il poursuit, cet effort, en intervertissant incessamment la relation de l'objet et du sujet, est la source même du mouvement qui anime l'ensemble cosmique, qui en fait un spectacle panoramique et changeant, un phénomène illusoire, quant à la finalité qui lui est assignée par l'esprit, et dont l'évolution dévie nécessairement, par la vertu de son mécanisme essentiel, de la voie qui l'acheminerait vers un état final.
Il faut donc conclure que si les lois du temps, de l'espace, de la cause pouvaient être remplacées par d'autres perspectives, par d'autres moyens de connaissance, ces nouveaux moyens auraient ceci de commun avec les précédents, que la connaissance qu'ils procureraient, dans l'ordre scientifique aussi bien que dans l'ordre moral, ne comporterait jamais un achèvement parce que, en raison même de la nature et du méca-
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nisme du fait de connaissance, quelques-uns.
des éléments du problème à résoudre seraient toujours, et de toute nécessité, soustraits à la vue du sujet connaissant, employés qu'ils seraient à constituer la substance même de ce sujet, toute tentative du sujet pour les convertir en objet nécessitant la constitution d'un nouveau sujet pour que l'acte de connaissance demeurât possible» et ainsi indéfiniment.