‹ Les Ramollissements SylviensChapitre 38 sur 74 · LOS · texte numérisé non relu

LOS

20 Des troubles de la démarche ;

3° Des troubles des sphincters ;

4° Enfin, d’une façon à peu près constante, un certain taux de déficit intellectuel.

Fig. 7. — Petitramollissement profond putamino-capsulo-caudé bilatéral (Hémisphère gauche).

L'aspect de ces malades, d’ailleurs bien connu, est caractéristique.

Leur faciès, inexpressif et tombant, est inerte ou peu mobile. Le relâchement habituel du visage, l’affaissement des joues, la bouche entr’ouverte le différencient assez nettement du masque figé, mais à fond d’hypertonie des parkinsoniens.

Cette flaccidité de la face contraste d’ailleurs avec l’hyper-

tonie plus ou moins nette qui existe surtout au niveau des membres inférieurs et particulièrement quand les malades présentent des phénomènes hémiplégiques francs.

Fig. 28. — Petit ramollissement profond putamino-capsulo-caudé bilatéral (Hémisphère droit).

Les troubles de la mimique sont constants, cependant la mimique volontaire est relativement conservée (ouvrir la bouche, fermer les yeux) et c’est surtout la mimique expressive, celle qui accompagne le jeu de la parole ou le jeu de la pensée (mimique psycho-sincynétique) qui est profondément touchée ; quant à la mimique réflexe, elle apparaît exagérée, le rire et le pleurer spasmodiques sont habituels.

La parole revêt l’aspect de la voix pseudo-bulbaire haute, inarticulée, nasillarde, monotone, parfois faible au point

d’aller jusqu’à l’aphonie.

La parésie du voile avec diminution ou abolition du réflexe pharyngien, la difficulté de la déglutition complètent cette série de troubles dits pseudo-bulbaires.

Mais en outre, des troubles de la démarche s’y ajoutent, quand le malade n'est pas franchement hémiplégique d’un côté ; c’est celle du sujet dit lacunaire : démarche à petits pas, avec un notable degré de déséquilibre ; parfois même dans les cas les plus accentués, c'est une véritable astasie-abasie banale ou trépidante. Ce qui domine, en tous cas, c’est d’une part, la dissociation entre la conservation relative de la mobilité volontaire et l'impossibilité de la marche elle-même ; d'autre part, l'intensité des troubles de l'équilibre avec tendance à la chute en arrière.

Dès que ces malades présentent une hémiplégie, fût-elle de faible importance, les troubles de la marche s’accentuent ; elle devient bientôt impossible et ces malades deviennent des grabataires.

Quant aux troubles sphinctériens, ils sont fréquents, précoces ; dès le début, survient de la pollakiurie et de la faiblesse du sphincter anal. Ils peuvent aboutir, dans les cas sévères, au gâtisme.

Enfin, la diminution intellectuelle est à peu près constante, il est rare qu’un examen attentif ne mette en évidence les troubles prédominants de la mémoire; dans les cas les plus graves, il peut même y avoir une déchéance totale.

Somme toute, on le voit, ce tableau se sépare mal de celui de la désintégration sénile. Ce qui le caractérise, en quelque sorte, c'est l’histoire d’ictus plus francs et l'existence d’un certain taux d’hémiplégie uni ou bilatérale nette. Il ne faut pas croire qu'il soit exceptionnel. Bien des cas étiquetés désintégration sénile, sont en réalité dus à l'association de cette désintégration à des ramollissements plus ou moins importants. C’est là un point sur lequel on ne sauraït trop insister car il doit rendre encore plus prudent dans l'attribution de ce qui, dans la symptomatologie présentée, revient aux noyaux gris centraux ou à la capsule interne.

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